Wikipédia – La charia

D’après wikipédia, « la charia (en arabe : الشَّرِيعَة /ʃaˈriːʕa/) représente dans l’islam diverses normes et règles doctrinales, sociales, cultuelles et relationnelles édictées par la révélation. Le terme utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie « chemin pour respecter la loi [de Dieu] ». Il est d’usage de désigner en Occident la charia par le terme de loi islamique, qui est une traduction approximative puisque n’englobant que partiellement le véritable sens du mot (ce terme est d’ailleurs utilisé en place de droit musulman). La charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, ainsi que les interactions sociales. Les musulmans considèrent cet ensemble de normes comme l’émanation de la volonté de Dieu (Shar). Le niveau, l’intensité et l’étendue du pouvoir normatif de la charia varient considérablement sur les plans historiques et géographiques.

Certaines de ces normes sont incompatibles avec les droits de l’homme, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression, la liberté de croyance, la liberté sexuelle et la liberté des femmes. »

Définition progressive

L’ijtihad (effort de clarification intérieure) permet aux savants de contextualiser et d’adapter les normes en accord avec les sources révélées. Selon le juriste Yadh ben Achour, il est inexact de penser que la charia est inerte et immuable. Ce dernier explique qu’elle évolue en fonction des changements de conjonctures diplomatiques et sociologiques, et n’est pas à envisager comme un système contraint à la stagnation, citant de nombreux exemples d’adaptations de la charia.

Jusqu’au milieu du viiie siècle, la connaissance religieuse a été produite uniquement en se basant sur l’ensemble de l’apprentissage et du raisonnement. À cette époque, le résultat de ces activités humaines n’était pas appelé charia mais « connaissance de la religion ». Le terme charia n’était employé que très rarement pour désigner certaines injonctions contenues dans le Coran. L’ʿilm peut être rapproché de la tradition et le fiqh de la raison. À cette époque de l’histoire de l’islam, la raison et la tradition étaient considérées par les musulmans comme complémentaires et Rahman pense qu’il y a peu de doutes sur le fait que la charia et la raison n’étaient pas distinctes. À la fin de cette période, la loi a été fixée par le consensus (ijma) et une méthodologie de législation a été définie.

À la fin du viiie siècle et au ixe siècle, les rationalistes qui ont développé le mutazilisme opposent la raison à la tradition (charia). Ils ont donc considéré que la théologie et les principes moraux pouvaient être questionnés par la raison humaine. Cette position permettait donc de faire sortir de la charia les principes du Bien, du Mal et de la métaphysique théologique. Les musulmans orthodoxes de cette époque s’opposèrent à cette position et s’efforcèrent de renforcer le pouvoir et la volonté de Dieu par opposition aux mutazilites. Cette opposition a conduit l’orthodoxie musulmane à rejeter explicitement la raison humaine selon l’interprétation de Rahman.

Le mutazilisme
Le mutazilisme, ou mu‘tazilisme mais aussi Al mu’tazila, est une importante école de théologie musulmane (‘Aqîda) apparue au viiie siècle. Elle est en contradiction avec les écoles de théologie aujourd’hui dominantes comme l’asharisme. Le mutazilisme est aujourd’hui peu représenté dans la communauté musulmane, bien qu’il en fut autrefois un courant majoritaire, notamment durant une période du califat abbasside.

Il rejette l’anthropomorphisme divin, réfute l’aspect incréé du coran. Il met en avant le libre arbitre et l’usage des outils rationnels de la philosophie y est accepté1. La théologie mutazilite se développe sur la logique et le rationalisme, inspirés de la philosophie grecque et de la raison (logos), que Wassil Ibn Ata combine harmonieusement avec les doctrines de la foi islamique.

Cette démarche, reprise sous différentes formes par les autres courants musulmans, parfois avec réticence, régressa nettement à partir du xiiie siècle chez les sunnites, ceux-ci considérant que la révélation divine n’a pas à être soumise à la critique humaine. Ainsi, après Averroès, on constate « la perte d’audience de la philosophie musulmane au profit de la mystique ». L’approche philosophique héritée du mutazilisme reste aujourd’hui utilisée par des chiites, mais uniquement sur certains points. Le calife Al-Ma’mun qui fit du mutazilisme la doctrine officielle en 827 et créa la Maison de la sagesse en 832, encouragea l’introduction de la philosophie grecque dans les milieux intellectuels persans et arabes.

Selon une interprétation, « certains théologiens de la ville de Bassorah refusèrent de prendre parti dans les luttes de pouvoir qui, après l’assassinat d’Othman, ensanglantèrent et divisèrent la communauté musulmane, d’où le nom de ce mouvement signifiant « ceux qui s’abstiennent »

L’acharisme est une école théologique de l’islam, fondée par Abu Al-Hasan al-ʾAshʿarī (873-935), descendant d’Abu Musa al-ʾAshʿarī, compagnon de Mahomet, et issu de la tribu yéménite des acharites. Les adhérents à cette école sont nommés les acharites (الأشعرية al-ʾAšʿarīyya ou أشاعرة, ʾašʿarīa). D’après Muhammad Al-Kawtharî, cette école de pensée se répandit très vite et devint l’école théologique majoritaire. Dans l’introduction du Tabyin Kadhib Il Muftarin faite par Muhammad Al Kawtharî dans laquelle il dit : « Ainsi, tous les Mâlikites, les trois quarts des Shâfi’ites, un tiers des Hanafites, et une partie des Hanbalites ont suivi cette approche (Ash’arite) en ce qui concerne la théologie, depuis l’époque d’Al-Bâqillânî, tandis que les deux tiers des Hanafites suivaient l’approche Mâturîdîte dans les demeures qui sont au-delà du fleuve [Euphrate], les terres de la Turquie, de l’Afghanistan, de l’Inde, de la Chine, et de tout ce qui est au-delà, excepté ceux d’entre eux qui tendaient vers le Mu’tazilisme (al i’tizal), comme cela a également été le cas de certains Shâfi’ites. ».

En 2016, un concile, inauguré par le grand imam de l’Azhar, Ahmed al-Tayeb, rassemblant 200 personnalités sunnites du monde entier, s’est réuni dans le but de définir l’identité de ceux qui se font connaître comme « les gens du sunnisme » par opposition aux différents groupes considérés égarés. À l’issue de leurs travaux, les dignitaires sunnites ont convenu qu’au niveau du credo, les acharites sont bien des gens du sunnisme.

Le mouvement acharite, qui émerge au xe siècle, tente de faire la synthèse de ces deux positions. En conséquence, tous les sujets pratiques qui ont un impact sur la vie réelle (dont la loi et l’éthique), sont sous l’autorité de la charia ; et tous les sujets purement métaphysiques ou théologiques sont sous l’autorité de la raison. La distinction faite va permettre de distinguer la théologie, qui sera dorénavant appelée « principes de la religion » (asl ad Dîn), et les principes moraux et légaux, désormais connus sous le nom de charia.

Publié par magrenobloise

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