Iran : Propagande politique en marche ; histoire du monde et du pays.

Cnews nous informe que la Une du journal iranien a consacré une caricature du Président Emmanuel Macron en diable. Sa tête est rouge, les yeux sont jaunes. A travers ce dessin, le journal dénonce le fait qu’en France il soit possible de caricaturer les opinions politiques, religieuses. Le Président Emmanuel Macron défend la liberté d’expression et c’est ce que ce journal dénonce tout en l’exerçant, justement pour le bien de tous. C’est de bonne guerre.

Notons toutefois que cela s’inscrit non dans un journal humoristique mais dans un journal médiatique « normal », un canal d’information, ce qui pourrait s’inscrire de fait comme une image de propagande politique. Le discours est aussi empreint de colère que le dessin : le journal évoque la « rage » des musulmans. Nous pouvons assimiler la rage qu’ils ressentent au rouge que le journal a disposé sur le visage du Président. Ils l’ont figuré comme une tête de diable car le Président défend la liberté et que la politique exercée en Iran s’appuie sur des valeurs contraires puisqu’ils ne soutiennent pas la démarche du Président. Retour historique sur ce pays et sur l’histoire du monde grâce à wikipédia.

Wikipédia – Iran

L’Iran (en persan : ايران, Irân), en forme longue la république islamique d’Iran (en persan : جمهوری اسلامی ايراﻥ, Jomhuriye Eslâmiye Irân ou JEI), est un pays d’Asie de l’Ouest, historiquement appelé la Perse. Bordé au nord par la mer Caspienne, au sud-est par le golfe d’Oman et au sud par le golfe Persique, l’Iran partage des frontières avec le Turkménistan au nord-est, l’Afghanistan à l’est, le Pakistan au sud-est, l’Irak à l’ouest et la Turquie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan au nord-ouest. Le pays couvre une superficie de 1 648 195 km2.

L’Iran est un pays fortement diversifié tant sur le plan des grands ensembles naturels que de sa population et sa culture.

À la rencontre des plaques eurasiatique (plaque tectonique), arabique et indienne, le pays est sujet aux séismes. Les aires à l’ouest et au nord, plus humides et couvertes de steppes et de forêts, rassemblent la plus grande partie de la population, l’est et le sud étant semi-désertiques et désertiques.

L’Iran est l’un des plus anciens berceaux civilisationnels du monde, ayant été habité par les Élamites dès le IVe millénaire avant notre ère. Unifié par les Mède (ancien peuple iranien qui vivait dans une région du Nord-Ouest de l’Iran, ils vivaient aux alentours de 1100 à 1000 av. J-C dans la région Ecbatane), le territoire vint à constituer l’un des plus vastes empires à avoir jamais existé, s’étendant de l’est de l’Europe à la vallée de l’Indus sous le règne des Achéménides (l’Empire Achéménide est le premier empire perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient durant le 1er millénaire avant Jésus-Christ), ainsi que le plus important foyer du monothéisme zoroastrien pendant plus de mille ans. 

Conquis en 331 avant notre ère par Alexandre Le Grand (roi de Macédoine et personne et personne le plus célèbre de l’Antiquité) et placé sous la domination des rois Séleucides (dynastie de l’époque hellénistique issue de Séleucas Ier, l’un des Diadoques d’Alexandre le Grand, qui a constitué un empire formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre allant de l’Anatolie à l’Indus).

L’Empire se rebella au siècle suivant sous l’impulsion des Parthes.

L’Empire Parthes
L’Empire Parthes (247 av. J.-C. – 224 ap. J.-C.),également appelé Empire arsacide est une importante puissance politique et culturelle iranienne dans la Perse antique. Arsace Ier, chef des Parni, une tribu scythe d’Asie centrale, fonde définitivement l’Empire parthe au milieu du iiie siècle av. J.-C. lorsqu’il conquiert la Parthie dans le Nord-Est de l’Iran, une satrapie (province) alors en rébellion contre l’Empire séleucide. Mithridate Ier (171 – 138 av. J.-C.) agrandit l’Empire en prenant la Médie et la Mésopotamie aux Séleucides. À son apogée, l’Empire parthe s’étend des sources de l’Euphrate, dans ce qui est aujourd’hui le Sud-Est de la Turquie, jusqu’à l’Est de l’Iran. L’Empire, situé sur la route de la soie reliant l’Empire romain, dans le bassin méditerranéen, à l’Empire han, en Chine, devient un carrefour culturel et commercial.

Arsace 1er de Parthie

Les Parthes adoptent largement les pratiques artistiques, architecturales et religieuses ainsi que les insignes royaux de leur empire hétérogène qui regroupe les cultures perse, grecque, arménienne et locales. Durant la première moitié de son existence, la cour arsacide adopte des éléments de la culture grecque, mais cela n’empêche pas un renouveau graduel des traditions iraniennes. Les souverains arsacides sont appelés ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΜΕΓΑΛΟΥ (« fils du grand roi » en grec, comme le révèle la numismatique).

Les Scythes 
(/sit/, en grec ancien Σκύθοι / Skúthoi) étaient un ensemble de peuples indo-européens d’Eurasie en grande partie nomades et parlant des langues iraniennes. Originaires d’Asie centrale, ils ont vécu leur apogée entre le viie siècle av. J.-C. et la fin de l’Antiquité, notamment dans les steppes de l’Eurasie centrale, une vaste zone allant de l’Ukraine à l’Altaï, en passant par la Russie et le Kazakhstan. Les Perses désignaient ces peuples par le nom de Sakas, francisé en Saces. De nombreuses sources antiques attestent des peuples scythes, les Assyriens mentionnent les Saces dès −640.

Les Sassanides
Les Sassanides sont une dynastie perse ayant régné sur le monde iranien de 224 jusqu’à la Conquête arabo-musulmane, en 651. Avec l’Empire romano-byzantin, cet Empire a été l’une des grandes puissances de l’Asie de l’ouest pendant plus de quatre cents ans. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l’Empire iranien », ou Empire des Aryens. Aryens ou Arya est un terme qui signifie « noble » qui a été utilisé comme autodésignation par les Indo-Iraniens. Le mot a été utilisé par les Indiens de la période védique en Inde comme désignation ethnique pour eux-mêmes et pour se référer à la classe noble ainsi qu’à la région géographique connue sous le nom d’Āryāvarta, où la culture indo-aryenne était basée. Les peuples iraniens étroitement liés ont également utilisé le terme comme désignation ethnique pour eux-mêmes dans l’Avesta, et le mot forme la source étymologique du nom de pays Iran.

L’Avesta (du pahlavi abestāg) (en persan et kurde avesta) est l’ensemble des textes sacrés de la religion mazdéenne et forme le livre sacré, le code sacerdotal des zoroastriens. Il est parfois connu en Occident sous l’appellation erronée de Zend Avesta. Les parties les plus anciennes, celles des gathas, sont dans une langue aussi archaïque que celle du Rig Veda (sanskrit védique), le « gathique », les autres en avestique tardif. Le tout est écrit dans l’alphabet avestique.

De L’avesta au nazisme

La découverte dès le xviiie siècle de la parenté entre les langues d’Europe et des langues du Nord de l’Inde avait éveillé beaucoup d’intérêt. L’Inde est devenue pour les intellectuels mal à l’aise avec les religions judéo-chrétiennes une alternative au monde méditerranéen comme source de la civilisation européenne. L’archéologue Heinrich Schliemann, en collaboration avec les spécialistes de sanskrit Émile-Louis Burnouf et Max Müller, fut le premier à proposer que les symboles grecs découverts sur le site supposé de Troie étaient un symbole typiquement indo-européen, avatar du svastika indien, et que les Aryens pouvaient être des ancêtres des Européens. Adolf Hitler s’est servi du svastika indien comme symbole de l’aryanisme, alors que telle n’est pas sa fonction première, car ce symbole n’a jamais été exclusif aux ārya, en sanskrit « noble », terme qui indique en Inde, outre la noblesse dans un sens courant (noblesse de cœur, d’esprit), les quatre varnas hindoues, c’est-à-dire les brâhmanes, les kshatriya (rois), les vaïshya (paysans, artisans) et shudra (serviteurs), ou l’ensemble de la population hindoue, selon les lois de Manu ; néanmoins, le svastika, par ces quatre branches, représente les quatre ordres ci-dessus mentionnés de la société hindoue sacrée (qui n’a pas de base « raciste » mais liée au comportement de chacun), c’est-à-dire ârya ou noble, « aryenne », incarnant l’ahimsâ (non-violence), telle que définie par le législateur de la tradition védique, Manu :

« La mort, sans l’espérance d’une récompense, pour les brâhmanes et les vaches, ou dans la défense de femmes et d’enfants, garantit la béatitude à ceux ne faisant pas partie de la communauté Ârya (les Vahya). L’Ahimsā (respect impérieux de la Vie, non-violence), la véracité, l’abstention de s’approprier les biens des autres, la pureté et le contrôle des sens, Manu a ainsi déclaré que tout cela peut être considéré comme le résumé du Dharma pour les quatre varna d’Ārya (« Nobles » en sanskrit : brahmanes, kshatriya, vaïshya, shudra). »

— Mānavadharmaśāstra, livre 10, sûtra 62 et 63.

Il est de coutume en Inde de tracer un svastika sur la tête rasée d’un enfant initié au Véda (tradition sacrée hindoue).

Adolf Hitler s’est servi du svastika comme symbole de l’aryanisme.

Régnant à partir du 3ème siècle de notre ère, les Sassanides érigèrent l’empire perse au rang de grande puissance de grande puissance de l’Asie de l’Ouest pendant plus de 400 ans.

L’Asie de l’OUest est la région d’Asie qui concentre le Caucase et le Moyen-Orient sans la partie européenne de la Turquie ne la partie africaine de l’Egypte

La conquête arabo-musulmane au VIIème siècle conduisait à l’islamisation de l’Iran dont les contributions aux arts, aux sciences et à la philosophie au cours de l’Âge d’or de l’Islam furent toutefois nombreuses.

L’Iran fut gouverné au cours des deux siècles qui suivirent, par des dynasties locales puis par les Turcs seldjoukides* et puis les Ilkhans monghols*.

La dynastie Séférides
La dynastie Séféride ou Safaride régna sur la Perse de 1501 à 1736. Succédant aux Timourides, ils sont la première dynastie totalement indépendante à régner sur l’Iran depuis près de 5000 ans.
La dynastie des Séfévides ou Safavides (persan : Safaviān – صفویان ; azéri : صفوی‌لر – Səfəvilər) régna sur la Perse de 1501 à 1736. Succédant aux Timourides, ils sont la première dynastie totalement indépendante à régner sur l’Iran depuis près de 500 ans. Les Safavides sont issus d’un ordre religieux sunnite soufi militant fondé au xive siècle. Bien que turcophones, leur origine ethnique n’est pas assurée, car les Safavides l’ont délibérément falsifiée pour des raisons idéologiques ; ils pourraient être kurdes. Convertis au chiisme duodécimain au cours du xve siècle, peut-être sous Khwajeh Ali ou sous Jonayd, ils proclament cette branche de l’islam religion d’État lorsque leur dirigeant, Ismaïl, prend le pouvoir en 1501. Soutenu par les nomades turcs Qizilbash, à partir de 1508, Ismaïl règne sur l’ensemble des territoires auparavant dominés par les Aq Qoyunlu, également des turcophones. À partir de 1510, les Séfévides, dont la montée en puissance va de pair avec la création d’une théocratie dirigée par le shah, s’opposent à l’est aux Ouzbeks également turcophones et dirigés par Mohammad Shaybânî, et à l’ouest aux Ottomans, défenseurs du sunnisme. La dynastie atteint son apogée sous Abbas Ier le Grand, chah de 1588 à 1629, qui sépare les fonctions religieuses et politiques de l’empire, et met en place une garde personnelle composée d’esclaves islamisés, les ghulams, afin de contrer la puissance des tribus qizilbashs. Avec l’Empire ottoman, l’Empire chérifien et l’Empire moghol, les Séfévides sont alors l’une des quatre grandes puissances du monde musulman, qui entretient des contacts avec les souverains européens, désireux d’établir une alliance contre la Sublime Porte.

Image 1 – Drapeau des Séfévides à partir de 1576
Image 2 – Armoiries adoptées au xvie siècle

Page d’un Shâh Nâmeh (Grand Shâh Nâmeh de Shah Tahmasp ?), Iran, première moitié du xvie siècle.
Shah Ismail, le fondateur de la dynastie des Safavides.
Place Naghsh-e JahanIspahan. En regardant vers le sud, nous voyons droit devant, au fond la mosquée du Shah, à droite, côté ouest, le palais Ali Qapu, à gauche, côté est, la mosquée du Sheikh Lutfallah.

Les timourides
Les timourides sont les descendants de Tamerlan qui malgré les luttes intestines et extérieures, gouvernent l’Empire timouride de 1405 à 1507 date à laquelle il tomba aux mains de Ouzbecks (peuple turc d’Asie centrale parlant une langue turque l’Ouzbek) de la dynastie des Chaybarides, descendant de Gengi Khan. Comme leur ancêtre, ils portaient le titre de grand émir.

Tamerlan
Timour, plus connu sous le nom de Tamerlan (du persan تيمور لنگ, Timur(-i) Lang, qui signifie littéralement « Timour le Boiteux »), né le 9 avril 1336 à Kech, près de Chakhrisabz, dans l’actuel Ouzbékistan, et mort le 18 février 1405 à Otrar dans l’actuel Kazakhstan, fut un guerrier turco-mongol du xive siècle, conquérant d’une grande partie de l’Asie centrale et occidentale, fondateur de la dynastie des Timourides qui a existé jusqu’en 1507.

Devenu émir de Transoxiane, Tamerlan se révéla un redoutable chef de guerre, bâtissant un immense empire reposant sur la puissance militaire et sur la terreur. Les historiens parlent souvent de « catastrophe timouride » tant ses destructions et massacres ont été spectaculaires ; les estimations sur le nombre de morts de ses campagnes militaires vont de 1 million à 17 millions de personnes (soit environ 5 % de la population mondiale de l’époque). Lors de ses conquêtes, il n’hésita pas à massacrer la totalité de la population des villes qui lui avaient résisté, à l’exception des artisans qu’il déporta à Samarcande, sa capitale. C’est à ce titre qu’il se montra aussi protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de Samarcande.

Après la mort de Tamerlan en 1405, son empire, gouverné par ses descendants (les Timourides), fut grignoté par les puissances voisines jusqu’à un assaut final des Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides.

Gengis Khan
Né vers 1155/1162 pendant le Khamag Mongol, dans ce qui correspond à l’actuelle province de Khentii en Mongolie, mort en août 1227 dans l’actuel Xian de Qingshui (Chine), est le fondateur de l’Empire mongol, le plus vaste empire continu de tous les temps, estimé lors de son extension maximale à 33,2 millions de km2 en 1268 sous Kubilai Khan

Issu d’un chef de clan de la tribu des Bordjiguines, il utilise son génie politique et militaire pour rassembler plusieurs tribus nomades de l’Asie de l’Est et de l’Asie centrale sous l’identité commune de « mongoles » ; il en devient le khan (dirigeant), puis le Tchingis Khagan (empereur ou chef suprême), avant même de se lancer à la conquête de la Chine. À la fin de son règne, il contrôle une grande partie de l’Asie, avec, outre la Mongolie, la Chine du nord et la Sogdiane.

Après sa mort, l’empire est considérablement agrandi par ses successeurs qui le dirigent encore pendant plus de 150 ans. Son petit-fils, Kubilaï Khan, est le premier empereur de la dynastie Yuan en Chine.

Pour les Mongols, qui le considèrent comme le père de leur nation, Gengis Khan est une figure légendaire entourée d’un grand respect. Mais, dans nombre de régions d’Asie ravagées par ses guerres ou celles de ses successeurs, il est considéré comme un conquérant impitoyable et sanguinaire.

Il a établi des lois en faveur des femmes, pour éviter les conflits entre tribus. Ainsi, l’interdiction d’enlever des femmes, de les vendre à des époux et l’interdiction de l’adultère sont les principes de son empire.

Khamag Mongol
C’est une confédération tribale mongole majeure sur le plateau mongol au XIIème siècle. Il est également parfois considéré comme l’Etat précurseur de l’Empire mongol. Il était dirigé par le clan Bordjigin d’où émergea Gengis Khan.

La dynastie Pahlavi (en persan : سلسله پهلوی) est la dernière dynastie iranienne ayant régné sur l’Iran avant l’avènement de la république islamique. Elle fut fondée avec l’État impérial de Perse par Reza Khan en 1925, alors Premier ministre d’Ahmad Chah Qajar, dernier roi (Chah) de la dynastie des Qadjars.

Elle porte le nom officiel de son fondateur, « Pahlavi » patronyme qu’il avait adopté en 1923. À sa naissance, Reza Khan, venant d’un milieu très pauvre, reçut plusieurs appellations et sobriquets. Mais une loi de 1923 demande à tous les perses d’adopter un patronyme comportant un nom propre et un nom de famille. Le clan du père de Reza Khan se faisait appeler Pahlavan. Cependant Reza choisit le nom de Pahlavi (پهلوی), porté depuis par ses descendants. Ce patronyme, s’il rappelle le clan de son père – Pahlavan –, est une référence directe à l’identité préislamique de la Perse ; le Pahlavi, ou Pehlevi (dit aussi moyen-persan) étant une ancienne langue indo-européenne parlée en Iran entre le iiie et le xe siècle et d’autre part signifie « héroïque, glorieux, archaïque ». Déjà, le choix de ce nom marque un intérêt de son porteur pour la grande civilisation persane, sans les apports dus à l’islamisation de la Perse au viie siècle. À l’état civil, il gardera toujours ce patronyme, même devenu empereur –il n’y ajoutera que le numérique Chah (شاه) -, qui est encore aujourd’hui celui de ses descendants.

Retour en Iran
Au début du xxe siècle, la Révolution constitutionnelle persane aboutit à l’instauration d’un parlement. Un coup d’État est opéré par le Royaume-Uni et les ÉtatsUnis en 1953. La Révolution islamique en 1979 aboutit à l’établissement de l’actuel régime politique de l’Iran.

L’Iran compte 82 801 633 habitants. La langue officielle est le persan et plusieurs minorités parlant azéri, kurde, lori, guilaki, baloutchi, mazandarani, kachkaï et arabe peuplent différentes villes des 31 provinces. La capitale est Téhéran. Le calendrier officiel est le calendrier persan. L’Iran est la 28e puissance économique mondiale selon le produit intérieur brut (PIB) nominal et la dix-huitième selon le PIB à parité de pouvoir d’achat (2015). Le PIB par habitant s’élève à 11 200 $US (2011). Membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), c’est un important producteur de pétrole à l’échelle mondiale. Il dispose de la plus grande réserve de gaz naturel. La monnaie est le rial.

Politique et droit
L’Iran, depuis l’instauration de la République islamique, présente un système institutionnel très singulier. C’est le seul État officiellement chiite et un des rares pays à être une théocratie ; c’est-à-dire que le pouvoir, censé émaner de Dieu, réside dans les mains du clergé. Cette théocratie découle du concept de velayat-e faqih, théorisé dans les années 1960 par l’ayatollah Rouhollah Khomeini, premier « guide de la Révolution ». Le velayat-e faqih consiste en « la tutelle du juriste-théologien », notion notamment développée en France par la sociologue Amélie Myriam Chelly, consistant en une idéologisation du chiisme traditionnel, et donc en son détournement politique. Le chef suprême de la religion a droit de veto sur tout. Quand le chef religieux contrôle le pays, il choisit ce qui est bon ou non en fonction de sa religion. Cependant, il existe aussi une dimension représentative dans ce système, puisque la souveraineté populaire est reconnue et qu’un processus électoral permet l’élection du président de la République, des députés et des membres de l’Assemblée des experts. Ce système électoral s’inspire des démocraties populaires, mais le pluralisme politique n’existe pas ; les candidats appartiennent aux diverses factions islamiques.

Le système politique de la République islamique est basé sur la Constitution de 1979 appelée Qānun-e Asasi (« Loi fondamentale »). Le système comprend plusieurs corps gouvernants intimement reliés, dont la plupart sont nommés par le guide (seuls le président, les membres du parlement et les membres de l’Assemblée des experts sont élus au suffrage universel). L’âge minimum requis pour voter est fixé à 15 ans.

Le Guide de la Révolution (aussi appelé « Guide suprême ») est responsable de la supervision des « politiques générales de la République islamique d’Iran ». Il est élu par l’Assemblée des experts pour une durée indéterminée. Le Guide de la Révolution est commandant en chef des forces armées ; il contrôle le renseignement militaire et les opérations liées à la sécurité ; lui seul a le pouvoir de déclarer la guerre. C’est aussi la seule personne des institutions d’État obligatoirement religieuse. Il peut démettre le président de la République de ses fonctions, après que la Cour suprême a reconnu ce dernier coupable de violation de ses devoirs constitutionnels, ou après un vote du Parlement témoignant de son incapacité sur la base du principe 89 de la constitution. L’Assemblée des experts est responsable de la supervision du Guide suprême dans le cadre de l’exécution de ses devoirs légaux. Le Guide de la Révolution actuel est l’ayatollah Ali Hossein Khamenei (désigné en 1989).

La Constitution définit le président comme la plus haute autorité de l’État après le Guide de la Révolution. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Les candidats à la présidence doivent être autorisés à se présenter par le Conseil des gardiens. Le président est responsable de l’application de la constitution et de l’exercice des pouvoirs exécutifs, à l’exception de ceux directement liés au Guide suprême. Le président nomme et supervise le Conseil des ministres, coordonne les décisions du gouvernement et sélectionne les politiques du gouvernement avant qu’elles soient transmises au parlement. Dix vice-présidents assistent le président, ainsi qu’un cabinet de 22 ministres, dont la nomination doit être approuvée par le parlement.

Le président de la République actuel est Hassan Rohani, élu le 14 juin 2013 et réélu en 2017.

Le président Hassan Rohani.

Pouvoirs locaux
Les conseils locaux sont élus par un vote public pour des mandats de quatre ans dans toutes les villes et villages d’Iran. D’après l’article 7 de la constitution iranienne, ces conseils locaux, avec le parlement, sont « les organes administratifs et de décision de l’État ». Cette section de la constitution n’a pas été appliquée avant 1999, quand les premières élections de conseils locaux ont été tenues dans le pays. Les conseils ont différentes responsabilités comme élire les maires, superviser les activités des municipalités, étudier les besoins sociaux, sanitaires, économiques, culturels et éducatifs de leurs administrés. Ils planifient et coordonnent la participation nationale à l’implémentation des décisions sociales, économiques, culturelles, éducatives et autres.

Téhéran

Politique intérieure
L’Iran est souvent considéré comme une dictature. Selon certaines sources, la majorité du peuple iranien serait insatisfaite du régime. Même si le peuple élit ses représentants au suffrage universel, les personnes éligibles sont choisies par les instances islamiques. Amnesty International classe l’Iran dans les deux pays avec le plus fort taux d’exécution. Selon les organismes internationaux de défense des droits de l’homme, la torture et le viol par les Gardiens de la révolution islamique se produisent régulièrement. Amnesty International affirme aussi qu’il n’existe pas de liberté d’expression.

Politique générale
L’État iranien, à part ces structures institutionnelles, possède d’autres particularités sur le plan politique. Il existe en effet des structures de dédoublement de l’appareil d’État. Ces structures, appelées structures révolutionnaires (nahadha ye enqelāb), dépendent directement du Guide de la Révolution et prennent en charge des activités généralement sous le contrôle du gouvernement. L’Armée iranienne est ainsi doublée par les Gardiens de la révolution et les tribunaux par des tribunaux révolutionnaires. Dans chaque ministère et chaque province est nommé un représentant du guide.

La politique est réservée aux factions islamistes, puisque tous les autres partis traditionnels sont interdit. Il existe deux tendances chez les islamistes : conservateurs et réformateurs. Tous deux veulent faire durer le système iranien, mais ils ne sont pas d’accord sur les moyens à employer. Les conservateurs s’opposent à tout changement, et sont pour la ligne dure en vigueur aux débuts de la révolution. Les réformateurs sont pour une certaine libéralisation politique. L’élection de Mohammad Khatami, un réformateur, en 1997, a montré la volonté de changement des Iraniens. Néanmoins, les difficultés créées par les conservateurs pour faire valider les lois des réformateurs ont empêché le moindre changement et ont permis aux conservateurs de revenir sur la scène politique. La perte de crédibilité a entraîné un fort taux d’abstention aux élections municipales en 2003, le retour de députés conservateurs au Majles en 2004, jusqu’à l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2005. Ce dernier sera réélu en 2009 à l’issue d’un scrutin aux résultats très contestés par des millions d’Iraniens favorables à son principal concurrent réformateur l’ex-Premier Ministre Mir Hossein Moussavi de 1981 à 1989.Partisans de Hassan Rohani rue Valiasr (2013).

Les catégories de la population les plus sensibles pour les autorités politiques sont les jeunes, les femmes et les intellectuels. La jeunesse iranienne vit une crise causée par les contraintes morales, le manque de perspectives d’avenir et le chômage. Les jeunes n’abandonnent pas pour autant leur quête de liberté sociale : liberté de choix vestimentaires, de rencontre entre sexes opposés dans les lieux publics, d’accès à la production culturelle et artistique du monde entier. Les revendications ayant trait à la condition de la femme en Iran n’ont rien perdu de leur vigueur. Bien que leur statut juridique soit inférieur, comme le montrent notamment l’obligation du port du voile et les mesures relatives à la mixité, les femmes participent à tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, scientifique et artistique. Il existe aujourd’hui deux mouvements féministes en Iran : un courant féministe islamiste, se réclamant des valeurs religieuses et de la tradition, et un autre se réclamant de la laïcité. Les intellectuels (roshanfekran) sont eux aussi divisés en religieux et laïques. Ils ont changé leur vision entre les débuts de la république islamique et aujourd’hui, un quart de siècle après. Abdolkarim Soroush, un philosophe iranien tout d’abord partisan de la révolution, est aujourd’hui considéré comme un degarandishan (« ceux qui pensent autrement ») ; il a développé une approche critique de l’islam : il distingue une version de la religion qui n’a son mot à dire que dans la sphère du sacré et une autre qui a son mot à dire sur tout, y compris la vie sociale et politique. De nombreux intellectuels pensent de manière similaire à Soroush et sont opposés à l’imbrication du politique et du religieux. Les laïques, bien que soumis à l’intimidation sont toujours actifs. Des débats réguliers ont lieu sur l’ouverture du système politique, le rôle de la société civile, la démocratie, l’espace public, etc.

Les jeunes, les femmes, les intellectuels et les classes moyennes forment une société civile qui n’est pas dotée de structures d’encadrement, car l’appareil d’État a infiltré les institutions civiles. Des groupes existent néanmoins en dehors du contrôle de l’État, qui permettent d’organiser des manifestations, signer des pétitions. Des contacts ont aussi lieu avec la diaspora iranienne et l’extérieur du pays pour informer sur la situation nationale et internationale.

La situation des droits de l’homme est jugée très préoccupante en Iran.

Sous le règne du Chah, le non-respect des droits de l’homme avait été constaté et dénoncé par des ONG. Depuis l’instauration de la République islamique, la violation par le gouvernement iranien des droits civils et de la liberté d’expression politique est toujours dénoncée à travers le monde. L’Assemblée générale et la Commission des droits de l’homme de l’ONU se déclarent préoccupées par « le grand nombre d’exécutions capitales, de cas de torture et de traitements ou châtiments inhumains ou dégradants, les normes appliquées en ce qui concerne l’administration de la justice, l’absence de garanties d’une procédure régulière, le traitement discriminatoire de certains groupes de citoyens ».

Depuis l’établissement de la république islamique en 1979, les lois iraniennes sont basées sur une interprétation particulière de la Charia. Toutes les relations sexuelles qui ont lieu en dehors du traditionnel mariage hétérosexuel sont illégales et aucune distinction légale n’est faite entre les relations consenties ou non consenties. Jusqu’en février 2012, l’article 83 du code pénal iranien prévoyait que l’adultère serait puni de lapidation. Ce mode d’exécution a disparu du nouveau code, mais une disposition de la constitution permet aux magistrats de statuer en la matière d’après leur connaissance du droit islamique, ce qui leur laisse toute latitude pour appliquer ou non cette sanction. Les associations de défense des droits de l’homme estiment que cinq hommes et une femme ont été ainsi exécutés depuis 2006. Le rapport du HCR de 2001 dit que la chirurgie de changement de sexe est fréquemment et ouvertement menée en Iran, et que les homosexuels et les travestis sont en sécurité tant qu’ils gardent profil bas. Le rapport déclare de plus qu’il n’est pas possible actuellement pour les individus transgenres de choisir de ne pas subir de chirurgie – si on leur accorde le droit de changer de sexe, il est attendu qu’ils le fassent immédiatement. Ceux qui ne veulent pas se faire opérer (ainsi que ceux qui se travestissent ou ne peuvent définir leur sexe) sont considérés comme étant de leur genre biologique, et, en tant que tels, peuvent être soumis à harcèlement pour le fait d’être homosexuels et sont donc sujets aux mêmes lois interdisant les actes homosexuels.

Depuis son élection en 2005, la présidence de Mahmoud Ahmadinejad est marquée par la priorité donnée à la politique internationale. Le pouvoir se préoccupe plus de la position géostratégique du pays que des problèmes intérieurs. L’efficacité de l’action internationale sur les Droits de l’Homme en est affectée. Le dialogue avec l’Union européenne, rompu en 2004, n’a pas repris malgré une tentative de relance en 2005. L’ACAT note toutefois que, malgré des déclarations contradictoires, la position de l’Iran pourrait évoluer sur la question de l’application de la peine capitale aux mineurs. À l’opposé, Amnesty International craint que le nombre d’exécutions de mineurs depuis 2005 soit sous-évalué. L’association avait vu dans les promesses électorales de Mahmoud Ahmadinejad (amélioration des droits sociaux et économiques) une occasion de sensibiliser l’Iran au thème des droits humains. Elle note au contraire que « les mois ont passé et… répression, limitation du droit à l’expression et d’association, arrestations arbitraires, torture et pour agrémenter le tout, retour massif à la peine de mort, sont à nouveau à la carte ».

En 2003, Bernard Hourcade, iranologue au CNRS dressait un portrait optimiste de l’évolution politique et sociale de l’Iran. Il constatait une modernisation du pays dans les secteurs culturel, social, économique, politique, des relations internationales, et des échanges universitaires internationaux. De nombreux anciens Pasdarans qui occupent aujourd’hui des postes clefs sont allés étudier à l’étranger. Il notait que les notions de république, de démocratie ou de libertés s’ancrent de plus en plus dans la société iranienne et créent les conditions d’un changement profond ; changement dans lequel l’islam politique a une nouvelle place. Selon lui, « malgré la répression, l’Iran est un pays où les gens débattent, parlent, s’expriment, protestent. Quels que soient leurs efforts, les autorités cléricales qui contrôlent la justice et la police ne sont plus en mesure de contrôler l’accès à l’information ni l’expression des revendications. Les actes de répression pour l’exemple, notamment contre les journalistes, sont d’autant plus violents et systématiques, mais dénoncés avec force et efficacité, même par des membres du gouvernement ». Si des oppositions bloquent encore les processus électoraux, ou la promulgation de lois, le pays a changé et a pris l’habitude de l’indépendance et de la liberté de parole, avant celle des actes.

Certains experts de la région considèrent que le peuple est contre le régime et a adopté le principe de démocratie depuis longtemps, sans que le régime ne fasse aucun effort que ce soit pour l’écouter. D’ailleurs, la majorité des Iraniens ne penseraient pas qu’une « République Islamique réformée » puisse les satisfaire.

Amnesty International classe l’Iran comme ayant le plus fort taux d’exécutions sommaires, de violation des droits de l’homme et des libertés fondamentales en 2008 avec 317 exécutions sommaires. Selon les organismes internationaux de défense des droits de l’homme, la torture et le viol par les Gardiens de la révolution se produiraient régulièrement. Amnesty International constate aussi qu’il n’existe pas de liberté d’expression.

Situation des femmes

Si les femmes en Iran bénéficient globalement de droits plus étendus que dans bon nombre d’États voisins du Moyen-Orient, un certain nombre de ces droits datant des années 1960 et 1970, ceux-ci ont été restreints depuis la révolution iranienne.

Les femmes en Iran font face à une situation de discrimination vis-à-vis des hommes, comme le montre l’inégalité de leurs droits concernant le mariage. La loi islamique permet, en effet, aux hommes d’épouser quatre femmes à titre permanent et de prendre autant d’épouses « temporaires » par des contrats religieux qui peuvent durer de quelques heures à plusieurs années. Les femmes qui contractent des mariages temporaires sont des veuves ou des divorcées.

Ce mariage temporaire chez les chiites est appelé mariage de plaisir et connu sous le nom de sigheh en Iran et rejeté comme prohibé par les sunnites.

Par ailleurs, le port du foulard islamique est obligatoire pour toutes les femmes, y compris les touristes, en Iran. Plus de 110 000 femmes « mal voilées » ont reçu des « avertissements » délivrés par la police pour non-respect du strict code vestimentaire en 2007.

Selon la journaliste Sara Saidi, « les Iraniennes sont les femmes les plus socialisées du Moyen-Orient: elles travaillent, conduisent librement, ont le droit de vote et d’éligibilité depuis 1963, contre 2015 en Arabie saoudite. » Les femmes sont également politisées et engagées, la société civile iranienne étant « très en avance sur les institutions qui la gouvernent », indique la sociologue Azadeh Kian. Le taux de scolarisation des filles est de 95 %.

Wikipédia – Two young Iranian women walking down the street, one talking on a mobile phone.

-> Voir également : problème identitaire
-> Médias
-> Politique étrangère
-> Economie
-> Agriculture etc. etc. sur wikipédia.

Un hameau d’éleveurs entre Makou et Tchaldoran dans l’Azerbaïdjan iranien.

Notes de bas de page :
*Turcs Seldjoukides sont les membres d’une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l’Iran, puis sur un vaste domaine comprenant l’Irak actuel et l’Anatolie centrale entre le milieu du Xème siècle et la fin du XIIIème siècle.
* L’Ikhanat était un khanat perse créé en 1256 et qui fut dirigé par les Ilkhans, de la maison de Houlagou. Un khanat est un pays soumis à un khan. Un kagne est un titre turc équivalent à l’origine à « empereur » et porté ultérieurement par des dynastes vassaux ou des nobles du Moyen-Orient ou de l’Inde.

Autres sources :
Achéménides

Publié par magrenobloise

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