Mathieu Bock-Côté – Eloge du Puy du Fou

Dans une chronique pour le Figaro publiée le 21 août 2020, le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté analyse la polémique qu’à suscité l’ouverture au grand public du Puy Du Fou, obtenue grâce à  « une dérogation préfectorale dans le cadre de la représentation de La Cinéscénie »  fabuleux « spectacle à grand déploiement qui, dit-il, récapitule l’histoire de France ».

Il inscrit l’expérience du Puy-Du-Fou dans l’expérience vendéenne. Ce peuple qui, animé par le girondinisme, lutta contre « une tentation funeste [de] la modernité, [qui] la poussa[it] à éradiquer les catégories sociales qui ne se laiss[aient] pas reprogrammer dans ses catégories émancipatrices ». Le sociologue fait le parallèle avec le monde actuel : « Il n’est pas interdit de croire que les sociétés occidentales souhaitent réserver symboliquement le même sort à leurs peuples qui tardent à se convertir à la mondialisation multiculturelle […] »

Mathieu Bock-Côté évoque la puissance symbolique que porte en son cœur l’histoire. Elle constitue le ferment des individus, d’un peuple, d’une Nation. « Le Puy-Du-Fou […] aborde l’histoire de France à la manière d’une grande fresque héroïque, où on croit aux grands hommes et aux miracles, non pas comme un enfant crédule, mais à la manière d’un homme convaincu de l’existence de forces invisibles dans l’histoire qui pèsent sur le destin des peuples. L’histoire n’est pas un processus impersonnel, mais le grand théâtre des passions humaines ». Ses mots sonnent telle une pièce de théâtre de Shakespeare.

La tribune de Mathieu Bock-Côté est intéressante en ce qu’elle dresse la figure de deux farouches opposants : « Les avant-gardes et les arriérés » et dénonce « entre les deux » les « bons gestionnaires prêts à se plier à l’esprit de l’époque, à collaborer avec lui. ». Il ironise cyniquement que la modernité « tolère le réactionnaire goitreux, vaincu mille fois, ruminant ses défaites : dans son bocal, on le regarde comme une antiquité vivante, qui ne menace personne. Mais, dit-il, le vendéen flamboyant dans son bocage ne joue pas ce mauvais rôle et a voulu remettre au cœur de la France actuelle la France éternelle. Il entend plutôt faire revivre une certaine idée de la France, sous le signe de la continuité historique et de la patrie charnelle. Dans la guerre de la mémoire, il lance une contre-offensive ».

L’auteur dénonce les images fantasques, superficielles « les crétineries habituelles de l’industrie culturelle américaine » qui loin de rassasier, bourre au contraire l’esprit. Dans cette tribune, il défend l’entreprise de Philippe De Villiers qui réenchante « poéti[se] l’esprit français au grand dam de ceux qui veulent « exercer [un] monopole narratif sur le récit historique légitime » ; France Culture en première ligne à qui ce projet déplaît le qualifiant « d’instrumentalisation fantaisiste et mensongère de l’histoire au service d’un projet réactionnaire ».

En attendant, les français sont nombreux à s’y rendre : « le Puy du Fou est plébiscité » indique-t-il.

L’article est une belle ode  à l’histoire française qu’il est plus que tant de restaurer pour renouer avec nos racines et nos identités déchirées.

Publié par magrenobloise

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