Grenoble – Populaire

J’ai tendance à penser et à croire qu’entre personnes de bonnes qualité, le terme de « populaire » bien qu’étant mal employé sert à désigner une catégorie de population dérangeante car elle rappelle trop souvent à la juste réalité. Les élites s’en défendent donc ainsi « ne les écoutons pas, ce sont des populaires ». Mais sachez messieurs et mesdames que  dans la population vivent des gens de classes moyennes, des gens qui sont propriétaires, qui vivent en maison, ou en appartement, des gens de familles moyennes donc, et que vous reléguez au rang de populaire. C’est dire votre déconnexion totale. Vous ne voulez pas entendre le cri ou disons la réflexion de ces gens, la réflexion dont vous font part ces gens pour que vous puissiez régler les problèmes du quotidien. Ces gens qui vous élisent malgré le peu de croyance en la politique sur la résolution de l’amélioration du quotidien. Le terme de populaire permet d’évacuer le problème, signe de « cela ne vaut pas la peine d’être entendu, écouté ». Les gens « populaires » se situent juste en dessous de la classe moyenne et pensent la même chose. Le fait de faire partie de différentes classes sociales n’exclut pas l’intelligence, le manque d’intelligence, l’empathie, le manque d’empathie, le travail, la force du travail, la réflexion, le manque de réflexion. Le langage peut être certes différents mais je persiste à croire qu’il retrace une réalité que certains ne veulent pas voir. Une réalité ignorée, un dénie de réalité. C’est ce qui a toujours fait défaut, depuis des siècles et l’histoire se répète, l’histoire recommence. Car les problèmes sont justement trop problématiques. Le mot populaire est un fourre-tout qui permet aux politiques et aux politiques seulement de s’en sortir, de ne pas s’attarder dans le réel. Mais comment voulez-vous comprendre le réel, être en phase avec le réel, lorsque vous êtes dans un écrin doré ? C’est impossible, vous pensez justement que tout cela n’est pas possible, que cette triste réalité n’est pas possible, n’est pas vraie, et pourtant elle l’est. Mais elle est loin d’être un rêve, elle est un cauchemar perpétuel et c’est cela que les politiciens ne veulent pas voir, c’est cela que les politiciens ne veulent pas entendre de peur d’être ramené à la réalité, eux qui étaient bercés dans les douces chimères de leur écrin doré.

La classe populaire me fait penser aux classes moyennes aux Etats-Unis qui mangent des Mcdo, de la malbouffe. En France, la classe populaire ce sont qui finalement ? Ceux qui gagnent environ un smic ? Donc ce serait les infirmières, les artisans ? Quelles catégories de population enferme-t-on dans ce mot « populaire » ? Ceux qui sont dans les banlieues sont plus simple à enfermer dans des cases : ils habitent dans des immeubles miteux, la drogue, la violence, et les communautés font la loi. C’est islamisé ou racaillisé. En revanche dès que l’on s’éloigne des villes, on est plutôt proche des classes moyennes. Ce sont des gens tout à fait civilisés, qui lisent, qui vont en montagne qui s’informent, qui s’offusquent lorsqu’il y a encore un viol, un vol, un faits divers marquants, choquants, qui aiment l’histoire de France, ce sont des gens tout à fait normaux qui ne supportent plus l’irrespect qui demeure en France et l’aveuglement persistant des politiciens, leur manque de fermeté, d’autorité et le désœuvrement de tous ces jeunes dont beaucoup ont perdu le sens des valeurs civiques : laisser sa place à la vieille dame dans le bus, ne pas mettre ses pieds sur les sièges, ne pas parler fort, ne pas mettre la musique en haut parleur, de pas cracher dans la rue, ne pas jeter ses papiers par terre, ne pas faire ceci, ne pas faire cela. La liste est longue. Donc le milieu populaire n’existe pas vraiment, il y a différentes catégories sociales : les ouvriers, les artisans, les commerçants, les agriculteurs, les employés, les cadres. Et donc si dans les classes populaires on enferme tous ces gens-là, cela veut dire que toute la France s’est extraordinairement paupérisée et qu’il n’y a dont plus que finalement, effectivement d’un côté la classe populaire, et les élites. Un écart énorme s’est donc effectivement creusé et la question est : comment va-t-on pouvoir le combler ? L’aplanir ? De plus toutes les familles des banlieues ne rentrent pas dans ces catégories donc elles sont encore plus populaires que populaires. Les insultes pleuvent de la part des élites : les populaires et les insultes pleuvent de la part des populaires : « les élites ». Ce mot lui-même a changé. Il ne devrait pas être une insulte, au contraire, ce devrait être honorable. Mais ce mot indique, renvoie à une incompréhension du gouvernement envers son peuple et s’est transformé en insulte. Et les banlieues qui sont totalement laissées à l’abandon font entièrement la loi, habitent le sol, par leur pratique, leur religion, par leur loi sauvage (Kevin et Sofiane à Echirolles sauvagement tués par une cinquantaine de coups de couteaux, écrasés par des roues de quad, mordus par des chiens). Il y a effectivement un écart faramineux entre le terrain et l’écrin doré. Et pour être très sincère je ne pense pas qu’une police municipale non armée et quelques caméras pourront régler grand chose. Mais je suis populaire alors je ne suis pas lucide.

Publié par magrenobloise

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