France – Pierre-Joseph Proudhon

Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) était un économiste, philosophe français né à Besançon. « Précurseur de l’anarchisme, il est le seul théoricien révolutionnaire du XIXème siècle à être issu du milieu ouvrier. « A seize ans, il perd la foi, accusant, semble-t-il, l’Eglise d’être « du côté des riches ». En 1840, il publie son premier mémoire « Qu’est-ce que la propriété ? », ouvrage que Marx qualifiera de pénétrant. Extraits.

En 1838, l’Académie de Besançon proposa la question suivante : à quelles causes faut-il attribuer le nombre toujours croissant des suicides et quels sont les moyens propres à arrêter les effets de cette contagion morale ?

C’était, en termes, moins généraux, demander quelle est la cause du mal social, et quel en est le remède.

Déplorables acteurs d’une tragédie qui touche à sa fin, ce que nous avons de mieux à faire est d’en précipiter la catastrophe. P. 5

L’intelligence de la vérité m’a rendu plus de sang-froid que le sentiment de l’oppression ne m’avait donné de colère ; et le fruit le plus précieux que je voulusse recueillir de ce mémoire serait d’inspirer à mes lecteurs  cette tranquillité d’âme que donne la claire perception  du mal et sa cause, et qui est bien plus près de la force que la passion et l’enthousiasme. P.13

Pour cesser de haïr il m’a suffi de connaître. P.13

A vous maintenant, messieurs, qui avez pour cela mission et caractère de proclamer la vérité, à vous d’instruire le peuple, et de lui apprendre ce qu’il doit espérer et craindre. Le peuple, incapable encore de juger sainement ce qui lui convient, applaudit également aux idées les plus opposées, dès qu’il entrevoit qu’on le flatte : il en est pour lui des lois de la pensée comme des bornes du possible ; il ne distingue pas mieux aujourd’hui un savant d’un sophiste (maître de rhétorique qui enseignait l’art de parler en public et de défendre toutes les thèses.), qu’il ne séparait autrefois un physicien d’un sorcier. P.13

Car avec la logique, quel est l’honnête homme qui aurait les mains tout à fait pures ?

Croyez-vous qu’on puisse être voleur sans le savoir, sans le vouloir, sans s’en douter ? N’admettez-vous pas que la société actuelle ait dans sa constitution, comme tout homme, toutes sortes de vertus et de vices dérivés de nos aïeux ? p. 13

Vous savez de quel malaise profond la classe ouvrière est travaillée ; je sais combien de nobles cœurs battent sous ces habits grossiers, et j’ai une sympathie fraternelle irrésistible pour ces milliers de braves gens qui se lèvent de si bonne heure pour travailler, pour payer les impôts, pour faire la force de notre pays. Je cherche à les servir, à les éclairer, tandis qu’on essaye de les égarer. P.18

J’ai plus à cœur de réaliser l’espèce de prédiction qui la termine que d’augmenter gratuitement le nombre de mes antagonistes. Tant de controverse me fatigue et m’ennuie. L’intelligence que l’on dépense aux combats de parole est comme celle qu’on emploie à la guerre : c’est de l’intelligence perdue. p.18

Une œuvre aussi vaste exigerait, je le sais, les efforts réunis de vingt Montesquieu ; toutefois s’il n’st donné à un seule homme de la mener à la fin, un seul peut commencer l’entreprise. La route qu’il aura parcourue suffira pour découvrir le but et assurer le résultat. p.19

Adversus hostem oeterna auctoritas esto. Contre l’ennemi, la revendication est éternelle. Loi des douze tables.

Si j’avais à répondre à la question suivante : « Qu’est-ce que l’esclavage ? et que d’un seul mot je répondisse : c’est l’assassinat, ma pensée serait d’abord comprise. Je n’aurais pas besoin d’un long discours pour montrer que le pouvoir d’ôter à l’homme la pensée, la volonté, la personnalité, est un pouvoir de vie et de mort, et que faire un homme esclave, c’est l’assassiner. pourquoi donc cette autre demande : Qu’est-ce que la propriété ? ne puis-je répondre de même : C’est le vol, sans avoir la certitude de n’être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ?

J’entreprends de discuter le principe même de notre gouvernement et de nos institutions, la propriété ; je suis dans mon droit : je puis me tromper dans la conclusion qui ressortira de mes recherches ; je suis dans mon droit : il me plaît de mettre la dernière pensée de mon livre au commencement ; je suis toujours dans mon droit.  » p. 22

La philosophie ne changera point, hélas ! le cours des événements : les destinées s’accompliront indépendamment de la prophétie : d’ailleurs, ne faut-il pas que justice se fasse, et que notre éducation s’achève ? p.22

Que vous importe, lecteur, ma chétive individualité ? Je suis, comme vous, d’un siècle où la raison ne se soumet qu’au fait et à la preuve ; mon nom, aussi bien que le vôtre est chercheur de vérité ; ma mission est écrite dans ces paroles de la loi ; Parle sans haine et sans crainte : dis ce que tu sais. L’œuvre de notre espèce est de bâtir le temple de la science, et cette science embrasse l’homme et la nature. Or, la vérité se révèle à tous, aujourd’hui à Newton et  à Pascal, demain au pâtre dans la vallée, au compagnon dans l’atelier. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, et, sa tâche faite, il disparaît. L’éternité nous précède, l’éternité nous suit ; entre deux infinis, qu’est-ce que la place d’un mortel, pour que le siècle s’en informe ? p.15

« Laissez donc, lecteur, mon titre et mon caractère, et ne vous occupez que de mes raisons. C’est d’après le consentement universel que je prétend redresser l’erreur universelle ; c’est à la foi du genre humain que j’appelle de l’opinion du genre humain. Ayez le courage de me suivre, et, si votre volonté est franche, si votre conscience est libre, si votre esprit sait unir deux propositions pour en extraire une troisième, mes idées deviendront infailliblement les vôtres. En débutant par vous jeter mon dernier mot, j’ai voulu vous avertir, non vous braver : car, j’en ai la certitude, si vous me lisez, je forcerai votre assentiment. Les choses dont j’ai à vous parler sont si simples, si palpables, que vous serez étonné de ne les avoir point aperçues, et que vous vous dire : « Je n’y avais point réfléchi. » D’autres vous offriront le spectacle du génie forçant les secrets de la nature, et répandant de sublimes oracles ; vous ne trouverez ici qu’une série d’expériences sur le juste et sur le droit, une sorte de vérification des poids et mesures de votre conscience. Les opérations se feront sous vos yeux ; et c’est vous-même qui apprécierez le résultat. Du reste, je ne fais pas de système : je demande le fin du privilège, l’abolition de l’esclavage, l’égalité des droits, le règne de la loi. Justice, rien que justice ; tel est le résumé de mon discours ; je laisse à d’autres le soin de discipliner le monde.

je me suis dis un jour : Pourquoi, dans la société, tant de douleur et de misère ? L’homme doit-il être éternellement malheureux ?

Et, sans m’arrêter aux explications à toute fin entrepreneurs de réformes, accusant de al détresse générale, ceux-ci la lâcheté et l’impéritie du pouvoir, ceux-là les conspirateurs et les émeutes, d’autres l’ignorance et la corruption générale ; fatigué des interminables combats de la tribune et de la presse, j’ai voulu moi-même approfondir la chose. J’ai consulté les maîtres de la science, j’ai lu cent volumes de philosophie, de droit, d’économie politique et d’histoire : et plût à Dieu que j’eusse vécu dans un siècle où tant de lecture m’eût été inutile ! J’ai fait tous mes efforts pour obtenir des informations exactes, comparant les doctrines, opposant aux objections les réponses, faisant sans cesse des équations et des réductions d’arguments, pensant des milliers de syllogismes et des réductions d’arguments, pensant des milliers de syllogismes au trébuchet de la logique la plus scrupuleuse. Dans cette pénible route, j’ai recueilli plusieurs faits intéressants, dont je ferai part à mes amis et au public aussitôt que je serai de loisir. Mais il faut que je le dise, je crus d’abord reconnaître que nous n’avions jamais compris le sens de ces mots si vulgaires et si sacrés : Justice, équité, liberté ; que sur chacune de ces choses nos idées étaient profondément obscures ; et qu’enfin cette ignorance était la cause unique et du paupérisme qui nous dévore, et de toutes les calamités qui ont affligé l’espèce humaine.  » pages 23-24

Je résolus donc de faire une contre-épreuve de mes jugements, et voici quelles furent les conditions que je posais moi-même à ce nouveau travail : Est-il possible que sur l’application des principes de la morale, l’humanité se soit si longtemps et si universellement trompée ? Comment et pourquoi se serait-elle trompée ? Comment son erreur, étant universelle, ne serait-elle pas invincible ? p.24

Donne-t-on des éloges à celui qui le premier voit poindre le jour ? p.24

Oui, tous les hommes croient et répètent que l’égalité des conditions est identique à l’égalité des droits ; que propriété et vol sont termes synonymes ; que toute prééminence sociale, accordée ou pour mieux dire usurpée sous prétexte de supériorité de talent et de service, est iniquité et brigandage : tous les hommes, dis-je, attestent ces vérités sur leur âme ; il se s’agit que de le leur faire apercevoir. P.24

C’est un fait désormais placé hors de doute, disent les modernes psychologues, que toutes perceptions reçues dans l’esprit s’y déterminent d’après certaines lois générales de ce même esprit. p24

[…] pour toutes ces choses il faut sortir du cercle des apparences. P.27

Si nous passons maintenant de la nature physique au monde moral, ici encore nous nous trouvons assujettis aux mêmes déception de l’apparence, aux mêmes influences de la spontanéité et de l’habitude. Mais ce qui distingue cette seconde partie du système de nos connaissances, c’est, d’un côté, le bien ou le mal qui résulte pour nous de nos opinions ; de l’autre, l’obstination avec laquelle nous défendons le préjugé qui nous tourmente et nous tue. P.28

Quelque système que nous embrassions sur la cause de la pesanteur et sur la figure de la terre, la physique du globe n’en souffre pas ; et quant à nous, notre économie sociale n’en peut retirer ni profit ni dommage. Mais c’est en nous et par nous que s’accomplissent les lois de notre nature morale : or, ces lois ne peuvent s’exécuter sans notre participation réfléchie, partant, sans que nous les connaissions. Si donc notre science des lois morales est fausse, il est évident que tout en voulant notre bien nous ferons notre mal ; si elle n’est qu’incomplète, elle pourra suffire quelque temps à notre progrès social, mais à la longue elle nous fera faire fausse route, et enfin nous précipitera dans un abîme de calamités. P.28

C’est alors que de plus hautes connaissances nous deviennent indispensables, et, il faut le dire à notre gloire, il est sans exemple. P.28

On ne veut pas comprendre que cette période fortunée servit précisément à developper le principe de mal que la société recélait ; on accuse les hommes et les dieux, les puissants de la terre et les forces de la nature. Au lieu de chercher la cause du mal que la société recélait ; on accuse les hommes et les dieux, les puissants de la terre et les forces de la nature. Au lieu de cherche la cause du mal dans sa raison et dans son cœur, l’homme s’en prend à ses maîtres, à ses rivaux, à ses voisins, à lui-même ; les nations s’arment, s’égorgent, s’exterminent, jusqu’à ce que, par une large dépopulation, l’équilibre se rétablisse, et que la paix renaisse des cendres des combattants. Tant il répugne à l’humanité de toucher aux coutumes des ancêtres, de changer les lois données par les fondateurs des cités, et confirmées par la fidélité des siècles. P29

Nihil motum ex antiquo probabile est : Défiez-vous de toute innovation, s’écriait Tite-Live. Sans doute il vaudrait mieux pour l’homme n’avoir jamais à changer : mais quoi ! s’il est né ignorant, si sa condition est de s’instruire par degrés, faut-il pour cela qu’il renie la lumière, qu’il abdique sa raison et s’abandonne à la fortune ? p.29

Santé parfait est meilleur que convalescence : est-ce un motif pour que le malade refuse de guérir ? Réforme ! réforme ! crièrent autrefois Jean-Baptiste et Jésus-Christ ; réforme, réform ! criaient nos pères il y a cinquante ans, et nous crierons longtemps encore : réforme ! réforme !

Parmi les principes sur lesquels la société repose, il y en a un qu’elle ne comprend pas, que son ignorance a vicié (impur), et qui cause tout le mal. (page 29).

Le mal qui nous tourmente est antérieur à toutes les révolutions. Ce principe, tel que notre ignorance l’a fait, est honoré et voulu ; car s’il n’était pas voulu il n’abuserait personne, il serait sans influence. P.29

Mais ce principe, vrai dans son objet, faux quant à notre manière de l’entendre, ce principe, aussi vieux que l’humanité, quel est-il ? Serait-ce la religion ? p.29

Tous les hommes croient en Dieu : ce dogme appartient tout à la fois à leur conscience et à leur raison. Dieu est pour l’humanité un fait aussi primitif, une idée aussi fatale, un principe aussi nécessaire que le sont pour notre entendement les idées catégoriques de cause, de substance, de temps et d’espace. Dieu nous est attesté par la conscience antérieurement à toute induction de l’esprit, comme le soleil nous est prouvé par le témoignage des sens avant tous les raisonnements de la physique. L’observation et l’expérience nous découvrent les phénomènes et les lois, le sens intime seul nous révèle les existences. L’humanité croit que Dieu est ; mais que croit-elle en croyant à Dieu ? en un mot, qu’est-ce que Dieu ? Cette notion de la Divinité, notion primitive, unanime, innée dans notre espèce, la raison humaine n’es pas encore parvenue à la déterminer.  A chaque fois que nous faisons dans la connaissance de la nature et des causes, l’idée de Dieu s’étend et s’élève : plus notre science avance, plus Dieu semble grandir et reculer. P.30

Dieu, représenté sous des formes monstrueuses, devint partout propriété de l’homme et de l’Etat. Telle fut l’origine de la corruption de mœurs par la religion, et la source des haines pieuses et des guerres sacrées. Grâce au ciel, nous avons appris à laisser chacun dans sa croyance. Nous cherchons la règle des mœurs en dehors du culte ; nous attendons sagement, pour statuer sur la nature et les attributs de Dieu, sur les dogmes de la théologie, sur la destinée de nos âmes, que la science nous apprenne ce que nous devons rejeter et ce que nous devons croire. Dieu, âme, religion, objets éternels de nos méditations infatigables et de nos plus funestes égarements, problèmes terribles, dont la solution, toujours essayée, reste toujours incomplète : sur toutes ces choses nous pouvons encore nous tromper, mais du moins notre erreur est sans influence. P.30

Avec la liberté des cultes et la séparation du spirituel et du temporel, l’influence des idées religieuses sur la marche de la société est purement négative, aucune loi, aucune institution politique et civile ne relevant de la religion. P.30

L’oubli des devoirs que la religion impose peut favoriser la corruption générale, mais il n’en est pas la cause nécessitante, il n’en est que l’auxiliaire ou la suite. P.30

Surtout, et dans la question qui nous occupe, cette observation est décisive, la cause de l’inégalité des conditions parmi les hommes, du paupérisme, de la souffrance universelle, des embarras des gouvernements, ne peut plus être rapporté à la religion : il faut remonter plus haut, et creuser plus avant. P.31

Mais qu’y-a-t-il dans l’homme de plus ancien et de plus profond que le sentiment religieux ? p.31

Il y a l’homme même c’est-à-dire la volonté et la conscience, le libre arbitre et la loi, opposés dans un antagonisme perpétuel. L’homme est en guerre avec lui-même : Pourquoi ? p.31

L’homme, disent les théologiens, a péché au commencement ; notre espèce est coupable d’une antique prévarication (Grave manquement d’un fonctionnaire, d’un homme d’État, aux devoirs de sa charge ). Pour ce péché, l’humanité est déchue : l’erreur et l’ignorance sont devenues sont apanage. Lisez les histoires, vous trouverez partout la preuve de cette nécessité du mal, dans la permanente misère des nations. L’homme souffre et toujours souffrira : sa maladie est héréditaire et constitutionnelle. Usez de palliatifs ; employez les émollients : il n’y a point de remède. P.31

Ce discours n’est pas propre aux seuls théologiens, on le retrouve en termes équivalents dans les écrits philosophes matérialistes, partisans d’une indéfinie perfectibilité. P.31

Ainsi, nécessité du mal ou perversité originelle, c’est au fond la même philosophie. « Le premier homme a péché. » Les suites du péché d’Adam sont héréditaires dans sa race ; c’est, en premier lieu, l’ignorance. En effet, l’ignorance est originelle dans l’espèce comme dans l’individu. P.31

Il y a progrès continuel du genre humain vers la vérité, et triomphe incessant de la lumière sur les ténèbres. P.31

Notre mal n’est donc pas absolument incurable, il faut dire : l’homme se trompe parce qu’il apprend. P.31

Or, si l’homme parvient à savoir tout ce qu’il a besoin de connaître, il y a lieu de croire, que, ne se trompant, plus, il cessera de souffrir. P. 32

Qu’est-ce que la justice ? Les théologiens répondent : Toute justice vient de Dieu. Cela est vrai, mais n’apprend rien. P.32

Les philosophes devraient être mieux instruits : ils ont tant disputé sur le juste et l’injuste ! C’est précisément le cas où nous sommes avec les philosophes, par rapport à la justice. La justice disent-ils, est une fille du ciel, une lumière qui éclaire tout homme venant au monde la plus belle prérogative de notre nature, ce qui nous distingue des bêtes et nous rend semblables à Dieu, et mille autres choses semblables.

Tout ce que la sagesse humaine a enseigné de plus raisonnable concernant la justice, est renfermé dans cet adage fameux : Fais aux autres ce que tu veux qu’on te fasse : Ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qui te soit fait. Mais cette règle de morale pratique est nulle pour la science : qu’ai-je droit de vouloir qu’on me fasse ou qu’on ne me fasse pas ? Ce n’est rien de dire que mon devoir est égal à mon devoir, si l’on n’explique en même temps quel est ce droit. P.33

La justice est l’astre central qui gouverne les sociétés, la pôle sur lequel tourne le monde politique, le principe et la règle de toutes les transactions. Rien ne se fait entre les hommes qu’en vertu du droit ; rien sans l’invocation de la justice. La justice n’est point l’œuvre de la loi : au contraire, la loi n’est jamais qu’une déclaration et une application du juste, dans toutes les circonstances où les hommes peuvent se trouver en rapport d’intérêts. Si donc l’idée que nous nous faisons du juste et du droit était mal déterminée, si elle était incomplète ou même fausse, il est évident que toutes nos applications législatives seraient mauvaises, nos institutions vicieuses, notre politique erronée : partant qu’il y aurait désordre et mal social. P.33

« On disait : « Rome a vaincu par sa politique et ses dieux ; toute réforme dans le culte et l’esprit public serait folie et sacrilège. Rome, clémente envers les nations vaincues, en leur donnaint des chaînes, leur fait grâce de la vie ; les escalaves sont la source la plus féconde de richesss ; l’ffranchissement des peuples serait la négation de ses droits et la ruine de ses finances. Rome, enfin, plongée dans les délices et gorgée des dépouilles de l’univers, use de la victoire et du gouvernement ; son luxe et ses voluptés sont le prix de ses conquêtes : ele ne peut abdiquer ni se dessaisir. » Ainsi Rome avait pour elle le fait et le droit. Ses prétentions étaient justifiées par toutes les coutumes et par le droit des gens. L’idolâtrie dans la religion, l’esclavage dans l’Etat, l’épicurisme dans la vie privée, formaient la base des institutions ; y toucher, ç’aurait été ébranler la société jusqu’en ses fondements, et, selon notre expression moderne, ouvrir l’abîme des révolutions. Aussi l’idée n’en venait-elle à personne ; et cependant l’humanité se mourait dans le sang et la luxure.
Tout à coup un homme parut, se disant Parole de Dieu : on ne sait pas encore aujourd’hui ce qu’il était, ni d’où il venait, ni qui avait pu lui suggérer ses idées. Il allait annoncer partout que la société avait fait sont temps, que le monde allait être renouvelé ; que les prêtres étaient des vipères, les avocats des ignorants, les philosophes des hypocrites et des menteurs ; que le maître et l’esclave sont égaux, que l’usure et tout ce qui lui ressemble est un vol, que les propriétaires et les hommes de plaisir brûleront un jour, tandis que les pauvres de coeur et les purs habiteront un lieu de repos. Il ajoutait beaucoup d’autres choses non moins extraordinaires.

Cet homme, Parole de Dieu, fut dénoncé et arrêté comme ennemi public par les prêtres et les gens de loi, qui eurent même le secret de faire demander sa mort par le peuple. Mais cet assassinat juridique, en comblant la mesure de leurs crimes, n’étouffa pas le doctrine que parole de Dieu avait semée. Après lui, ses premiers prosélytes se répandirent de tous côtés, prêchant ce qu’ils nommaient la bonne nouvelle, formant à leur tour des millions de missionnaires, et, quand il semblait que leur tâche fut accomplie, mourant par le glaive de la justice romaine. Cette propagande obstinée, guerre de bourreaux et de martyrs, dura près de trois cent ans, au bout desquels le monde se trouva converti. L’idolâtrie fut détruite, l’esclavage aboli, la dissolution fit place à des mœurs plus austères, le mépris des richesse fut poussé quelque fois jusqu’au dépouillement. La société fut sauvée par la négation de ses principes, par le renversement de la religion, et la violation des droits les plus sacrés. L’idée du juste acquit dans cette révolution une étendue que jusqu’alors on n’avait pas soupçonnée, et sur laquelle les esprits ne sont jamais revenus. La justice n’avait existé que pour les maîtres ; elle commença dès lors à exister pour les serviteurs. (page 34).

« La vérité chrétienne ne passa guère l’âge des apîtres ; l’Evangile commenté et symbolisé par les Grecs et les Latins, chargé de fables païennes, devint à la lettre un signe de contradiction ; et jusqu’à ce jour le règne de l’Eglise infaillible n’a présenté qu’un long obscurcissement. On dit que les portes d’enfer ne prévaudront pas toujours, que la parole de Dieu reviendra, et qu’enfin les hommes connaîtront la vérité et la justice ; mais alors ce sera fait du catholicisme grec et romain, de même qu’à la clarté de la science disparaissent les fantômes de l’opinion ». P.35

La religion, les lois, le mariage étaient les privilèges des hommes libres, et, dans les commencements, des seuls nobles. Dii majorum gentrium, dieux des familles patriiennes ; jus gentium, droit des gens, c’es-à-dire des familles ou nobles. L’esclave et le plébéien ne formaient pas de famille ; leurs enfants étaient considérés comme le croit des animaux. Bêtes ils naissaient, bêtes ils devaient vivre. P.35

Lorsque sur un fait physique, intellectuel ou social, nos idées, par suite des observations que nous avons faites, changent du tout au tout, j’appelle ce mouvement de l’esprit révolution. S’il y a seulement extension ou modification dans nos idées, c’est progrès. Ainsi le système de Ptoléméet fut un progrès en astronomie, celui de Copernic fit révolution. De même en 1789 il eut bataille et progrès ; de révolution il n’y en eut pas. P.37

Le peuple si longtemps victime de l’égoïsme monarchique, crut s’en délivrer à jamais en déclarant que lui seul était souverain. Mais qu’était-ce que la monarchie ? La souveraineté d’un homme. Qu’est-ce que la démocratie ? La souveraineté du peuple, ou, pour mieux dire, la majorité nationale. Mais c’est toujours la souveraineté de l’homme mise à la place de la souveraineté de la raison, en un mot, les passions à la place du droit. P.37

Sans doute, lorsqu’un peuple passe de l’état monarchique au démocratique il y a progrès, parce qu’en multipliant le souverain on offre plus de chances à la raison de se substituer à la volonté ; mais enfin il n’y a pas révolution dans le gouvernement, puisque le principe est resté le même. Or nous avons la preuve aujourd’hui qu’avec la démocratie la plus parfaite on peut n’être pas libre.

Mais enfin, qu’est-ce que la souveraineté ? C’est, dit-on, le pouvoir de faire des lois. P.38

On voit dans Plutarque, Vie de Périclès, qu’à Athènes, les honnêtes gens étaient obligés de se cacher pour s’instruire, de peur de paraître aspirer à la tyrannie. P.38


La souveraineté selon Toullier, est la toute puissance humaine. Définition matérialiste : si la souveraineté est quelque chose, elle est un droit, non une force ou faculté. Et qu’est-ce que la toute puissance humaine ? p.38

Au reste, la définition de la souveraineté dérivait elle-même de la définition de la loi. La loi disait-on est l’expression de la volonté du roi ; dans une république, la loi est l’expression de la volonté du peuple. A part la différence dans le nombre des volontés, les deux systèmes sont parfaitement identiques : de part et d’autre l’erreur est égale, savoir que la loi est l’expression d’une volonté, tandis qu’elle doit être l’expression d’un fait. Pourtant on suivant de bons guides : on avait pris le citoyen de Genève pour prophète et le Contrat social pour Alcoran.

Tous les hommes sont égaux devant la loi. P.39

Cet édifiant article de la Déclaration des droits, conservé par les Chartes de 1814 et de 1830, suppose plusieurs sortes d’inégalités civiles, et celui revient à dire d’inégalités devant le loi : inégalité de rangs, puisque les fonctions publiques ne sont recherchées que pour la considération et les émoluments qu’elles confèrent ; inégalité de fortunes, puisque si l’on avait voulu que les fortunes fusent égales, les emplois publics eussent été des devoirs, non des récompenses ; inégalité de faveur, la loi ne définissant pas ce qu’elle entend par talents et vertus. P.39

Voilà trois principes fondamentaux de la société moderne, que le mouvement de 1789 et celui de 1830 ont tour à tour consacrés :
1- Souveraineté dans la volonté de l’homme, et, en réduisant l’expression, despotisme ; 2 – inégalité des fortunes et des rangs ; 3- Propriété : au-dessus la Justice, toujours et par tous invoquée comme le génie tutélaire des souverains, des nobles et des propriétaires ; la Justice, loi générale, primitive, catégorique de tout société. P.41

L’autorité de l’homme sur l’homme est-elle juste ?
Tout le monde répond :  non ; l’autorité de l’homme n’est que l’autorité de la loi, laquelle doit être justice et vérité. La volonté privée ne compte pour rien dans le gouvernement, qui se réduit d’une part, à découvrir ce qui est vrai et juste, pour en faire la loi ; d’autre part, à surveiller l’exécution de cette loi. Je n’examine pas en ce moment si notre forme de gouvernement constitutionnel remplit ces conditions ; si, par exemple, la volonté des ministres ne se mêlent jamais  à la déclaration et à l’interprétation de la loi ; si nos députés, dans leurs débats, sont plus occupés à vaincre par la raison que par le nombre.

Nous ne disputons pas, nous e réfutons personne, nous ne contestons rien ; nous acceptons comme bonnes toutes les raisons alléguées en faveur de la propriété, et nous nous bornons à en chercher le principe, afin de vérifier ensuite si ce principe est fidèlement exprimé par la propriété. En effet, la propriété ne pouvant être défendue que comme juste, l’idée ou du moins l’intention de justice doit nécessairement se retrouver au fond de tous les arguments  qu’on a faits pour la propriété : et comme d’un autre côté la propriété ne s’exerce que sur des choses matériellement appréciables, la justice s’objectivant elle-même, pour ainsi dire, secrètement, doit paraître sous une formule tout algébrique.

Cette première partie comprend deux chapitres : l’un, relatif à l’occupation, fondement de notre droit ; l’autre, relatif au travail et au talent, considérés comme causes de propriété et d’inégalité sociale.

Cette nouvelle recherche comprend deux chapitres : dans le premier, considérant le fait de la propriété en lui-même, nous cherchons si ce fait est réel, s’il existe, s’il est possible ; car il impliquerait contradiction que deux formes socialistes opposées, l’égalité et l’inégalité, fussent d’une et l’autre possibles. C’est alors que nous découvrons chose singulière, qu’à la vérité la propriété peut se manifester comme accident, mais que, comme institution et principe, elle est impossible mathématiquement.

Enfin, dans le dernier chapitre, appelant à notre aide la psychologie, et pénétrant à fond dans la nature de l’homme, nous exposerons le principe du juste, sa formule, son caractère ; nous préciserons la loi organique de la société ; nous expliquerons l’origine de la propriété, les causes de son établissement, de sa longue durée, et de sa prochaine disparition ; nous établirons définitivement son identité avec le vol ; et, après avoir montré que ces trois préjugés, souveraineté de l’homme, inégalité des conditions, propriété ne font qu’un, qu’ils se peuvent prendre l’un pour l’autre et son réciproquement convertibles, nous n‘aurons pas de peine à en déduire, par le principe de contradiction, le base du gouvernement et du droit. P.43

C’est la question de savoir si la propriété est le principe ou le résultat de l’ordre social, s’il faut la considérer comme cause ou comme effet, que dépend toute la moralité, et par cela même toute l’autorité des institutions humaines. P44

Aphorisme = bref énoncé résumant une théorie ou un savoir.

Empire sur des esprits d’ailleurs excellents, mais subjugués à leur insu par le préjugé populaire. p.44

L’égalité vient tous les jours, fit oequalitas ; soldats de la liberté, désertons-nous notre drapeau la veille du triomphe ? p.44

Défenseur de l’égalité, je parlerai sans haine et sans colère, avec l’indépendance qui sied au philosophe, avec le calme et la fermeté de l’homme libre. Puissé-je dans cette lutte solennelle, porter dans tous les cœurs la lumière dont je suis pénétré, et montrer, par le succès de mon discours, que si l’égalité n’a pu vaincre par l’épée, c’est qu’elle devait vaincre par la parole ! p.44

Chapitre II – De la propriété considérée comme droit naturel – de l’occupation et de la loi civile, comme causes efficientes du domaine de propriété.

On a essayé de justifier le mot abuser, en disant qu’il exprime non l’abus insensé et immoral, mais seulement le domaine absolu. P.45

En matière de propriété, l’usage et l’abus nécessairement se confondent. P.45

D’après la Déclaration des droits, publiée en tête de la constitution de 93, la propriété est « le droit de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » 

Code Napoléon, art. 544 : « La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois et les règlements. »

On distingue dans la propriété :
1 – La propriété pure et simple, le droit dominal, seigneurial sur la chose, ou, comme l’on dit, la nue propriété, 2 – la possession, dit Duranton, est une chose de fait, et non de droit. Toullier : « La propriété est un droit, une faculté légale ; la possession est un fait. » Le locataire, le fermier, le commandier, l’usufruitier, son possesseurs ; le maître qui loue, qui prête à usage ; l’héritier qui n’attend pour jouir que le décès d’un usufruitier, sont propriétaires. Si j’ose me servir de cette comparaison, un amant est possesseur, un mari est propriétaire. P.46

De la distinction de la possession et de la propriété sont nées deux espèce de droits : le jus in re, droit dans la chose, droit par lequel je puis réclamer la propriété qui m’est acquise, en quelques mains que je le trouve ; et le jus ad rem, droit à la chose, par lequel je demande à devenir propriétaire. Ainsi le droit des époux sur la personne l’un de l’autre est jus in re ; celui de deux fiancés n’est encore que jus ad rem.

Dans le premier, la possession et la propriété sont réunies ; le second ne renferme que la nue propriété. Moi qui, en ma qualité de travailleur, ai droit à la possession des biens de la nature et de l’industrie, et qui, par ma condition prolétaire, ne jouie de rien, c’est en vertu du jus ad rem que je demande à rentrer dans le jus in re. P.46

Possessoire et pétitoire p.39

La Déclaration des droits a placé la propriété parmi les droits naturels et imprescriptibles de l’homme, qui se trouvent ainsi au nombre de quatre : la liberté, l’égalité, la propriété, la sûreté. P.47

Cependant, si l’on compare entre eux ces trois ou ces quatre droits, on trouve que la propriété ne ressemble point du tout aux autres ; que pour la majeure partie des citoyens, elle n’existe qu’en puissance, et comme une faculté dormante et sans exercice ; que pour les autres qui en jouissent, elle est susceptible de certaines transactions et modifications qui répugnent à l’idée d’un droit naturel ; que, dans la pratique, les gouvernements, les tribunaux et les lois ne la respectent pas ; enfin que tout le monde, spontanément et d’une voix unanime, la regarde comme chimérique. La liberté est inviolable. Je ne puis ni vendre ni aliéner ma liberté ; tout contrat, toute condition contractuelle qui aurait l’aliénation ou la suspension de la liberté pour objet, est nulle ; l’esclave qui met le pied sur un sol de liberté, à l’instant même est libre. Lorsque la société saisit un malfaiteur et le prive de sa liberté, elle est dans le cas de légitime défense – quiconque rompt le pacte social par un crime se déclare ennemi public ; en attaquant la liberté des autres il les force de lui ôter la sienne. P.48

La liberté est la condition première de l‘état de l’homme : renoncer à la liberté serait renoncer à la qualité d’homme : comment pourrait-on après cela faire acte d’homme ? p.48

Tous les Français sont également admissibles aux emplois : voilà pourquoi, en présence de cette égalité, le sort ou l’ancienneté tranche, dans tant de cas, la question de préférence. P.48

Le plus pauvre citoyen peut appeler en justice le plus haut personnage et en obtenir raison. Qu’un Achab millionnaire bâtisse un château sur la vigne de Naboth, le tribunal pourra, selon le cas, ordonner la démolition de ce château, eût-il couté des millions ; faire remettre la vigne en son premier état ; condamner en outre l’usurpateur à des dommages-intérêts. La loi veut que toute propriété légitimement acquise soit respectée sans distinction de valeurs,  et sans acception de personnes. P.48

Le droit une fois acquis est égal sans tous ; la loi ne compare ni les personnes ni les suffrages. P.48

Je n’examine pas en ce moment si ce système est le meilleur ; il me suffit que dans l’esprit de la Charte et aux yeux de tout le monde l’égalité devant la loi soit absolue, et, comme la liberté, ne puisse être la matière d’aucune transaction.  P.48

Il en est de même du droit de sûreté. La société ne promet pas à ses membres une demi-protection, une quasi-défense ; elle s’engage tout entière pour eux comme ils sont engagés pour elle. Elle ne leur dit pas : Je vous garantirai, s’il ne m’en coute rien ; je vous protègerai, si je ne cours pas de risques. Elle dit : Je vous protégerai, si je ne cours pas de risques. Elle dit : Je vous défendrai envers et contre tous ; je vous sauverai et vous vengerai ou je périrai moi-même. L’Etat met toutes ses forces au service de chaque citoyen ; l’obligation qui les lie l’un à l’autre est absolue. P.48

Que tout le monde contribue à ces dépenses, rien de mieux : mais pourquoi le riche payerait-il plus que le pauvre ? p.49

Pour subvenir aux charges du gouvernement, qui a des armées à entretenir, des travaux à exécuter, des fonctionnaires à payer, il faut des impôts.  Que tout le monde contribue à ces dépenses, rien de mieux : mais pourquoi le riche payerait-il plus que le pauvre ? Cela est juste, dit-on, puisqu’il possède davantage. J’avoue que je ne comprends pas cette justice.

Pourquoi paye-t-on des impôts ? Pour assurer à chacun l’exercice de ses droits naturels, liberté, égalité, sûreté, propriété ; pour maintenir l’ordre dans l’Etat ; pour créer des objets publics d’utilité et d’agrément. P.49

Or, est-ce que la vie et la liberté du riche coûtent plus à défendre que celle du pauvre ? Qui, dans les invasions, les famines et les pestes, cause plus d’embarras, du grand propriétaire qui fuit le danger sans attendre le secours de l’Etat, ou du laboureur qui reste dans sa chaumière ouverte à tous les fléaux ? p.49

Cocagne = pays de cocagne pays imaginaire où l’on a tout en abondance.

Est-ce que l’ordre est plus menacé par le bon bourgeois que par l’artisan et le compagnon ? Mais la police a plus à faire de quelques centaines d’ouvriers sans travail que de deux cent mille électeurs.
Est-ce enfin que le gros rentier jouit plus que le pauvre des fêtes nationales, de la propreté des rues, de la beauté des monuments ? … Mais il préfère sa campagne à toutes les splendeurs populaires ; et quand il veut se réjouir, il n’attend pas les mâts de cocagne.

Mât de cocagne – au sommet duquel sont suspendus des objets qu’il faut aller détacher.

De deux choses l’une : ou l’impôt proportionnel garantit et consacre un privilège en faveur des forts contribuables, ou bien il est lui-même une iniquité. Car si la propriété est de droit naturel, comme le veut la déclaration de 93, tout ce qui m’appartient en vertu de ce droit est aussi sacré que ma personne ; c’est mon sang, c’est ma vie, c’est moi-même  quiconque y touche offense la prunelle de mon œil. Mes 100 000 francs de revenu sont aussi inviolables que la journée de 75 centimes de la grisette, mes appartements que sa mansarde. La taxe n’est pas répartie en raison de la force, de la taille, ni du talent : elle ne peut l’être davantage en raison de la propriété.

Si donc l’Etat me prend plus, qu’il me rende plus, ou qu’il cesse de me parler d’égalité des droits ; car autrement la société n’est plus instituée pour défendre la propriété, mais pour en organiser la destruction. P.49

Source :
Gallica – Proudhon – Qu’est-ce que la propriété

Publié par magrenobloise

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