Front Populaire – Confinement : Les librairies ne sont pas essentielles…mais la Fnac oui !

Considérées comme « non essentielles », les librairies sont fermées partout en France à partir d’aujourd’hui. La Fnac va toutefois pouvoir rester ouverte grâce à son rayon informatique la rattachant aux besoins « essentiels » du télétravail.

Confinement : Les librairies ne sont pas essentielles…mais la Fnac oui !

L’isolement promet d’être social, mais aussi culturel. Enfin, partiellement. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements économiques vous rendront ouverts ou fermés. Le groupe Fnac-Darty a décidé de maintenir ses magasins ouverts en France pendant le reconfinement. De quel droit ? Selon l’AFP, le groupe s’appuie sur une dérogation accordée à certains commerces considérés comme « essentiels » pour subvenir aux besoins des salariés en télétravail.

En somme, une fois retiré « métro », il vous reste boulot et dodo. C’est clairement ce qui ressort de la déclaration de la Fnac à l’AFP : « En tant qu’enseigne multi-spécialiste, nous serons en mesure d’ouvrir nos magasins pour notamment répondre aux demandes importantes en équipement informatique/multimedia pour le télétravail, ainsi qu’à la réparation de produits électriques et électroniques. »

Le deux poids deux mesures est d’autant plus flagrant que les librairies indépendantes, elles, sont contraintes de fermer boutique, et ce depuis ce matin. Elles font partie des commerces labellisés « non essentiels » au même titre que les bars, les restaurants et les coiffeurs. Interrogé ce matin sur ce deux poids deux mesures, Bruno Le Maire, s’est défendu de toute injustice en arguant que ce sont les libraires eux-mêmes qui ne voulaient pas ouvrir durant le premier confinement. Et le ministre de l’Économie d’ajouter : « Dès que ce sera possible, et je souhaite que ce soit le plus tôt possible, nous verrons s’il est possible d’adapter le dispositif. » Un point de situation sera fait dans deux semaines.

Pourtant, dès mercredi soir, la librairie française, le Syndicat national de l’édition et un collectif d’auteurs, le Conseil permanent des écrivains, ont déclaré dans un communiqué commun : « Laissez nos librairies ouvertes pour que le confinement social ne soit pas aussi un isolement culturel. » Selon eux, le premier confinement a entraîné la pétrification de l’intégralité de la filière du livre. On peut comprendre, comme le dit le ministre de l’Économie, que certains libraires aient préféré ne pas ouvrir lors du premier confinement par anticipation d’un manque à gagner au regard de leurs charges. Toutefois, c’est un système entier qui est à interroger. Car c’est un système économique global qui broie les petits commerçants au profit de mastodontes dont la taille critique permet d’amortir les chocs asymétriques, voire, dans certains cas, d’en sortir renforcés.

On sait par exemple que dans le cadre des fermetures du premier confinement, les grosses enseignes très performantes dans le e-commerce ont largement limité la casse. C’est ce qu’a confirmé au Monde hier Marc Lolivier, délégué général de la Fédération d’e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Le e-commerce continue de jouer ce rôle d’amortisseur depuis septembre. Le groupe Fnac-Darty a d’ailleurs vu ses ventes en ligne bondir de 30% au troisième trimestre 2020, lui permettant de réduire considérablement la facture de la crise sanitaire. Les petits libraires de quartier, ceux qui permettent par ailleurs encore une proximité et un véritable conseil client, n’auront pas cette chance.

Révoltés par la situation, les académiciens du Goncourt ont tenu à exprimer leur solidarité avec les libraires. Le prix Goncourt, qui devait être décerné le 10 novembre, a été reporté sine die. Et Françoise Rossinot, déléguée générale de l’académie Goncourt, de déclarer à l’AFP : « Le prix Goncourt est remis à une date indéterminée puisque le 10 novembre les librairies ne seront pas ouvertes. Pour les académiciens, il n’est pas question de le remettre pour qu’il bénéficie à d’autres plates-formes de vente ».

Auteur :
La rédaction

Il faut que tous les petits commerces aient leur site pour que nous puissions acheter les livres, même avec les bons d’achats car les grosses enseignes ne proposent pas cette option et les petites enseignes n’ont pas de sites.

Publié par magrenobloise

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