L’émouvante lettre de Mila : « Je me sens impuissante »

ARTICLE. La jeune lycéenne de l’Isère, Mila, subit depuis quelques jours une nouvelle salve d’insultes et de menaces de mort. Une nouvelle campagne de cyber-harcèlement à laquelle elle a répondu par une lettre publiée hier soir sur ses réseaux sociaux.

L’émouvante lettre de Mila : « Je me sens impuissante »

Alors qu’elle subit une nouvelle vague de cyber-harcèlement, la jeune Mila sort de son silence médiatique pour « lever les ambiguïtés » et « rétablir la vérité des faits ». Elle revient sur sa situation et les motivations de sa dernière vidéo où elle appelle les musulmans à « surveiller leur pote Allah » : « J’ai tourné une vidéo qui, en réalité, dure plus d’une minute, dans laquelle j’ai parlé de manière constructive et posée. A la fin de celle-ci, j’ai conclu de façon crue pour mieux rappeler que je ne renoncerai jamais, et surtout pas sous la contrainte, à ma liberté d’expression. »

Communiquée hier, cette lettre pourrait être sans intérêt. Elle pourrait être celle d’une jeune fille banale qui s’exprime pour ne rien dire ou si peu. Mais l’histoire récente a voulu qu’elle soit celle de l’adolescente la plus menacée de mort de France. Dès lors, elle pose inévitablement question et son intérêt s’impose à la nation menacée d’implosion, surtout à l’heure où des responsables politiques prétendent donner à Mila des leçons de maintien au lieu de prendre à ses côtés des leçons de courage.

Dans sa lettre, Mila rappelle qu’elle n’a rien contre les musulmans en tant que personnes mais contre l’Islam dans sa dimension oppressive et témoigne de sa solitude. « Je réponds avec humour et pacifisme à des offensives d’une violence inouïe, mais je me sens impuissante et surtout en insécurité. » Son avocat, Richard Malka, a par ailleurs dénoncé la nouvelle « mode » des menaces à l’encontre de la jeune fille : « Je vais te faire une Samuel Paty ». Des menaces sinistres qui font du reste écho aux nombreuses menaces et aux tentatives de boycott également lancés à l’encontre de l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi depuis la mort de Samuel Paty, et ayant entraîné l’ouverture par le parquet de trois enquêtes pour « menaces de mort et apologie du terrorisme ».

En fin de lettre, Mila annonce qu’elle va se faire plus discrète encore sur les réseaux sociaux et garde espoir en la possibilité de reprendre un jour le cours d’une vie normale. « Pour avoir simplement usé de sa liberté d’expression une adolescente a vu sa vie détruite au nom de la défense de l’islam. Aujourd’hui elle n’a pas d’avenir, se cache et reste une cible. Et personne pour dire qu’une religion qui crée autant de violences est un problème ? » interroge notre porte-parole Céline Pina sur Facebook.

Cette lettre, au-delà de son contenu, est en quelque sorte le symbole d’une faillite collective, et en premier lieu celle de l’Etat, manifestement incapable d’assurer la sécurité d’une jeune fille autrement qu’en la terrant dans quelque bunker secret, et celle d’une Éducation nationale qui a renoncé à la scolariser alors qu’elle n’a commis aucune infraction. En France, en 2020, tout le monde semble accepter comme inéluctable le fait qu’une mineure doive renoncer à toute vie sociale au nom du principe tacite selon lequel il est plus facile d’exfiltrer une victime que de chasser ses bourreaux. D’une certaine façon, Mila répond en toute fin de lettre à cet esprit munichois : « Je laisse à leur conscience ceux qui cèdent devant la facilité et qui sont prêt à piétiner un principe essentiel de notre pays : la liberté. »

Les concours de jonglage organisés par une partie de la classe politico-médiatique tétanisée à l’idée de s’engager est patente. On se souvient de la Garde des sceaux, Nicole Belloubet réinventant temporairement au début de l’année le délit de blasphème en parlant d’« insulte à la religion », avant de se rétracter quelques jours plus tard sous la pression ou encore de Ségolène Royal, critiquant à la même période le « manque de respect » de la jeune fille. Ségolène Royal a d’ailleurs réitéré ses réserves sur la liberté d’expression hier sur Cnews dans la matinale de Laurence Ferrari, en posant à la liberté de caricature une limite absolument inexistante dans le droit français : « l’interdiction de choquer » (qui est du reste le propre de la caricature). Le tout agrémenté d’une rhétorique jésuitique absolument remarquable : « Je ne suis pas pour l’interdiction des caricatures, mais je ne suis pas pour cautionner et dire que c’est bien. »

Cette ligne du « oui, mais » qui ressemble furieusement à une extension du « en même temps » macronien est d’une lâcheté difficilement supportable, surtout dans un contexte qui oblige une jeune française de 17 ans menacée de mort à vivre recluse. Et Céline Pina d’ajouter, fort à propos : « Et les politiques se demandent encore pourquoi leur image est si abimée ? Et si c’était parce que nul n’a besoin d’élites lâches ? »

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Publié par magrenobloise

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