Front Populaire – « Quand la psychose fait dérailler le monde »

Jean-Loup Bonnamy est professeur agrégé de philosophie. Il signe dans la collection Tracts (Gallimard) « Quand la psychose fait dérailler le monde ». L’occasion pour lui de livrer une réflexion d’ensemble sur les conséquences médicales, sociales et économiques de l’épidémie de Covid-19.

Publié le 7 novembre 2020

Verbatim de la vidéo :

Le virus circule beaucoup plus l’hiver. Service sous tension l’hiver : 2017.2018, etc. La meilleure preuve c’est la courbe épidémique de la suède. La suède qui n’a pas confiné. La courbe suédoise recoupe la courbe française. C’est l’histoire naturelle de l’épidémie. Pour le moment pas de seconde vague en Suède. En France plusieurs centaines de morts par jour actuellement du covid-19 et bien en Suède il y avait en tout et pour tout 2 morts. [Je pense que] la technostructure est en bout de course. Faillite complète.

[Présentation]
Normalien et professeur agrégé de philo : quand la psychose fait dérailler le monde. Co-écrit avec Renaud Girard : saint-cyrien, normalien, énarque. Ancien haut-fonctionnaire également grand reporter au Figaro couverture de la majorité des crises au Figaro : éditorial de politique étrangère au Figaro. Edition Gallimard et revue de Front Populaire. Publication pour s’interroger sur le crise du covid-19. Deux avantages : beaucoup de discours qui ont beaucoup évolué : confinement erreur. Seconde vague pour saison automnale de 2020. Hôpitaux saturés et prendre des mesures pour y faire face. Macron : guerre ; nous sommes en crise. Nombreux médecins [autres spécialistes], pour écrire ce livre.

Pour nous, le confinement erreur stratégique majeure. Confinement grave problème du Covid et anti-confinement pour l’économie. Nous logique un peu différente : du pur point de vue sanitaire pour lutter VS covid-19, le confinement remède peu efficace mais très peu efficace. Mars-avril déconseille le recours au confinement, remède archaïque – 19ème siècle qu’à une grande nation à l’ère du big data : Pouchkine. Pas de preuve scientifique. On ne contrôle pas une épidémie, mégalomane, irréaliste, manque total de sens des réalités. Grippe : vaccin, pas contrôlée entre 5000 et 15000 morts en France et pic en janvier 2017 alors qu’on a un vaccin. Paludisme, maladie qui se soigne bien : entre 500 000 et 1 millions de morts par an. Maîtriser cela sur maladie nouvelle, émergente et je ne sais quoi. Création de la nature, arrêter la mer avec ses bras. Épidémie arrêtée en Suède, raison saisonnière, beaux jours arrivés, printemps, été, et reprend en suède. Population mieux immunisés, pas à cause d’un relâchement des français, vision culpabilisante et moralisatrice ou déconfinement trop rapide mais faits naturels. Europe = virus respiratoire plus contagieux, automne ou hiver, dès qu’on lève le confinement l’épidémie repart, donc pas de stratégie viable sur le moyen terme. Pour lutter contre une épidémie, il faut séparer les personnes contaminées des personnes saines. Isoler les personnes contaminées des personnes non contaminées. 

1er mois – aucun résultat et 3 mois – confinement et changement de saison. (Australie).

[…] L’Allemagne a déconfiné beaucoup plus tôt que nous au printemps, elle a déconfiné fin avril et elle avait en fait un semi-confinement beaucoup plus souple que la confinement à la française. Nous en plus des effets délétère du confinement, nous croyons qu’il est peu efficace pour sauver des vies et soulager le système hospitalier-français. 

Front Populaire Diriez-vous que l’on accorde trop d’importance aux données scientifiques et au principe de précaution ?

Jean-Loup Bonnamy – Pour répondre à cette question, je trouve que d’un côté on accorde trop d’importance au principe de précaution et on n’accorde pas assez de place aux données scientifiques, alors justement nous on a voulu se demander dans le livre avec Renaud Girard d’où venait cette sur-réaction. Pour cela on a établi un triptyque le triptyque médiation, émotion, mimétisme. C’est cela qui explique notre réaction de psychose face au virus. En effet, on prend comme des données scientifiques des choses qui ne sont absolument pas des données scientifiques. Par exemple la modélisation prédictive mathématique. On cherche à prédire le nombre de morts, c’est juste une forme moderne de la divination qui n’a rien de scientifiques. En effet les études de modélisation qui prédisaient 500 000 morts pour la France en cas de non-confinement, les mêmes études annonçaient également 70 000 morts pour la Suède sans confinement. La Suède, huit mois après ces études est à 5900 morts donc très loin des 70 000 premiers qui n’avaient justement aucune valeur scientifique. Et justement les données scientifiques brutes si on les regarde qu’est-ce qu’on voit ? Et bien on voit que par exemple les médias nous parlent beaucoup de jeunes qui seraient morts du Covid. Or ce qu’ils oublient de nous dire c’est qu’en France sur 36 000 morts du Covid, combien avaient moins de 30 ans, 28. 28 sur 36 000 morts avaient moins de trente ans. Donc la réalité statistique de cette épidémie du point de vue scientifique c’est une épidémie qui tue presque uniquement les gens du troisième âge et donc la moyenne d’âge des morts du Covid en France est de 81 ans c’est-à-dire l’âge de l’espérance de vie, au Luxembourg, la moyenne d’âge des morts du covid est même de 86 ans, c’est-à-dire quatre ans de plus que l’espérance de vie luxembourgeoise. En effet, en France 50% des victimes du Covid-19 avaient plus de 84 ans, 30% des décès ont eu lieu dans les EHPAD, 80% des victimes ont plus de 75 ans, 93% des morts ont plus de 65 ans et seulement 0.4% des victimes avaient moins de 45 ans et même chez les plus de 90 ans c’est-à-dire ceux chez qui l’espérance de vie est la plus courte qui sont vraiment le plus fragile, le plus vulnérable, la mortalité du virus n’est que entre guillemets de 20%. Autrement dit une personne de plus de 90 ans qui est infectée au COVID-19 a encore 80% de chances, 4 chances sur 5 de survivre. Cela ce sont les chiffres, alors en effet les médias nous parlent des jeunes qui seraient morts du Covid-19 donc de 28 sur 36 000 en oubliant de rappeler ce chiffre et ce qu’ils oublient de nous dire c’est que sur ces 28 jeunes qui sont morts, l’écrasante majorité était atteinte de maladies beaucoup plus graves par exemple on nous a parlé dans les médias d’un adolescent guyanais mort à l’âge de 14 ans, du COVID 19 et en fait ce pauvre jeune homme bien sûr positif au COVID avait aussi et surtout une autre maladie la fièvre jaune qui est une maladie tropicale très grave avec un taux de mortalité de 30% et même si il était positif au COVID, ce n’est pas le COVID qui l’a tué c’est la fièvre jaune. Donc justement ce qui serait appréciable ce serait de relâcher un peu la pression sur le principe de  “précaution” et par contre d’être un peu attentif aux données scientifiques qui nous permettraient à la fois de nous rassurer en ayant une vision plus réaliste de l’épidémie et en même temps de  protéger les personnes qui sont les personnes à risque et justement nous dans notre livre on a voulu développer toutes une stratégie alternative qui consiste à protéger ceux qui sont tués par le virus et qui forment une catégorie bien particulière de la population. 

Front Populaire – Selon vous ces restrictions seraient “pires que le mal”. Qu’entendez-vous par là ?

Jean-Loup Bonnamy – Pour nous en fait justement le confinement a de terribles effets secondaires. Si le confinement était un essai médicamenteux alors on l’arrêterait immédiatement  cause des effets secondaires désastreux. En France on interdit à tort ou à raison certains médicaments sous prétexte qu’ils auraient peut-être des effets secondaires. Mais les effets secondaires du confinement eux ils sont bien réels, bien avérés, bien certains et ils sont en même temps  extrêmement grave. Le remède risque d’être pire que le mal et en fait nous risquons de mourir guérit. En effet, on a tendance à opposer d’un côté la santé et de l’autre l’économie. Mais en fait la crise économique et sociale provoquée par le confinement ce sont des choses très concrètes. Les crises économiques tuent aussi 1929 l’a prouvé donc si on veut sauver des vies, il faut aussi penser aux conséquences économiques puisque les crises économiques tuent.

 En effet, qu’est-ce qu’on a vu pendant le premier confinement ? On a vu une explosion des violences conjugales avec +30 à 40% des violences conjugales. On a vu des troubles psychiques. Alors d’une part une augmentation de la dépression, des addictions, des troubles psychiques de la population et des syndromes dépressifs. Et d’autres part, pour les personnes qui étaient déjà atteintes de maladies psychiatriques et bien l’isolement, le confinement, le climat de psychose généralisé a justement aggravé leurs cas et donc la crise économique, sociale, ce sont des choses très concrètes : c’est la récession, c’est un appauvrissement global de la population, ce sont des faillites en cascade, des centaines de milliers de chômeurs en plus, des suicides, aujourd’hui on estime qu’à cause du confinement, 40% des bars et restaurants de France sont menacés dans leur existence, 15% des fleuristes risquent de faire faillite avant la fin de l’année donc nous risquons un effondrement économique, une explosion sociale et une société de plus en plus violente à cause justement des effets pervers de ce confinement qui en plus n’est même pas très efficace pour lutter contre le covid-19 et on le voit par exemple avec le premier confinement qui a été une catastrophe, il a plongé plus d’un million de Français dans la pauvreté. Donc nous avons au moins un million de pauvres en plus à cause du premier confinement. Le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire à bondi d’environ 30% donc de gens qui ne peuvent pas se nourrir sans une aide sociale, humanitaire, sans une forme de soupe populaire et le secours populaire lui-même a enregistré une explosion du nombre de ses bénéficiaires et il a constaté que 40% des personnes qui étaient venues le voir qui avaient fait appel à lui durant le premier confinement étaient inconnus de l’association c’est-à-dire que le confinement a appauvri, a paupérisé, a précarisé des gens, les jetant dans la pauvreté. Mais surtout pour nous le pire c’est notre système de santé, c’est l’activité économique. En effet par exemple quand les Français vont au restaurant, ils payent une addition, sur cette addition on prélève une TVA et donc c’est cette TVA qui vient financer le système hospitalier. Globalement c’est l’activité économique du pays qui va fournir des impôts, des rentrées fiscales, des charges, des taxes et c’est cela qui financent le système hospitalier et sanitaire Français. Si jamais l’activité économique se contracte, il y a moins de rentrée fiscale et donc cela veut dire à terme moins d’hôpitaux, moins de lits,  moins de respirateurs, moins de soignants et des soignants moins bien payés, nos soignants sont déjà très mal payés et il faudrait les payer plus et avec le confinement on va avoir une crise économique qui va saper nos rentrées fiscales et on aura moins de soignants moins bien payés et un hôpital complètement détruit. Donc si on veut sauver notre système hospitalier il faut absolument déconfiner au plus vite et faire repartir la machine économique pour sauver notre santé et notre hôpital.

Front PopulaireQuelles sont les conséquences idéologiques de cette pandémie ? Quels paradigmes ont été renversés ? 

Jean-Loup Bonnamy – En fait cette crise du Covid-19 a remis beaucoup de choses en question, à mon avis les deux modèles, contre-modèle qui se sont effondrés, c’est le modèle de la désindustrialisation et le modèle de la bureaucratie. Alors premièrement le modèle de la désindustrialisation on a vu que justement en France on ne produisait plus suffisamment de biens matériels etc ‘est pour cela qu’il importe à tout prix de relocaliser la production en France et cela permettra à la fois de créer des emplois et en même temps de créer de la richesse qui financera la dépense de l’Etat et d’autre part cela permettra de produire les biens matériels dont nous avons besoin et l’autre problème , l’autre contre-modèle qui s’effondre c’est le contre-modèle bureaucratique. En effet on voit une administration Française pléthorique, conformiste, incapable de s’adapter et  on a vu des choses absolument folles qui sont d’ailleurs en train de se reproduire maintenant. Qu’est-ce qu’on a vu ? On a vu que par exemple durant le premier confinement, les hôpitaux publics parisiens étaient surchargés à côté des cliniques privées étaient vides, les opérations de ces cliniques étaient annulées ou reportées à cause du confinement. Les employés de ces cliniques, les soignants de ces cliniques étaient au chômage partiel, les directeurs et les médecins de ces cliniques pour intervenir et prendre des malades du Covid et en fait la technostructure du Ministère de la Santé est tellement habituée pour des raisons culturelles à mépriser les cliniques privées qu’on a préféré alors que les hôpitaux publics étaient débordés, refuser l’aide des cliniques privées et transférer aux frais du contribuables en TGV des patients à l’autre bout du pays dans d’autres hôpitaux alors qu’à 50 mètres de là, des cliniques privées étaient vides. On l’a également vu dans le refus de faire appel à l’armée pour monter des hôpitaux de campagne, il n’y a qu’à Mulhouse où cela s’est produit hors, la Suède, ça a été l’une de ses tactiques, ça a été de faire appel à l’armée suédoise et de monter des hôpitaux de campagne, non pas pour la réanimation mais pour les soins intensifs qui est l’étape avant la réanimation afin d’éviter que les gens ne se retrouve en réanimation et donc on voit bien, on l’a vu également, à une époque où on manquait de tests qu’au printemps on a refusé de faire appel aux laboratoires agricoles, viticoles, vétérinaires qui étaient pourtant des laboratoires publics qui pouvaient réaliser massivement des centaine de milliers de tests donc je ne pense pas que Macron soit responsable de cette situation. Au contraire il est lui-même  l’un de ceux qui comme Front Populaire d’ailleurs, dénonce l’état profond mais je pense qu’il y a  une technostructure bureaucratique dans ce pays qui arrive en bout de course et qui est en train de prouver sa faillite intellectuelle, stratégique, logistique complète. 

Front Populaire – Quelle aurait été la stratégie adéquate à adopter selon vous ?

Jean-Loup Bonnamy – Nous expliquons que le Covid-19 est une véritable psychose collective mais nous estimons que par respect pour les 36 000 personnes décédées en France, par respect pour leur famille, leurs proches, leurs amis, par respect pour toutes les personnes à risque qui s’inquiètent légitimement à cause du COVID-19 et pour leurs proches qui sont aussi inquiets, nous devions proposer une stratégie alternative plus efficace sur le plan sanitaire pour lutter contre le COVID-19 et sauver des vies et justement cette stratégie elle est également absolument indispensable pour désengorger les hôpitaux. Donc notre but c’est de proposer une stratégie qui permette de sauver les hôpitaux et d’avoir moins de morts alors cette stratégie elle n’est pas du tout naît dans nos imaginations solitaires et farfelues en fait elle vient de deux sources : d’une part de nombreux médecins français que nous avons consulté et interrogé et d’autre part de l’étude de ce qu’il  se fait à l’étranger  donc à la fois dans les pays asiatique : H-K, Taiwan, Corée du Sud qui ont eu énormément moins de morts, sans confinement, de la Suède. Donc premier volet nous devons augmenter nos capacités hospitalières et donc nous devons mettre en place un grand plan d’urgence qui augmentera massivement nos capacités hospitalières. Pour cela nous devons mobiliser l’armée comme le firent les suédois au printemps mais aussi les cliniques privées, les médecins et infirmiers libéraux, les médecins et infirmiers récemment retraités et même des femmes de ménage. Par exemple pour décharger les soignants de toutes les tâches non médicales comme le fait de refaire des lits, nous devons également former du personnel de manière accélérée. C’est la seule sortie de crise possible. Alors je sais Jean Castex dit et il a raison qu’il faut plus de 10 ans pour former un médecin anesthésiste réanimateur, simplement on peut augmenter les capacités de réanimation sans augmenter le nombre de médecins réanimateurs. En effet, c’est ce que propose par exemple le docteur Kierzek, on pourrait organiser les services différemment. Plutôt que de mettre dans une même équipe 5 médecins réanimateurs, on peut très bien éclater le service en séparant les spécialistes et en plaçant autour d’eux des internes ou des infirmiers non spécialisés mais qui seraient coachés par le réanimateur et ainsi on multiplie d’autant le nombre d’équipe de réanimation. Et ce qu’il nous faut c’est réussir à nous réorganiser, afin d’avoir 20 000 lits de réanimation ou lieu des 5800 actuels. Il nous faut en plus un nombre plus important de lits de soins intensifs classiques et alors le pays pourra reprendre une vie tout à fait normale malgré la circulation du virus et pour cela il faut adopter les plans et les méthodes de l’économie de guerre. Nous pouvons y arriver, en 1914, pendant 4 ans, nos ancêtres ont fait beaucoup plus pour équiper et armer le pays pendant la Première Guerre Mondiale. Les Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale ont fait infiniment plus pour produire en masse des casques, des chars d’assaut, des fusils ou pour faire le débarquement. Donc on peut tout à fait par un effort massif arriver à cette augmentation des capacités hospitalières mais qui plus qu’un effort matériel demande avant tout un effort logistique et intellectuel de réorganisation dans l’urgence et le deuxième volet c’est le triptyque : tester, isoler, traiter qui  est la base de la médecine en infectiologie et donc c’est cela la bonne méthode pour lutter contre la propagation des épidémies. Cette méthode bien connue elle passe avant tout par un dépistage de masse. Il faut dépister toute la population française. En effet, la Slovaquie en un weekend vient de dépister les deux tiers de sa population notamment en mobilisant l’armée et elle envisage de tester le dernier TER dans la semaine qui vient. Pour cela il ne faut pas des tests PCR coûteux qui mettent du temps à donner des résultats : plusieurs jours. Mais il faut des tests antigéniques qui sont beaucoup moins chers  et qui donnent des résultats beaucoup plus rapides. Il faut tester en priorité les personnes à risque, deux fois par semaine avec des tests dans les pharmacies, dans les EHPAD, sur le lieu de travail donc tester deux fois par semaine avec des tests antigénique, tous les plus de 70 ans. Toutes les personnes qui ont d’autres maladies, on peut les identifier facilement grâce au Big Data de l’assurance maladie. Après si vous êtes malades, il faut vous isoler afin que vous ne contaminez pas les autres donc dans les hôtels qui aujourd’hui sont vides. C’est d’ailleurs ce que préconise l’académie de médecine ou ce qu’il se fait en Corée du Sud et surtout il faut vous traiter. Le Covid-19, c’est une maladie qui aujourd’hui se soigne très bien, avec des médicaments, des corticoïdes, de l’apport d’oxygène en cas de besoin d’oxygène et des anticoagulants pour éviter l’embolie pulmonaire. Si vous appliquez cela corticoïdes, oxygène, anti-coagulant vous faites déjà s’effondrer le taux de passage en réanimation et le taux de décès et c’est un consensus aujourd’hui chez les médecins en France, que ce soit Didier Raoult qui a été l’un des premiers, on parle beaucoup de la chloroquine, mais en fait il a donné aussi beaucoup d’oxygène, d’anticoagulant ou que ce sont les ennemis de Didier Raoult au moins tout le monde est d’accord sur ce point : corticoïdes, oxygène, anticoagulant et là vous pouvez vraiment sauver des vies. Le COVID-19 en fait c’est une maladie respiratoire ordinaire qui se soigne par des moyens classiques,  sans remède miracle mais avec des protocoles efficaces et donc nous nous continuons de faire l’inverse de ce qu’il faut faire. On confine l’ensemble du pays, y compris des gens qui ne sont absolument pas malades et par contre on dit toujours aux malades de rester chez eux et de prendre du doliprane en attendant que ça passe jusqu’à ce qu’il commence à étouffer. Or, ce que l’on aurait dû faire, ce que l’on doit faire, c’est laisser le pays fonctionner tout en testant et en soignant les malades le plus tôt possible. Plus vous êtes pris en charge tôt notamment pour l’apport d’oxygène, plus vous avez de chances de vous en sortir et de ne pas aller en réanimation et donc de ne pas encombrer les services de réanimation, et donc cela c’est quelque chose qui peut se faire à l’hôpital en ouvrant d’autres lits, avec du personnel moins formés ou même à la maison. Il n’y a pas besoin d’être médecin anesthésiste. Il n’y a pas besoin d’avoir fait de longues études ou une longue formation pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang, pour donner de l’oxygène à une personne avec un simple masque sans la moindre intubation ou la moindre anesthésie ou même pour donner des corticoïdes. Ce sont des soins extrêmement basiques mais cruciaux et donc une telle approche alternative inspirée à la fois du retour d’expérience des médecins sur le terrain en France et de ce qu’il se fait à l’étranger ca serait une approche à la fois beaucoup plus efficace sanitairement qui permettrait de dédramatiser la situation, de sauver l’économie, d’éviter le recours au confinement et surtout d’avoir beaucoup moins de mort du COVID-19.

Front Populaire – Vous dénoncez une “médiatisation anxiogène du COVID-19. Qu’entendez-vous par là ?
Jean-Loup Bonnamy – Pour nous en fait justement ce que nous avons voulu dire à propos du COVID-19 c’est qu’il s’agissait contrairement à ce que montrent les médias : d’une épidémie ordinaire, d’ampleur moyenne comme l’humanité en a déjà connue des centaines. Et donc les médias ont nourri et entretenus involontairement mais ils l’ont fait. 

Alors revenons sur quelques faits : la mortalité du COVID 19 est bien inférieur à 0.5%. Dans notre livre nous sommes partie d’un fait c’est que le COVID-19 s’est répandu sur le Charles De Gaulle, le plus grand porte avion et le plus grand navire de la marine de guerre française : 1046 marins ont été contaminés : zéro mort. Zéro sur 1046. C’est un chiffre qui montre la faible dangerosité du COVID-19 et dont les médias ont très peu parlé. Alors certes 1 million de personnes sont mortes du COVID-19 dans le monde mais regardons juste quelques chiffres. En effet, il y a 60 millions de gens qui meurent chaque année dans le monde et le COVID-19 ne fera pas augmenter ce chiffre cette année. Chaque année vous avez 9 millions de morts de faim et dont un grand nombre d’enfants c’est-à-dire qu’il suffit à la faim de 40 jours pour atteindre 1 million de victimes. C’est-à-dire le bilan du COVID-19 en un an. Et la faim risque justement d’augmenter cette année dans le monde à cause du confinement et de la désorganisation logistique et économique du monde. Les cancers ce sont aussi 9 millions de morts chaque année, 3 millions et demi de morts pour les broncho-pneumopathie obstructive, 2,5 millions de morts pour les différentes infections respiratoires ou un million de morts pour la tuberculose. De même on a entre 500 000 et 1 million de morts du paludisme chaque année et la moitié de ces morts du paludisme ce sont des enfants C’est-à-dire que un enfant meurt toutes les deux minutes du paludisme. Je ne sais pas exactement combien de temps dure cette vidéo. A la fin de cette vidéo, 20 enfant seront morts du paludisme. Mais comme ils sont noirs et qu’ils sont pauvres, cela ça n’intéresse pas les médias. De même si on parle par exemple du génocide Rwandais en 1994 donc dans un seul petit pays d’Afrique de 10 millions d’habitants en 6 semaines c’est un génocide qui a l’époque avait été couvert et dénoncé par Renaud Girard qui en a été le témoin direct, qui a protégé des gens sur place, qui a essayé d’interpeller l’opinion française sur ce qui était en train de se passer au Rwanda et bien en 6 semaines, dans ce seul petit pays d’Afrique la violence génocidaire a fait autant de morts que le COVID-19 dans le monde entier en neuf mois. De même pour le génocide khmers rouges ont a eu entre 1 et 2 millions de morts entre 1975 et 1979, on n’a pas mis le monde à l’arrêt pour autant et cela les médias ne rappellent jamais ces chiffres. Ils ne rappellent jamais qu’on est très très en dessous de la grippe espagnole de 1918-1919, avec 50 millions de morts, sur une planète qui à l’époque était beaucoup moins peuplée, que ce que nous vivons n’a absolument rien à voir avec la grande peste du 14ème siècle qui a emporté 40% de la population européenne, ni avec le choléra,  ni avec Ebola dont la mortalité est entre 60 et 90%. En France, nous avons actuellement 36 000 morts hélas, du COVID c’est 36 000 de trop mais il faut noter plusieurs choses, déjà 600 000 personnes meurent de manière générale par an en France et en plus de cela en 1968-69 alors que l’Europe était déjà un pays moderne, vous avez eu la grippe de H-K qui avait tué 35 000 personnes en France dans l’indifférence générale et sans que les médias à l’époque qui étaient moins anxiogènes ne s’en soucient ou de même actuellement en France vous avez 75 000 personnes actuellement qui meurent chaque année du tabac. Surtout ce que l’on observe c’est que les 36 000 morts du COVID actuellement ne provoque aucune surmortalité, ils ne viennent pas s’ajouter aux 600 000 morts habituels : en effet il ne faut pas confondre le fait de mourir du COVID et le fait de mourir avec le COVID. Dans notre livre par exemple on cite un médecin qui a intubé un patient positif au COVID 19 qui était par ailleurs un patient cancéreux, en phase terminale d’un cancer généralisé et qui ne pesait plus que 37 kilos. Cette personne est morte, comme elle était positive au COVID on l’a comptabilisé parmi les 36 000 morts du COVID. Mais cette personne serait morte de toute façon dans la semaine. Et donc ce que l’on constate c’est qu’il n’y a aucune surmortalité pour le moment aujourd’hui en France pour avez eu un pic de mortalité au mois d’avril mais si par contre vous prenez sur toute la période du 1er janvier 2020 au 1er octobre 2020 vous voyez qu’il n’y a pas eu plus de morts sur cette période 2020 que sur la même période 2019 ou 2018 en France. De même en Suisse, un pays qui a aussi été touché par l’épidémie, vous avez moins de morts en 2020 jusqu’à maintenant que sur la même période en 2019. Parce que en effet, le COVID 19 tue des gens qui pour la grande majorité d’entre eux étaient très âgés, en fin de vie, et qui de toute façon n’avaient plus qu’une espérance de vie de 6 mois ou d’un an. Donc le COVID-19 c’est un vrai problème de santé publique mais pas à cause de sa mortalité. La mortalité n’est absolument pas le problème. Les médias chaque soir nous donne les chiffres des morts du COVID-19 alors qu’ils ne le font pas pour les cancers, pour les suicides ou pour les accidents de la route et ils nous ont donné ces chiffres, même cet été, à un moment où l’épidémie était provisoirement interrompue et où il y avait très peu de morts chaque jour donc les médias donc les médias nous redonnent ces chiffres alors qu’encore une fois la mortalité du COVID-19 n’est pas le problème, le vrai problème, le seul problème  que pose le COVID-19 c’est la saturation des services hospitaliers et c’est à ce problème-là qui rend le COVID grave, qu’il faut répondre et c’est à cela et c’est à cela seul qu’il faut apporter des solutions concrètes et efficaces. 

Front Populaire – Cette pandémie a-t-elle permis de mettre en évidence notre déni de la mort ? 
Jean-Loup Bonnamy -Là il y a quelque chose de révélateur, c’est la fragilité des sociétés occidentales et on voit quand même, c’est quand même très surprenant que nous soyons affolés par une maladie qui a un taux de mortalité de moins de 0.5%. En effet, si on prend par exemple la seconde guerre mondiale, vous avez 25 millions de citoyens russes/soviétiques qui ont été tués par les nazis. Dix ans après dans les années 50, les femmes russes avaient toujours des difficultés à se marier parce que trop d’hommes avaient été tués à la guerre, donc on voit d’un côté que nos sociétés occidentales donnent beaucoup plus de prix à la vie humaine et elles ont raison mais on voit que de l’autre elles le font de la mauvaise manière et que cela les conduit à manquer de résilience et nous c’est quelque chose qu’on avait dit dans le livre. On voit bien que par exemple que les talibans ou les membres de Boko Haram eux se moquent complètement du COVID-19. Pour eux le risque c’est de mourir de la tuberculose ou d’une blessure mal soignée et donc notre risque c’est que nous soyons des sociétés qui deviennent trop vulnérables face à nos ennemis et que c’est très bien que nous protégions la vie humaine mais il ne faut pas que notre seuil de tolérance descende trop bas par rapport à nos ennemis. Nous devons maintenir, nous devons lutter contre les maladies, augmenter l’espérance de vie le plus possible  mais sans perdre de vue que si nous voulons résister à nos ennemis, il doit y avoir une forme d’acceptation relative de la mort et de la violence parce que nos ennemis eux se moquent complètement des gestes barrières et du COVID-19.

Source :
Front Populaire

Publié par magrenobloise

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