IHU – Chute brutale de la circulation du virus à Marseille

Professeur Didier Raoult, que constatez-vous dans l’évolution récente de l’épidémie de Coronavirus à Marseille ?

On voit que le nombre de cas est en train de s’effondrer à une vitesse étonnante, sans que nous on ait changé nos paramètres de mesure puisque nous utilisons les mêmes depuis le tout début c’est-à-dire depuis janvier. Depuis janvier on teste de la même manière, on rend les résultats positifs avec le même niveau c’est-à-dire 105CT. Et donc on voit sur ce premier travail :

Patients SIDEP IHU POSITIFS (Volume) Période entre le 07/10/20 et le 04/11/2020

que le pic a été atteint vers la fin du mois d’octobre et que depuis ça n’arrête pas de descendre et qu’on est passé du pic de cet épisode épidémique dans les gens qui venaient directement à l’IHU se faire détecter de 219 à 26. Donc il y en a dix fois moins maintenant et la pente est en train de diminuer de manière absolument spectaculaire. Ceci se voir aussi si on est sur une plus grande échelle (premier graphique : là on test a peu près 1500 personnes par jour) là ce sont tous les prélèvements que l’on nous envoie des hôpitaux, de l’extérieur etc :

On voit que c’est exactement la même tendance. Et on voit que ceci se traduit avec un tout petit délais ce qui est normal dans le nombre d’hospitalisation qui décroit de manière très significative, le nombre d’hospitalisation en réanimation est en plateau mais c’est normal parce qu’ils restent un certain temps en réanimation. Mais on voit que cela n’augmente plus, c’est-à-dire qu’il n’y a pas plus d’entrée qu’il n’y a de sortie donc les choses paraissent stabilisées après l’avenir est incertain mais globalement ce qui est en train de se passer c’est un peu, avec une pente qui est un peu de même nature que celle du premier acte, une diminution très rapide du nombre de cas. Alors du coup, la question que l’on peut se poser c’est, à laquelle on tente de répondre sur cette image c’est :

Et à laquelle tout le monde va essayer de répondre maintenant que l’on commence à avoir des données c’est : quelle est l’importance des mesures sociales dans le contrôle de cette épidémie ? Et là vous voyez on a représenté sous une autre forme l’épidémie telle qu’on l’a mesuré nous à Marseille avec tous les patients de l’Hôpital Universitaire pas que ceux de l’IHU, avec l’Hôpital Universitaire, et ce que l’on voit c’est qu’en réalité la fermeture des restaurants est arrivée au moment où la pente de la première scène du deuxième acte était en train de diminuer de manière spectaculaire (avant la barre rouge) et qu’au contraire elle a remonté avec la fermeture des restaurants. Donc on ne peut pas en conclure que les fermetures de restaurants aient aidé à contrôler la première partie et le confinement lui en revanche est arrivé aussi au début de la chute brutale du nombre de cas et ceci avait été anticipé par les dosages que font les pompiers dans les égouts qui mesurent avec un peu d’avance sur nous, il faut dire la réalité les augmentations et les descentes. Ils avaient pu voir les augmentations avant qu’on la voit nous, ils ont pu voir la descente avant qu’on la voit nous. Vous voyez donc il n’y a pas, on ne peut pas voir sur ces données d’effets des mesures sociales contraignantes sur l’évolution de l’épidémie qui a donc d’autres raisons pour évoluer que celle-là.

Alors ceci est confirmé. Il y a deux très jolis travaux qui sont à voir et à lire. L’un qui a été fait par Jean-François Toussaint dans « Frontires »(nom à vérifier) et qui montre, vous voyez sur cette carte :

Quels sont les effets qui sont associés à une augmentation importante de la mortalité dans la population et quels sont les effets qui sont protecteurs ?

Alors ce n’est pas une surprise pour nous depuis qu’on commence à y réfléchir, c’est dans les pays les plus riches que la mortalité a été la plus élevée. Les pays dans lesquels les structures sanitaires étaient sensées être les meilleures. Alors bien sûr il y a des cofacteurs : l’obésité, les problèmes de… une espérance de vie très longue mais en plateau le nombre de cancer, mais cela n’est pas lié au fait qu’il y ait un financement important de la santé, c’est paradoxal. C’est les pays dans lesquels le financement de la santé est le plus important, dans lesquels il y a la mortalité la plus élevée. Alors qu’est-ce qu’il y a de plus protecteur ? C’est ce côté-là et bien c’est les gens où il y a eu le moins de morts sont les gens qui connaissent les maladies infectieuses. Ca cela c’est la première fois qu’on le dit c’est-à-dire les gens qui ont encore un problème avec les maladies infectieuses savent gérer les maladies infectieuses tandis que les pays les plus riches pour qui cela a cessé d’être une priorité ne savent pas le faire. Et donc cela c’est une vraie priorité. Dans les pays dans lequel la mortalité par maladie infectieuse reste une cause importante de mortalité, les pays dans lesquels les maladies chroniques sont devenues les causes importantes de mortalité manifestement sont moins bien préparés à cet aspect-là. Et ce que l’on voit en-haut cela veut dire que c’est neutre, cela veut dire que ce n’est pas quelque chose qui influence c’est les mesures sociales de contraintes et de leurs effets sur le fait qu’il y ait plus ou moins de morts. Donc on voit là-dessus, il y a un paradoxe que moi je souligne depuis longtemps : c’est les plus riches qui ont payé le tribut le plus élevé et une des explications c’est celle-là c’est ceux qui ont le plus d’habitudes des maladies infectieuses. Un autre travail que je vous recommande qui est accessible aussi, c’est deux collègues parisiens qui ont fait cela, ce ne sont pas que des marseillais, c’est un travail qui a été fait par Vincent Jarlier dont je parle souvent et qui montre ces corrélations où il a corrélé : « Qu’est-ce qui est fonctionnel ? Qu’est-ce qu’on peut relier au nombre de décès ? Et quand on regarde et bien cela n’est ni les mesures de contrainte, ni l’urbanisation, ni même le pourcentage de la population supérieur à 65 ans mais c’est la précocité de la mise en place des tests diagnostics. Pour lequel nous avons eu un retard très important sur lequel je me suis exprimé à plusieurs reprises.

Donc si ce n’est pas les mesures contraignantes qui ont fait cela et si ce n’est pas, la pauvreté, qu’est-ce que c’est ? Et bien moi cela fait un moment que je dis qu’en réalité, ca n’est pas la même épidémie à laquelle nous assistons depuis le début. Il y a des variants différents et par exemple :

Ici c’est le premier variant que l’on a eu qui s’est répandu dans le monde un peu partout, on a quelques cas sporadiques mais pas plus, il y a celui qu’on a appelé Marseille 1, qui a donné une petite épidémie ici en revenant par bateau du Maghreb (schéma bleu) et on va voir d’une manière très intéressante qu’il ne s’est pas implanté ici durablement, il a duré un mois et il ne s’est pas implanté ailleurs en France. Donc c’est resté ici. Ca c’est très intéressant puisqu’on va voir maintenant, les autres ont commencé à faire des génomes aussi et donc on ne retrouve pas ce génome de Marseille 1 ailleurs qu’à Marseille. Donc cela est très intéressant.

Ensuite il y a ce Marseille 2 (vert) qui s’est répandu on va le voir, aussi ailleurs. Et puis ce Marseille 4 (jaune) dont on a l’impression, c’est celui dont on voit actuellement l’épidémie diminuer qui a causé notre deuxième partie de cette courbe très atypique en dos de chameau. Donc c’est qu’il y avait une première, un premier épisode avec le Marseille 1, une confusion avec ce Marseille 2 et puis ce Marseille 4 qui a pris le dessus et qui a déterminé le très grand nombre de cas.

Les gens nous disaient « Quand on est les premiers à dire quelque chose, les gens, certains ont l’habitude de dire que ce n’est pas vrai » mais enfin les gens finissent par faire les mêmes choses que ce que l’on avait fait avant et trouve la même chose que nous quand même donc c’est très intéressant. Là vous voyez, enfin, tous les génomes que l’on a en France et au moment où nous on a commencé à parler de cela il n’y avait pas encore de disponible de génomes de la deuxième épidémie donc bien sûr personne ne voyait les variants. Nous on a vu les variants et on voit que c’est pareil, nous celui que nous avons eu qui est le plus commun, c’est le 4 (jaune, dos de chameau) et vous voyez que dans le reste de la France aussi c’est le quatre, c’est aussi celui qu’on trouve le plus en Europe et vous voyez, c’est celui qui s’est le plus répandu :

Et dont on a l’impression qu’il est actuellement en fin d’évolution. Le deuxième qu’on voit le plus c’est le 5 et vous voyez que le 1 qui était celui qui nous a donné cette épidémie de juillet arrivé en bateau est resté à Marseille, on ne le trouve pas ailleurs. Vous voyez donc c’est des phénomènes qui sont liés à des micro-épidémie dues à des variants et là vous voyez par exemple ce variant que nous ici on avait identifié rarement comme étant Marseille 9, ici à Marseille il a très peu sévit mais manifestement il y a des gens qui en ont beaucoup séquencés de celui-là et donc il y a des endroits dans lesquels il a été le plus fréquent que ce qu’il n’a été ici.

Donc voilà l’évolution des choses, je pense que comme on a maintenant plusieurs cas de patients qui ont fait une première infection avec ce premier variant du premier acte et qui on fait une infection avec ce deuxième acte du Marseille 4 je pense que les gens vont être lucides sur le faits qu’il existe des variants et des variants distincts et que l’on peut faire une infection avec un deuxième virus très proche, que l’on appelle aussi le COVID-19 et je ne sais pas si c’est le fait que l’immunité acquise est insuffisante pour protéger même contre le même virus ou si c’est que cette immunité acquise contre un variant ne marche pas pour un autre variant et ce sera des questions qu’il faudra bien résoudre pour essayer de mettre un vaccin au point si il y en a un qui se met en place un jour.

Et enfin, la dernière chose je suis content là-aussi les choses se clarifient : dans plusieurs journaux très importants dont un j’ai mis en ligne sur le British Medical Journal, et plusieurs, des gens commentent et même l’OMS dit cela : ne recommandent plus redemsivir qui est un médicament qui ne marche pas. Je voudrais bien qu’en France on en prenne acte aussi et que l’on arrête de recommander de perfusion de redemsivir qui est un produit complètement inutile et qu’on met par perfusion pendant dix jours, ce qui est dangereux il ne faut pas faire cela. Il faut s’arrêter. Tout le monde le sait maintenant et je pense que petit à petit les gens vont prendre la mesure de tout ce qu’il s’est passé autour de redemsivir parce que le scandale du LancetGate qui essayait de faire croire que l’hydroxychloroquine était un produit toxique n’était que l’autre face de la vente du remdisivir qui est produit qui ne sert à rien et qui est dangereux à utiliser. Et donc une fois qu’on aura mis les deux faces, en face l’une de l’autre et bien l’étendue du désastre apparaîtra à tout à chacun.

Publié par magrenobloise

Webmagazine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :