Monde – Bras de fer en mer Egée, les explications

Le Ministre turc de la Défense Hulusi Akar a accusé la France jeudi 27 août d’accroître les tensions entre Ankara et Athènes au sujet de recherches en hydrocarbures en mer Egée selon une information du Figaro.

Selon Wikipédia, la Grèce et la Turquie, toutes deux membres de l’OTAN, font face a un contentieux qui dure depuis des années. Elles cherchent à affirmer leur souveraineté respective (exercer leur pouvoir sur une zone géographique et sur la population qui l’occupe), sur la zone de la mer Egée au niveau de leur frontière commune.

Un peu d’histoire

En 1947 suite à la Seconde Guerre Mondiale, le traité de Paris permet de rattacher le Dodécanèse italien au royaume de Grèce. Le Dodécanèse qui veut dire « douze (dodeka) iles (nēsos) », est un archipel de la mer Egée regroupant plus de 160 iles et ilots.

Carte du Dodécanèse

La rétrocession italienne à la Grèce fixa définitivement la frontière maritime, à l’exception des deux îlots inhabités d’Imia, que la Turquie revendique et a tenté plusieurs fois d’occuper.

Frontière maritime de la Grèce (eaux territoriales en bleu) et de la Turquie (en rouge) en Mer Égée, avec des eaux territoriales à 6 milles. (source : wikipédia)

Le droit international

La première conférence sur le droit de la mer intitulée « La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer I » s’est tenue en 1956 à Genève, en Suisse. Elle a donné lieu à 4 traités conclus en 1958. Parmi eux, se trouve celui de « la Convention sur le plateau continental » entré en vigueur le 10 juin 1964.

En 1982, se tient à Montego Bay en Jamaïque, une convention des Nations unies sur le droit de la mer qui instaure avec l’article 76, que les Etats côtiers disposent de droits souverains sur l’exploitation des ressources du sol et du sous-sol des fonds marins notamment sur les ressources en hydrocarbures. Selon la convention, la limite des eaux territoriales est fixée à 12 milles marins. La Turquie qui s’estima lésée par ces règles ne les signa pas et la Grèce, sous la pression de menaces militaires turques en cas d’application de la convention, fixa la limite de ses eaux à 6 milles marins.

Définitions

Un Etat côtier dispose d’un plateau continental. Il comprend les fonds marins et leur sous-sol jusqu’au rebord externe de la marge continentale, zone sous-marine correspondant au plateau continental, le talus continental et le glacis continental. Au-delà, il s’agit de la plaine abyssale.


Le plateau continental peut aller jusqu’à 200 milles marins des lignes de base si le rebord externe de la marge continentale se trouve à une distance inférieure.

Sa limite coïncide alors avec celle de l’extension maximale de la zone économique exclusive (ZEE) dans laquelle l’état côtier dispose du droit d’exploiter toutes les ressources économiques dans les eaux, sur les fonds et dans le sous-sol.

Il est possible que les Etats côtiers atteignent moins de 200 milles marins si les côtes de deux Etats se font face ou son adjacentes. Dans ce cas, une délimitation maritime est nécessaire pour définir les zones sous la juridiction de chaque Etat côtier.

Lorsque la marge continentale s’étend au-delà de 200 milles les Etats peuvent prétendre exercer leur juridiction soit jusqu’à 350 milles marins des lignes de base […]. En contrepartie, l’Etat côtier doit contribuer à un système de partage des revenus tirés de l’exploitation des ressources minérales au-delà de la limite des 200 milles gérée par l’Autorité internationale des fonds marins qui est sous l’égide de l’ONU.

Pour prétendre à cette extension il faut déposer un dossier devant un organe des Nations Unies.

Actuellement

Lors d’un discours à Malazgrit mercredi 26 août qui visait à commémorer « la victoire militaire des Turcs Seldjoukides sur l’empire byzantin au 11ème siècle » selon l’agence ecofin et CNN Turk.com, la Président Recep Tayyip Erdogan a fait connaître sa position quant aux recherches en hydrocarbures :

« Nous invitons nos homologues à se ressaisir et à se garder de toute erreur qui ouvrirait la voie à leur ruine. La Turquie, en Méditerrannée, en mer Egée et en mer Noire, obtiendra ce qui lui revient. De la même manière que nous n’avons pas les yeux sur le territoire, la souveraineté, les intérêts d’autrui, nous ne ferons absolument aucune concession sur ce qui nous appartient. Nous voulons que tout le monde voit que la Turquie n’est plus un pays dont la patience, la détermination, les moyens et le courage peuvent être mis à l’épreuvre. Si nous disons que nous allons faire quelque chose, nous le ferons et nous en paierons le prix. Ceux qui veulent s’opposer à nous et qui sont prêts à en payer le prix, qu’ils le fassent. Sinon, qu’ils s’écartent de notre chemin et nous ferons notre propre travail. »

Le Ministre turc de la Défense a fait savoir ce jour que « Nous, les Turcs et les Grecs, devons résoudre nos problèmes nous-mêmes par le dialogue« . Il a également annoncé que la Turquie mènerait le 1er et le 2 septembre au large d’Iskenderun des « exercices de tir », informe le Figaro.

Sources :

Wikipédia : Plateau continental ; Convention des Nations unies sur le droit de la mer ; Marge continentale ; Commission des limites du plateau continental ; Frontière entre la Grèce et la Turquie ; Dédocanèse ; Dodécanèse italien ; Royaume de Grèce ; Campagne du Dodécanèse

Publié par magrenobloise

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