La Métamorphose des Fleurs

Depuis le début du confinement, je tâche, je m’emploie, à lire régulièrement des œuvres dont les noms d’auteurs m’avaient toujours attirée mais qui restaient encore dans mon imaginaire, nébuleux, ne sachant pas ce qu’ils renfermaient. Ainsi, après mettre intéressée aux discours de Michel Onfray, et à l’ovation qu’il fait de la Nature, du « Cosmos », j’ai décidé de me tourner vers un auteur dont le nom est devenu sacré : Goethe.  

Dans les années 1800, en 1829 plus exactement, Goethe (pour celles et ceux qui ne le connaissent pas : grand romancier, poète, théoricien de l’art et homme d’Etat allemand), publie un petit livre au sujet très concret, d’une centaine de pages, dans le domaine scientifique de la botanique, à la surprise de beaucoup de ses lecteurs, comme il l’indiquera lui-même dans ses premières lignes.

Ce livre est riche, dense, et les informations sont difficiles. Mais il faut les comprendre. Il faut les comprendre sans quoi nous restons ignorants de l’environnement et de son fonctionnement. Il est donc plus qu’un simple livre de chevet ; il demande un rude effort intellectuel, que chacun peut faire. Grâce à lui, nous nommons le monde, nous intellectualisons son évolution.

Ce que lui et ses prédécesseurs ont fait est une analyse concrète de la vie. C’est-à-dire que ces hommes, parce que l’époque dans laquelle ils vivaient la leur permettait, avaient le temps, la patience d’observer, la passion de rechercher et surtout l’envie de comprendre. Peut-être avaient-ils aussi une situation familiale, personnelle favorisant cela ; mais sûrement avaient-ils dû travailler fort pour y parvenir.  Nous ne nous étendrons pas plus sur cette question car nous devrions, pour cela,étudier la vie de chacun de ces hommes et là n’est pas l’objet de cet article.

Ce petit texte, disais-je donc, évoquait un sujet bien scientifique et difficile à comprendre c’est-à-dire à imaginer ; j’ai nommé :

« La métamorphose des Plantes »

La couverture de ce livre est recouverte d’un noir intense. Sur ce fond, est apposée une simple pomme de pin, suspendue à l’envers, et dont la clarté du bois crée un doux contraste lumineux et harmonieux. Tout sonne comme la promesse d’une entrée intrigante dans la forêt.

A travers le titre, l’auteur éveille les sens, l’imagination, de tout ce que regorge la symbolique de la botanique, des plantes, des fleurs. Pensons à la rose par exemple, à la volupté de ses pétales, à la douceur que revêt le duvet de sa corolle, au toucher, à la senteur des pollens. Toute cette vie fleurissante, qui autour de nous prend forme, se nomme ainsi « Le Printemps ». Les oiseaux gazouillent, les abeilles butinent et nous ressentons la plénitude ce monde impalpable, dont nous faisons partie, que nous admirons et tentons de comprendre. C’est ce à quoi Goethe s’attèle.

Ainsi, dans cet essai, Goethe tente de comprendre la métamorphose des plantes, autrement dit, l’évolution de la vie florale. Ce que Goethe dit à travers son texte, que j’incite vivement à lire, pour sa difficulté et l’exaltation que permet sa compréhension ;  c’est que les fleurs ne forment qu’un seul organe.  Au fur et à mesure qu’elles grandissent, selon les espèces, les fleurs forment des paliers. Ce sont par exemple les petites circonvolutions qui se forment autour du bambou. Ces paliers d’évolution s’appellent des entrenœuds. Une fois le premier palier franchit, né un second palier. Celui-ci sera plus fin et plus aboutit que le précédent car le premier aura filtré le suc (la nourriture).

Par ailleurs, plus une fleur est nourrit, plus elle végète. C’est-à-dire que trop occupée à devoir digérer tout ce qu’elle ingère elle ne peut plus évoluer. En revanche, moins une fleur mange, plus elle fleurira et évoluera rapidement.

Tous ces petits paliers, ces entrenœuds franchis, la tige donne naissance à des pétales qui seront, pour le dire brutalement, asséchés. Ces pétales vont former le calice de la fleur. Le calice c’est le petit rebord sur lequel reposent les pétales de roses. Dans la religion chrétienne, la coupe que soulève le prêtre lors d’une célébration s’appelle également le calice. Il consacre ainsi le vin, le sang du Christ. Ici, le calice consacre le but de la fleur, son éclosion. Ainsi naissent tour à tour les pétales, le filet, les étamines au sein desquelles se trouvent les graines, et l’organe femelle de la fleur (voir schéma plus bas pour les intéressé(e)s).

Ce que nous apprend Goethe, au-delà de la description de tous ces éléments vitaux qui nous entourent et que nous sommes actuellement incapables de nommer par manque de connaissances, c’est que les fleurs ne forment qu’un seul organe. Le résultat est, au fur et à mesure de l’évolution de la tige, beaucoup plus fin, plus gracieux, et l’aboutissement coloré auquel elle parvient est un véritable plaisir pour l’oeil ; le blanc représentant la pureté d’une filtration absolue.Les résultats sont parfois spectaculaires (Fleur de la Passion).

Ici, sur cette photo, les quatre branches représentent les filets (l’une est recourbée sur le coeur de la fleur). Ces petites coquilles que l’on voit au bout s’appellent l’anthère. C’est à l’intérieur que se trouvent cachées les graines. Observez les formes que prennent les pétales, ils ressemblent à la peau fripée de nos doigts lorsqu’ils sont restés trop longtemps dans l’eau. Cette fleur blanche est une Parnassia.

Cette transformation d’Un seul en un tout protéiforme se poursuit jusque dans les moindres détails avec le pétale, qui au fur et à mesure de son évolution, peut se transformer en filet (ou vice-versa !). Le haut du pétale va se recourber, le bas, lui, va se transformer en une tige et l’ensemble deviendra alors un filet sur lequel va se crée l’anthère , le cœur où sont renfermées les graines. Tout se métamorphose ainsi naturellement, en évoluant. Et tant qu’il y a des graines, il y a un épanouissement des fleurs. En revanche, dès que les filets seront absents du cœur de la fleur, celle-ci fanera.

Pour aller plus loin :

Fanny Bancillon

Sources :
BnF Gallica- Goethe – La Métamorphose des Plantes – 80 pages (libre accès internet)
MichelOnfray.com
Conservons-notre-jardin.fr
Wikipédia

Publié par magrenobloise

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