France – La religion et la République

Dans les débats des Grandes Gueules qui réunis quotidiennement des acteurs du monde politique, juridique, médiatique, Nadine Morano, eurodéputée, intervenait aujourd’hui, mercredi 2 septembre.

Qui est Nadine Morano ? Sa vie, ses engagements politiques

Nadine Morano est née le 6 novembre 1963 à Nancy, elle est une femme politique française. Membre des républicains (LR) elle est successivement députée (2002-2008), secrétaire d’Etat chargée de la Famille puis de « la Famille et de la Solidarité » et « ministre déléguée auprès du ministre du Travail et de la Solidarité » et « ministre déléguée auprès du ministre du Travail, chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle ». Elle est députée européenne depuis 2014. Entre 2007 et 2008 elle fut porte-parole de l’UMP. 

Le 4 septembre 2015, elle annonce sa candidature à la primaire française de la droite et du centre de 2016 en vue de l’élection présidentielle de 2017. Elle se pose en candidate de la lutte contre l’immigration arabo-musulman. Elle refuse de soutenir un candidat en vue du premier tour. Néanmoins, elle déclare que François Fillon et Nicolas Sarkozy portent de véritable projets de droite, contrairement à Alain Juppé, qui est selon elle de « centre gauche […] dans la continuité de François Hollande », et à qui elle reproche un manque de fermeté sur l’islam Elle soutient François Fillon pour le second tour.

Le 3 mars 2017, dans le cadre de l’affaire Fillon, elle retire son soutien au candidat LR à l’élection présidentielle. Trois jours après, elle le soutient à nouveau. Par la suite, la députée européenne reproche à François Fillon d’être responsable de la défaite de la droite, dans une élection jugée « imperdable » pour son camp. Elle critique de manière virulente le train de vie supposé du député de Paris sortant.

En juin 2018, elle déclare se sentir « plus proche » de Viktor Orbán que d’Emmanuel Macron « sur l’immigration ». En septembre 2018, elle est l’un des trois seuls membres de la délégation française du groupe du Parti populaire européen à voter contre l’activation de l’article 7 du traité sur l’Union européenne contre la Hongrie.

Article 7

1.   Sur proposition motivée d’un tiers des États membres, du Parlement européen ou de la Commission européenne, le Conseil, statuant à la majorité des quatre cinquièmes de ses membres après approbation du Parlement européen, peut constater qu’il existe un risque clair de violation grave par un État membre des valeurs visées à l’article 2. Avant de procéder à cette constatation, le Conseil entend l’État membre en question et peut lui adresser des recommandations, en statuant selon la même procédure.

(On appelle pays tiers les pays ou territoires hors de l’Union européenne. Par exemple, la Chine, la Suisse ou la Principauté de Monaco sont des pays tiers alors que l’Italie ou la Bulgarie n’en sont pas.)

Le Conseil vérifie régulièrement si les motifs qui ont conduit à une telle constatation restent valables.

2.   Le Conseil européen, statuant à l’unanimité sur proposition d’un tiers des États membres ou de la Commission européenne et après approbation du Parlement européen, peut constater l’existence d’une violation grave et persistante par un État membre des valeurs visées à l’article 2, après avoir invité cet État membre à présenter toute observation en la matière.

3.   Lorsque la constatation visée au paragraphe 2 a été faite, le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, peut décider de suspendre certains des droits découlant de l’application des traités à l’État membre en question, y compris les droits de vote du représentant du gouvernement de cet État membre au sein du Conseil. Ce faisant, le Conseil tient compte des conséquences éventuelles d’une telle suspension sur les droits et obligations des personnes physiques et morales.

Les obligations qui incombent à l’État membre en question au titre des traités restent en tout état de cause contraignantes pour cet État.

4.   Le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, peut décider par la suite de modifier les mesures qu’il a prises au titre du paragraphe 3 ou d’y mettre fin pour répondre à des changements de la situation qui l’a conduit à imposer ces mesures.

5.   Les modalités de vote qui, aux fins du présent article, s’appliquent au Parlement européen, au Conseil européen et au Conseil sont fixées à l’article 354 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

Article 2

1. L’Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples.

2. L’Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes, en liaison avec des mesures appropriées en matière de contrôle des frontières extérieures, d’asile, d’immigration ainsi que de prévention de la criminalité et de lutte contre ce phénomène.

3. L’Union établit un marché intérieur. Elle œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement. Elle promeut le progrès scientifique et technique.

Elle combat l’exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales, l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l’enfant.

Elle promeut la cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les États membres.

Elle respecte la richesse de sa diversité culturelle et linguistique, et veille à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen.

4. L’Union établit une union économique et monétaire dont la monnaie est l’euro.

5. Dans ses relations avec le reste du monde, l’Union affirme et promeut ses valeurs et ses intérêts et contribue à la protection de ses citoyens. Elle contribue à la paix, à la sécurité, au développement durable de la planète, à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme, en particulier ceux de l’enfant, ainsi qu’au strict respect et au développement du droit international, notamment au respect des principes de la charte des Nations unies.

6. L’Union poursuit ses objectifs par des moyens appropriés, en fonction des compétences qui lui sont attribuées dans les traités.

D’après ces lois, les instances de Bruxelles décident par exemple pour la France, si les valeurs dictées à l’article 2 sont violées ou non suite aux constatations/plaintes faites par un tiers des Etats membres auprès des instances. La France n’est donc plus souveraine. Nadine Morano a voté contre cet article.

Dans les Grandes Gueules elle dit ainsi au sujet de la religion musulmane et des lois de la République :

« Moi je déteste Charlie Hebdo. Je l’ai déjà dis plusieurs fois, je n’achèterai jamais Charlie Hebdo, je ne l’ai jamais acheté d’une part mais lorsqu’il est arrivé cet attentat, j’ai été effondrée. Comme beaucoup, j’étais traumatisée de ce qu’il s’est passé et ce jour-là j’ai été Charlie. Pas Charlie Hebdo mais Charlie. Pour dire que la France, c’est la liberté d’expression, c’est le droit à la caricature. Moi je me suis retrouvée caricaturée à la Une de Charlie Hebdo. Moi ils m’avaient fait en fille trisomique du Général De Gaulle, j’ai eu le droit à plein de trucs mais je considère que la France c’est d’abord la liberté d’expression, c’est le droit à la caricature. Alors cela fait mal, ce n’est pas très sympa mais bon, on n’écoute pas, cela passe et tchao. Moi j’ai souvent « pris cher », mais à la limite j’ai le cuir extrêmement dur et la France m’intéresse plus que toutes leurs conneries. Donc cela va bien. Mais on ne peut pas tuer parce qu’on caricature un prophète. On ne peut pas. On n’a pas le droit et moi ce qu’il me choque aujourd’hui c’est de voir le sondage qui a été fait pour Charlie Hebdo et de voir que 18% des Musulmans ne condamnent pas l’attentat dans notre pays, un musulman sur 4 de moins de 25 ans, ne le condamne pas, 40% des Musulmans font passer leur religion avant la République et 75% chez les jeunes. Moi j’ai juste une question : « Pourquoi s’infligent-t-ils de rester en France ? Ils peuvent partir. Ils peuvent aller vivre dans un Etat Musulman, où la religion est la religion musulmane. Mais s’ils considèrent que la France, que les lois de la République sont inférieures à leur religion ils peuvent aller dans [ces pays] car la France c’est cela. Je suis désolée ! S’ils sont français mais qu’ils ne s’y plaisent pas, ils peuvent partir. Qu’est-ce qui les empêche de partir ? Moi je ne m’infligerai pas de rester dans un pays où je considère que ma religion catholique, la religion est supérieure [à la loi] à la République. Donc il y a plusieurs pays, il y a le Maroc qui est un Etat Musulman, la religion d’Etat musulman mais voilà il faut y aller, il faut déménager, il faut aller en Arabie Saoudite, il y a plein d’Etats musulmans qui les accueilleraient avec joie. Mais pourquoi rester chez nous quand ils considèrent que la France ne leur apporte pas ce qu’ils veulent ? Au revoir, tchao, cela fera plaisir à tout le monde, pour eux comme pour nous. »

Image d’en-tête :
La Liberté guidant le peuple est une huile sur toile d’Eugène Delacroix réalisée en 1830, inspirée de la révolution des Trois Glorieuses. Présenté au public au Salon de Paris de 1831 sous le titre Scènes de barricades, le tableau est ensuite exposé au musée du Luxembourg à partir de 1863 puis transféré au musée du Louvre en 1874 où il fut l’un des plus fréquentés. En 2013, il est la pièce majeure de l’exposition La Galerie du temps au Louvre-Lens. Par son aspect allégorique et sa portée politique, l’œuvre a été fréquemment choisie comme symbole de la République française ou de la démocratie.

Eugène Delacroix est un peintre français né le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice et mort le 13 août 1863 à Paris.

Autoportrait au gilet vert (1837).

Dans la peinture française du XIXe siècle, il est considéré comme le principal représentant du romantisme, dont la vigueur correspond à l’étendue de sa carrière. À quarante ans, sa réputation est suffisamment établie pour lui permettre de recevoir d’importantes commandes de l’État. Il peint sur toile et décore les murs et plafonds de monuments publics. Il laisse en outre des gravures et lithographies, plusieurs articles écrits pour des revues et un Journal publié peu après sa mort et plusieurs fois réédité. Remarqué au Salon en 1824, il produit dans les années suivantes des œuvres s’inspirant d’anecdotes historiques ou littéraires aussi bien que d’événements contemporains (La Liberté guidant le peuple) ou d’un voyage au Maghreb (Femmes d’Alger dans leur appartement).

Femmes d’Alger dans leur appartement – 1834


Sources :
L’oral des GG à retrouver : https://rmc.bfmtv.com/emission/je-me-suis-retrouvee-caricaturee-a-la-une-de-charlie-hebdo-mais-on-ne-peut-pas-tuer-pour-une-caricature-affirme-nadine-morano-1970846.html
https://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_l%E2%80%99Union_europ%C3%A9enne#Article_2
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:12016M007&from=FR
https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Delacroix
https://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_d%27Alger_dans_leur_appartement

Publié par magrenobloise

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