Algérie – Le Rif

Pour comprendre et découvrir les terres algériennes, Ma Grenobloise propose un petit point géographique sur cette région du globe. Zoom sur une terre africaine.

Le Rif

Le Rif — en rifain : ⴰⵔⵔⵉⴼ, Arrif (« rivage, bord »), est la région septentrionale du Maroc, bordée par la mer Méditerranée au nord, l’Algérie à l’est, les plaines le séparant du Moyen Atlas au sud et l’océan Atlantique à l’ouest. Composé de montagnes et de plaines, le Rif s’étend sur près de 500 km de Tanger jusqu’à la Moulouya.

RIF

Tanger (en arabe : طنجة Tanja ; en berbère : ⵜⵉⵏⴳⵉ Tingi ; en latin: Tingis) est une ville du Nord du Maroc, deuxième poumon économique du Maroc, capitale de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Elle est le chef-lieu de la préfecture de Tanger-Assilah. Située à l’extrémité du Nord-Ouest du pays sur le détroit de Gibraltar.

Tanger, située à l’extrême Nord-Ouest du Maroc, près du détroit de Gibraltar

La ville se trouve à 14 kilomètres de la côte espagnole. Sa population s’élève à 947 952 habitants au recensement de 2014. Le port de la ville est la principale destination des bateaux de voyageurs en provenance de l’Europe. Tanger est, par conséquent, l’un des lieux de passage des voyageurs circulant entre le continent européen et africain.

La corniche de Tanger
Drapeau de Tanger

Le climat de Tanger est de type méditerranéen, tempéré par l’influence océanique : l’automne, l’hiver et le printemps sont doux, voir frais (18 degrés en journée et 7 degrés la nuit) et très humide. En inter-saisons, modérément pluvieux. L’été assez chaud ( 30 degrés en journée) et sec.

En général, les précipitations sont comprises entre 600 et 1 000 mm par an. La ville est cependant souvent sujette à des perturbations météorologiques : de mi-octobre jusqu’au début mai, des vents forts, des orages violents et des pluies diluviennes. En été, un vent chaud provenant du Sahara, le sirocco communément appelé « chergui » au Maroc, élève fortement la température.

Les records enregistrés dans la région sont les suivants : Température minimale : −4,2 °C (28 janvier 2005) ; Température maximale : 43,5 °C (1er aout 2003) ; Pluviométrie : 200 mm de pluie enregistrée en une journée (23 novembre 2008).

Le Rif s’étend donc de tanger à la Moulouya (en rifain : Melwacht, en arabe : ملوية Malwiyyah) qui est un long fleuve de 600 kms et se jette dans la mer Méditerranée, dans la région du Rif, dans les plaines de Kebdana, à l’extrême nord-est du Maroc. Son embouchure est située à 14 kms de la frontière algéro-marocaine. L’embouchure de la Moulouya a été classée site d’intérêt biologique et écologique (SIBE), puis en tant que site RAMSAR en 2005.

Un site Ramsar est la désignation d’une « zone humide d’importance internationale » inscrite sur la liste établie par la Convention de Ramsar par un État partie. Un site Ramsar doit répondre à un ensemble de critères, tels que la présence d’espèces vulnérables de poissons et d’oiseaux d’eau. Il s’agit donc d’une zone de biodiversité importante, riche en végétation aquatique.

Cinq systèmes d’habitats ont été recensés : marin, estuarien, d’eau courante, palustre (qui se rapporte aux marais) et enfin lacustre (qui se trouve vite près d’un lac).

La Moulouya

La grande région du Rif se subdivise en trois régions. Le Rif oriental (Melilla, Driouch, Nador) et le Rif central (Al Hoceima, Targuist) correspondent au Nord-Est du Maroc, tous deux habités par les Rifains. Le Rif occidental (Tétouan, Chefchaouen), également appelé péninsule tingitane, occupe le Nord-Ouest du Maroc ; il est principalement habité par les Jbala, Ghomara et Sanhadja de Srayr.

Les Jbala (en arabe : جبالة (Jbāla), en berbère : Ijebliyen) sont un groupe ethnique du Nord du Maroc. D’origine berbère, les Jbala sont arabophones. Les Jbala parlent le jebli, un dialecte arabe pré-hilalien. Le mot arabe Jbāla est le pluriel du mot jebli , qui veut dire « montagnard », mais le terme est plus souvent utilisé en tant qu’ethnonyme spécifique des Jbala. Cet ethnonyme se substitue assez tardivement, vers le xviie siècle, sous la dynastie alaouite, à un terme bien plus ancien pour désigner les habitants de la région : Ghomara. Le terme de Ghomara survit aujourd’hui chez un groupe ethnique frontalier qui n’est pas aussi arabisé, héritier, tout comme les Jbala, des anciens Ghomara.

Les Ghomaras (en berbère : ⵉⵖⵎⴰⵔⴻⵏ (Ighmaren), en arabe : غمارة (Ghmara), en espagnol : Gomera) sont une ethnie du nord du Maroc, d’origine berbère masmoudienne.  Il s’agit d’une grande confédération originaire du Haut Atlas marocain et des régions qui l’entourent. Ils sont les fondateurs des dynasties almohade et hafside.

Selon Ibn Khaldoun, (est un historien, économiste, géographe, démographe, précurseur de la sociologie et homme d’État d’origine arabe) les Ghomara seraient d’ascendance masmoudienne et compteraient parmi les plus anciens peuples du Maroc. Leur ancêtre éponyme, Ghomer, était fils de Masmouda. Selon Halima Ferhat, les pluriels “ighmaren” et “imasmuden” auraient valeur d’adjectifs et renverraient à des genres de vie ; ainsi les Ghomâra seraient des chasseurs et des bûcherons qui vivent de la forêt.

Chez les Espagnols et les Portugais, l’appellation “Gomera” est la seule en usage depuis le xve siècle ; elle s’est maintenue pour désigner l’un des derniers presidios de la côte rifaine : le Peñón de Vélez de la Gomera (Bades).

Certains auteurs, en particulier Georges Marcy, ont cru pouvoir rattacher au groupe Ghomara, supposé d’origine méridionale, le nom de l’île canarienne de Gomera. Aujourd’hui ce rattachement de l’île de Gomera au monde masmouda n’est plus accepté. Il s’agirait d’une simple ressemblance toponymique, l’île devant son nom à la présence du lentisque (Pistacia lentiscus) qui donne une gomme appréciée. Cette résine du lentisque entre dans la fabrication du mastic et d’une pâte à mâcher très estimée des femmes de la Gomera.

Le Haut Atlas fief des Masmouda

Enfin, les Sanhadja de Srayr constituent un groupe ethnique et une confédération tribale du nord du Maroc, établie dans le Rif central.

Open Edition Journals – Carte extraite de Vignet-Zunz (2014), recomposée afin de mettre en avant les grandes zones linguistiques du Rif et la multitude de frontières séparant les tribus/communes

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale. L’organisation territoriale du Royaume est décentralisée. Elle est fondée sur une régionalisation avancée. Les régions disposent d’une autonomie étendue. Le Maroc comprend douze régions.

Dans le cadre de l’organisation territoriale du Maroc, son territoire fait partie de trois régions administratives : Oriental (appartiennent au Rif les provinces de Nador*, Driouch* et les moitiés nord des provinces de Guercif* et Taourirt*), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma* (l’ensemble de la région appartient au Rif), Fès-Meknès (appartiennent au Rif la moitié nord de la province de Taza et la province de Taounate).

*La province de Nador est une subdivision à dominante rurale de la région marocaine de l’Oriental.

Drapeau de Nador

*La province de Driouch est une subdivision à dominante rurale de la région marocaine de l’Oriental. 

*La province de Guercif est une subdivision à dominante rurale de la région marocaine de l’Oriental. Elle tire son nom de son chef-lieu, Guercif. La province de Guercif a été créée en 2009 – décret no 2-09-319 du 11 juin – par démembrement de la province de Taza. Elle prend 50,73 % de la superficie de Taza.

La province de Taza est une subdivision à dominante rurale de la région de Fès-Meknès, au Maroc. Elle tire son nom de son chef-lieu, Taza.

Vue de la ville nouvelle depuis Taza haut
Drapeau Taza

*La province de Taourirt a été créée en 1999 par le Dahir no 28I/9 en date du 9 avril 1997.

*La nouvelle région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma est l’une des douze régions du Maroc instituées par le découpage territorial de 2015. Sa présidente depuis septembre 2019 est Fatima El Hassani.

*La Région de Fès-Meknès est une des douze nouvelles régions du Maroc instituées par le découpage territorial de 2015. Depuis septembre 2015, son président est Mohand Laenser.

*La province de Taounate, créée en 1977, est une subdivision à dominante rurale de la région marocaine de Fès-Meknès. Cette province, située dans le sud du Rif et faisant partie du pays de Jebala, a des frontières avec la province de Chefchaouen au nord, de Taza à l’est, d’Ouezzane au nord-ouest, de Sidi Kacem à l’ouest, et la préfecture de Fès au sud.

Carte Rif – Courrier International

Les parties occidentale et centrale du Rif, exposées à la fois aux perturbations océaniques et méditerranéennes, sont très arrosées (jusqu’à 2 000 mm d’eau par an vers Ketama), avec un enneigement prolongé au-dessus de 1 800 mètres d’altitude (le djebel Tidirine est généralement enneigé de novembre à mars). C’est la région du Maghreb la plus humide avec la Kabylie occidentale.

Le cèdre, arbre exigeant en eau et en lumière, forme de vastes forêts au-dessus de 1 500 mètres, le sapin s’étend sur une surface de 3 500 hectares au parc national de Talassemtane, à Tissuka et Tassaout près de Chefchaouen (Chaouen). Plus bas, c’est le domaine du chêne vert, et plus à l’est, résistant à la sècheresse, celui du pin.

La culture du cannabis est intensive dans la partie centrale du Rif, entre Chefchaouen et Temsaman.

Le Rif compte de nombreux sites préhistoriques et protohistoriques, notamment des habitats récemment étudiés par des missions archéologiques. Le territoire y est très accidenté avec de très hautes montagnes pouvant parfois même dépasser les 2 400 mètres d’altitude.

Histoire de la Région

Entre le début du viiie siècle et le début du xie siècle, le royaume de Nekor occupait une partie du Rif, autour de la baie d’Alhoceima.

Dès la chute du royaume de Nekor, le Rif fut sous le contrôle des différentes dynasties qui gouvernèrent le Maroc, et les côtes subissent régulièrement les assauts espagnols et portugais dès le xve siècle.

En mars 1912, la France place l’Empire chérifien sous « protection », et accorde le Nord du pays, le Rif, à l’Espagne. De 1912 à 1956, le Rif fait partie du protectorat espagnol du nord du Maroc.

Abdelkrim al-Khattabi est le chef d’un mouvement de résistance contre la France et l’Espagne lors de la guerre du Rif. Président de la république du Rif de 1921 à 1926, il est devenu une icône des mouvements indépendantistes luttant contre le colonialisme.

Il fut enseignant et journaliste à Mritch, ville où il travaillait avec les Espagnols. Il était instruit selon les rites islamiques traditionnels et enseignait aux Espagnols la langue arabe. Il pensait ainsi faire rapprocher les deux peuples culturellement. Mais découvrant les travaux forcés dans les mines rifaines qui alimentaient l’industrie militaire espagnole, et les travaux forcés dans les champs, Abdelkrim retourne dans son village natal pour soulever les tribus rifaines et entamer la Résistance et la rébellion pour un peuple souverain.Drapeau de l’ancienne république du Rif.

En 1921, la tribu berbère des Aït Ouriaghel, sous la conduite du jeune Abd El Krim, suivie par le reste des tribus du Rif, se soulève contre les Espagnols. Le général Manuel Fernández Silvestre dispose alors d’une puissante armée, forte de 60 000 soldats espagnols, pour contrer la guérilla rifaine. En juillet, l’armée de Fernández Silvestre est écrasée lors de la bataille d’Anoual (12 000 morts). Face à cette défaite, le général se suicide.

En juillet 1921, Abd El Krim proclame la République confédérée des Tribus du Rif. Les Rifains espèrent alors rallier les tribus de la zone sous protectorat français. L’Espagne mène une guerre intensive contre les tribus du Rif sans succès décisif.

En 1925, Moulay Moh’and lance une offensive vers le sud contre les forces françaises du général Lyautey, qui sont battues et doivent se replier sur Fès et Taza. Paris envoie alors Philippe Pétain en lui accordant les moyens qui avaient été refusés à Lyautey. Le vainqueur de Verdun, allié au général Primo de Rivera, lance une vaste offensive. Le conflit, extrêmement dur, pousse les hommes d’Abd El Krim à demander à leur chef d’engager des négociations.Les tribus du Rif, en rouge les tribus parlant amazigh.

Des pourparlers s’engagent à Oujda mais, face à l’intransigeance des Français et des Espagnols, Abd El Krim est contraint à la reddition et est exilé à La Réunion pendant 20 ans. Autorisé à se rendre en France, il rejoint Marseille d’où il parviendra à s’échapper et à rejoindre Le Caire en Égypte, où il meurt en 1963.

La promotion 1924-1926 de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr porte le nom de « promotion du Rif ».

Depuis l’indépendance

En 1958, 30 000 soldats marocains, avec à leur tête le futur Hassan II, alors chef d’état-major des Forces armées, répriment un soulèvement dans le Rif (près de 3 000 morts). La région se retrouvera de fait exclue de la vie politique marocaine durant tout le règne de Hassan II. Un second soulèvement se produisit dans la région en 1984 et causa, selon différentes sources, des dizaines de morts ainsi que des emprisonnements à de lourdes peines.

La pauvreté de la région contraint des dizaines de milliers de Rifains à se rendre chaque année en Oranie française pour y travailler la vigne. La guerre d’Algérie ralentit puis interdit cette source de revenus, augmentant la misère de la région.

Cette même pauvreté contraint la population à une émigration massive vers des pays européens pour travailler tout d’abord dans les houillères du Nord de la France et dans celles de Belgique, puis aux Pays-Bas et plus récemment en Espagne. Cette émigration permet, en dépit de l’isolement de cette région, une amélioration relative des conditions de vie des populations locales. Ainsi, les quelque 1,5 million de Marocains installés au Benelux et dans le Nord-Pas-de-Calais en 2015 sont en majorité rifains.

La crise sociale que connaît la région engendre un mouvement de contestation populaire depuis octobre 2016

Sources:
Wikipédia

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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