M. Castex répond au Dauphiné Libéré

Le Premier ministre Français fut interviewé vendredi 6 novembre par le Dauphiné Libéré.
Il sera en visite ce jour à Saint-Etienne.

Ce qu’il ressort de ses propos est que la pandémie s’est accélérée et qu’il s’est entretenu avec la chancelière allemande à ce sujet « pour coordonner nos efforts. » Un point sera fait le 12 novembre. Il dit qu’à Saint-Etienne tout le monde a joué son rôle, [car] chacun a dans son entourage, une personne malade. Pour lui, le confinement est indispensable. Pour cette phase du confinement il faut : « Se rendre à son travail pour éviter l’effondrement de l’économie lorsqu’il est impossible de télétravailler ; se rendre dans un établissement scolaire car l’absence d’enseignement est pire que le confinement ; et bien sûr, continuer à se soigner et à acheter des produits de première nécessité. Pas plus. Car si on multiplie les exceptions, on multiplie les flux et les possibilités de contamination. »
Lorsque le gouvernement allégera les mesures, il faudra amplifier la stratégie « tester-alerter-protéger ». L’isolement [d’un malade] reste, en droit français, sur la base du volontariat. [Le gouvernement doit] réfléchir à la manière de la renforcer.
Le Premier Ministre indique qu’il y a un malade toute les deux secondes., une hospitalisation toutes les trente secondes et un mort toutes les quatre minutes dans notre pays. Il appelle les Français à se protéger ainsi que ceux qu’ils aiment. Qu’ils pensent aussi aux soignants qu’ils ont applaudis. L’ennemi commun, se n’est pas l’Etat, c’est le virus. »

Suite de l’interview :

Pourrons-nous vivre la période des fêtes de façon normale en famille ?

«Je dis qu’il faut que l’on se donne les moyens d’y parvenir collectivement. Le meilleur moyen est de respecter le confinement. Est-ce que cela suffira ? Je l’espère et nous faisons tout pour.»

Le télétravail n’est pas aussi massif qu’au printemps dernier…

«Il y a une résistance de la part de gens qui veulent se rendre à leur travail et de certaines entreprises qui ne jouent pas le jeu. Pour le télétravail, la consigne c’est partout où c’est possible, vous télétravaillez. Des concertations sont en cours avec les partenaires sociaux pour le déployer encore davantage.»

A-t-on une idée du risque de la saturation des services de réanimation ?

«Elle est déjà atteinte à certains endroits notamment à Saint-Étienne. Elle est proche de l’être pour l’Auvergne – Rhône-Alpes et pour les Hauts-de-France. Si on ne respecte pas les protocoles sanitaires, on l’aura atteinte mi-novembre. J’entends aussi que nous n’avons pas créé assez de lits de réanimation. Nous avons mobilisé les hôpitaux afin d’augmenter très significativement nos capacités. Mais former un anesthésiste réanimateur ou une infirmière de réanimation ne se fait pas en trois mois ! Cessons cette démagogie ! Par ailleurs, près d’un quart des patients Covid qui entrent en réanimation décèdent de cette maladie. Notre objectif est donc qu’il y ait moins de malade, donc moins de contaminations.».

Ouverture de certains commerces, fermetures d’autres, rayons fermés dans les grandes surfaces, couvre-feu annoncé puis démenti : entre couacs et revirements, vos décisions sont-elles lisibles ?

«Si on veut faire de la polémique et de la politicaille, on en fera toujours. Quand j’ai décidé de la fermeture des bars et restaurants à Bordeaux et Marseille en septembre, rappelez-vous le torrent de critiques que j’ai reçues ! Et maintenant les mêmes disent, « vous n’en avez pas fait assez ». Les décisions prises sont claires et cohérentes. Premièrement, nous fermons les commerces qui ne sont pas de première nécessité. Certes ils ont des protocoles sanitaires mais le sujet, c’est de rester chez soi. Il y a des exceptions pour l’école et pour le travail. Deuxièmement : j’ai entendu les commerçants sur la concurrence des grandes surfaces. Par parallélisme et équité, on a donc fermé les rayons des produits qui ne sont pas de première nécessité pour l’éviter. Fermer certains rayons dans les grandes surfaces, c’est diminuer les raisons de sortir et donc de se contaminer. Faire des ajustements est normal, on s’adapte en permanence à l’évolution de l’épidémie, et d’ailleurs tous les pays font comme nous. Je ne suis pas là pour faire monter ma courbe de popularité mais pour faire baisser celle des entrées en réanimation !»

Les plans sociaux se multiplient sur les territoires. La Banque de France prévoit un taux de chômage supérieur à 10 %. Le plan de relance est-il suffisant ?

«La France est le pays en Europe qui met le plus de moyens pour soutenir les entreprises et les salariés en difficulté. Vingt milliards d’euros seront encore ajoutés pour affronter cette deuxième vague. Dans le premier confinement on avait un fonds de solidarité de 1 500 euros par mois et on l’a porté à 10 000 euros par mois. On avait un report de charges dans le premier système et on a une annulation dans le second !

Le plan de relance de 100 milliards est déjà là et se déploie. Des contrats sont en train d’être signés avec les Régions qui apporteront beaucoup de travail notamment à travers la rénovation énergétique des bâtiments, positive pour l’environnement, l’emploi, le pouvoir d’achat.»

Vous êtes Premier ministre depuis quatre mois et votre autorité est remise en cause par certains. Comment l’analysez-vous ?

«C’est un grand classique de la Ve  République ! Quand vous aimez votre pays, l’intérêt général et les Français, c’est une source de motivation exceptionnelle. Je ne me préoccupe pas de ma personne ou des critiques du petit monde politico-médiatique. Ma seule boussole, c’est la protection des Français.»

Olivier Véran s’est mis en colère mardi soir contre les députés de l’opposition. Vous le comprenez ?

«Olivier Véran a ma confiance totale : il combat avec toute son énergie une crise sanitaire d’une ampleur inédite. Je constate par ailleurs que l’opposition, en particulier celle de droite, est dans une posture de critique systématique. Il faut que nous soyons tous à la hauteur des circonstances historiques et dramatiques que traversent la France, l’Europe et le monde. Regardons autour de nous en Europe : qui a tout bien réussi ? Ce virus imprévisible teste partout la résilience des peuples. Faisons face avec dignité, sérénité et responsabilité.»

Vous avez trois crises à gérer. Matignon, c’est un enfer comme disait Rocard ?

«Être Premier ministre, c’est être garant du collectif. Cela suppose inéluctablement de prendre des coups mais je suis robuste. Face à la concomitance des trois crises que nous traversons, il faut avoir de l’humilité, dire la vérité et savoir prendre des décisions parfois difficiles, souvent impopulaires. Je sais que les Français sont sortis fatigués, fragilisés de la première vague. Et les attentats récents qui ont endeuillé notre pays interrogent notre capacité à faire bloc. Les Français sont un grand peuple, ils en ont vu d’autres. Et les Français peuvent compter sur moi pour faire front, à leurs côtés.»

Source :
Le Dauphiné Libéré

Publié par magrenobloise

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