France – Le recteur de la grande mosquée de Paris s’exprime au sujet des publications de Charlie Hebdo

Le 4 septembre 2020, Le Figaro publiait une tribune du recteur de la grande mosquée de Paris qui faisait savoir aux sujets de publications de Charlie Hebdo « Que Charlie Hebdo continue d’écrire, de dessiner, d’user de son art et surtout de vivre ». Extraits.

Le recteur de la grande mosquée de Paris Hafiz Chem-eddine, « qui avait pourtant engagé une procédure de justice contre le journal satirique il y a une quinzaine d’années condamne les crimes qui ont été commis au nom de la religion musulmane, « veut avant toute chose s’incliner devant la mémoire des victimes ». indique-t-il au Figaro.

« Je suis Français. D’adoption, d’adhésion et d’adhérence, car amoureux de la République, attaché à ses principes, respectueux de son histoire, avec une mémoire apaisée face à ses pages noires et un attrait pour l’esprit des Lumières qui fut le prélude de la Révolution et de la laïcité. »

« Si je m’exprime aujourd’hui, c’est qu’il y a une raison qui me paraît essentielle : l’ouverture du procès des attentats de 7, 8 et 9 janvier 2015, celui des comparses présumés des criminels qui ont visé, tour à tour, la rédaction de l’hebdomadaire de Charlie Hebdo, des fonctionnaires de police et nos compatriotes juifs. Je veux avant toute chose m’incliner devant la mémoire de toutes les victimes de ces crimes abjects et condamner cette violence, les auteurs de cette barbarie et tous leurs complices opérationnels, idéologiques, politiques et médiatiques. Et je le fais avec force, sincérité et conviction : les terroristes peuvent se réclamer de l’islam – je n’ai aucun moyen de les en excommunier – car nourris par leur ignorance crasse, ils peuvent prétendre agir au nom de ma religion, car alimentés par des théoriciens haineux, ils s’autoproclament « vengeurs du Prophète Mohammed », en aucun cas la religion musulmane, dans ces fondements, dans ses textes, hormis dans l’esprit étriqué de ceux qui font prévaloir le littéralisme, jamais dis-je l’islam ne pourrait cautionner des crimes.

[Au sujet des responsabilités des crimes commis] « Je fais confiance à mes confrères pour faire jaillir la vérité, toutes les vérités. »

[Au sujet de la plainte déposer contre Charlie Hebdo] « Je veux m’en expliquer aujourd’hui, car la Grande mosquée de Paris qui a toujours défendu les principes républicains n’était à aucun moment nourrie par une volonté d’interdire l’irrévérence, de condamner le blasphème ou de censurer des caricaturistes. […] Je ne vais pas me défausser : oui ces caricatures m’avaient profondément heurté comme ils avaient heurté la majorité de mes coreligionnaires. […].Je ne parle pas ici des minorités excités et extrémistes qui ont voulu instrumentaliser cette affaire. Il est important de comprendre que le prophète Mohammed est l’être et le symbole le plus important dans la religion musulmane. […] en tant qu’avocat, en tant que citoyen, connaissant l’histoire et les fondements de la République, je respecte le travail des médias qui doit demeurer libre et je savais qu’aucun tribunal ne condamnerait le journal satirique, y compris dans ses excès. […] C’était une manière pour nous de prouver notre intégration quand les milieux extrémistes voulaient user de violence et porter la discorde dans l’espace public, non sans manipuler la jeunesse et instrumentaliser la jeunesse et les esprits les plus fragiles et malléables. […] Le tribunal nous reconnaissait le droit de poursuivre et comprenait le fait que ces dessins puissent nous choquer tout en rappelant le caractère indiscutable de la liberté d’expression.

Il faut que tous les musulmans – et ceux qui cherchent à les infantiliser – comprennent les traditions culturelles de la satire et de l’espace démocratique qui permet toutes les expressions même celles qui paraissent excessives. [l’humour]. Dans notre pays, seule la loi fixe les limites. » indique-t-il.

« Que Charlie Hebdo continue d’écrire, de dessiner, d’user de son art et surtout de vivre. Que le drame qui a frappé cette publication, des policiers et nos compatriotes juifs serve de leçon à ceux qui se réclament de l’islam, à ceux qui se disent « amis des musulmans » et qui ne condamnent pas clairement ces crimes terroristes : en quoi le meurtre des dessinateurs a fait avancer la cause des musulmans ? [ En rien cependant cela à contribuer à diminuer la liberté d’expression].
Et en quoi la destruction et la barbarie peuvent-elles servir l’image de l’islam ? [Cela fait peur donc tout le monde se soumet].

Toutes les connaissances qui suivent sont issues du Larousse et de Wikipédia. Elles sont consacrées à la religion, l’histoire et la géographie.

Qu’est-ce que la mosquée de Paris ?

La grande mosquée de Paris est une mosquée française construite dans le style hispano-mauresque avec un minaret de 33 mètres. Le ministère de l’intérieur dénombre, en 2014, 2 368 lieux de cultes musulmans dont 2 052 en France métropolitaine. En 2015, il y avait environ 2200 lieux de culte musulman en France.

La plus grande mosquée de France pour la superficie totale est la Grande Mosquée de Strasbourg. Elle s’étend sur un terrain de 10187m2 avec une surface construite estimée à 2731m2. La plus grande mosquée de France au regard de la surface construite est la mosquée d’Évry-Courcouronne avec une surface construite de 5525m2 sur un terrain de 7000m2. La plus ancienne est probablement la mosquée de Tsingoni, achevée en 1538 à Mayotte (l’île ne devenant française qu’en 1841) ; cependant la légende veut qu’une mosquée ait été construite à Buzancy, commune française située dans le département des Ardennes, sur ordre de Saladin.

Blason

Qui est Saladin ?

D’après l’Encyclopédie du Larousse :

« Le père de Saladin, Ayyub, et son oncle, Chirkuh, étaient des officiers kurdes au service de l’atabek de Mossoul, Imad al-Din Zangi (1127-1146), qui avait été le premier à remettre en honneur la guerre sainte contre les envahisseurs « francs », les croisés, durant ses campagnes de Syrie (1135-1146).

À cette époque, l’empire des Seldjoukides était, en effet, divisé entre de nombreux atabeks turcs. Le fils de Zangi, Nur al-Din Mahmud (1146-1174), succéda à son père et acheva la conquête de la Syrie. Ayyub, qui avait déjà reçu en 1139 Baalbek des mains de Zangi, se vit confier par Nur al-Din le gouvernement de Damas en 1154. C’est dans cette ville, foyer le plus célèbre de la culture musulmane, que fut élevé le jeune Saladin.

En trente ans, de 1164 à 1193, Saladin allait contribuer puissamment à développer la religion de Mahomet par ses conquêtes de l’Égypte, de la Mésopotamie et de la Syrie, par la destruction du royaume de Jérusalem et par ses guerres contre les chrétiens. »

« Saladin rex Aegypti », manuscrit du xve siècle

Toutes les connaissances suivantes viennent de Wikipédia, elles se consacrent à l’étude de la religion, l’origine et la géographie.

« Durant les vingt années qui lui restent à vivre, Saladin se consacre à deux tâches :

  • d’abord, reprendre à son compte le programme de Zengi puis de son fils Nur ad-Din et unifier les musulmans de Syrie et d’Égypte sous une seule autorité pour faire bloc contre les Francs et pour éviter que les actions d’un émir ne compromettent le Djihad, comme ce fut le cas par le passé ;
  • ensuite, lutter contre les Francs, reprendre les territoires qu’ils occupent en Palestine et les chasser du Levant

La mosquée, inaugurée le 15 juillet 1926, a été fondée par Kaddour Benghabrit. Elle a une place symbolique importante pour la visibilité de l’islam et des musulmans en France. Elle est la plus ancienne mosquée de France métropolitaine.

Kaddour Benghabrit est un théologien et haut fonctionnaire algérien et marocain qui occupe successivement des fonctions dans la magistrature en Algérie, puis diplomatique pour la France avant d’entrer, dans le cadre du protectorat, au service du sultan du Maroc. Interprète-auxiliaire à la légation de France à Tanger et haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères français, il est le fondateur de l’Institut musulman de la mosquée de Paris.

Kaddour Benghabrit

Pendant l’Occupation, il aurait caché et sauvé des Juifs dans les sous-sols de la Grande mosquée de Paris.

En 1916, il est envoyé au Hedjaz et œuvre pour faciliter l’accomplissement du pèlerinage et pour garantir le bien-être à ses coreligionnaires durant leur séjour dans les lieux saints de l’islam. Il fonde à la Mahkama d’Alger (tribunal civil ou cadi), la Société des Habous des Lieux saints de l’islam, sous forme d’une association cultuelle musulmane, destinée à faciliter le pèlerinage des musulmans de l’Afrique du Nord française, en faisant l’acquisition de deux établissements hôteliers : à Médine et à La Mecque. Il est également une des personnalité musulmane qui soutient la révolte arabe face à l’Empire ottoman.

Le Hedjaz ou Hijaz (en arabe : اَلْـحِـجَـاز, al-Ḥiǧāz, qui signifie littéralement « barrière ») est la région ouest de la péninsule arabique, comprenant notamment les provinces de Tabuk, Médine, La Mecque et Al Bahah, sa principale ville est Djeddah, mais les cités les plus connues sont les villes de La Mecque et Médine.

En effet, elle désigne la zone montagneuse formée par les montagnes du Hedjaz (partie septentrionale des monts Sarawat), parallèle au rivage de la mer Rouge qui s’étend d’Aqaba à La Mecque, et qui rend difficile toute pénétration vers l’intérieur de la péninsule arabique. La zone côtière large de 25 à 40 km située entre le rivage et la montagne est désignée en arabe par le terme tihama, signifiant « couloir »

Carte de la mer Rouge avec les monts Sarawat le long de sa côte est dont les montagnes de Hedjaz forment la partie nord.

Les montagnes du Hedjaz forment la source supposée de l’ancien fleuve Pishon, décrit comme l’un des quatre fleuves associés au jardin d’Eden. Ce paramètre est une composante des recherches de Juris Zarins (de la Missouri State University) qui situe le jardin d’Eden à la pointe nord du golfe Persique, près du Koweït.

Structures creusées dans la roche à Madâin Sâlih (« les villes de Sâlih ») près d’Al-‘Ula.

Le cours de la rivière à présent asséchée, l’oued Al-Rummah et son prolongement, l’oued Al-Batin, a été identifié par Farouk El-Baz de l’Université de Boston et baptisé « fleuve Koweït ». Cette piste parcourt le désert saoudien sur 965 kilomètres, en suivant l’oued Al-Batin jusqu’à la côte du golfe Persique. On estime que le « Pishon » ou « fleuve Koweït » et l’écologie de la région du Hedjaz se sont asséchés il y a 2 500 à 3 000 ans.

Dans les temps anciens, il a été rapporté que Moussa al-Kazim, un descendant de Mahomet, aurait rencontré un lion dans le désert au nord de Médine.

La décision de construire la mosquée de Paris, première mosquée construite en France métropolitaine, se concrétise après la Première Guerre mondiale pour rendre hommage aux dizaines de milliers de morts de confession musulman qui avaient combattu pour la France. Cette décision remonte plus précisément au lendemain de la Bataille de Verdun lorsque la Société des Habous est chargée de construire la mosquée. Cette association, créée en 1917, a pour but d’organiser le pèlerinage annuel de la Mecque pour l’Afrique du Nord, en assurant aux pèlerins les conditions réglementées de sécurité et d’hygiène durant leur voyage au Hedjaz.

En 1920, la Société des Habous et Lieux saints de l’islam fondée par Kaddour Benghabritest déclarée à la préfecture d’Alger, comme association loi de 1901 ayant pour objet la construction à Paris d’un institut et d’une mosquée, qui symboliseraient sur le sol français l’amitié éternelle de la France et de l’islam, mais qui serait aussi un hommage aux milliers de soldats musulmans tombés durant la Première Guerre mondiale, notamment à Verdun en 1916.

Sur son initiative, il fonde dans la capitale française, la mosquée de Paris, dont le but est de venir en aide, tant au point de vue spirituel que matériel, à tous les musulmans habitant ou visitant la métropole. Il s’agit de la première mosquée du monde occidental après la chute d’al-Andalus.

Habitué des salons parisiens, accordant son patronage à des expositions (comme celle du peintre Florimond Météreau à la galerie Charpentier en 1932), il fut surnommé « le plus Parisien des musulmans ». Si Kaddour Benghabrit était grand-croix de la Légion d’honneur. Il est inhumé dans un site réservé au nord de la mosquée de Paris, selon le rite malékite.

Makalisme :
Le malikisme ou malékisme (en arabe : مذهب مالكي) est l’un des quatre madhahib, écoles classiques du droit musulman sunnite. Il est fondé sur l’enseignement de l’imam Mālik ibn Anas (711 – 795), juriste (faqîh), théologien et traditionniste (mouhaddith) qui naquit à Médine. Cette école est majoritaire au Maghreb (où elle fut introduite par Assad ibn al-Furat), en Afrique de l’Ouest, au Tchad, au Soudan, en Haute-Égypte, au Koweït et dans l’émirat de Dubaï. Par le passé, l’école malikite existait également dans certaines parties de l’Europe sous domination islamique, en particulier Al-Andalus et l’émirat de Sicile. Dans le monde, c’est la deuxième école en nombre de mouqallidoune (personnes faisant son taqlid); en France c’est la première.

En 2016, un concile, inauguré par le grand imam de l’Azhar, Ahmed al-Tayeb, rassemblant 200 personnalités sunnites du monde entier, s’est réuni dans le but de définir l’identité de ceux qui se font connaître comme « les gens du sunnisme » par opposition aux différents groupes considérés égarés. À l’issue de leurs travaux, les dignitaires sunnites sont convenus qu’en termes légaux, le malikisme est bien une branche du sunnisme.

Le malikisme est l’école de jurisprudence sunnite prédominante en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest

Cette école diffère essentiellement des trois autres du fait qu’elle est plus structurée et hiérarchisée avec un primat à sa tête et par les sources qu’elle utilise pour déterminer la jurisprudence. Si les quatre écoles utilisent toutes le Coran, la sunna, ainsi que l’Ijmâ’ (le consensus des compagnons de Mahomet) et les analogies (qiyâs), le malikisme utilise également les pratiques des premiers habitants musulmans de Médine (Amal ahl al-medina) comme source de la jurisprudence islamique (fiqh) et fait grand cas de la tradition de Mahomet (ahadith), tout en prenant en considération l’intérêt général (ou Maslaha).

L’imam Malik rapportait les ahadith et discutait leurs significations en contexte. Soit il citait des ahadith et des athar (dires des Sahabas — compagnons de Mahomet) sur des domaines de la charia en discutant leurs conséquences, soit il demandait à ses élèves s’il y avait dans leurs contrées un problème qu’ils pouvaient tenter de résoudre.

Après avoir achevé son recueil al-Muwatta, il le récitait à ses étudiants avec des variations en ajoutant ou en soustrayant quelques ahadith selon qu’il recevait des nouvelles informations.

Il évitait scrupuleusement le fiqh hypothétique; ainsi son école était rattachée aux « gens du hadith » (ahl al-hadith) en opposition aux « gens de la raison »  (ahl al-râ’y).
Le mot ra’y, (رَأْي) transcrit raï en français, est devenu le nom d’un courant musical et littéraire en Algérie, revendiquant plus de liberté d’opinion.

À sa mort le 24 juin 1954, son neveu Ahmed Benghabrit prend la direction de la mosquée de Paris. Il en est expulsé par la police française en juillet 1957 en raison de ses prises de position en faveur de la révolution algérienne. La révolte arabe de 1916-1918 (ou grande révolte arabe) est une rébellion menée entre 1916 et 1918 à l’initiative du chérif de La Mecque, Hussein ben Ali, dans le but de participer à la libération de la péninsule Arabique, alors en grande partie occupée par l’Empire ottoman, et de créer un État arabe unifié, d’Alep en Syrie à Aden au Yémen, inspiré du nationalisme arabe.

Au début du xxe siècle, le Proche-Orient était presque entièrement sous la domination de l’Empire ottoman, dont le sultan était aussi le calife, commandeur des croyants. Un mouvement nationaliste arabe (nahda = réveil, renaissance) existait à l’état embryonnaire, en réponse au nationalisme turc alors en plein essor, mais sans structure centralisée. Il s’exprimait moins en revendications politiques qu’en aspirations à faire revivre l’héritage culturel – et notamment littéraire – arabe. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, les nationalistes arabes de la première heure recherchaient avant tout une reconnaissance de leur culture, qu’ils voulaient voir traitée d’égale à égale avec les autres civilisations, sans prétendre à une souveraineté étatique pour les pays de langue arabe.

La situation changea lorsque la Première Guerre mondiale commença à toucher le Proche-Orient. La confrontation entre l’Entente (Royaume-Uni, France, Russie) et les Empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman) vint politiser ce mouvement nationaliste, qui vit se préciser la possibilité de faire appuyer ses visées émancipatrices par la France et le Royaume-Uni. L’Entente ne commença à se montrer sensible aux intérêts des nationalistes arabes que lorsque le sultan, en sa qualité de calife, appela en 1914 au djihad contre les ennemis mécréants de l’Entente. Londres trouva en la personne du chérif de La Mecque Hussein ben Ali une personnalité arabe suffisamment renommée et influente pour empêcher les populations arabes d’adhérer à cet appel au djihad.

Sources :
Le Figaro – Le recteur de la grande mosquée de Paris: «Que Charlie Hebdo continue d’écrire, de dessiner, d’user de son art et surtout de vivre»
Wikipédia
Larousse

Publié par magrenobloise

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