Front Populaire – Affaire Gal Gadot : le nouveau délire du gauchisme culturel

ARTICLE. Depuis deux jours, l’actrice Gal Gadot subit les foudres de l’ultra-gauche pour son futur rôle de Cléopâtre. Entre injures antisémites et accusation d’« appropriation culturelle », la nouvelle gauche racialiste ne brille franchement pas par son intelligence, et encore moins par sa culture historique.

Affaire Gal Gadot : le nouveau délire du gauchisme culturel

Gal Gadot, actrice israélienne connue du grand public pour son rôle de Wonder Woman (2017), va reprendre le rôle mythique d’Élizabeth Taylor, laquelle avait incarnée Cléopâtre dans le célèbre biopic de Joseph Mankiewicz, en 1963. Les studios Paramount ont décidé de proposer une nouvelle version de la vie de Cléopâtre, dans une approche plutôt féministe comme l’a précisé Gal Gadot sur Twitter, : « vue pour la première fois à travers les yeux d’une femme, des deux côtés de la caméra ». En effet, le projet est à dominante féminine, avec Patty Jenkins à la réalisation (ndlr : qui était déjà la réalisatrice de Wonder Woman) et Laeta Kalogridis à la scénarisation.

Seulement voilà, les temps ont bien changé depuis le chef d’œuvre de Mankiewicz. A peine le choix du rôle-titre (Gal Gadot) a-t-il été rendu public que les accusations – racistes – en racisme ont commencé à pleuvoir sur les réseaux sociaux. Sur twitter, l’écrivain et journaliste américain James Hall énonce par exemple : « Hollywood a toujours choisi des actrices blanches américaines pour jouer la Reine du Nil. Pour une fois, ils n’auraient pas pu trouver une actrice africaine ? » Des médias d’agitation et de propagande pseudo-progressiste comme AJ+ – média qatari du groupe Al Jazeera Media Network – se sont fait un plaisir de relayer la controverse et d’instruire des procès en « appropriation culturelle ».

Il y a derrière ces polémiques, désormais tristement récurrentes, une petite musique qui tend d’ailleurs à se transformer en orchestre philarmonique : l’industrie du cinéma est accusée de trop systématiquement attribuer des rôles représentant des personnages « non blancs » à des acteurs blancs, et ce pour des raisons financières. Nos nouveaux progressistes appellent cela du « blanchiment ». Sauf que si le procès d’intention est déjà douteux sur le plan culturel, il l’est encore davantage sur le plan historique.

En effet, Cléopâtre n’est pas d’origine égyptienne, donc pas d’origine africaine. Elle ne descend ni des pharaons ni même des Égyptiens. Cléopâtre VII Théa Philopator est d’origine macédonienne et de culture grecque. Descendante du général Ptolémée, le fondateur de la dynastie ptolémaïque, aussi appelée dynastie « Lagide », elle est la dernière reine de l’Égypte indépendante et le dernier souverain du monde hellénistique. Après sa mort, l’Égypte sera une colonie romaine. Sa filiation s’explique par la conquête de l’Égypte par Alexandre le Grand. A la mort de ce dernier, Ptolémée, général macédonien, avait été nommé satrape d’Égypte. En d’autres termes, la grande Cléopâtre est un souverain d’origine étrangère engendrée par les nombreuses conquêtes d’Alexandre le Grand. Reine gréco-macédonienne, Cléopâtre est l’une des incarnations de la culture occidentale, n’en déplaise à l’ultragauche racialiste. Et les querelles sur le patrimoine génétique de sa mère et sur les variations potentielles de son teint de peau, n’y changent au fond pas grand chose.  

Au-delà des inexactitudes historiques, c’est cette ambiance flagrante de procès d’intention et d’accusation en crimes d’arrière-pensées qui finit par rendre le monde culturel irrespirable. On notera enfin que les scandales au sujet d’une prétendue « appropriation culturelle » sont à géométrie variable. En 2019, le réalisateur Kheiron s’est fendu d’un nanar sur l’histoire romaine antique intitulé Brutus vs César, dans lequel Jules César – par ailleurs une nouvelle fois présenté comme Empereur, ce qu’il n’a jamais été puisque l’Empire romain n’existe pas à l’époque de César – est joué par Ramzy Bedia. Personne ne s’en est offusqué, et à juste titre.

Élue Miss Israël en 2004, Gal Gadot a effectué deux ans de service militaire entre ses 18 et 20 ans. Connue pour avoir pris la défense de l’Etat d’Israël, l’actrice fait par ailleurs l’objet depuis quelques jours d’un certain nombre d’insultes antisémites. A se demander où est vraiment le racisme…

Publié par magrenobloise

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