L’air de nouveau pollué à Grenoble

10 juillet 2020, moins de deux semaines après les municipales du 28 juin 2020 en France, un article dans France 3 tombe : « Pollution : le gouvernement sommé d’agir, notamment à Grenoble, sous peine d’une astreinte record ».

Voilà ce qu’il se passe réellement à Grenoble.  La ville est passée au vert depuis quelques années maintenant. Tout le monde s’en réjouissait : « Nous allons pouvoir respirer » pensait-on. Depuis, de nombreux immeubles, de nombreux travaux, de nombreux embouteillages, ont fleuri à Grenoble. Par ailleurs, la délinquance demeure toujours.

La presqu’île scientifique de Grenoble a vu naître des immeubles à l’architecture douteuse aux sombres couleurs grises, violettes, vertes, oranges, bronze, d’allure futuriste ;  ne reflétant en rien la beauté des paysages, ne se fondant même pas dans le paysage, d’une laideur trop voyante.

Ils contrastent et sont tels des îlots perdus au sein d’un paysage radieux environnant ; car nous sommes comblés de milles montagnes. Trois massifs entourent les grenoblois de leurs larges bras : Chartreuse, Belledonne et le Vercors. Cependant, la « cuvette grenobloise » est une déchetterie à ciel ouvert. Eté comme hiver, l’air est irrespirable, débordant de pollution. Ce virus infime, invisible et sournois, nous offre une mort lente à laquelle, nous tous consentons. « Cancer, quand c’est ? Qui est le prochain ? » chantait Stromae. Peu importe, les chiffres affichent une mort déshumanisée.

La configuration de la ville emprisonne ses habitants, captifs de leur propre sort : ils sont confinés dans l’Y grenoblois, condamnés à respirer leur propre production.

Le Maire a beau afficher des couleurs vertes, se déplacer en vélo ; aucune des mesures n’a prouvé son efficacité : diminuer fortement la pollution. Certaines rues de Grenoble sont désormais vides de voitures. Ravissement des piétons, peine des commerçants. D’autres rues sont bondées : grognement des conducteurs, désolation des habitants obligés de fermer leurs fenêtres pour conserver dans leurs appartements un minimum d’air respirable. Les immeubles sont sales, d’un  gris à faire pâlir d’envie les poumons d’un fumeur.

L’air de la ville est souillé, cet air partagé, cet air que nous respirons, cet air qui nous fait vivre, qui nous nourrit et qui nous fait jouir de la vie. Où sont donc les senteurs des bosquets et cet air puissamment frais ? En montagnes, en altitude seulement.

En ville, des platanes, sont plantés par-ci par-là, entre deux trottoirs. Eux-mêmes, immobiles, obligés de l’homme, subissant le prix fort des émanations des pots d’échappements. Ils purifient l’air, pense-t-on. Quelle hypocrisie !

Aux alentours, dans les montagnes, la vie sauvage n’est même pas entretenue. Des arbres meurent et ne sont pas déracinés, ni soignés. Leurs maladies ne sont ni traitées, ni étudiées. Des mauvaises herbes poussent au quatre coins de la ville et cette phrase peut être entendue au sens propre comme au sens figuré. Au sens propre, car la cigüe, fleur mortelle, pousse dans les parcs, sur les bords de la digue ; petite berge le long du Drac et de l’Isère, sur laquelle les grenoblois pédalent.

L’être humain ne se soucie pas de son environnement, il invente le sien, au détriment de celui qui existe déjà.

Au sens figuré car les trafics de drogues demeurent : aucune prise de décision, ni légalisation, ni condamnation. Combien de destins brisés faudra-t-il pour qu’un agissement politique ait lieu ? L’épisode de Sofiane et Kévin n’a-t-il pas suffit à illustrer la violence languissante des quartiers ? Il faut sauver ces Hommes ; il faut sauver ces lieux !

Mais pensons aux voies cyclables. C’est un aspect plus simple à régler. L’équipe municipale aura attendu 4 ans (2018) avant d’aménager des voies pour cyclistes et piétons. Les citadins jouissent ainsi en centre-ville d’un calme. Telles les ruelles des quartiers pavés de la vieille ville de Genève. Mais à Grenoble tout n’est pas si idyllique. Depuis le déconfinement, les voitures ont repris leurs quartiers. Elles circulent sur une voie. Les voitures, les bouchons et les feux s’accumulent ; et désormais les vélos ont fait leur apparition. La où elles sont praticables ; les voies de déplacement sont folkloriques ; un Tohu-bohu. 

Les moteurs tournent à plein régime et les vélos, roulant à côté, profitent du bon air odorant des gaz d’échappement. Il faut évidemment slalomer entre les morceaux de verre sur la chaussée.

La volonté de concrétiser rapidement un meilleur cadre de vie commun pour la nécessité de la vie ; la nécessité vitale ; est une chimère lointaine. Cette nécessité est mise au second plan. L’illustre exemple est celui du COVID-19. Episode durant lequel les politiciens ont minimisé l’ampleur de la crise, ont minimisé la nécessité de porter le masque, ont minimisé leurs actions et leurs conséquences. Nous avons été l’un des pires pays à gérer la crise et voilà que l’on se gargarise de notre réussite au lieu de nous remettre en question. La France vit dans un faux semblant, elle vit et se reflète à la lueur d’une image d’elle qui n’existe plus. Elle croit donner l’exemple, chose qu’elle ne fait pas. Elle croit le faire mais s’illusionne. Quel exemple qu’est la France, que de justement n’en point donner !

Les problèmes de Grenoble se font ressentir : les maux de tête ont repris, la chaleur est étouffante, les gaz d’échappement sont insupportables, les oiseaux ont de nouveau disparu, eux qui avaient commencé à (re)profiter de l’absence des hommes pour se repeupler, pour renaître. C’est chose perdue. Nous sommes sur une pente descendante. A Bernin, des aigles s’accouplant presque mortellement, avaient, durant cette période, été aperçus, des buses sont de nouveau présentes, pas plus loin qu’aux pieds des montagnes, les serpents étaient de sortie à la fin du printemps, des tourterelles, des hirondelles, des martinets, des pic verts, des papillons, des cerfs, un geai des chênes, ont joui durant notre absence d’un air sain que nous sommes incapables de conserver, d’apprécier. Nous nous empoisonnons nous-mêmes.

Tout n’est pas à rejeter chez Piolle. Le fait que l’idéologie verte soit idéologie est mauvais. Il impose un agenda vélo sans concerter ceux qui peuplent les villes : les commerçants. Les « bobos » de se ravissent d’une cité vélo mais achètent sur Amazon et  balancent les cartons dans les rues. Ce sont les commerçants qui en payent les pots cassés en voyant leurs chiffres d’affaires baisser et l’encombrement des poubelles augmenter.  Pourquoi Piolle exerce-t-il une dictature verte ? Pourquoi ne fait-il pas une démocratie verte ? Il critique la gestion politique de nos politiciens mais impose sa dictature. Les autoroutes à vélo sont une bénédiction mais elles nécessitent quelques mises au point : aller en Grenoble à vélo signifie transpirer. Combien d’entreprises possèdent de douches pour que leurs employé(e)s puissent, une fois sur place se laver ? Il faut acheter un vélo électrique diront certains. Mais tout le monde n’a pas les moyens d’acheter ce genre d’objet luxueux. Et l’eau dans tout ça ? Faudra-t-il aussi, un jour, restreindre la consommation d’eau, par jour, et par personne si elle venait à tarir ? Je le crains.

Par ailleurs, en admettant que l’on achète un vélo électrique, il existera toujours une forme d’indiscipline : des piétons traversant au feu rouge, écouteurs aux oreilles, se croyant ainsi tout permis.

Ce monde est désespérant ; et de voir que nous subissons les actes d’hommes avides de pouvoir, soucieux de faire valoir leur idéologie plutôt que de penser à la Terre, est éreintant, fatiguant, épuisant. Quand vont-ils se rendre compte qu’il faut agir, vite et maintenant et qu’il en va du ressort de la vie ? Faut-il un reconfinement pour qu’ils comprennent cela ? La poursuite des égos a recommencé  mais pas la volonté d’améliorer la réalité.

Sources :
France 3 – Le gouvernement sommé d’agir, notamment à Grenoble, sous peine d’une astreinte record

Publié par magrenobloise

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