Toujours fermés, les restaurateurs crient leur colère

ARTICLE. Les patrons de restaurants du sud de la France manifestent aujourd’hui à Marseille contre l’impossibilité de rouvrir pour les fêtes alors que la situation économique de certains acteurs du secteur est critique et que les aides tardent à venir.

Toujours fermés, les restaurateurs crient leur colère

Fermés depuis un mois, les restaurants ont appris mardi, lors de l’allocution d’Emmanuel Macron, qu’ils ne pourront pas accueillir de clients avant janvier 2021 en raison de la crise sanitaire. Une réouverture dans deux mois et qui sera conditionnée au fait que « les objectifs sanitaires soient atteints », c’est-à-dire si le nombre de contaminations atteint moins de 5 000 cas par jour.

La réaction des professionnels du secteur n’a pas tardé. Restaurateurs, hôteliers, cafetiers, mais aussi commerçants « non-essentiels » du Sud de la France se rassemblent aujourd’hui lors d’une grande manifestation à Marseille. Des manifestants des régions Corse, Occitanie, et PACA qui plaident pour leur réouverture. « Nous ne voulons pas mourir, nous voulons rouvrir« , a déclaré l’organisateur de la manifestation Bernard Marty, président de l’Umih Paca. « Avant le deuxième confinement, nous avions mis au point un protocole sanitaire très strict dans nos établissements pour s’adapter aux recommandations du gouvernement, nous sommes bien sûr prêts à le revoir, l’adapter une fois encore. Mais il faut nous autoriser à rouvrir, c’est une question de survie. »

Et la fronde ne touche pas que le sud du pays. Environ 70 restaurateurs du Maine-et-Loire ont mis en scène la mort de la profession, mardi 24 novembre à Angers, devant la cathédrale puis la préfecture. Mercredi, ils étaient plus de 200 à manifester devant la préfecture de Poitiers. Derrière la banderole #LaissezNousTravailler, les propriétaires de bars et de restaurants du département de la Vienne demandaient à reprendre leurs activités avant la date hypothétique du 20 Janvier. A Grenoble, 800 manifestants vêtus de noir étaient venus de toute l’Isère et même de la Savoie, parmi lesquels de nombreux restaurateurs. Les deux-tiers d’entre eux ont mis un genou à terre pour symboliser la proportion d’établissements craignant pour leur survie à la suite de ce deuxième confinement. A Tarbes, quelque 200 petits commerçants, restaurateurs, hôteliers et artistes se sont rassemblés devant la préfecture des Hautes-Pyrénées pour crier leur « peur de mourir ». A Lyon, plus d’un millier de personnes ont défilé dans une ambiance festive. A l’appel de plusieurs associations, le mouvement interprofessionnel était regroupé autour du slogan commun : « Laissez-nous travailler ! ».

Et ces manifestations sont loin d’être le seul moyen de pression qu’a choisi la profession. L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie a annoncé il y a trois jours avoir entrepris une action devant le Conseil d’État à l’encontre du décret du 29 octobre 2020 visant à attaquer« l’incohérence des mesures ainsi que leur manque de lisibilité » qui s’explique par« l’incapacité du gouvernement à en justifier par une connaissance réelle du risque sanitaire lié à la propagation du virus dans les bars, restaurants et cafés comme le démontrent les études suisse, américaine et allemande analysées et développées dans les recours contentieux. »

Lors de son discours mardi soir, Emmanuel Macron a déclaré que les restaurants fermés administrativement pourront se voir verser 20% de leur chiffre d’affaires de l’année 2019, s’ils préfèrent cette option aux 10 000 euros du fonds de solidarité. Une aide insuffisante selon beaucoup de restaurateurs. Car si les manifestations continuent, le syndicat se fait peu d’illusions quant à une réouverture anticipée des établissements, et souhaite donc surtout faire pression pour obtenir un élargissement et une augmentation des aides financières.  « La profession fait face à une crise inédite qui va entraîner un nombre sans précédent de faillites et de licenciements », alertent les organisations professionnelles. « La perspective de fermeture de 2 établissements sur 3 est inacceptable. L’État doit venir au soutien de nos professionnels empêchés de travailler et pour cela répondre à leurs demandes par des mesures aussi fortes qu’indispensables et urgentes. »

Et pour montrer que la détermination des restaurateurs ne faiblit pas, plusieurs mobilisations ont déjà été annoncées à Paris pour le mois de décembre. Au niveau national, le syndicat de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) a indiqué que les branches départementales pourront décider elles-mêmes des opérations à mener. Une date a cependant déjà été arrêtée pour Lyon, où une grande mobilisation aura lieu le 7 décembre.

Auteur :
La rédaction
Publié le 26 novembre 2020

Publié par magrenobloise

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