Les petits exploitants, grands sacrifiés du financement climatique

ARTICLE. D’après un rapport mondial, le financement des mesures de lutte contre les changements climatiques a dépassé les 500 milliards de dollars en 2018, mais seuls 10 milliards de dollars sont arrivés aux petits exploitants agricoles.

Les petits exploitants, grands sacrifiés du financement climatique

Alors qu’ils produisent la moitié des calories alimentaires consommées dans le monde, voire jusqu’à 80 % dans certains pays en développement, et qu’ils font vivre entre 2 et 2,5 milliards de personnes sur la planète, les petits exploitants agricoles des pays en développement ne reçoivent que 1,7% des financements climatiques : c’est ce que révèle aujourd’hui un rapport publié par le Fonds international de développement agricole des Nations Unies (FIDA) et Climate Policy Initiative (CPI).  

Le rapport, intitulé « Analyse du déficit de financement climatique pour la petite agriculture », a été rendu public en marge du Forum de Paris sur la paix, lors du sommet Finance en commun qui réunissait pour la première fois les représentants de l’ensemble des 450 banques publiques de développement dans le monde.

D’après le rapport, l’élevage intensif, la riziculture et la production d’engrais sont les trois secteurs agricoles les plus émetteurs de gaz à effets de serre, mais les petits agriculteurs, qui exploitent des structures en général inférieures à 5 hectares, sont peu émetteurs et pourtant les premières victimes de la dégradation des sols et de l’imprévisibilité du climat. 

Le financement des mesures de lutte contre les changements climatiques a dépassé pour la première fois les 500 milliards de dollars en 2017 et 2018, mais seul un faible pourcentage des fonds investis dans l’action climat à l’échelle mondiale parvient aux petits exploitants agricoles -environ 10 milliards de dollars chaque année. Ainsi, ceux qui produisent la majeure partie des aliments consommés dans le monde et qui sont les plus exposés aux conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles sont aussi ceux qui bénéficient de la plus faible aide.

Bien qu’on ne dispose pas de chiffres détaillés sur les financements climatiques qui seraient les plus utiles aux petits exploitants, leurs besoins sont estimés en milliers de milliards de dollars chaque année. Le FIDA s’est engagé à augmenter la production de plus de 200 millions de petits producteurs et à accroître les revenus d’environ 260 millions de femmes et d’hommes en milieu rural d’au moins 20% d’ici 2030. 

Investir dans l’agriculture et le développement rural est le moyen le plus direct de voir s’accroître les revenus et la sécurité alimentaire de ces petits exploitants : des études ont démontré que la croissance économique dans l’agriculture est deux à trois fois plus efficace à réduire la pauvreté que celle dans tout autre secteur.

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Publié par magrenobloise

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