Europe – Le désenchantement

En 2016, après un Master 1 Recherche en Sciences de l’Information et Communication à l’ICM d’Echirolles, moyennement réussi, je décidais pour des raisons personnelles de postuler au Master Journalisme et Communication de l’Université de Genève. Je pensais qu’en intégrant une université d’une telle renommée, je pourrais intégrer la presse parisienne, que l’ICM d’Echirolles serait plus un handicap qu’autre chose, étant donné la réputation de la ville. Ce qui est en soi totalement faux, certains ont réussi là où d’autres ont échoué. J’aillais donc ainsi attirer l’attention sur moi tout en sachant que je ne serais pas à la hauteur. J’espérais pouvoir l’être du moins. En septembre 2016, je fis ma rentrée à l’Université. Nous avons étudié de la théorie, de la pratique. Puis, suite à un poste sur les réseaux sociaux je fus prise dans une rédaction parisienne. Une rédaction prestigieuse. Je réalisais un mémoire sur « les logiques marketing dans l’organisation et la construction des contenus des magazines de presse féminine ». Je voulais étudier la façon dont le marketing influençait les logiques des journalistes. Cette logique pouvait, selon mes recherches, ressortir à deux niveaux : un niveau éditorial, c’est-à-dire dans le choix des thèmes abordés, des sujets mis en évidence et au niveau scriptural. A ce dernier niveau, j’émis l’hypothèse que les journalistes, par l’emprunt de nombreuses figures de style, dont celle de la métaphore et de la métonymie particulièrement, recouraient aux logiques du rêve. Ces deux figures de style étaient en effet celles les plus utilisées dans la façon d’écrire des journalistes de cette presse-là. On ne pu confirmer ou infirmer mon hypothèse. Sur mon chemin et pour réaliser cette hypothèse j’utilisais la logique de Freud, car j’avais entre-temps rencontré l’auteur. Il dit que le rêve communique grâce aux métaphores et aux métonymies.

De retour en France et voulant absolument poursuivre mes études, être utile à la société je décidais de tout reprendre, de reprendre des études de médecine. Ce qui bien évidemment aujourd’hui me paraît invraisemblable, quoique nous manquons véritablement de médecins et qu’ils se font de plus en plus rares. Je fus prise de cette lubie-là lorsqu’à la lecture de Freud, je me rendis compte à quel point le lien entre le psychisme et le corps était étroit, réel et à quel point le corps était d’une fragilité cristalline.

Convaincue de ses idées, je construisis mon dossier universitaire pour me présenter grâce aux logiques Passerelles qui permettent aux diplômés de Master, aux détenteurs du titre de Doctorat, aux ingénieurs, d’accéder en L2 de médecine.

Les dossiers se déposent sur place, une secrétaire administrative est chargée de vérifier que votre dossier est conforme aux attentes.

Mon dossier était quelque peu atypique. En effet, j’avais réalisé une licence en France et avait obtenu 180 crédits. Puis j’avais effectué une première année de Master en France et avait obtenu 60 crédits. Puis j’étais partie en Suisse et réalisé un Master durant deux ans et demi et avais obtenu 120 crédits.

Je détenais donc à la fin de mes études 360 crédits européens.

Lorsque je me présentais devant le bureau de la secrétaire celle-ci refusa mon dossier. En effet, je devais reprendre totalement un Master en France pour obtenir officiellement en France les crédits européens.

Mécontente de cette réponse, je décidais d’écrire au Président de la République pour dénoncer la non-reconnaissance de mon diplôme par les institutions françaises devant pourtant être au courant du droit européen. Voici les informations qu’en donne le site du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation :

« E.C.T.S. signifie : système européen de transfert et d’accumulation de crédits dit E.C.T.S.  « European credit transfer system ». Ces crédits valident le travail fourni par l’étudiant (partiels, stages, mémoires, etc.). Une fois obtenus, ils sont définitivement acquis et transférables dans tous les établissements de l’enseignement supérieur européen.

Les crédits E.C.T.S. représentent sous la forme d’une valeur numérique (valeur entre 1 et 60) affectée à chaque unité de cours, le volume de travail que l’étudiant est supposé fournir (cours, T.D., T.P., travail personnel) pour chacune d’entre elles. Dans le cadre du système européen de crédits, 60 crédits représentent le volume d’une année d’études.

Pour valider les différents grades de l’enseignement supérieur, un étudiant devra valider :

  • pour une Licence : 180 crédits en six semestres
  • pour un Master : 120 crédits en quatre semestres après la Licence
  • le Doctorat est alors accessible après validation de 300 crédits (180 en licence + 120 en master)

La mise en oeuvre d’une stratégie nationale de l’enseignement supérieur favorisera la diffusion du shéma « LMD »à toutes les formations supérieures et la délivrance de crédits E.C.T.S. qui sont un puissant facteur de reconnaissance de la mobilité en Europe. Un système de reconnaissance de crédits similaire sera d’ailleurs introduit par le ministère de l’éducation nationale dans l’enseignement secondaire professionnel à partir de 2014. Tout cela afin de faciliter la mobilité des lycéens professionnels en permettant d’intégrer les compétences acquises à l’étranger dans la délivrance du baccalauréat. »

D’après l’article D612-34 :
 » Le grade de master est conféré de plein droit aux titulaires :
1° D’un diplôme de master ;
2° D’un diplôme d’études approfondies ou d’un diplôme d’études supérieures spécialisées ;
3° D’un diplôme d’ingénieur « [etc]

D’après l’ « Arrêté du 24 mars 2017 relatif aux modalités d’admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de sage-femme » il est indiqué que : « des dispositions élargissant l’accès à tous les titulaires de diplômes conférant le grade de master ainsi qu’aux titulaires de diplômes relevant de l’article D. 612-34 du code de l’éducation sont introduites. »

Je souhaitais reprendre des études pour acquérir davantage de connaissances théoriques et pratiques. Refusée et voulant à tout prix poursuivre mes études, je décidais de me tourner vers le doctorat. Toutes les portes sont closes. Pour poursuivre un doctorat en sciences humaines il faut travailler à côté à mi-temps en temps que caissière ou autre, il faut monter un dossier de recherche de cinq à sept pages qui doit passer devant une commission. Celle-ci accepte ou non votre projet de recherche et dans l’optique que votre sujet est accepté, il faut réaliser la thèse en 3 ans voire 4 ans maximum tout en travaillant à côté en tant que caissière ou autre, à mi-temps. Il est impossible de demander une aide à la Région car les aides pour la recherche n’existe pas. Il faut partir en mobilité, dans un autre pays, pour obtenir une aide. Ceci est la meilleure option. La seconde option, pour poursuivre des études et effectuer un doctorat c’est de refaire des études de Master durant deux ans. Chose que je suis aujourd’hui incapable de refaire, je n’en ai plus la force. C’est donc une véritable bataille pour vouloir acquérir des connaissances.

Sources :
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid20949/la-reconnaissance-des-diplomes-dans-l-union-europeenne.html
Arrêté du 24 mars 2017 relatif aux modalités d’admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de sage-femme
BULLETIN OFFICIEL N°1 DU 3 JANVIER 2019
VENIR ÉTUDIER EN FRANCE



Publié par magrenobloise

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