France – Débat sur la drogue – Point de vue le Figaro

Le Figaro organise régulièrement des débats, débats qui devraient d’ailleurs s’étendre au service télévisuel. Un débat en date est celui sur la drogue, chacun des intervenants interrogés donnaient ainsi leur point de vue. Voici leurs idées.

Journaliste : ce Point de vue concerne la proposition de loi déposée par un certain nombre de parlementaires venant de divers partis, du PS mais aussi des Républicains. L’idée c’est de légaliser le cannabis ce qui n’est pas nouveau, mais d’en encadrer la production et la vente par une espèce de service public avec une société contrôlée par l’Etat. Ecoutez le projet tel que le décrit François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône :

 » Ce pays a la plus forte consommation de cannabis, chez les jeunes, c’est un fléau, et cette répression n’apporte aucun résultat, 5 millions de consommateurs, réguliers, 700 000 quotidiens voilà des chiffres qui font froid et qui vont s’approvisionner sur un marché parallèle. Cela me fait penser. cela fait 50 ans l’année prochaine que la loi de répression est en place. Les résultats ne son absolument pas là depuis un demi siècle. Donc d’autres pays ont pris la voie de la légalisation nous nous proposons une voie de légalisation mais sous contrôle d’Etat avec une société dédiée (RTL, juin 2019). »

Journaliste – Ce sera une société nationale avec exploitation de cannabis d’où le titre de cette partie : Faut-il un service public du cannabis c’est une question idiote Béatrice Gibelin ?

Béatrice Giblin – Géopoliticienne et directrice de la revue Hérodote – Non ce n’est pas du tout une question idiote. C’est un vrai problème dans le pays, dans la consommation qui est devenue de masse, c’est incontestable. Il y a plus de trente tonnes de cannabis qui sont produites en France aujourd’hui alors le Maroc est le grand pourvoyeur. Alors les grandes amitiés de Chirac avec le Roi du Maroc n’a pas amené pour autant à ce qu’on règle le problème du Rif. Le roi du Maroc à l’époque avait besoin de faire payer au Rif, un certain nombre de choses, donc le Rif, c’est la région, d’où on produit le cannabis. Apparemment, son fils Mohammed VI est un peu plus vigilant sur ce qu’il se passe dans cette région-là mais bien évidemment si le Maroc était ami de la France, il ferait quelque chose sur ce qu’il se passe sur la production du cannabis. Donc ce marché parallèle est vraiment colossale, il pourri la vie de beaucoup de gens, moi j’ai travaillé à St Denis pendant très longtemps je peux vous dire, qu’il y a beaucoup d’endroits où vraiment ce trafic au vue de tous est véritablement un fléau. Alors à partir de ce moment-là et comme cela a été rappelé, la répression n’a rien réglé, à enrichi des gens qui vivent de ce marché parallèle, les plus hauts, et pour les petits, cela ne leur donne pas vraiment envie d’aller à l’école, vu qu’on gagne beaucoup de sous en faisant le guetteur dans la journée. Donc cette idée de le légaliser mais comment, qu’est-ce qu’on fait ? Et c’est pas seulement l’idée d’un service véritablement public c’est que si vous faite le cannabis cher et que vous le taxait, vous referez toujours un marcher parallèle car on s’approvisionnera toujours là où ce sera moins cher. Donc il faut faire quelque chose, c’est extrêmement délicat, et puis il y a aussi un risque, tout ceux qui fument du cannabis ne finissent pas sur des drogues dures mais tous ceux qui sont dans les drogues dures ont généralement commencé par le cannabis. Donc il faut être tout à fait prudent. Mais que cela pose un problème réel et que l’on ne peut pas balayer d’une main en disant « Ah non jamais légaliser à mon sens ce serait une erreur.

Journaliste : En tout cas le sujet est dans l’air puisque 70 personnalités, médecins, élus, économistes, politiques, dont Raphaël Glucksman, Benoît Hamon, Yannick Jadot, publient une tribune chez nos confrères de l’Obs (19/06/19)demandant la légalisation, en expliquant qu’aux Etats-Unis, la légalisation, dans plusieurs états a fait chuter la criminalité. Nos internautes sont divisés à ce sujet. Faut-il aller vers une légalisation? Vous êtes 47% à nous répondre « oui » et 57% à nous répondre « non ». Jean (un internaute) nous explique que la légalisation pourrait permettre de contrôler les circuits et d’encadrer la consommation. Pour Claude ce n’est pas la santé des Français qui importe mais bien un moyen supplémentaire de taxer. Aliocha Wald Lasowski quel est votre point de vue ?

Aliocha Wald Lasowski – journaliste à L’Express – C’est un sujet qui se trouve pile entre la santé d’un côté et l’économie de l’autre. Il y a plusieurs éléments qui rentrent en compte. Au Colorado par exemple ou le cannabis est légalisé, le marché noir se maintient parce que les produits officiels sont trop élevés. Par ailleurs il faut rappeler que François-Michel lambert appartient à un mouvement radical de gauche, lui voudrait faire organisme public qui permet de contrôler de mettre en place une prévention cela s’appelle la SECA, société d’exploitation du cannabis et le problème est de savoir comment expérimenter aussi parce que la question va être la mise en place : Où ? Comment ? Sous quelles formes ? est-ce que ce sont des médecins ? Est-ce que ce sont des gens du monde social ou associatif ? Ou les deux ? La question c’est plutôt la réalisation concrète des conditions. On sait que c’est toujours le décalage va être entre les intentions d’un côté et la réalisation des mises en service public de l’autre, enfin il faut se projeter là-dessus car il va y avoir deux ans d’expérimentation me semble-t-il.

Journaliste : Pour continuer le débat et faire le tour de table je vous propose d’écouter ce point de vue intéressant de Fréderic Péchenard, c’est l’un des vice-présidents de la région Ile-de-France, LR mais il est surtout ou en tout cas, l’ancien directeur général de la Police Nationale et il était ce matin sur RTL et pour lui croire que la légalisation du cannabis va faire baisser la criminalité c’est très naïf.

Extrait RTL – 19 juin 2019 – Frédérique Péchenard – Ancien directeur général de la police nationale –

« L’idée qui consiste à dire que cela va permettre aux cités, aux quartiers de sortir de la délinquance c’est une idée complètement fausse, les délinquants continueront à vendre du cannabis et puis si par hasard ils ne le font plus ou ceux qui ne le feraient plus ils ne vont pas aller pointer à Pôle Emploi. A chaque fois qu’on a réussi à démanteler les trafics de cannabis dans une cité, on s’est aperçu, systématiquement, à ce moment-là, c’est toujours provisoire naturellement , une augmentation, du nombre d’agression, etre du nombre des vols à mains armés de proximité. »

Journaliste – Périco Légasse votre point de vue ?

Périco Légasse – Ma foi si cela peut relancer l’agriculture française. Si on peut planter du cannabis dans nos campagnes avec des appellations d’origine. Qu’est-ce que tu fumes ? Moi je fume du pétard bourguignon. Moi c’est du girondin. Je rappelle que la canebière à Marseille, c’était le champ de cannabis, donc on replante du cannabis sur la canebière gratuit et disponible et là ce que dit Pèchenard tombe à l’eau, il ne faut pas le facturer. La vraie solution, elle est terrible et bien oui, hélas. Je pense qu’il y aurait un contrecoup dont on peut prévoir les effets qui seraient évidemment ces gens-là auraient besoin de se recycler dans quelque chose

Question : Dans les drogues dures ?

Légasse : Oui alors voilà.

Giblin – La mise pour être sur les marchés de la drogue dure est autrement plus élevée que la mise consommée [on suppose « drogues douces ».]

Pégasse – Les pays où l’expérience a été faite, c’est quand même relativement assez concluent. Disons que le marché à changé de structure et puis voilà. Aujourd’hui ton est dans la pire situation, je pense qu’il faut expérimenter quelque chose. [Je suis] totalement pour la légalisation.

Journaliste : Et vous Alexandre ?

Alexandre Devecchio – Cela m’amuse sur la signification idéologique de tout cela. C’est une tribune dans l’OBS signé par Taché, La France Insoumise, les écolos, Jadot et Glucksman donc on a ce qu’est devenue la gauche, aujourd’hui une espèce de business d’état, un marché qu’on peut taxer et en même temps du gauchisme culturel total puisque on est là-dedans.

Pégase – Cela dépend des thèmes, je peux être hétéroclites.Cela dépend de l’intérêt de la France. Il y a des coups il faut être à gauche, il y a des coups il faut être à droite.

Alexandre Devecchio – Je ne suis pas sur que ce soit concluant ailleurs. Pour être allé à Amsterdam, pour l’avoir expérimenté moi je pense que la Nature a horreur du vide, cela ne se voit pas et tant que les cités étant ce qu’elles sont vu l’état de désintégration culturelle et sociale dans lequel elles sont, ce sera remplacé par quelque chose d’autre et à mon avis de plus violent et plus dur etc. Donc je ne suis absolument pas pour. Il y a peut-être quelque chose qui n’a pas été testé c’est la dépénalisation, c’est-à-dire que taper le consommateur pour le coup car généralement c’est la bourgeoisie, c’est les fils à papa qui fume, des pétards, il n’y a pas que, mais on peut faire plus large.

Giblin : C’est caricatural cette façon d’en parler. A six euros le gramme .

Devecchio : Je pense qu’il faudrait mettre une amende aux consommateurs car on ne va pas les mettre en garde-à-vue. Les flics ne le font pas ils ont autre chose à faire. Donc c’est pour cela que je dis qu’il faut dépénaliser mais remplacer cela par une amende extrêmement forte pour les consommateurs.

Pégasse : Et l’accompagner d’une autre mesure qui est la réouverture des maisons closes qui assoupliraient les tensions sociales dans ce pays.

Devecchio : Pourquoi pas.

Pégasse : Mais si mais il faut aller jusqu’au bout quand on va dans ce genre de réforme.

(Rires).

Ce débat s’inscrit dans le cadre d’un article intitulé « La ville de Reims candidate pour tester la légalisation du cannabis » du même journal. Le Maire de Reims demande « un vrai débat sur le cannabis pour étudier les conséquences d’une légalisation de (sa) vente avec des expérimentations locales, notamment dans sa ville. » Ces expérimentations seraient « limitées dans le temps ».

Pour Michel Corriaux, secrétaire général Grand Est du syndicat policier Alliance, sollicité par l’AFP « Cela sera un aveu de faiblesse par rapport aux délinquants ». D’un autre côté, cela permettrait de leur couper l’herbe sous le pied et de vivre de leur travail et non plus d’un trafic ou d’un trafic qui subvient comme complément de revenu, revenu réintégré dans ce même trafic.

Le secrétaire régional Champagne-Ardenne Unité SGP Police-FO indique : « le sujet dépasse l’institution policière ». Christian Pou quant à lui, soulève la question : « Les revendeurs ne risquent-ils pas de s’adapter en trouvant une autre forme de délinquance ? » C’est cela qu’il faut encadrer.

Sources :
https://www.lefigaro.fr/flash-actu/la-ville-de-reims-candidate-pour-tester-la-legalisation-du-cannabis-20200910

Publié par magrenobloise

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