France – Les questions des Français au Premier Ministre

Le Premier Ministre du gouvernement, Jean Castex était ce matin l’invité de RTL. Après avoir explicité la façon dont le gouvernement allait dépenser le plan de relance de la France (cf. article « Interview de Jean Castex, un tournant historique« ), le Premier Ministre a répondu aux questions des auditeurs sur des sujets très concrets.

Il y eut tout d’abord Jacob, Maire d’une commune demandant si les salles de réception des Mairies pourront être réouvertes et si oui dans quelles conditions, et quel sera le nombre de participants. A cela, le premier Ministre répond :
« L’ouverture n’est pas pour tout de suite, car il y a des activités pour lesquels il faut un organisateur qui vérifie les jauges, les règles de distanciation à respecter pour les E.R.P. » (acronyme de « Etablissement pour recevoir du public » indique Yves Calvi).

C’est ensuite à un éleveur en négociant en viande d’évoquer sa situation : Les restaurants et les collectivités locales dans son environnement immédiat souhaitent collaborer avec lui mais ils ne peuvent pas s’engager car ils sont bloqués par le prix d’achat. Un euro leur manque pour investir dans les commandes auprès de lui. Tout est pourtant conforme, les deux parties souhaitent s’engager mais le prix d’achat bloque les échanges. Il fait également part de son inquiétude au sujet de la sécheresse qui augmente chaque année.

A cela, le Premier Ministre répond la volonté du gouvernement d’aider les circuits courts. Un programme « alimentaire territorial » est actuelle en cours dans sa ville (Vic-Fezensac dans le Gers).

Vic-Fezensac est une commune française située dans le département du Gers, en région Occitanie.

« Il faudra donc permettre cela » continu-t-il, il ne faut pas que cela soit une question de prix. Les règles de la commande publique sont à assouplir. Il faudra favoriser par des incitations financières, à s’approvisionner dans l’environnement immédiat. Ces P.A.T. (Les Projets Alimentaires Territoriaux) existent déjà, le gouvernement va les « booster », c’est l’objectif du plan de relance » explique-t-il.

Intervient ensuite Jacques, locataire dans le 10ème arrondissement qui évoque les problèmes de drogues dans son quartier. Il observe la recrudescence de toxicomanes à proximité de son logement et interroge sur la façon dont va être mise en place l’amende de 200 euros. « Ces gens n’ont pas de travail et vivent de prostitution pour acheter des grammes d’héroïne.* » indique-t-il

Le Premier Ministre n’a actuellement pas connaissance de ce dossier mais va s’y intéresser de près. Il partage son indignation et rappelle que la question de la sécurité est au centre du gouvernement. Il le démontre ainsi : « Le renforcement de la police va être effectué comme « jamais », ainsi que la coordination en faveur de nos concitoyens ici [au sujet de ce quartier] comme ailleurs. »

La dernière question est posée par Jeanne qui interroge si le gouvernement envisage de revitaliser les bourgs, les villages et le programme des petits villes. A cette question, le Premier Ministre répond avec certitude « oui ». La France rurale, la France des territoires parfois « oubliées » est au coeur de ses préoccupations, dans ses « gènes » pour ainsi-dire. Ce plan de relance servira à cela [relancer la vie des territoires]. Le premier Ministre se rendra sur le terrain pour voir comment cela marche.

Avant ces échanges, le Premier Ministre a rappelé son attachement à travailler main dans la main avec ses équipes. « Moins de parole et plus de résultats, vous ne me ferez pas détourner de cette voie » a-t-il indiqué avec détermination. Il a rappelé que la fidélité à ses convictions, à ses amis et aux principes est la première des vertus.

Les références de l’intervention

Lors de son discours le premier Ministre a évoqué plusieurs références. Il a parlé de Philippe Bouvard, journaliste et ancien animateur des grosses têtes (émission de culture générale sur RTL). Né de Marcel Bouvard et d’Andrée Gensburger, juive d’origine alsacienne, il échappa, en s’enfuyant avec sa mère aux arrestations de la Gestapo (acronyme tiré de l’allemand Geheime Staatspolizei signifiant « Police secrète d’État », la police politique du Troisième Reich) durant la Seconde Guerre mondiale. Mauvais élève au lycée il est renvoyé à plusieurs reprise par manque d’assiduité ou d’indiscipline. Il aperçoit un jour Jean Cocteau sur la Croisette, à Cannes en limousine et souhaite depuis ce jour devenir écrivain pour gagner fortune. Le 24 janvier 1944 il crée son premier journal de lycée, Schola 44 dans lequel il publie des éditoriaux et des nouvelles. Après avoir échoué trois fois au baccalauréat, il entre au Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris en 1948, dont il est renvoyé après quelques mois avec l’appréciation « n’est pas doué pour le journalisme mais réussira dans les professions commerciales », la direction s’étant aperçue qu’il se faisait rémunérer par ses camarades pour rédiger des devoirs à leur place. Pendant son service militaire en Allemagne, il est rédacteur en chef d’une revue de régiment, le Kléber Digest. Il exerce plusieurs professions, comme démarcheur d’encyclopédies ou vendeur de lunettes de soleil chez Lissac.

Alors qu’il songeait à s’engager dans l’armée et à partir pour l’Indochine, il reçoit l’aide d’un ami qui lui permet d’entrer en 1952 au service photographique du Figaro comme coursier. Il en profite pour obtenir un stage au service des informations générales, ce qui lui permet d’écrire quelques lignes pour légender les photos. Il décroche sa carte de presse le 5 janvier 1953 puis obtient quelques mois plus tard la rubrique parisienne et mondaine : auteur à la plume redoutée, il obtient le Prix de la Chronique parisienne le 22 mai 1957. De 1962 à 1973, il dirige les pages parisiennes du Figaro, puis devient rédacteur en chef, directeur et enfin éditorialiste de France-Soir (succédant à Carmen Tessier) de 1973 à 1998. Il a été conseiller technique, notamment pour l’hebdomadaire L’Express en 1977. Il est chroniqueur à Paris Match de 1977 à 1992, puis au Point en 1983.

Chroniqueur puis rédacteur en chef du journal France-Soir à partir de 1973, il est nommé en 1987 directeur général adjoint et directeur de la rédaction du quotidien. L’actionnaire du journal, la Socpresse, met fin en 1989 à son contrat à la direction générale, Bouvard n’ayant pu empêcher la baisse de diffusion du journal de 20 % en deux ans malgré une énorme campagne de publicité. Il reste à la direction de la rédaction jusqu’en 2003. Il collabore de 2003 à 2017 à la rédaction de Nice-Matin où le site internet publie son billet quotidien. Le 30 décembre 2017, il informe dans son 5225e et dernier billet que sa chronique ne sera pas reconduite pour l’année 2018 en raison de difficultés financières rencontrées par le quotidien. Il tient aussi un bloc-notes hebdomadaire dans Le Figaro Magazine.

Il a obtenu plusieurs distinctions françaises et étrangères parmi lesquelles :
Les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur par Jean-Pierre Raffarin le 31 mai 2005 , de Chevalier de l’ordre national du Mérite le 25 mars 2005 et de Commandeur de l’ordre des Arts et des lettres le 16 septembre 2019.

Chevalier de la Légion d’honneur :  Instituée le 19 mai 1802 par Bonaparte, alors premier Consul de la République, elle récompense depuis ses origines les militaires comme les civils ayant rendu des « services éminents » à la Nation. C’est la plus haute décoration honorifique française.



La devise est « Honneur et patrie ». Romaine par son nom (inspirée par la Legio honoratorum conscripta de l’Antiquité, par son symbolisme (les aigles) et son organisation (seize cohortes pour la France), la Légion d’honneur infléchit la tradition des ordres d’Ancien Régime en étant ouverte à tous, et non plus seulement aux officier. Alors que certains, comme le ministre de la Guerre Berthier, y voient une atteinte au principe de l’égalité civique et considèrent les décorations comme des hochets de la monarchie, Bonaparte justifie cette institution en conseil d’État : « Je vous défie de me montrer une république, ancienne ou moderne, qui sût se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, eh bien c’est avec des hochets que l’on mène les hommes. »

Chevalier de l’ordre du Mérite :



L’ordre national du Mérite est un ordre honorifique français institué le 3 décembre 1963 par le général de Gaulle. Il récompense les mérites distingués, militaires ou civils, rendus à la nation française. Il remplace d’anciens ordres ministériels et coloniaux.

Commandeur des Arts et des lettres : l’ordre des Arts et des Lettres est une décoration honorifique française qui, gérée par le ministère de la Culture, récompense « les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde ».

Le Premier Ministre a également évoqué Olivier de Kersauson, surnommé l’Amiral qui est un navigateur, chroniqueur et écrivain français né à Bonnétable dans la Sarthe le 20 juillet 1944. Son ancêtre Robert de Kersauson prit part à la septième croisade. Son frère Yves de Kersauson devint amiral au terme d’une carrière dans la Marine nationale où il dirigea le renseignement militaire. Un autre frère Florent de Kersauson est, avec Bernard Hass, le créateur de la Route du Rhum.

Ancien scout marin, amoureux des grands espaces, Olivier de Kersauson a commencé à naviguer près de Morlaix puis à La Trinité-sur-Mer (une maison familiale s’y trouve à la Pointe Kerhino) où, adolescent, il barre notamment le Cambronne, voilier de Jean-Marie Le Pen.

En 1967, il effectue son service militaire dans un régiment de parachutistes d’infanterie de marine où il est affecté sur la goélette Pen Duick III à la demande d’Éric Tabarly, qu’il considère par la suite comme son « maître ».*

Sarthe – département français de la région Pays de la Loire. Ses habitants sont appelés les Sarthois. L’Insee et la Poste lui attribuent le code 72. Son chef-lieu est Le Mans

Sources:
RTL – https://www.rtl.fr/actu/politique/jean-castex-invite-de-rtl-jeudi-3-septembre-posez-vos-questions-au-premier-ministre-7800761537
* Lire à ce sujet, « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » ; voir le film « Requiem for a dream »
Lire au sujet d’Olivier de Kersauson : « Le monde comme il me parle ».
https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_de_Kersauson
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarthe_(d%C3%A9partement)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Bouvard
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_national_du_M%C3%A9rite_(France)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_des_Arts_et_des_Lettres



Vous pouvez retrouver ici une interview réalisée avec le Dauphiné Libéré :  » Mes voitures ont toujours été plus grosses que mon savoir« .

Publié par magrenobloise

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