Le féminisme selon Gisèle Halimi

Jeudi 30 juillet, le Monde Diplomatique (re)publait  un article de Gisèle Halimi dans lequel elle défendait la première enquête sur les violences envers les femmes (Enveff) attaquée notamment par Elisabeth Badinter et Alain Minc.

Dans cet article Gisèle Halimi déplore la grande précarité qui touche les femmes formant « la majorité des chômeurs, des smicards, des travailleurs à temps partiel, des titulaires de contrat à durée déterminée (60%), des grandes discriminées à l’embauche, à la promotion, des absentes de la direction des grandes entreprises ». Cette relation socio-économique s’expliquant par l’écrasant rapport de forces, de dominant à dominé, entre hommes et femmes.

Elle rappelle que « l’homme violent, par la violence, marque son territoire et […] qu’il détient le pouvoir. En même temps qu’il signifie le lien entre virilité et sexualité. ». Il peut s’acharner à l’interroger, à la mépriser, à lui faire subir des violences sexuelles. Cette souffrance que la femme intériorisera sera celle de « l’inexistence comme être humain ».

Gisèle Halimi raille la naïveté des « féministes abolitionnistes » qui « affirment que l’on peut se prostituer librement et par plaisir » et indique qu’ « Aucune femme, sauf goût particulier de certains rapports sexuels, ne fait librement commerce de son corps… N’accepte d’être réifiée, consommable, objet entre les objets. La prostitution est le paroxysme du non-pouvoir d’une femme sur elle-même. Et tue la femme dans la femme. ».

Elle poursuit sa démonstration : « Certaines prostituée peuvent se résigner avec le temps. Sont-elles devenues libres pour autant ? Elles n’oublient pas que la solitude, la misère les avaient poussées sur le trottoir. « Pire qu’une âme asservie, une âme résignée », pourrait répondre Péguy. Je crains, écrit-elle, en fait que nos signataires – intellectuelles privilégiées – n’aient fantasmé sur le rôle de Catherine Deneuve dans Belle de jour, de Luis Bunuel. »

Enfin, Gisèle Halimi en appel à un projet global de société essentiellement mixte ; que « Les hommes doivent avoir l’intelligence théorique de leur libération à travers la nôtre ».

A retrouver sur le Monde diplomatique.

Publié par magrenobloise

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