Grenoble – Tromperie sur la marchandise

Il y a deux ou trois ans, peut-être même avant, les grenoblois et tous les habitants des communes alentours étaient informés de l’élargissement de l’autoroute encerclant la ville. Ces travaux étaient bienvenus car les deux voies de cette A48 sont constamment bouchées, matin et soir, aux heures de pointe. Les voitures avancent au ralenti, tel le soufflet d’un accordéon trop timide. Dès le matin l’humeur est morne, les voies sont comblées, l’air est pollué, les informations bourdonnent dans l’habitacle ; détestable qu’est cette surexposition sensorielle matinale ; détestable qu’est cette pollution atmosphérique qui à 18 heures a désormais envahi l’espace. Que de files d’attente ! Que de carrosserie les unes à la suite des autres ! Que de conducteurs seuls au volant de leur voiture ! Que de moteurs tournant dans le vide ! Que d’air pollué ! Trop pollué. Irrespirable même, lors de canicule l’été. Parfois également l’hiver, lorsque l’air est sec, que les chauffages et les poêles tournent, que les moteurs tournent, dans le vide également. Nous étions ravis d’apprendre l’élargissement. Cela allait désengorger les routes et nos voies respiratoires. Seulement voilà, tout n’est pas si rose. Les solutions proposées pour les Grenoblois et tous ceux qui empruntent ces voies, sont modifiées. Il n’y aura non pas trois ou quatre voies prévues pour les conducteurs, il n’y en aura que deux, celles déjà existantes. Le projet destiné aux grenoblois, aux citoyens, aux conducteurs, les dessert, encore, une fois de plus, au profit d’une idéologie politique qui vante les mérites écologiques mais qui en pratique ne l’est pas du tout. Sur les deux voies ajoutées au deux existantes, une sera destinée seulement au covoiturage ainsi qu’aux taxis. La seconde voie, sera quant à elle uniquement destinée au bus. Ces choix politiques verts ne servent que l’image politique « verte de la ville » et en rien les conducteurs qui eux, continueront d’être coincés dans les bouchons. Par ailleurs, quelle utilité de politiser le covoiturage à l’heure où le COVID est au rendez-vous et à l’heure où les conducteurs n’ont pas attendu l’autorisation officielle des politiciens pour mettre en place le covoiturage, s’autogérer, si ce pour servir leurs propres intérêts ? Effectivement on peut penser qu’agrandir les voies pourrait favoriser l’augmentation du trafic, mais cette politique ne favorise pas le conducteur et la dépollution. Elle oblige et incite au covoiturage pour diminuer le trafic routier. Encore une fois nous sommes au pied du mur et nous avons été bernés, sur la marchandise.

Source :
Saint-Egrève, journal, numéro 270

Publié par magrenobloise

Webmagazine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :