France – Pour une chronique hilare

Dans une chronique pour le Figaro, le sociologue et essayiste quebecois Mathieu Bock-Côté évoque de façon justement hilarante l »histoire du squat de Théoule-sur-Mer ». Extraits.


Lunaire, c’est le qualificatif destiné à l’histoire du squat de Théoule-sur-Mer, sous la plume de l’essayiste. Des squatteurs ont réquisitionné la maison d’un couple de retraités située à Théoule-sur-Mer. Il fut impossible de les expulser « sans décision de justice » d’après la police. Pour Mathieu Bock-Côté, le « droit de propriété n’est pas seulement relativisé ici, mais aboli. »

Une procédure rapide a permis aux propriétaires de retrouver leur lieu d’habitation « délabré et vandalisé ». Il exprime sa stupéfaction, sa sidération, face à cette situation ubuesque : « […] si quelqu’un s’installe chez moi sans ma permission, je demande à la police de le virer, et elle est censée s’en charger dans l’heure, sans qu’il ne faille discuter un instant ». L’hilarité advient dans cette scène qui s’imagine aisément : « Je me permets même une confession : mon vrai réflexe consisterait à vouloir le sortir à grands coups de pied au cul sans douter un instant d’être dans mon droit – j’use ici du pluriel car je lui en flanquerais plus d’un. »

Il dénonce ensuite avec justesse : « On a souvent écrit que les squatteurs connaissent « leurs droits » – à tout le moins, ils savent comment manipuler le droit. Le droit au logement est détourné de la même manière que le droit d’asile – une mesure de dernier recours se transforme ainsi en brèche juridique […] ». Avant d’analyser brillamment la situation : « Comment un Etat qui n’hésite pas un instant à réprimer fermement le quidam qui oublie de porter son masque mais qui tolère et même encourage des comportements de voyous peut-il encore se croire légitime auprès de ceux qui se soumettent d’abord à lui pour leur sécurité et la défense de leurs droits les plus élémentaires ? Evidemment, on trouve des pleureuses humanitaires pour présenter chaque occupant illégitime comme une victime du « système », cherchant désespérément à se loger. Le voleur ne serait qu’un malheureux. En la matière, le socialisme* le plus primitif domine encore les esprits, il imbibe le droit, au point de brouiller les repères moraux les plus élémentaires. »

Ses mots dévorent la philosophie avec brio : « A force de normaliser l’absurde, le bon sens devient impensable » ; il conclue par un atterrissage en douceur : « Squatter une maison qui n’est pas la sienne n’est pas un droit. »

Hop, retour sur Terre.


*Doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, au moyen d’une organisation concertée (opposé à libéralisme).

Source :
Le Figaro – Mathieu Bock-Côté: «Un squatteur, ça se dégage»

Publié par magrenobloise

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