Front Populaire – Covid-19: la PCR nous ment-elle?

OPINION: Les tests PCR sont devenus le gold standard dans la recherche de la covid-19: les indicateurs qu’ils fournissent arment ministres, préfets et maires dans leurs décisions de fermetures d’établissements et de confinements, et à ce titre, ils sont devenus incontestables. Incontestables, vraiment?

Covid-19: la PCR nous ment-elle?

Auteur

Alain SUPPINIMédecin (Abonné)Publié le 6 octobre 2020

Les coronavirus sont munis d’une enveloppe avec des spicules leur permettant de se fixer, puis de pénétrer dans les cellules des fosses nasales, des yeux ou encore des poumons.

Leur matériel génétique est constitué d’ARN monocaténaire « à polarité positive », ce qui signifie qu’il est immédiatement capable de détourner toutes les capacités de production de la cellule infectée vers sa seule réplication.

Lorsque l’on réalise le fameux « test RT-PCR » par prélèvement nasal, c’est cet ARN viral qui va être utilisé.

Il est purifié par l’ajout de différents solvants puis mis en suspension dans de l’eau. Grâce à l’application d’une enzyme, la Transcriptase Reverse (RT en anglais), il est transformé en ADN qui, à son tour, est soumis à une réaction de polymérisation en chaîne (PCR en anglais) qui, à chaque cycle, va le multiplier plusieurs millions de fois.

Plus le virus est en grande quantité, moins le nombre de cycles nécessaires pour le détecter sera important (CT pour Cycle Threshold en anglais), et inversement.

Autrement dit, même une très faible charge virale peut donner un résultat positif.

Cependant si cette très haute sensibilité est bienvenue pour un diagnostic, elle donne une information totalement fausse pour identifier une personne contagieuse.

Dès lors, existe-t-il un CT à partir duquel un patient peut être considéré comme non contagieux?

Aux USA, le New York Times a indiqué dans un article du 28 août, que la plupart des tests fixent le CT à 40, précisant que « des tests avec des seuils aussi élevés peuvent ne pas détecter uniquement du virus vivant mais aussi des fragments génétiques, restes de l’infection qui ne posent pas de risque particulier ».

Une virologiste de l’Université de Californie interrogée déclare qu’un test avec un CT supérieur à 35 est trop sensible, « un seuil de 30 à 35 étant plus raisonnable ».

Un laboratoire d’Albany a analysé 794 tests avec un CT de 40: « avec un CT de 35, la moitié ne seraient plus positifs, et 70% à partir de 30 ».

Dans le Massachusetts, c’est près de 90% des personnes déclarées positives en juillet qui ne l’auraient pas été avec un CT de 30.

Au Royaume Uni, une étude de 5 mois portant sur 425 patients symptomatiques fait à peu près le même constat et admet un CT de 35 comme seuil.

En France, l’équipe du Pr Raoult de l’IHU de Marseille publie en avril dernier, un article dans lequel ils estiment que tout patient avec un CT > 34 n’est plus contagieux, et peut donc quitter l’hôpital ou être déconfiné.

Enfin, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) confirme lui aussi qu’une positivité au dessus d’un CT de 35 est plus que suspecte et se doit d’être revérifiée.

Au final, l’ensemble des études démontre qu’il existe un consensus pour fixer cette valeur seuil du CT à 35, au-delà de laquelle les patients positifs ne sont plus contagieux.

Mais qu’en pense donc notre Conseil Scientifique Covid-19?

Eh bien il n’existe en tout et pour tout qu’un seul avis, mis en ligne le 27 juillet 2020, qui nous explique de manière assez sidérante en page trente, qu’en moyenne les laboratoires français réalisent des tests de 40 à 45 cycles! Et de concéder en page suivante « qu’il serait possible de normaliser le test afin d’avoir une vraie valeur, mais que cette mesure est rarement faite. »

En clair, il nous est expliqué qu’en France, à rebours de tous les autres pays, les laboratoires rendent des résultats RT-PCR avec une positivité que l’on sait être largement majorée, donc en désignant comme contagieuses des personnes qui ne le sont pas. Le conseil scientifique se borne à constater les faits, ne proposant absolument aucune correction.

Venons-en maintenant aux décisions prises par notre gouvernement.

En premier lieu, rappelons-nous que chacune d’entre elles repose d’abord et avant tout sur les recommandations du conseil scientifique.

Lorsque l’on scrute les indicateurs donnés par le ministère de la santé, on voit qu’ils sont au nombre de trois: les patients en réanimation, le taux d’incidence pour la population générale, et celui particulier des personnes de plus de 65 ans.

Le taux d’incidence étant le nombre de nouveaux cas dépistés par RT-PCR pour 100 000 habitants, on voit immédiatement l’impact que peuvent avoir les faux-positifs : rappelons simplement l’étude citée plus haut, qui montrait qu’en passant d’un CT de 40 à 35, la moitié des patients étaient des faux-positifs !

Cela pourrait signifier, si l’on avait l’esprit un peu taquin, que les chiffres annoncés religieusement chaque jour par notre ministre seraient faux pour moitié… ?

Une seconde vague qui deviendrait dès lors beaucoup plus compliquée à surfer !

Publié par magrenobloise

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