Le prix Renaudot est attribué à Marie-Hélène Lafon pour Histoire du fils

La romancière est la seizième femme à obtenir cette récompense pour un beau roman autour d’un secret de famille. Le Renaudot Essai est décerné à Dominique Fortier pour Les villes de Papiers, paru chez Grasset.

French writer Marie-Helene Lafon poses during a photo session in Paris on September 5, 2017. – Marie-Helene Lafon’s latest book « Nos vies » is part of a selection unveiled by the Academy Goncourt on September 5 of 15 novels competing for the prestigious French literary prize, which will be awarded on November 6. (Photo by JOEL SAGET / AFP)

La littérature n’aura pas la bouche pleine aujourd’hui. La crise sanitaire a bouleversé le menu des prix littéraires. Comme leurs voisins de l’Académie Goncourt, les jurés du Renaudot ont dû s’adapter et renoncer à se réunir au restaurant Drouant.

Ce lundi 30 novembre, ils se sont ainsi retrouvés par visioconférence. Après l’annonce du lauréat du prix Goncourt, donné cette année à Hervé Le Tellier pour L’Anomalie (éd. Gallimard) son président Didier Decoin a appelé Georges-Olivier Châteaureynaud, président du Renaudot, à rejoindre leur réunion Zoom.

À 12h50, l’auteur a annoncé l’heureux élu, ou plutôt devrions-nous écrire, l’heureuse élue du prix Renaudot ; il s’agit de Marie-Hélène Lafon. Elle succède avec Histoire du Fils (éd. Buchet-Chastel) à Sylvain Tesson et son roman La Panthère des neiges (éd. Gallimard). Elle a remporté le prix à la majorité absolue au premier tour de scrutin. Elle faisait face à Hervé Le Tellier, Étienne de Montety, Anthony Palou, Jean-Paul Enthoven et Irène Frain. Dans la catégorie essai, la Québécoise Dominique Fortier remporte le prix avec Les Villes de papier (éd. Grasset).

Marie-Hélène Lafon est la seizième femme à obtenir le prix Renaudot. En dix ans, le jury du prix Renaudot a couronné cinq hommes et cinq femmes. En comparaison, le Goncourt et le Femina, depuis 2010, ont seulement récompensé deux femmes.

Dans ce roman, le personnage principal, André, élevé par sa tante, y perce un secret de famille en explorant sa généalogie. Dans le numéro du 2 octobre du Figaro Littéraire, la journaliste Astrid de Larminat avait souligné les grandes qualités littéraires de l’auteur. «Marie-Hélène Lafon ne sonde pas ses personnages, elle respecte leur mystère. Elle les sculpte comme des figures de bas-reliefs ou comme ces vierges auvergnates rustiques, archaïques, immuables, insondables, rassurantes cependant. Elle a inventé le roman de style roman.»

«Le choix de Marie-Hélène Lafon s’est imposé naturellement, selon Dominique Bona, membre du jury Renaudot. C’est le choix d’une grande écrivain française contemporaine. C’est une voix particulière une voix forte, enracinée dans les territoires dont elle sait si bien parler. C’est une voix fidèle à son univers qui nous touche par cette fidélité même. C ‘est un travail sur les mots. On écoute une histoire, une belle histoire, on l’écoute en peu de mots, en des mots choisis, qui semblent gagner sur le silence».

Auteur :
Alice Develey
Le Figaro
Publié le 30 novembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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