Le Professeur Didier Raoult – Coronavirus : l’avenir est incertain

Dans une nouvelle vidéo »Mutations, variants : ce que les génomes nous apprennent », publiée ce jour, le Professeur Didier Raoult nous montre la situation actuelle avec les variants et indique qu’elle est toujours aussi incertaine. Retrouvez la vidéo sur ce lien et le verbatim en dessous.

Le Journaliste – Professeur Raoult, vous êtes vous trompé quand à l’évolution de l’épidémie en France ?

Le Professeur Raoult : Ecoutez je le dis et je vais passer ma vie à le dire, ceux qui disent tout simplement le contraire mentent : je ne fais pas de prévision et je pense que faire une prévision sur une maladie nouvelle que l’on ne connaît pas relève de la sorcellerie, cela fait depuis le mois de janvier que je le dis donc je ne vais pas cesser de le dire après je peux dire ce que j’observe. Ce que j’observe à un temps T, n’est pas ce que l’on observe 10 jours plus tard ni 15 jours plus tard, ni un mois plus tard donc ce que j’observais toujours était vrai, je décris, je décrivais, je décris ce que je vois. Je peux vous décrire ce que je vois aujourd’hui , ce que je décrivais il y a un mois ca correspondait exactement à ce que l’on voyait il y a un mois et pas à ce que l’on voit maintenant. Après dans la même situation, comme il y a beaucoup de gens qui prédisent parmi tous les gens qui prédisent, il y en a toujours un qui a raison mais il y en a les 9 qui avaient tort, ils avaient tort. Les neuf fois avant où on a avait tort et donc chacun prédit en fonction de sa manière de percevoir le monde et de sa propre expérience moi je ne fais pas de prédiction et j’essaye de rester collé à la réalité et quand la réalité est là écoutez on s’en occupe au moins ou aussi bien que tout le monde, si ce n’est mieux. C’est-à-dire qu’on a un débit ici, l’organisation qui permet de traiter les gens et de faire face aux situations donc on ne baisse aps les bras, on ne baisse pas les armes et on continue à travailler. Donc encore une fois, je ne fais pas de prédictions, j’y suis profondément hostile, ceux qui ont eu le courage de lire tous les livres que j’ai écris, j’en ai écris quelqu’un ils ont toujours la même conclusion, je ne prédis jamais rien, je me moquais même sur les maladies infectieuses qui datent de  1997, de nostradamus qui est notre voisin puisqu’il habitant à Salou. Donc je ne crois pas aux prédictions, jusqu’à présent je n’ai aps été déçu. Mais il n’empêche que de temps en temps il y a des gens qui prédisent le pire et que il y a des choses désagréables qui apparaissent maintenant il ne faut pas essayé d’en sortir. C’est une spécialité cela des journalistes malveillants, de découper des petits mots, de dire je ne prédis jamais, de dire ça puis d’oublier ce qu’il y a après, c’est juste de la malveillance ridicule. Encore une fois je ne prédis jamais je décris ce que je vois. Je fais part de l’expérience de maladies comparables, qui ont était décrites mais qui ne peuvent pas servir de modèles absolus pour quelque chose qui est entièrement nouveau. Donc point final, je ne prédis pas, je ne vais pas plus prédire aujourd’hui mais je peux vous dire ce que nous voyons aujourd’hui.

Le journaliste : Qu’observez-vous aujourd’hui ?

Le Professeur Raoult : Et bien globalement si vous voulez il y a une augmentation terrible de nouvelles demandes de prélèvements qui atteint pratiquement celles de Mars, avec 3000 prélèvements par jour, ceci, actuellement est associé avec, quand on compare cet épisode à l’épisode, au premier épisode, on n’a ni la même mortalité, ni le même taux d’hospitalisation, je dis cela incontestablement ca montre une différence entre les deux épisodes, ceci changera peut-être encore une fois, parce que je vais vous expliquer, il existe différents variants, dans cette deuxième partie de l’épidémie ce qui n’était pas le cas dans la première partie de l’épidémie donc la mortalité en clair, cela aussi c’est un document d’Etat, montre que cette maladie et donc il faut essayer d’éviter d’affoler les uns et les autres, cette maladie est une maladie qui tue les sujets, soit très âgés, soit les sujets qui ont une, qui sont moins âgés mais qui ont de multiples pathologies associées : alors l’obésité mais pas que l’obésité, les cancers, et donc ici nous avons la répartition ici dans l’Institut du nombre de patients  diagnostiqués qui sont passés en réanimation et qui sont morts. Et vous voyez qu’en dessous de 60 ans, c’est extrêmement rare, et que la partie la plus marquée est celle des patients de plus de 85 ans comme partout dans les pays développés, alors c’est plus ou moins, significatif en fonction des endroits et des régions et là aussi je, vous pouvez regarder ce papier qui est extrêmement intéressant qui montre par région, la surmortalité et par tranche d’âge et on voit très clairement, ca c’est notre analyse de la mortalité par région. Vous voyiez ici c’est la région sud et par tranche d’âge, là c’est la région Ile de France, ca c’est la mortalité parmi les patients hospitalisés. Donc il n’y a pas de biais du fait que la maladie soit plus fréquente ou moins fréquente c’est tout les patients qui sont allés à l’hopital, parmi tous les patients qui sont allés à l’hôpital et pour lequel le diagnostic final a été covid-19, quelle est la proportion de ceux qui sont morts ? Et là, vous avez toutes les données par région et vous voyiez que les régions sont inégales, donc ce n’est pas seulement la fréquence de la maladie qui a été différente, c’est la mortalité en fonction de l’endroit dans lequel les gens étaient et en organe vous voyiez ici nous quelle était notre mortalité à l’IHU et donc ici c’est vrai que chez les sujets de plus de 80 ans en particulier de plus de 90 ans, on a une mortalité qui reste aussi notable et alors, o espère que celle-ci va s’améliorer il y a une petite vidéo qui a été faite par mon confrère le Professeur Lagier sur maintenant, l’utilisation de l’oxygène à très haut débit chez les sujets qui sont récusés par la réanimation parce qu’il sont trop âgés ou qu’ils ont trop de facteurs associés donc des patients chez qui on avait dit écoutez ces patients on ne peut pas les réanimer donc ils vont mourir, et bien sous oxygène à haut débit, on a eu la chance d’avoir 5 personnes qu’on a sauvé, on a débranché l’oxygène, c’est fini, ils sont guéris, qui, il y a ne serait-ce qu’un mois, n’aurait pas été sauvé donc là aussi, l’assistance publique a permis de nous équiper pour pouvoir s’en faire de réanimation, faire de l’oxygénation avec des lunettes à très haut débit et sauver des gens qui n’étaient plus susceptibles d’être traités en réanimation,

Journaliste – Vous avez parlé de variants, de mutants, quelles est leur importance dans l’épidémie actuelle ?

Professeur Didier Raoult : « Les mutants dont il s’agit, je vais montrer quelques exemples quand on a, les virus mutent tout le temps, donc je comprends qu’il y a des gens qui disent écoutez les mutants cela ne veut rien dire il y a plein de mutants, c’est vrai mais ils mutent plus ou moins, d’une manière plus ou moins brutale. Et vous voyiez pas exemple, celui-ci, les deux qui nous embêtent beaucoup en ce moment c’est, parce que c’est ceux qui sont fréquents c’est Marseille 4 et Marseille 5. Vous voyiez ici, le Marseille 4, vous voyiez il y a un saut entre le moment où il apparaît et ici qui est toute l’accumulation de mutations que l’on voit ici. Et donc il n’est pas comme toutes ces mutations qui s’accumulent les unes après les autres. Il s’est passé un bond là, d’ici à ici (montre points) qui est la raison pour laquelle ce n’est pas un mutant, une mutation mais c’est un variant différent. Et celui-là, c’est celui qui est épidémique actuellement. C’est celui-là qui cause 75% des cas à Marseille, les autres je ne sais pas ce qu’il se passe ailleurs. Et là vous avez Marseille 5, là c’est pareil, vous voyiez le nombre de mutations qu’il y a de différences entre Marseille 5 et tout le reste. Vous voyiez il s’est passé quelque chose, vous voyiez ce n’est pas des petites mutations les unes après les autres, c’est il s’est passé quelque chose, ce variant là, est apparu, alors pourquoi y’a-t-il des variants ? Des coronavirus sont connus comme les rhinovirus pour faire des réappariements entre virus, et donc il y a des modifications et c’est donc comme cela, d’ailleurs probablement que ce virus est né. Il y a des modifications qui se font avec les différents coronavirus entre eux et il est bien possible, parce qu’ils ont des séquences très proches qu’il y ait aussi des réappariements qui se fassent avec les rhinovirus donc beaucoup de nous sont porteurs sans s’en rendre compte. Ce qui est vrai c’est que la proportion des porteurs asymptomatiques de ce virus est maintenant très importante, de l’ordre de 5% ici et que donc il y a tout un foyer de possibilité d’échange considérable. Mais globalement, ce que nous voyions actuellement dans la mortalité et nous continuons à regarder au jour le jour : la mortalité de ce qu’il se passe ici et plus globalement de l’assistance publique ce sont soient des gens extrêmement âgés, plus de 85 ans, soient des gens âgés et porteurs de très sérieuses comorbidité c’est-à-dire diabète, obésité, hypertension, cancer, évolutif ou autres pathologies. Ce que vous voyiez ici c’est que, sur ce graphique, c’est effectivement ce que l’on croit qu’il s’est passé maintenant. C’est-à-dire le premier épisode est dû à des virus qui font partie d’un groupe qui vient de Chine, qui a présenté une mutation en arrivant en Europe et qui d’Europe et parti, et qui en Afrique, un peu aux Etats-Unis, d’autres virus en provenance de Chine sont venus. Et puis ce virus a quasiment disparu, reste quelques cas très rares et puis est apparu celui qui nous a alerté, fin Juin, début juillet et qui a donné un pic à ce moment-là. Qu’on voit ici vous voyiez, il faisait presque l’ensemble des cas, celui-là, venait d’Afrique du Nord, en particulier d’Afrique du Nord, parce qu’on a pu le tracer épidémiologiquement et il donnait des formes beaucoup moins graves, très peu d’hospitalisation, très peu de marqueurs biologiques inquiétants et donc celui-là a disparu et c’était celui que nous avons eu en juillet début août. Et puis, sont apparus ces deux-là le Marseille 4 et le Marseille 2 dont je vous ai montré la distance qu’il avait par rapport à tous les autres alors celui-ci coïncide avec la grande période touristique à Marseille où il y a eu énormément d’étrangers d’origine européenne qui sont venus et si on essaye de trouver les racines de ces deux virus, on voit que les virus qui ont la même origine que celui-là, on les a retrouver en  particulier en Afrique parmi les infections récentes en particulier au Sénégal mais on attend des prélèvements d’Algérie pour tester des génomes d’Algérie pour voir si ce sont les mêmes. Et puis celui-là, si on regarde dans les banques de génomes elles viennent essentiellement de Grande-Bretagne, Angleterre, Pays De Galles, Ireland mais aussi des pays du Nord et un ou deux cas en Belgique et en Suisse. Donc on a l’impression que cette partie-là a été importée au moment du grand épisode touristique où la population de Marseille à beaucoup augmenté et où les rapports sociaux ont probablement changé parce que c’est l’été, parce que c’était la fête etc, tandis qu’on a l’impression que ceci a été l’objet d’une épidémie importée d’Afrique du Nord par bateau, donc on a l’impression que cet épisode-là donne lieu à des maladies qui sont plus sévères que cet épisode-là, donc on a plus d’hospitalisation et plus de marqueurs biologiques avec l’épisode dans lequel on est actuellement, que dans l’épisode que dans lequel on était là. Donc vous voyiez ca ce sont des données factuelles, si vous imaginez qu’avec ces différents variants vous pouviez faire des prédictions avec ce qui allait se passer c’est que vous n’êtes pas une fois devin mais au moins quatre fois. Moi je ne suis pas 4x devin, des uns, je vois qu’il n’y en a plus, des zéros ce qu’on appelait le direct chinois je vois qu’il n’y en a plus. Celui-là il est en pleine poussée je ne sais pas quand est-ce qu’il va s’arrêter, je ne sais pas si les autres vont le remplacer après, je n’en sais rien du tout, pour l’instant ce qu’on voit ca se traduit par le fait que vous voyiez ici, plutôt que d’avoir, comme nous avions ici une courbe, qu’on appelle nous une courbe de Gauss, on a plutôt une courbe qui est en tôle ondulée et donc ce qu’il se passera après dans la tôle ondulées, est-ce que cela va s’arrêter ou est-ce que ça va repartir, je n’en sais rien et personne ne le sait. Ce qu’on sait maintenant c’est qu’on est face à un virus seul mais un virus et des variants, que ces variants sont plus ou moins sévères et que de toutes manières maintenant et jusqu’à preuve du contraire sauf exception ou confusion car vous avez 5% de la population qui est infectée tous les gens, parmi tous les gens qui vont rentrer à l’hôpital pour une raison ou pour une autre. Il y en aura 5% qui seront positifs, je ne veux pas dire que c’est cela qui va les rendre malades nous on a eu des appendicites avec le virus SARS COV-2, on a eu toutes sortes de pathologies y compris chirurgicales, c’est pas la pathologie qu’ils présentaient n’était pas dûe au virus, ils avaient le virus puisque 5% des gens longs plus la pathologie et donc faire le tri entre ces choses-là serait une chose importante, en particulier pour les populations qui ne sont pas censées être très à risque il faudra réellement regarder cela dans le détail. Nous je sais qu’il y a deux personnes jeunes à Marseille qui ont été déclaré comme étant décédées du COVID dont on sait qu’elles ne sont pas décédées du covid mais d’autres maladies qui étaient sous-jacentes ou indifférentes au COVID. Voilà donc la situation telle qu’elle est, encore une fois, l’avenir il n’est pas certain maintenant que ce qu’il était avant, on verra bien ce que cela donne, on est dans quelque chose qui était déjà imprévisible parce que c’était un virus nouveau et que dans la situation actuelle et avec les variants qui apparaissent maintenant et toujours aussi incertain. »

Publié par magrenobloise

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