Le discours d’Emmanuel Macron : Dîner en tête-à-tête. (1)

La période de confinement, la tristesse qu’engendre la mort d’un personne, l’effort quotidien des soignants, les couacs du gouvernement ; tous ces facteurs ont obligé Emmanuel Macron à adopter, lors de son discours le 13 avril dernier, une vision humaniste. Il prouve son humanité aux Français en envisageant le réel avec amour. Voici la première partie de cette analyse « Dîner en tête-à-tête ».

Transparence sentimentale
La première partie de son discours est dévouée à tous les sentiments négatifs qu’inspire la société du fait du confinement : les situations inégales, les difficultés générées. Il qualifie les maux les plus difficiles de la société par des adjectifs accablants. En abordant d’emblée ces sujets Macron lève le tabou de l’ignorance volontaire des problèmes, mais n’apporte pas de solutions. Leurs traitements concrets s’effectuera plus tard dans le discours. Durant cette partie, il se montre compréhensif ; il feint la confession. Il rend également un hommage poignant aux soignants.

Question rhétorique
Le Président pose une question rhétorique: « Alors, étions-nous préparés à cette crise ? Sans doute pas assez ». Sa réponse semble se dérober. Pour justifier sa position, il revêt la nature d’un manteau de mystère : il qualifie le virus de « mystèrieux ». Sa rhétorique semble se rapprocher d’une optique jungienne de la Nature, empreinte de symbolisme.

 Il se retranche derrière les secrets de fabrication irrationnels de la nature pour justifier le fait que la France ait été concrètement démunie (masques). Ce fait ne peut être qu’étayé par l’incompréhension humaine que le virus impose : les scientifiques rencontrent des difficultés à en déceler les mécanismes. Là se trouvent les limites de notre raison. Il fait appel à la compassion des Français.

Ralliement sociétal

Métaphore
Après avoir « entendu »  et « lu » les critiques sur la métaphore guerrière ; il l’emploie cette fois de façon extrêmement précise : « les soignants qui sont au front », « le virus qu’il faut combattre ». L’esprit de la société est représenté par les usines, les industries. Elles sont réquisitionnées et agissent, indirectement comme nous : « comme en temps de guerre ».

Force sociétale
Le Président développe ensuite une tirade puissante dans laquelle il veut nous convaincre de la force de la société, de la force qu’il représente : celle de la France. Il souhaite créer une émulation autour de la force française. Il nous convie à son emballement « Imaginez-le ».

Idéal VS Réalité
Après avoir dressé cet idéal de force à demi-palpable, il évoque un enchevêtrement de problèmes qui empêche la réussite collective. Cela met à nu les failles, les faiblesses françaises, la différence entre idéal et réalité. En idéalisant la force française il veut en extraire la puissance.

L’horloge du temps et ses aiguilles: Michel Onfray et Didier Raoult
Le Président entend ouvrir les débats en « temps voulu » tel un maître des horloges. Cependant, le 8 avril, Michel Onfray publiait sur son site un article dans lequel il évoquait sa conversation avec le Professeur Raoult. On comprend l’engagement et la réunion des deux hommes au service d’un même idéal nietzschéen.  Le Président, incarnation et émanation d’une inspiration française pour lesquelles travaillent aussi les deux autres hommes, est comme isolé. Servant pourtant, lui aussi un même idéal, le Président décide de s’incliner face à la vérité de la connaissance et se rend, à la surprise générale, à l’Institut Hospitalo-universitaire de Marseille  le 9 avril rencontrer ce professeur.

Critiques Onfrayéennes
Toujours sur le site de Michel Onfray, le Président en prend pour sa gouverne dans un article paru le 9 avril 2020. Lors de son discours, le Président évoque toutes les critiques et notamment la première que le philosophe lui reproche depuis le début de la crise: ses trop nombreux déplacements qui cachent un manque de travail. Le Président les justifie dans le discours en expliquant qu’il consulte afin de savoir. 

Oxymore
Lors de son discours le Président incite subrepticement à retravailler : « Ils l’ont largement fait depuis maintenant 1 mois ». La qualification du temps contraste avec le « largement ». Cette figure rhétorique semble être une oxymore ; elle consiste à allier deux mots de sens contradictoires.

Solution financière
Au milieu de son discours, le Président évoque tous les problèmes situationnels, sociétaux, familiaux. Ils sont réglés en une phrase grâce à une solution financière.

Fanny Bancillon

Sources pour cet article :
Le Monde – « Discours du Président de la République » – 13 avril 2020
MichelOnfray.com
YouTube – IHU – Méditerranée Infection
France Culture – 14/04/2020 – Frederic Says « Pour Emmanuel Macron, le bonheur est dans l’après »
RTL – 14/04/2020 – Olivier Bost – L’édito politique
France Culture – 09/04/202 – Boris Cyrulnik « On est dans la résilience, pas encore dans la résistance » ;
13/04/2020 « La nuit j’écrirai des soleils »
F. Nietzsche – Ainsi parlait Zarathoustra

Publié par magrenobloise

Webmagazine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :