Logement : retour vers la France périphérique ?

ARTICLE. Le dernier baromètre Qualitel-Ipsos confirme la tendance post-confinement : les Français sont à l’étroit chez eux et près d’un tiers souhaite déménager des grandes métropoles.

Logement : retour vers la France périphérique ?

Le rêve du petit studio au cœur de la vie grouillante des grandes métropoles a-t-il fait long feu ? Oui si l’on en croit le baromètre Qualitel-Ipsos sur la qualité du logement, sorti mardi. Le baromètre vient confirmer une tendance déjà mesurée par l’enquête de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (Idheal) il y a quelques mois. Le confinement a renversé les paradigmes.

L’étude est claire sur ce point : « La surface et la qualité du logement ont conditionné la manière de vivre son confinement. Il en résulte une envie d’ailleurs chez des millions de Français, en particulier chez ceux qui sont les moins satisfaits de la qualité de leur habitat. » Ainsi, près de 50% des habitants de studios souhaitent déménager, de même que les foyers avec bébés.

Plus étonnant encore, 40% des personnes de moins de 35 ans ont l’envie de déménager. Même les jeunes, que l’on aurait pu croire les plus aptes à sacrifier l’espace pour la localisation, supportent désormais difficilement l’enfermement des grandes villes. Toutes catégories confondues, 30% des habitants de l’agglomération parisienne souhaitent quitter l’île de France. Sans surprise, les habitants des zones rurales sont quant à elles satisfaites à 85% de leur habitation, du moins assez pour ne pas avoir envie de déménager.

Télétravail, environnement, vieillesse anticipée, rangements… Les raisons sont multiples mais toutes convergent vers une même réalité : les Français manquent de place dans leur habitat. C’est un sentiment plutôt partagé puisqu’on le retrouve aussi bien chez les familles d’une manière générale, que chez les jeunes et les urbains.

« Le manque d’espace dégrade le quotidien de nombreux Français et des équipements de bases ou des espaces indispensables ne trouvent pas leur place dans les logements. La surface réduite interroge également de nouvelles tendances sociétales comme l’essor du télétravail : trouvera-t-il sa place dans les logements ? », s’interroge Bertrand Delcambre, président de l’association Qualitel.

Le confinement a donc servi de révélateur : sacrifier son confort intérieur pour l’emplacement géographique n’est plus un calcul rentable. Les priorités semblent avoir changé. Seul 12% des habitants de studio considèrent que leur logement est adapté au confinement. Même en allant jusqu’à 75m2 de surface, 75% des concernés ne sont pas satisfaits de leur espace de vie. 63% des franciliens considèrent qu’il manque une pièce dans leur logement, soit près de 20% de plus que les habitants des communes rurales.

Moralité : les crises sont toujours révélatrices en ce qu’elles permettent de revenir aux choses fondamentales. C’est d’ailleurs l’étymologie du mot « crise », du grec krisis, action de séparer par le jugement…

Publié par magrenobloise

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