France – Penser l’immigration, l’émigration.

Pour penser l’immigration et l’émigration il faudrait réunir la pensée de trois grands hommes : Cesare Beccaria, Didier Raoult et Michel Onfray. 

Dans « le traité des délits et des peines » en 1764, Cesare Beccaria tisse une analyse philosophique, spirituelle et factuelle autour des lois qui structure la République. Elles doivent dépasser l’homme, sont la lumières des hommes des générations antérieures, des sages qui ne se sont pas laissés entraîner par le flot des passions pour créer une loi.

Deux chapitres peuvent nous aider à comprendre les phénomènes auxquels notre société et plus largement l’Europe est aujourd’hui confrontée .

Dans le « chapitre XLII – des sciences » indique ceci :
“Il n’est pas vrai que les sciences soient toujours nuisibles à l’humanité, et, si elles l’ont été quelques fois, c’est que le mal était inévitable. La multiplication des hommes sur la terre introduisit la guerre, les arts, encore grossiers, et les premières lois. Celles-ci furent, dans leur principe, des conventions momentanées que la nécessité dictait et détruisait ensuite. Telle fut la philosophie naissante, dont les principes, en petit nombre, étaient sages, parce que la paresse et le peu de sagacité de nos ancêtres les préservaient encore de l’erreur ; mais, lorsque les besoins s’accrurent nécessairement, à mesure que les hommes se multiplièrent, lorsqu’il fallut, pour empêcher les retours fréquents à l’état d’insociabilité, toujours plus dangereux à reprendre à mesure qu’on s’en éloigne, alors ce fut un grand bien politique pour le genre humain que d’adopter ces erreurs qui peuplèrent l’univers de fausses divinités, qui inventèrent un monde invisible, créateur et maître du nôtre. Ils se montrèrent vraiment bienfaiteurs de l’humanité, ces hommes qui osèrent tromper leurs semblables pour les servir, ces hommes dont la main habile conduisit l’ignorance aux pieds des autels ; ils offrirent à nos pères des objets hors de la portée des sens ; ils les occupèrent à la recherche de ces objets, toujours prêts à s’échapper à l’instant où l’on croit les atteindre ; ils les forcèrent à respecter ce qu’ils ne connaissaient jamais bien ; ils surent enfin ainsi concentrer toutes les passions et les diriger vers un but unique. Tel fut le premier état de toutes les nations qui se formèrent de l’assemblage de différentes peuplades sauvages. Telle fut l’époque de la fondation des sociétés, et le seul et vrai lien qui les unit. » (page 130).

Il y a donc à la base des sociétés, des peuplades, ces peuplades ont crée une société de par leur unification autour d’un ferment spirituel commun.

Dans le « chapitre XXXII – Du suicide » l’auteur indique que les personnes qui changent de pays, font perdre des richesses à leur propre pays, qu’ils ne sont en quelque sorte pas fidèle. De sorte qu’il faudrait pouvoir les interdire d’en sortir mais cela est impossible. On ne peut pas surveiller ceux qui partent ou veulent partir et les en empêcher et surveiller ceux qui surveillent. Et “il ne faut point faire de l’Etat une prison”. Par ailleurs, si on les punit avant qu’ils ne partent « ce serait punir la volonté et non le fait ; c’est exercer un pouvoir tyrannique sur l’intention, cette partie de l’homme sur laquelle les lois humaines ne peuvent jamais avoir d’empire. » Il pose la question/solution de la collusion entre Etat et indique que  » Mais quand on la pourrait sans détruire tout commerce de nation à nation, la collusion, à laquelle on ne saurait parer sans donner de funestes entraves aux contrats entre citoyens, rendrait encore ce châtiment illusoire. Punira-t-on enfin le coupable lorsqu’il rentrera dans son pays ? Mais ce sera empêcher que le mal fait à la société ne se répare ; ce sera bannir pour jamais de l’Etat quiconque s’en sera une fois éloigné ; en un mot, la défense de sortir d’un pays est, pour celui qui l’habite, un motif de le quitter ; pour l’étranger, une raison de n’y point venir. »

Beccaria considère que « Les premières impressions de l’enfance attachent les hommes à leur patrie ; or, que doit-on penser d’un gouvernement qui ne peut les y retenir que par la force ? La meilleure manière de fixer les citoyens dans leur pays, c’est d’y augmenter leur bien-être respectif.”

Mercredi 16 septembre, Didier Raoult était sur LCI et tint ses mots :

« Je trouve que le brassage est extraordinnaire, je pense que ce pays doit se servir de Marseille. Je constate que pour les étudiants francophones on est souvent leur destination numéro 1. […] Quand on demande pourquoi ne prenez-vous pas d’autres étudiants que les francophones ? et bien c’est parce que en dehors des francophones les gens diront je veux aller à Oxford, je veux aller à Boston, je veux aller , tandis que les étudiants francophones très souvent leur premier désir c’est de faire les maladies infectieuses et les maladies infectieuses dans le monde francophone c’est nous. Et donc nous avons les meilleurs étudiants de leur pays. ».

Pour Michel Onfray (16/092020): “il y a une immigration problématique, il y a une immigration qui l’est moins et puis il y a une immigration qui ne l’est pas du tout et qui est même un enrichissement ».

Dans une vidéo datant du 24-10-2016, il développe ses idées en répondant à la question : “D’où viennent les migrants ?”

“Il y aurait tout un travail sémantique à faire car à une époque on parlait des immigrés, ensuite on a parlé des émigrés, et maintenant on parle des migrants et cela n’est pas sans intérêt de voir qu’on a changé de sens, qu’on utilise plus les mêmes mots car cette façon d’utiliser le mot migrant consiste à dire que tout le monde migre et que cela est normal désormais que chacun est appelé à migrer. Alors le libéralisme adore cela, on ferme les entreprises et on envoie les ouvriers à 500 kilomètres de chez eux cela fait de nouveaux migrants. Il faut aussise faire à cette idée que nous sommes tous des migrants, que nous sommes tous des nomades, que nous sommes tous  des cosmopolites, que l’enracinement est une mauvaise chose. Sur ce phénomène sémantique il y a tout un travail à faire quand on immigre et quand on émigre : si on immigrait on partait de quelque part et si on émigrait on arrivait dans un autre endroit. Mais c’est une question qu’on ne veut pas poser parce que si on commence à poser une question cela va générer une autre série de questions.

D’où viennent les émigrés, les migrants ou l’émigrants ? Ils viennent de pays que nous avons nous, pays occidentaux, français, détruits. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas de Libyens à vouloir venir en France à une époque où Kadhafi tenait la Libye, il n’y avait pas d’Afghans à venir en France ou d’Irakiens, à l’époque où les gouvernants légitimes s’occupaient de leurs pays. C’est-à-dire que ce nouvel ordre planétaire que les Américains ont voulu installer avec les Européens, les Français et quelques intellectuels comme BHL. Tous ces gens qui ont voulu détruire un certains nombres de pays ont généré ces mouvements de masse, ces mouvements de foule. C’est-à-dire que nous avons aujourd’hui une émigration qui est beaucoup plus importante qu’à une époque tout simplement parce que notre politique à détruit les pays que ces gens-là fuient car ils n’ont pas envie d’être massacrés, bombardés ou détruits et parce qu’on ne peut pas vivre dans un pays en guerre. Donc nous sommes en train de faire la guerre dans des pays, c’est-à-dire que nous vidons ces pays et pour faire de telle sorte que nous puissions remplir ces pays, avec les malheureux  qui fuient leur pays et bien il faudrait qu’ils arrivent en France et que nous puissions les accueillir. C’est une politique stupide, c’est-à-dire que tant que l’on bombardera il arrivera des migrants et on fera  quoi des migrants ? On va les installer dans des camps ? On va dispatcher des camps un peu partout en France ? On les met dans les provinces ? D’un seul coup Paris découvre que la province cela existe. La ruralité tient d’un seul coup cela existe, la campagne tient ca existe et on va pouvoir, comme éventuellement, on pourrait mettre dans des poubelles et bien on va utiliser cet endroit en disant on va cacher la misère sous la poussière et donc on va installer des gens un petit peu partout dans des villages et d’un seul coup Paris découvre que la campagne existe, que la ruralité existe ; c’est bien la seule fois où on se soucie de la ruralité tout en sachant très bien que ces malheureux ne seront pas accueillis.

Cela veut dire quoi installer les gens dans un village en leur disant voilà vous allez quitter votre climat, votre langue, votre pays, vos coutumes, vos pratiques, vos religions, vos familles et puis vous allez vous installer ici et puis débrouillez-vous. Vous ne parlez pas le Français ca n’est pas notre affaire, vous n’avez pas d’argent on va vous donner un peu d’argent et puis vous allez vous débrouiller quand même et puis vous allez chercher un métier mais vous n’en trouverez pas puisque de toute façon il y  a du chômage, il y a de la misère, il y a de la pauvreté et vous allez vous retrouver en concurrence avec les gens du village qui eux aussi sont pour certains au chômage, ou misère, précarité, pauvreté ou ce genre de chose.

La question de la gestion des migrants c’est la question de la cautère sur une jambe de bois tant qu’on ne posera pas la question  “D’où viennent les migrants et que peut-on faire pour arrêter les mouvements d’émigration ? “ on n’aura rien fait. Le problème est de savoir qui est responsable de François Mitterrand en passant par François Hollande, en passant par Sarkozy et puis BHl et puis tous les autres les Bruckner etc qui ont signé des pétitions à l’époque en disant : “Bombardons, bombardons, bombardons”, tous ces gens-là ont une responsabilité dans ce qui advient aujourd’hui. Donc je ne vois pas beaucoup d’individus qui s’opposent à cette guerre, qui s’opposent à cette cause qui produit les effets que nous déplorons. Nous déplorons les effets d’une migration massive qui est dûe à ces causes que nous entretenons toujours puisque nous décidons sans cesse de bombarder et de bombarder encore et d’augmenter les frappes et les bombardements.

Donc la question a deux extrémités :
– Une première extrémité : tant qu’on continuera cette politique étrangère et internationale on fera venir  des gens qui quitteront les guerres que nous fomentons chez eux.
– […] Ici on n’aura rien à faire pour leur permettre une intégration puisqu’on ne le permet déjà plus, à nombre de Français, qui eux sont déjà là sur place qui eux n’ont pas de métier, n’ont pas de travail, n’ont pas d’avenir, on le sait, il y a des gens aujourd’hui qui sont dans la rue avec des Bac+5. Il y a des paysans qui se pendent tous les jours, il y a des gens qui se suicident en permanence, il y a des gens qui ont des dettes considérables et on sait très bien qu’on n’intègre plus personne, on n’intègre plus les Français n’ont plus. Donc il n’y a pas de plan qui permettrait de dire on va vous rendre la France désirable, vous allez apprendre sa langue, vous allez apprendre ses coutumes, et puis vous allez apprendre à y vivre puisqu’on vous y accueille. On accueille sans avoir les moyens d’accueillir et c’est une perversion, que d’inviter des gens chez soi en disant le jour où on les a invité à manger en leur disant qu’il n’y a rien à manger et qu’ils n’ont qu’à s’asseoir par terre en attendant qu’on mange nous, le peu qu’on a pour faire sa propre pitance. Donc effectivement c’est un problème de géostratégie, c’est un problème de politique étrangère, de politique internationale, et j’estime que tant qu’on ne posera pas le problème dans ces termes-là et bien on aura ce genre de problèmes à résoudre c’est-à-dire des cars avec des gens qui arriveront et qui ne parleront pas la langue et qu’on installera en Corrèze ou qu’on installera dans les Pyrénées en leur disant  : “eh bien, vivez ici, tranquille, et on vous donnera un chèque pour que vous puissiez acheter un peu de quoi vivoter, survivre, manger, et vous habiller un peu. Ce n’est pas l’idée que je me fais de la République. La République,c’est effectivement les lois de l’hospitalité, c’est le souci des citoyens et des sujets, même quand on arrive et qu’on est un migrant et bien on les accueille ou on ne les accueille pas mais si on les accueille on les accueille dignement, on ne les met pas dans un coin en disant on va faire des ghettos et si on fait des ghettos on explose le ghetto pour faire mille ghettos ou 5000 ghettos sur la totalité du territoire français, qu’il n’y ait pas de politique sur ce terrain-là, digne de ce nom à droite et à gauche, cela ne m’étonne pas. Il n’y a plus de politique de quelque manière que ce soit donc on est dans une logique d’électoralisme qui consiste aujourd’hui à dire qu’on va en finir avec la jungle de Calais. Quel terrible mot que la jungle quand on a que la jungle a proposer aux gens et pas la République. Et bien cela veut bien dire qu’effectivement, si on n’est pas capable de proposer la République et que l’on n’est capable que d’offrir que la jungle et bien il faut passer à autre chose. Passer à autre chose cela supposerait une vision, cela supposerait un homme politique digne de ce nom, cela supposerait un projet pour la France, un projet dans lequel on rendrait enfin la France désirable d’abord pour les Français puis ensuite pour ceux qui viennent en France. Mais ca n’est jamais, ce qui advient, que les conséquences d’une politique qui est menée depuis une trentaine d’années avec des gens qui rendant possible cette politique-là sont incapables d’un gramme d’autocritique. Tous ces gens qui ont rendu possible ce qui advient ne sont pas capables de dire aujourd’hui : les Joffin, le Monde, Libération, enfin tous ces journaux, tous ces philosophes, tous ces penseurs, qui ont construit ce monde depuis 25 ans en ayant les plein pouvoirs et en traitant de fasciste quiconque ne souscrit pas à leur faribole, tous ces gens qui ont rendu possible ce qui advient, estiment qu’ils n’y sont pour rien, qu’ils ne sont responsables de rien. Cela veut dire qu’effectivement nous allons vers des lendemains qui ne chanteront pas.”

Publié par magrenobloise

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