Intégration et assimilation : l’ indispensable union nationale

OPINION. Sans une union nationale, un pays excessivement divisé sur les questions primordiales de son identité et des valeurs de civilisation qu’il veut défendre, ne peut résister face aux tentations totalitaires qui le menacent à l’intérieur et à l’extérieur de lui-même.

Intégration et assimilation : l’ indispensable union nationale

Dans un monde globalisé, une nation qui souhaite préserver son mode de vie démocratique est nécessairement aujourd’hui confrontée à un défi complexe : faire cohabiter des populations différentes de par leurs origines civilisationnelles et refaire nation à partir de ces diversités idéologiques, confessionnelles et culturelles. Par incapacité à intégrer dans un projet commun cette diversité, l’Europe et les nations qui la composent sont aujourd’hui fortement divisées et sur le point de se déchirer peut-être définitivement.

Cette polarisation croissante de la société civile autour des questions liées à l’intégration et à l’accueil des migrants aggrave la crise du lien social. Elle contribue également à renforcer la défiance des citoyens ordinaires envers leurs élites et leurs dirigeants. Pourtant, comme toute crise, cette situation constitue certes un danger mais également une opportunité. Nous pouvons éviter de nous diriger vers des formes plus extrêmes de replis communautaires, à condition de recréer de véritables dialogues entre des personnes et des groupes qui ne se parlent plus et qui ont des visions divergentes, voire contradictoires, sur ces questions de l’ouverture ou de la fermeture des frontières, de l’intégration ou de l’assimilation de populations issues de l’immigration et désormais françaises.

Nous pensons qu’un tel débat doit avoir lieu au niveau local de manière généralisée et au niveau plus global des institutions et des politiques régionales et nationales.

Au niveau local, il est possible d’agir très rapidement. L’approche que nous développons, issue de nombreuses expériences de thérapie sociale menées ces dernières décennies consiste à recréer des espaces de coopération et de dialogue conflictuel entre des personnes et des groupes qui sont aujourd’hui séparés ou isolés. Il s’agit de recréer un lien durable fondé sur des informations partagées et de l’intelligence collective  entre citoyens de toutes origines, associations, acteurs bénévoles, commerçants et les professionnels de l’éducation, de la sécurité ou de l’intervention sociale, de la santé, de la prévention.

Mais attention, il ne suffit pas de créer des rencontres pour espérer recréer du lien et de la coopération. Il importe de soigner les relations entre les gens, entre les groupes d’appartenance. Qu’entendons-nous par soigner ? Les méfiances, les sentiments d’injustice, de discrimination, la haine, l’impuissance entraînent beaucoup de peur et de victimisation auprès de toutes les parties de la société. Nous ne proposons donc pas une psychothérapie des personnes mais un accompagnement selon un processus non directif mais méthodique des peurs, des défiances et des préjugés qui génèrent toujours beaucoup de violence, y compris lorsqu’ils sont masqués.

Les conflits autour de la diversité sont inévitables et ne peuvent assurément être résolus sans une prise en compte des émotions. Il s’agit d’un préalable incontournable pour favoriser l’action citoyenne. En effet, notre expérience dans différents pays, différents contextes a démontré que la diversité n’est jamais un problème en tant que tel, en tout cas tant que ce sont des personnes et non pas des peuples qui sont divers. C’est l’incapacité d’entendre l’autre, de le comprendre même si nous sommes en désaccord, de voir en lui un adversaire certes, mais un être humain comme nous, qui empêche de vivre ensemble dans la diversité. Cela étant valable bien entendu pour les uns et les autres. La violence dans la relation, qu’elle prenne la forme de l’indifférence, du prosélytisme actif ou du fanatisme religieux et idéologique, constitue toujours un obstacle à la bonne entente entre les individus et les groupes. Il s’agit donc de créer les conditions de dialogues conflictuels là où les désaccords existent, afin d’éviter les divisions, les séparations, les ghettoïsations et le renforcement de tendances radicales à caractère totalitaire. Nous voulons ainsi mobiliser les majorités silencieuses ou hésitantes pour éviter que d’autres les mobilisent définitivement contre la nation, telle qu’elle veut vivre et survivre.

Pour éviter ces dérives, la mise en place de solutions concertées est indispensable, sans quoi ce ne peut être un véritable projet de société. Pour réussir le délicat défi de l’’assimilation, un travail de développement citoyen doit donc permettre des conflits constructifs non seulement entre confessions et cultures différentes, mais bien au-delà entre des visions opposées de la société et de la nation. Il doit également permettre de nourrir, de gré ou de force, la décision politique d’informations sur la réalité vécue par les citoyens, ce qui est à la base de toute vie démocratique véritable.

Auteur :
Charles ROJZMAN
Essayiste (Abonné)
Publié le 26 novembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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