Yvelines : des propriétaires se liguent contre un couple d’agriculteurs

ARTICLE. Dans le petit village d’Adainville, dans les Yvelines, un couple d’agriculteurs se bat pour la préservation d’une race de vaches. Une initiative qui ne plaît pas aux propriétaires riverains, à cheval sur la tranquillité

Yvelines : des propriétaires se liguent contre un couple d’agriculteurs

Un symbole, voilà ce que pourrait devenir cette histoire de voisinage à première vue assez banale. L’histoire, rapportée par Le Parisien ce week-end, a lieu dans le petit village d’Adainville (Yvelines), situé à la frontière entre Mantes-la-jolie et le massif forestier de Rambouillet, où un couple d’agriculteur entend installer son exploitation.

Fabien Le Coidic et sa compagne, Agathe Guérin, sont actuellement locataires dans une ferme située dans une commune voisine (Poigny-la-Forêt), mais sont sommés de quitter les lieux pour raison administrative d’ici mars 2021. Cela fait dix ans qu’ils cherchent des terres pour déménager leur exploitation.

La chance leur sourit enfin lorsque la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) accepte leur dossier et leur délivre l’autorisation d’acheter 43 hectares à Adainville : 300 000 euros pour les terrains achetés, ainsi qu’un projet d’urbanisme global à hauteur de 700 000 euros. Un véritable engagement financier pour le couple qui entend vivre de sa passion en installant un haras et un cheptel de vaches menacées d’extinction, la Bretagne Pie Noire. Une exploitation à taille humaine, certifiée en agriculture biologique, permettant de produire localement et de dynamiser le village.

Seulement voilà, le projet est très mal accueilli par trois propriétaires voisins, dont l’éditrice Odile Jacob, laquelle considère qu’une exploitation agricole risque de faire un peu trop de bruit et de générer du passage. Elle l’a fait savoir par l’intermédiaire de son avocate, qui n’est autre que…l’ancienne ministre de l’environnement et écologiste revendiquée, Corine Lepage ! L’ironie de la situation n’a pas échappé à la sagacité de notre collaborateur Régis de Castelnau qui a commenté sur sa page Facebook : « Le choix de Corinne Lepage est une pure merveille. Remarquable avocate (je suis sérieux) elle a fait toute sa carrière comme spécialiste de l’écologie dont elle a même été ministre. Elle soutient politiquement toutes les causes écolos, même les plus farfelues, et quand c’est possible judiciairement aussi. C’est pour ça que sur ce coup-là, Corinne Lepage est quand même un peu gênée… »

Il faut dire qu’il y a de quoi être gêné ! Le symbole est puissant : un couple de petits producteurs locaux mis en demeure par des voisins qui ont choisi la campagne comme lieu de villégiature et ne veulent pas être dérangés par le bruit des vaches et des tracteurs. Lors d’une réunion de concertation qui n’a pas donné grand résultat, Bruno Millienne, le député MoDem de la circonscription, a confié son agacement au Parisien : « On parle d’un élevage bio d’une race bovine en voie de disparition. Le projet est légal de A à Z. Une partie des opposants n’est sur place que 150 jours par an, essentiellement le week-end. Il faut qu’ils comprennent qu’ils sont dans un milieu rural et agricole, ce sont à eux de s’adapter à l’environnement. »

Pourtant, comme le précise le maire Jean-Marc Raimondo au Parisien, bien d’autres projets ont été présentés à la place qui auraient pu être beaucoup moins confortables pour les habitants du village. Et ce dernier d’ajouter : « Demain, si le projet est rejeté, la préfecture peut très bien décider d’installer une aire de grand passage. On n’aura pas notre mot à dire ». L’élu est de surcroît agacé par le comportement des riverains : « ils jouent sur leur position intouchable et sur leurs relations pour faire fléchir un pauvre petit maire de village ».

Le Parisien précise qu’en plus, dans un souci d’apaisement, le projet d’installation a été modifié, les bâtiments ayant été théoriquement – les travaux n’ont pas encore commencé – déplacés à l’opposé des habitations, soit précisément à 450 mètres de la première maison des riverains. Pas suffisant pour décourager ces derniers qui continuent à enchaîner les recours contre le permis de construire, parce que produire bio et local, c’est bien, mais le plus loin possible… Tout un symbole, on vous dit !

Publié par magrenobloise

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