Front Populaire – Les factures de Maastricht

Pour Michel Onfray, l’actualité récente (attentats islamiste, nouveau confinement…) montre combien le Traité de Maastricht a émoussé les capacité de résistance de notre pays.

Les factures de Maastricht

En vingt-quatre heures, devant plus de trente millions de français qui l’ont regardé, le président de la République a annoncé un nouveau confinement – le premier en mars, le deuxième sous forme de couvre-feu il y a une dizaine de jours, le troisième mercredi dernier sous forme de remake du premier; puis il s’est rendu à Nice à la faveur de l’un des trois attentats islamistes qui ont eu lieu dans cette même journée du jeudi 29 octobre – dans une église à Nice, au consulat français en Arabie saoudite et dans une rue de Lyon, on en a peu parlé. Trois dans la journée. Et l’on sait qu’en France, on enregistre cent vingt attaques au couteau par jour…

A première vue, le confinement et les attentats semblent n’entretenir aucune relation. Mais, à y regarder de plus près, ils illustrent pourtant la même faillite de l’État français depuis la dissolution du pays dans l’Europe de Maastricht en 1992. Notre abandon de souveraineté nous empêche en effet d’avoir une politique de santé autonome et une politique de sécurité autonome. C’est la même impéritie d’un État failli!

Premier dossier: le confinement.

L’idéologie mondialiste du chef de l’État, on s’en souvient, lui avait permis d’ironiser: « Le virus ignore les frontières », avait-il proclamé béatement, comme avec un mantra, le sourire aux lèvres! C’est le catéchisme de base des maastrichtiens. Il se croyait malin en faisant le perroquet de ses maîtres. Ironisons sur son ironie: le virus ignorait tellement les frontières que, bien vite, il se mit à reconnaître celles de Schengen; puis, plus malin, il se mit également à reconnaître celles de la France avec les pays limitrophes. Enhardi, il fit même dans la dentelle et reconnut sans coup férir les frontières entre les régions françaises; puis, plus fort encore, entre les départements qui furent colorés en deux couleurs nous avait-on annoncé: rouge, vert et orange! Devenu franchement futé, il se mit à distinguer les frontières entre de plus petites entités: le virus ignore celles des grands magasins, (Carrefour reste ouvert, y compris le dimanche de la Toussaint… mais pas les magasins de sa galerie marchande qui, eux, sont fermés!) mais il reconnait celles des petits commerces; il ne distingue pas celles qui séparent les FNAC (dispensées de confinement parce qu’elles vendent des produits de première nécessité, à savoir l’informatique qui est l’instrument de notre soumission, mais pas les livres), des petites librairies que le virus attaque aussitôt; il n’attaque pas dans le métro en heure de pointe mais il charge dans le petit bistrot de campagne ; il ignore les terrasses avec des jeunes avinés jusqu’à plus d’heure mais il cible la grand-mère qui va fleurir la tombe de son défunt mari dans un cimetière de campagne… A Chambois, cinq cents habitants, mon village natal dans l’Orne, les forces de l’ordre planquaient pour voir si, dans les deux commerces de bouche du village, une boulangerie et une épicerie, on n’entrait pas sans masques – 135 euros pour le contrevenant, 750 pour le commerçant! Était-ce aussi le tarif pour les contrevenants dans les banlieues où la rupture du jeûne avait permis aux autorités d’inviter les forces de l’ordre à… prendre la direction des villages de campagne pour traquer l’assassin sans masque qui entre dans un commerce afin d’ y acheter son pain ou la vieille dame avec son petit bouquet de fleurs?

Et Maastricht me direz-vous?

Maastricht, c’est le nom de la politique qui a détruit l’hôpital public depuis plus d’un demi-siècle au vu de sa rentabilité que les banquiers estimaient insuffisante.  Si le confinement a lieu aujourd’hui, ne nous y trompons pas, c’est moins pour la santé des Français que pour ne pas engorger les hôpitaux détruits par les mitterrandiens (dont Mélenchon pendant vingt-ans même si, entre deux dictateurs, il se réclame toujours de cet homme-là…), les chiraquiens, les sarkozystes, les socialistes, les hollandistes, les macroniens et tous ceux qui, PCF, Verts et autres, se sont associés à ceux-là pour de pures raisons électoralistes – je n’oublie pas non plus Dupont-Aignan, qui, entre postes et mandats au RPR et à l’UMP, fut vingt ans l’associé de ces gens, tout comme le patron de l’actuelle France Insoumise. Ils sont tous, j’écris bien: tous, responsables de l’état de délabrement dans lequel se trouve la santé publique, l’hôpital – à quoi il faudrait ajouter : l’éducation nationale, la police nationale, la gendarmerie nationale, la défense nationale puisque « lanation c’est le nationalisme et que le nationalisme c’est la guerre » répètent en chœur les crétins qui emboitent le pas à Mitterrand qui, du haut de sa francisque, avait débité cette fieffée stupidité devenue premier article du catéchisme maastrichtien…

Tous, je dis bien tous, ces maastrichtiens qui se moquent comme d’une guigne de la santé des français qu’ils privent depuis des décennies de maternités, d’hôpitaux, de centres de soins, de médecins de campagne et de ville, de praticiens hospitaliers (pour en rester au domaine de la santé…), qui détruisent la sécurité sociale afin de promouvoir un  régime de mutuelles privées, qui attaquent le système de retraite pour le confier aux mêmes, qui ont créé une santé à deux vitesses, une pour les riches qui ont les moyens de se soigner dans des cliniques en payant le prix fort, une pour les pauvres qui n’ont qu’à crever dans leurs coins, les « sans-dents » comme le disait un  président socialiste, les sans-lunettes, les sans-appareils auditifs, les sans-accès aux traitements que le piston que les premiers obtiennent par un régime de passe-droits – tous ces maastrichtiens, donc, sont responsables et coupables de ce confinement auquel leur politique a conduit.

L’engorgement des hôpitaux ce seraient des images terribles de lits embouteillés dans des couloirs, de cercueils entassés dans des morgues improvisées, patinoires ou frigos de la grande distribution non loin de Rungis, qu’on se souvienne… Ce seraient également d’interminables débats sur les chaines d’information continues avec des éditorialistes cuits et recuits – dont quelques-uns, d’ailleurs, j’ai deux ou trois noms, ne sont pas gênés par leurs affaires avec la justice et qui expliquent à longueur d’antenne ce qu’il faut penser du monde comme il va…

On le sait, depuis le couple Mitterrand & Séguéla, les présidents de la République gouvernent sans le peuple, malgré lui, contre lui. A quoi il faut ajouter que, c’est désormais documenté, ils gouvernent avec des images et des sondages, donc avec la télévision, les radios et les journaux.

Or, ces bouchons de lits médicalisés, ces théories de cercueils empilés, ces interminables bavardages d’envoyés spéciaux qui massacrent la langue française dans les couloirs où l’on trie, je pèse mes mots, les vieux à tuer, les pas frais à sauver et les potables à soigner, voilà de mauvais signes envoyés aux électeurs qui pourraient, abomination de la désolation, voter pour le fascisme, le nazisme, la Shoah, la solution finale aux prochaines élections présidentielles – autrement dit pour le Rassemblement national. Dès lors: confinement généralisé. L’antifascisme y contraint!

Mais il se pourrait bien qu’en évitant les mauvaises images d’un hôpital français rivalisant désormais avec un hôpital du tiers-monde, Macron et les siens n’obtiennent pas le résultat escompté. Car tuer les petits commerçants, les petits artisans, les petits entrepreneurs, les petits patrons, les petits restaurateurs tout en travaillant en même temps, ceci explique cela, à la prospérité des gros commerçants, des gros artisans, des gros entrepreneurs, des gros patrons, des grosses chaînes de restauration, le projet libéral par excellence, struggle for life oblige, voilà qui produira un jour de pitoyables images, de pitoyables sondages, de pitoyables plateaux de télévision avec lesquelles se feront de pitoyables élections pour les pitoyables maastrichtiens!

Car ce confinement décidé seul par Macron, qui a consulté les patrons de partis en amont pour la forme, est un acteur de la paupérisation analysée par Marx: les riches vont s’enrichir, devenir de plus en plus riches et de moins en moins nombreux, pendant que les pauvres deviendront de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres. Pas besoin d’avoir fait Sciences Po ou l’ENA, ni de disposer du gros cerveau de Jean-Michel Aphatie, pour savoir que l’exacerbation de la lutte des classes est un facteur révolutionnaire!

Le président Macron confine non parce qu’il souhaite protéger les Français, pendant des mois il les a sciemment exposés (sans masques, sans tests disponibles, sans contrôles, sans fermeture des frontières, sans tests fiables…) mais parce que la politique maastrichtienne, dont il est le fleuron, a semé, par son entreprise d’épuration de la santé nationale, ce qu’elle récolte aujourd’hui.

Second dossier: le terrorisme.

De la même manière que Maastricht a travaillé à l’épuration de la santé nationale, ce régime libéral européiste a travaillé à l’épuration des forces de l’ordre nationales.

Entre parenthèse, on est à même de se demander pour quelles raisons, dans un pays où la pression fiscale est l’une des plus fortes du monde, la France ne dispose pas des moyens d’une santé publique, d’une force publique, d’une instruction publique dignes de ce nom!

Rappelons pour l’anecdote, mais le diable gît dans les détails, qu’un hélicoptère français sur deux sert de pièce détachée à celui qui ratatouille et se trouve donc hors d’usage…

Puisque je suis dans la parenthèse, qu’on m’en permette une seconde: chacun se souvient, du moins je l’espère, de la terrible crue qui a emporté un village, quelques-uns de ses habitants, mais aussi son cimetière dans la Vallée de la Roya dans les Alpes-Maritimes. Les journalistes dépêchés sur place se trouvaient un décor adéquat pour prendre la parole: des maisons à demi-effondrées, un cercueil accroché dans des branches, un cimetière ravagé par les eaux. Bien sûr, le président Macron est arrivé en hélicoptère. Il a parlé, il ne sait faire que cela, et il est reparti ailleurs où il a encore parlé – cet homme n’est qu’un larynx…  Pendant deux, trois ou quatre jours, le temps qu’un clou médiatique chasse l’autre, la vallée de la Roya a mobilisé l’attention nationale, puis elle a été engloutie une seconde fois, noyée par les mêmes médias qui s’en sont détournés.

Je me suis demandé pour quelles étranges raisons des reportages nous montraient des habitants qui, à l’aide de flèches tirées à l’arc (!), reliaient une rive l’autre afin de faire passer quelques produits nécessaires à la vie quotidienne, via une corde et un seau! Le village était coupé en deux, la rivière était revenue dans son lit, elle coulait paisible, son lit était plus fait de pierres que recouvert par les flots d’un torrent, cependant les habitants y vivaient comme dans un Berlin séparé par le Mur que l’on sait.

N’y-a-t-il pas dans l’armée française une section qu’on appelle fort imprudemment le Génie dont la mission consiste à construire rapidement les infrastructures nécessaires aux armées de combat en cas de guerre? Autrement dit: dont le boulot consiste à installer un pont déployé à partir d’un véhicule à chenilles qui en constitue le pilier pour y faire passer troupes et blindés, camions et véhicules d’approvisionnement en munitions? Il existe même des pontonniers dont l’affectation est spécifiquement la construction des ponts. La dernière unité de pontonniers français a pour devise: « Royal pontonnier, au nom de Dieu, sur le vif ». Gageons que, puisque Dieu est mort, le vif a défuncté lui aussi !

Je pose l’hypothèse que ces ponts-là, susceptibles d’être posés en deux ou trois heures, et non pas en deux ou trois jours, encore moins de ne pas être posés en deux ou trois mois, servent eux-aussi de pièces détachées pour leurs semblables attaqués par la rouille. En vingt-quatre heures, un pont aurait-dû être posé par les régiments de sapeurs français. Il n’en fut rien. L’armée française dispose-t-elle encore de l’un de ces matériels? J’en doute…

Parenthèse dans ma parenthèse: s’il venait à l’idée de monsieur Erdogan de joindre le geste à la parole et d’envoyer ses troupes, ses avions, ses chars sur le sol français parce qu’il n’a pas apprécié sa caricature en Une de Charlie-Hebdo, nous n’aurions rien d’autre à lui opposer qu’un sourire béat! Nous sommes à deux doigts d’une Nouvelle Débâcle, il y a toujours des munichois, les islamo-gauchistes désormais bien connus, des attentistes, un peuple en quête de papier toilette et de paquets de sucre, et un Pétain qui offrirait volontiers son corps à la France sous prétexte de la sauver! Xavier Bertrand? Valérie Pécresse? Anne Hidalgo? Ou plus sûrement : Hollande ou Sarkozy? Tous acteurs de l’état dans lequel nous nous trouvons…

Revenons au terrorisme.

On a vu que la classe politique excellait dans la compresse sur une jambe de bois! Des islamistes décapitent, Macron propose d’enseigner l’arabe à l’école, c’est aussi le projet de Jack Lang qui en a fait un livre! Il invite à fermer des mosquées salafistes comme s’il suffisait de fermer les hôpitaux pour en finir avec la maladie! Il est vrai qu’avec la réduction du numérus clausus, une idée de Simone Veil reprise par Alain Juppé et les siens, ces Trésors Nationaux ont bien imaginé en leur temps que réduire le nombre de médecins baisserait le nombre de malades! Macron expulse des imams sans imaginer que, pour un qui rentre dans son pays, dix arrivent du même pays ou d’un autre! Xavier Bertrand veut inscrire la laïcité dans la Constitution, ce qui, on s’en doute, arrêterait la main des décapiteurs, respectueux qu’ils sont de la constitution française! La gauche veut déverser encore et toujours des milliards sur les banlieues, elle souhaite la multiplication des ateliers cocotte en papier et macramé pour désarmer le bras terroriste! François de Closets veut qu’on en finisse avec la discrimination à l’embauche! Derrière leur pape, les curés de Vatican II enseignent l’amour du prochain et le pardon des offenses, l’ouverture des frontières et l’accueil de l’autre, la prière œcuménique avec les imams et les rabbins en même temps que l’espoir dans une vie après la mort! Marine Le Pen souhaite enfermer préventivement tous les fichés S dans des prisons qui n’existent pas puisque celles qui existent débordent de partout! Jean-Luc Mélenchon demande toujours plus de chaos, il nomme cela la créolisation de la France qu’il appelle de ses vœux, il imagine que ce chaos sera le tapis rouge qui le conduira à l’Élysée! La fachosphère de gauche veut priver Eric Zemmour d’antenne et, au nom de la liberté d’expression et de la tolérance, elle souhaite qu’il soit interdit de parole et qu’il passe son temps au tribunal où ils veulent lui faire rendre gorge. Si procès il devait y avoir, j’aimerais bien que ce soit celui des « islamo-collabos » comme ils sont parfois nommés fort justement! Le « sociologue » Geoffroy de Lagasnerie, sur la chaine du service public qui travaille le plus et le mieux à la dhimmitude avec l’argent du service public, invite franchement à interdire toute parole qui ne serait pas la sienne ou celle de ses amis. Tout va bien… Pas de menace de procès pour lui.

Or, il existe un arsenal juridique qui permet de lutter efficacement contre le terrorisme: encore faudrait-il une volonté au sommet de l’État à même de le restaurer dans ses fonctions régaliennes. Mais Macron est l’homme qui veut le contraire de cette volonté: il caresse ceux qui détruisent le pays dans le sens du poil.

Pour lutter contre le terrorisme:

Il faudrait éviter de donner des gages à l’islamo-gauchisme qui fait de la famille Traoré une tribu héroïque, alors que les faits invalident cette thèse, et de la police une milice fasciste qui tue les gens de couleurs justes parce qu’ils sont colorés.

Il faudrait en finir avec la jurisprudence de magistrats qui effectuent quotidiennement leurs génuflexions devant « le mur des cons » qui est une variation sur le thème posé dès 1974 par Oswald Baudot, Substitut du Procureur de la République à Marseille, fondateur du Syndicat de la magistrature, qui s’adresse ainsi aux élèves de la magistrature:

« Vous voilà installés et chapitrés. Permettez-moi de vous haranguer à mon tour, afin de corriger quelques-unes des choses qui vous ont été dites et de vous en faire entendre d’inédites.

En entrant dans la magistrature, vous êtes devenus des fonctionnaires d’un rang modeste. Gardez-vous de vous griser de l’honneur, feint ou réel, qu’on vous témoigne. Ne vous haussez pas du col. Ne vous gargarisez pas des mots de « troisième pouvoir », de « peuple français », de « gardien des libertés publiques », etc. On vous a dotés d’un pouvoir médiocre: celui de mettre en prison. On ne vous le donne que parce qu’il est généralement inoffensif. Quand vous infligerez cinq ans de prison au voleur de bicyclette, vous ne dérangerez personne. Évitez d’abuser de ce pouvoir.

Ne croyez pas que vous serez d’autant plus considérables que vous serez plus terribles. Ne croyez pas que vous allez, nouveaux saints Georges, vaincre l’hydre de la délinquance par une répression impitoyable. Si la répression était efficace, il y a longtemps qu’elle aurait réussi. Si elle est inutile, comme je crois, n’entreprenez pas de faire carrière en vous payant la tête des autres. Ne comptez pas la prison par années ni par mois, mais par minutes et par secondes, tout comme si vous deviez la subir vous-mêmes.

Il est vrai que vous entrez dans une profession où l’on vous demandera souvent d’avoir du caractère mais où l’on entend seulement par-là que vous soyez impitoyables aux misérables. Lâches envers leurs supérieurs, intransigeants envers leurs inférieurs, telle est l’ordinaire conduite des hommes. Tâchez d’éviter cet écueil. On rend la justice impunément: n’en abusez pas.

Dans vos fonctions, ne faites pas un cas exagéré de la loi et méprisez généralement les coutumes, les circulaires, les décrets et la jurisprudence. Il vous appartient d’être plus sages que la Cour de cassation, si l’occasion s’en présente. La justice n’est pas une vérité arrêtée en 1810. C’est une création perpétuelle. Elle sera ce que vous la ferez. N’attendez pas le feu vert du ministre ou du législateur ou des réformes, toujours envisagées. Réformez vous-mêmes. Consultez le bon sens, l’équité, l’amour du prochain plutôt que l’autorité ou la tradition.

La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides « attendus » du monde, donner raison à l’un ou à l’autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine. Par conséquent, que la loi ne vous serve pas d’alibi.

D’ailleurs, vous constaterez qu’au rebours des principes qu’elle affiche, la justice applique extensivement les lois répressives et restrictivement les lois libérales. Agissez tout au contraire. Respectez la règle du jeu lorsqu’elle vous bride. Soyez beaux joueurs, soyez généreux: ce sera une nouveauté!

Ne vous contentez pas de faire votre métier. Vous verrez vite que, pour être un peu utile, vous devez sortir des sentiers battus. Tout ce que vous ferez de bien, vous le ferez en plus. Qu’on le veuille ou non, vous avez un rôle social à jouer. Vous êtes des assistantes sociales. Vous ne décidez pas que sur le papier. Vous tranchez dans le vif. Ne fermez pas vos cœurs à la souffrance ni vos oreilles aux cris.

Ne soyez pas de ces juges soliveaux qui attendent que viennent à eux les petits procès. Ne soyez pas des arbitres indifférents au-dessus de la mêlée. Que votre porte soit ouverte à tous. Il y a des tâches plus utiles que de chasser ce papillon, la vérité, ou que de cultiver cette orchidée, la science juridique.

Ne soyez pas victime de vos préjugés de classe, religieux, politiques ou moraux. Ne croyez pas que la société soit intangible, l’inégalité et l’injustice inévitable, la raison et la volonté humaine incapables d’y rien changer.

Ne croyez pas qu’un homme soit coupable d’être ce qu’il est ni qu’il ne dépende que de lui d’être autrement. Autrement dit, ne le jugez pas. Ne condamnez pas l’alcoolique. L’alcoolisme, que la médecine ne sait pas guérir, n’est pas une excuse légale mais c’est une circonstance atténuante. Parce que vous êtes instruits, ne méprisez pas l’illettré. Ne jetez pas la pierre à la paresse, vous qui ne travaillez pas de vos mains. Soyez indulgents au reste des hommes. N’ajoutez pas à leurs souffrances. Ne soyez pas de ceux qui augmentent la somme des souffrances.

Soyez partiaux. Pour maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, qui ne pèsent pas d’un même poids, il faut que vous la fassiez un peu pencher d’un côté. C’est la tradition capétienne. Examinez toujours où sont le fort et le faible, qui ne se confondent pas nécessairement avec le délinquant et sa victime. Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurances de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice.

Ayez un dernier mérite: pardonnez ce sermon sur la montagne à votre collègue dévoué. »

Il faudrait repenser la prison et arrêter d’en faire un dépotoir à déchets du système libéral dans lequel on mélange le chauffard alcoolisé conduisant sans permis et le dealer haut de gamme, le pédophile et l’auteur d’un crime passionnel, les paumés, nombreux, qui relèvent de l’hôpital psychiatrique et les braqueurs de banque, les petites frappes et les politiciens véreux, le tout brassé avec les islamistes qui ne rêvent que de mourir en égorgeant puisqu’ils croient que « le paradis est à l’ombre des épées » comme l’enseignait Mahomet. Il faut une nouvelle politique carcérale avec une prison et des peines repensées. La solution n’est pas dans la restauration de la peine de mort, mais dans la réquisition de punitions qui le soient vraiment, qui soient réellement effectuées, qui privent de liberté sans priver de dignité, qui empêchent la possibilité de nuire sans chercher d’autre raison à la peine que de rendre impossible la nuisance et sa récidive.

Pour entraver le terrorisme, il faudrait également éviter de faire des médias du service public, je songe aux radios et aux télévisions, des caisses de résonance de cette idéologie qui transforme la police en bras armé du fascisme et les délinquants en héros d’une créolisation bienheureuse, sinon les terroristes en pauvres victimes de l’affreux capitalisme. A France-Inter, Patrick Cohen a clairement avoué en son temps qu’il existait une liste noire de gens à ne jamais inviter, il en était alors le Grand Inquisiteur; un Patrick Cohen seconde manière avoue aujourd’hui que ces interdits d’antenne du service public qui avaient raison avant l’heure n’avaient pas forcément tort… Le mal est fait.

Il faudrait donc arrêter de fournir le porte-voix à ceux qui ont des responsabilités intellectuelles dans le terrorisme qui ravage actuellement le pays. Il existe quantité de gens qui, intellectuels et journalistes, éditorialistes et patrons de presse, influenceurs et universitaires, professeurs et militants politiques, chefs de partis, syndicalistes et associations dites de défense des droits de l’homme, vedettes du show-biz, ont du sang sur les mains. C’est la thèse du patron de Charlie-Hebdo, et il a raison. Nonobstant, ces gens-là ont pignon sur rue à peu près partout et ceux-là même ont le culot de s’insurger qu’il existe ici ou là des lieux minoritaires dans les médias où s’expriment d’autres voix que les leurs qui sont celles de la dhimmitude. Si cela n’est pas l’installation d’un nouveau fascisme, je n’y comprends plus rien…

Il faudrait donner à la police et à l’armée, aux services de renseignements et aux services secrets, les moyens intellectuels, matériels et financiers de leurs missions. De la même façon qu’on ne peut en rester à la prison du XIX° siècle, l’électricité en plus, on ne peut en rester à la police des « Brigades du Tigre », l’ordinateur du siècle dernier en plus!

L’époque est au délire narcissique, égotique, individualiste. Ceux qui se plaignent que le masque contre le coronavirus signe l’instauration d’une biopolitique fasciste ne voient rien à redire au fait de raconter leur vie en long, en large et en travers sur les réseaux sociaux où ils se montrent, j’exagère à peine, en train de faire leurs courses, de cuisiner, de manger, de boire, de bâfrer avec leurs amis, de déféquer, parfois de vomir, de s’endormir ensuite et de se réveiller le lendemain matin. La plupart racontent et se racontent. On sait tout de leur vie, de leurs goûts, de leurs familles, de leurs enfants, de leurs vies parallèles, de leurs achats, de leurs vacances, de leurs « idées », de leurs opinions, de leurs idéologies. Plus besoin d’un inspecteur des renseignements généraux qui n’en finit pas de siroter son café au bar et de parler avec les piliers du bistrot pour glaner telle ou telle information: chacun, logique de servitude volontaire, apporte les informations qui le concernent sur le plateau des réseaux sociaux.

Il faut donc en finir avec le logiciel de la police du temps des lampes à pétrole. Le renseignement est à la délinquance terroriste ce que la prévention est à la maladie: car chacun sait, l’adage confirme, il vaut mieux prévenir que guérir.

La plupart des islamistes qui ont commis des actes terroristes avaient un ou plusieurs téléphones portable – deux pour le tunisien arrivé par Lampedusa ayant tué trois personnes à Nice… Alors que des algorithmes puissants permettent aujourd’hui de repérer dans le milliard de connexions celles qui méritent que l’État s’y arrête, car c’est soit l’État soit la guérilla, la France n’a pas les moyens financiers (où l’on retrouve Maastricht…) de mener cette cyberguerre à même de contrer le terrorisme islamiste. La technique du tester, tracer, isoler devrait ici faire la loi!

Pas d’argent pour la médecine publique? Confinement pour éviter l’engorgement des hôpitaux. Pas d’argent pour la police nationale? Délitement de la sécurité d’où les égorgements que l’on sait.

Où l’on comprend que seul le souverainisme permettrait de recouvrer le pouvoir sur notre Histoire, donc notre Pays, donc notre Destin,  afin de lutter contre une pandémie qui fait déjà plus de victimes que les accidents de trottinette et de combattre la guerre civile qui menace comme une bouteille à encre en déséquilibre sur une pile de livres.

Merci Maastricht…

Auteur :
Michel Onfray, co-fondateur de Front Populaire

Publié par magrenobloise

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