Sciences – Les nouvelles découvertes scientifiques sur le cerveau, liées au Coronavirus.

Dans une interview menée par Laurence Ferrari mercredi 19 août sur CNEWS, le Professeur Didier Raoult présenta de nouvelles informations scientifiques concernant le COVID-19. Il expliqua, entre autres, que l’agueusie et l’anomie affectaient des zones du cerveau désormais observables grâce à la nouvelle technologie. Ma Grenobloise retranscrit le verbatim de ce passage.

Laurence Ferrari : « Un mot sur les malades […] ici à l’IHU de Marseille ; [certains] ont des effets secondaires très long après avoir été contaminés [ce qui est] très pénible pour eux. C’est un véritable calvaire, [ils sont parfois pris] pour des malades imaginaires ; comment est-ce que les médecins peuvent les aider ? »

Didier Raoult : « […] Chacun [considère] la médecine comme il l’entend. Pour moi, la première chose c’est l’observation. Avec nos amis de la médecine nucléaire, nous avons organisé des pet-scan*. Nous avons été les premiers à le publier. Ce qu’il se passe au niveau du cerveau est très intéressant. Jusqu’à présent, pour remettre les choses en perspective, le monde médical avait été organisé, pour le cerveau, entre [les partisans de ce] qui était organique, c’est-à-dire les choses observable à l’autopsie, et ce qui était psychiatrique, c’est-à-dire les choses invisibles à l’autopsie. Ces derniers étaient considérés comme les fous, les fadas dit-on à Marseille. Une partie importante de la population a présenté des pathologies soit psychiatriques soit subjectives, inexpliquées.

Lorsqu’un patient consulte et qu’un médecin n’arrive pas à étiqueter la chose, la chose en question finit par être niée, la conclusion résidant dans le « ça n’existe pas ». Et lorsque quelqu’un consulte cinq médecins, c’est qu’il est forcément malade, on ne peut pas lui dire l »inverse. Il devient fou si vous lui dites qu’il ne l’est pas. Un patient qui vous consulte est malade ; c’est lui qui défini qu’il est malade et non vous. Mais ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas ce qu’il a, qu’il n’est pas malade. C’est que vous êtes ignorant de ce qu’il a. Pour tarir à ce problème nous utilisons de nouveaux outils qui sont d’autres modes d’observation. Le cerveau situé sous le crâne est très difficile à comprendre. Jusqu’à présent nous pouvions uniquement voir les lésions que nous observions aux autopsies. Dorénavant, nous pouvons voir comment il fonctionne. D’ailleurs nous voyons son métabolisme, les endroits qui marchent bien et ceux qui ne marchent pas bien.

Nous avons compris ce que le COVID engendre sur les cerveaux grâce à l’observation clinique. Nos recherches ont penchées sur ce domaine car nous cherchions les causes des infections respiratoires des deux premiers malades qui ne sentaient plus les odeurs (anosmie) [et/ou] les goûts (agueusie). Ces signes sont les signaux d’alerte majeurs du COVID. Deux-tiers des malades sont atteints de ces symptômes, davantage que la fièvre et la toux. Ces symptômes sont plutôt de bons signes car ils représentent la forme haute du virus. Celle qui se met sur les voies respiratoires est la forme basse, et est plus dangereuse.

La forme haute génère une perte des odeurs durant quelques temps qui peut persister dans certains cas.

Lorsque nous observons le fonctionnement du cerveau de ces cas, nous constatons des zones hypométabolique ce qui veut dire que le cerveau est éteint à cet endroit. Nous observons cela de façon relativement fréquente, au niveau du lobe olfactif, c’est-à-dire l’endroit du cerveau situé juste derrière le nez, gérant la perception des odeurs. De temps en temps cette zone s’étend au-delà et peut se manifester dans le tronc cérébral. Le chemin de cet étirement passe par une autre zone nommée la zone limbique. Cela peut expliquer les troubles de la concentration, les difficultés à refonctionner. Cette zone peut même s’étendre davantage, en arrière du tronc cérébral et générer des douleurs impossibles à étiqueter il y a 5 ans encore. Désormais nous le pouvons avec les nouveaux outils, avec la nouvelle technologie, qui permet de voir l’activité métabolique. Nous utilisons le sucre car le cerveau est avide de sucre marqué. Nous envoyons du sucre et les endroits dans lesquels nous ne constatons pas de sucre marqué signifient que le cerveau ne marche plus. C’est cela que désormais nous pouvons voir. »

Wikipédia – Pet-scan – Reconstruction tridimensionnelle de la distribution de glucose marqué au fluor 18 telle que mesurée par tomographie d’émission de positons. Outre l’accumulation normale du traceur dans le cœur, la vessie, les reins et le cerveau, des métastases hépatiques d’une tumeur colorectale sont clairement visibles dans la région abdominale de l’image.

Définitions :

Médecine nucléaire : Ensemble des applications médicales de la radioactivité en médecine.

Pet-scan : La tomographie par émission de positons (TEP), dénommée PET ou PET scan pour « positron emission tomography » en anglais, est une méthode d’imagerie médicale pratiquée par les spécialistes en médecine nucléaire qui permet de mesurer en trois dimensions une activité métabolique ou moléculaire d’un organe grâce aux émissions produites par les positons (positrons en anglais) issus d’un produit radioactif injecté au préalable.

Publié par magrenobloise

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