Costume d’Arlequin pour la mascarade d’Agnès Buzyn

Après deux mois de silence, Agnès Buzyn revient en grande pompe pour le second tour des Municipales. Elle ne possède plus aucune flèche de crédit à son arc mais ne doute pas et s’évertue à avancer des pions déplorables dans cette fameuse mascarade qui n’est malheureusement que trop vraie.

Mercredi 27 mai, Agnès Buzyn accordait une interview au figaro dans laquelle elle s’exerçait à la rhétorique du mea-culpa. On imagine à travers ses propos, le timbre d’une voix doucereuse, renfermant finalement une personnalité, et des agissements pleins de contradictions. Étayons cela avec des faits historiques.

I. Le Radeau de la Méduse*
Le 17 février, Agnès Buzyn alors Ministre des Solidarités et de la Santé, quitte le ministère. Elle versera des larmes, dédiées non pas à l’émotion que susciterait le départ après un service dans l’une des plus prestigieuses Institutions Françaises, mais à la peur, à la crainte, au désastre que va bientôt susciter du tsunami Coronavirus, encore (rien n’est moins sûr) au large de l’Hexagone. C’est avec cette connaissance refoulée qu’elle part mener une autre bataille, celle de Paris. Elle (et le Parti) imagine sauver l’image de LREM, entachée par ce qui fait déjà l’objet d’une mascarade : la vidéo intime de Benjamin Griveaux.

II- Une bombe à retardement
Le lendemain du premier tour, dont le maintien est une offense à la population, (taux d’abstention de 55.25% en moyenne en France ; 57,75% à Grenoble ; 59,64% à St Egrève) Agnès Buzyn adhère à cette opinion et dénonce « une mascarade », c’est-à-dire un « Divertissement dont les participants sont déguisés et masqués » ; un « Comportement hypocrite » ; une « Situation dérisoire, une mise en scène fallacieuse » comme le définit le CNRTL. Par ces mots, elle affiche ici une âme beaucoup plus « humaine » (a contrario de celle de la politique), beaucoup plus réfléchie, plus sage, qui honore d’ailleurs sa profession de médecin. Elle condamne l’absurdité d’une prise de décision politique mortelle voulue par son propre camp. Cependant de tels propos arrivent à retardement et cela ne jouera pas en sa faveur : le collectif de médecins C19, porte plainte le jeudi 19 mars « contre l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn et le premier ministre Édouard Philippe qu’ils accusent de «mensonge d’État» dans leur gestion de la crise d’épidémie de coronavirus« . Agnès Buzyn  ne reprendra plus la parole ; rien de filtrera. Ou presque, car on apprendra qu’elle a repris du service dans un hôpital proche de Paris et que, par ailleurs, alors que la polémique sur la trouvaille d’un médicament simple et peu coûteux enfle, elle-même y a recours.

IV – Le costume d’Arlequin
Dans cette interview du 27 mai, Agnès Buzyn retourne encore une fois sa veste.  Elle annonce, à pas de velours, ces propos honteux : « Le gouvernement a été remarquable, il a su s’adapter à l’évolution de l’état des connaissances Nous pouvons être fiers des mesures qui ont été prises dans notre pays, que ce soit sur le plan sanitaire ou économique ».A force de la tourner et de la retourner dans tous les sens ; sa pauvre veste a-t-elle encore un sens d’ajustement ?  

Pour rappel, voici un état du nombre de morts pour quelques pays donnés :

Italie : 33 142
France : 28 662
Espagne : 27 119
Allemagne : 8570
Iran : 7627
Suède : 4266
Norvège : 236
Ces mortalités sont à considérer au regard de plusieurs facteurs : l’anticipation de la crise, l’état des conditions hospitalières (nbr de lits, équipements), le traitement vs le non-traitement , l’environnement, les facteurs sociaux.

V- Les pays riches immortels
La forte mortalité des pays riches viendraient du fait que ceux-ci (Comité Scientifique) rechignent à officialiser le soin par un médicament simple, tout en sachant qu’il n’existe pas de traitement contre la Covid et que le non-soin tue plus encore. A un médicament simple et peu coûteux, ils préfèrent un médicament compliqué et cher, seul gage illusoire d’une guérison.

Le mot même de médicament a donc perdu de son sens, de sa vertu et devient comme tout le reste lorsqu’il est produit à outrance et corrompu : soumis à une défiance généralisée. Le faible taux de mortalité des pays pauvres s’expliquerait par le fait que les populations sous déjà soumises au traitement de l’hydroxychloroquine (prévention contre le paludisme). L’environnement insalubre dans lequel elles baignent, est un rappel quotidien de l’existence de la mort ce qui les incitent à ne pas hésiter à se soigner par voie médicamenteuse.

VI – Blanc sain(t) ?
Plusieurs personnalité politiques se sont exprimées en faveur de l’hydroxycholoroquine et ce au pire moment de la crise pour redorer ce qu’il y a de plus cher : la Vie (Christian Estrosi, Douste-Blazy, Mélenchon, Marine Le Pen, Bernard Tapie, Jean-Christophe Rufin). Durant la crise, l’on apprenait qu’Agnès Buzyn recourait à ce traitement pour soigner les patients. Mercredi,dans son interview, nous comprenons qu’elle a rejoint les rangs dictés par la parole officielle d’En marche. Elle renonce, contrainte, à toutes réflexions personnelles : « Il est naturel d’espérer un médicament miracle quand on a peur. Je déplore le fait que ce débat ait dépassé la sphère scientifique. On n’évalue pas un médicament par une pétition. Aujourd’hui, les grandes instances, notamment, l’OMS, recommandent d’arrêter les essais cliniques avec ce médicament qui pourrait engendrer plus de complications que de bénéfices ».

Décidément, les propos d’Agnès Buzyn relèveront jusqu’au bout d’une mascarade.Sa blouse blanche semble définitivement ternie.

Pour aller plus loin : L’arène des lions :
Après tous ces rebondissement qu’à suscité la campagne des municipales à Paris, notamment et surtout au sein du parti En Marche, le maintient de la candidature d’Agnès Buzyn relève de l’exploit. Nous supposons que celle-ci n’a pas eu le choix. Le parti lui fait ici l’affront de la (re)présenter au public, de la « plonger dans l’arène » (pour reprendre la formule du Figaro), elle doit s’assumer pleinement et on imagine combien cet exercice doit être douloureux et demande une certaine dose de courage. Mais cela est tout-à-fait normal et légitime au vue de l’autorité qu’elle possède. Le retrait de LREM des candidatures de Paris aurait été un choix plus judicieux, plus respectable plutôt qu’un entêtement qui a tout l’air, en interne, d’être un règlement de compte, et en externe, d’un entêtement politique, signe d’une suffisance répugnante.  Décidément, la politique n’a rien compris aux lois de l’être humain : bon sens, bienveillance, solidarité. En bref, tout ce à quoi nous aspirons pour l’avenir, tout ce qui a qualifié la volonté des hommes durant la crise.

Fanny Bancillon

Sources :
Le Monde – « Les regrets d’Agnès Buzyn : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade »« 
Le Figaro – Agnès Buzyn au Figaro: «J’ai pu apparaître comme un bouc émissaire»
France Info – « CARTE. Municipales 2020 : découvrez le taux d’abstention dans votre commune« 
*Michel Onfray – Inspiration du titre  » Le radeau de la Méduse » – michelonfray.com
Wikipédia – Arlequin

Publié par magrenobloise

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