Quand la bulle hydrogène éclatera

OPINION. N’attendons pas que l’éclatement de la bulle économique soit précédé du dévastateur éclatement d’une bulle physique, celle de l’hydrogène, pour prohiber le développement d’un mode de mobilité aussi ruineux qu’illusoire.

Quand la bulle hydrogène éclatera

Quand la bulle hydrogène éclatera, ce jour-là, commenceront de sauter, un peu partout en UE, les mines dispersées par les promoteurs institutionnels de la plus grande imposture technicoéconomique de l’ère moderne : des préjudices de toute nature, bien entendu éligibles à aucun dédommagement, ni à recours contre un quelconque responsable. Songez que le billet d’entrée dans l’ère radieuse de l’hydrogène va être payé 9 milliards d’euros par le pays des Grünen, 2 milliards d’euros par un plan France Relance ne doutant de rien (1), surtout pas de l’avion à hydrogène, l’UE se disposant à déployer de 180 à 470 milliard d’euros, entre 2024 et 2050, dans cette paraît-il rupture technologique.

Mais en quoi, au juste, consiste cette dernière ? Tout bonnement en la substitution progressive de la motorisation hydrogène à la motorisation traditionnelle, dans les secteurs domestique, industriel, agricole et surtout du transport. Voyons ça de plus près, techniquement et économiquement, sans trop nous perdre en chiffres et en concepts abscons.

Si l’on écarte le moteur à réaction quasiment réservé au transport aérien, n’existent aujourd’hui que deux types de moteurs : le moteur thermique à combustion interne et le moteur électrique avec sa variante à air comprimé. Pour fonctionner, le premier brûle un carburant à produire industriellement au meilleur prix (*), le second consomme une électricité à générer également au prix le plus bas (**). Ainsi, l’hydrogène se revendique-t-il capable de se substituer à l’une et à l’autre source d’énergie, aussi abondamment et surtout à prix inférieurs à ceux des filières industrielles implicitement mentionnées.

(*) Point n’est besoin d’être un expert averti pour ne pas gober qu’un hydrogène actuellement produit à 95 % par reformage énergivore des ingrédients des carburants automobile, de surcroît au rendement de 60 à 70 %, est capable de concurrencer commercialement ces carburants brûlés directement !

(**) De même, comment avaler que l’électricité produite par un dispositif embarqué sur chaque véhicule, synthétisant l’eau au moyen d’une pile à combustible (PAC) en puisant l’oxygène dans l’air et l’hydrogène dans le réservoir, puisse prétendre être plus compétitive que l’électricité massivement produite par EDF ? Comment, en effet, affublée d’une machinerie aussi encombrante qu’onéreuse et d’une infrastructure hydrogène soumise à des prescriptions de sûreté nucléaire, cette voiture à électricité interne peut-elle prétendre rivaliser économiquement avec la voiture à électricité externe, même dotée de moins de batterie qu’elle ?

Non seulement le prix d’achat de la première est appelé à rester dissuasif, mais, à la seule comparaison des deux rendements dits du puits à la roue, on observe que son coût d’usage est prohibitif : ce rendement est de l’ordre de 30 % pour l’électrique standard et de tout juste 10 % pour l’électrique issu de l’hydrogène…
Même si l’électrolyse par courant nucléaire peut permettre à la facture de la production industrielle de ce gaz de moins flamber, faire croire qu’on peut attendre un service analogue du courant « renouvelable », comme le fait croire Bruno Le Maire, relève de la mystification.

Il faut enfin savoir que, du jour au lendemain, le crash du Zeppelin Hindenburg sonna la fin du dirigeable à hydrogène. Or, tous les experts, spécialistes et usagers de ce gaz à des titres divers continuent de considérer qu’il est quasi impossible d’en maîtriser totalement la dangerosité : très inflammable et si léger qu’il percole à travers certains métaux, le transporter à l’état liquide et à 700 bars équivaut à circuler avec une bombe à bord.
N’attendons donc pas que l’éclatement de la bulle économique soit précédé du dévastateur éclatement d’une bulle physique pour prohiber le développement d’un mode de mobilité aussi ruineux qu’illusoire.

(1) Quand ledit plan prévoit d’allouer 470 millions d’euros, en deux ans, à un nucléaire français en capilotade, pour développer un Small Reactor Modular (SMR), réacteur de petite taille sur lequel les Américains ont déjà une longueur d’avance ! Cf 

Auteur :
André Pellen
Ingénieur (Abonné)
Publié le 21 novembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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