Chienlit

Le Dauphiné Libéré, évoque dans ses pages la politique, l’amour du ski de VGE. Il évoque par ailleurs la loi montagne. Qu’est-ce ?

C’est par exemple faire payer une redevance sur : « les autres loisirs de neige non motorisés, autres que le ski alpin (raquettes, chiens de traîneaux, piétons, etc.) » alors que la montagne est gratuite.

La loi montagne c’est par exemple « fixer des règles particulières en matière d’urbanisme communes à toutes les zones de montagne. Celles-ci couvrent 21 % du territoire national et ne représentent que 6 % de la population. » C’est-à-dire que la politique fait fi de la diversité des paysages, des habitants, des matières utilisées pour la construction, c’est la volonté d’appliquer partout un même paysage urbain.

La politique de l’urbanisation est en rupture avec celle du Général De Gaulle.

Légiférer pour prendre soin du paysage. La question qui se pose est pourquoi cela est-il nécessaire ? Les gens qui habitent en montagne prennent soin de leur environnement. Ils sont plus sensibles que les citadins à l’environnement et gèrent eux-mêmes la nature. Vouloir tout légiférer par des lois c’est se déconnecter du réel, surtout lorsque ceux qui légifèrent n’habitent pas dans le coin.

Création d’entités, de sur-entitées, de sur-surentitées pour arriver aux métropoles. Toutes ces personnes qui travaillent activement, qui sont-elles ? Quels pouvoirs ont-elles ? Que décident-elles ? Sont-elles en lien avec les populations ? Imposent-elles leur choix ? Sont-elles politiquement idéologisées ? Comprennent-elles chaque morceau du territoire et ses spécificités ? La création de ces instances donnent l’impression que les hommes construisent des tours de babel pour décider toujours plus haut sur des choses foncièrement simples qui peuvent se décider au niveau local, débattu au niveau local sans nécessité de supra-instances. Le seul lien que l’on a avec ces instances est les magazines. Le pouvoir local échappe aux citoyens, y compris lors des dernières élections car lors du premier tour, peu de gens souhaitaient se déplacer, des gens ont boycotté, trouvant ce choix politique, déplacé. Cela a d’ailleurs permis la victoire parfois non voulu d’élus ou parfois voulu pour des raisons de démocratie citoyenne. Mais la peur de l’emprise bureaucratique demeure, avec la peur d’une incompréhension entre élu et citoyen, d’idéologie, sans observer simplement le réel et laisser les gens régler leur problème, organiser des rencontre-débats et vouloir toujours plus de pouvoir, toujours plus intégrer les grandes instances et déposséder les citoyens de leur pouvoir démocratique, de décision.

Les critiques de la loi montage :
A été mise en évidence la très forte dimension politique et idéologique de la loi, promulguée par des responsables politiques de gauche en pleine décentralisation, à rebours de l’aménagement du territoire centraliste tel qu’appliqué depuis Charles de Gaulle. La loi montagne s’inspire des luttes sociales des années 1970, comme celle du Larzac, et s’appuie sur l’image partagée au-delà des clans politiques, de la montagne comme emblème national. Plusieurs analystes estiment que c’est cette dimension symbolique qui a nui au pragmatisme de la loi, et donc à son efficacité.

Céline Broggio estime que c’est aussi par électoralisme (la loi portée par la gauche sur des territoires acquis à la droite) que la loi a perdu en réalisme.

Le manque d’incarnation des institutions mises en place, l’échec de l’idéal d’autodéveloppement et la contradiction de certains textes ont aussi été mis en avant

En 2020, Charles De Gaulle fut le seul président de la Ve République à avoir visité tous les départements français, outre-mer comprise. Il se rend en train ou en avion dans les régions, avant de visiter leurs départements en voiture durant une semaine en moyenne.

Contrairement à Valéry Giscard D’Estaing qui aimait se mettre en scène, Charle De Gaulles considère « refuse de « jaspiner » dans « les étranges lucarnes », mais il se pliera à cette nouvelle mode entre les deux tours. »

L’indépendance
Sur le plan international, de Gaulle continua à promouvoir l’indépendance de la France : il refusa à deux reprises (en 1963 et en 1967) l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE; il condamna dès 1964 l’aide militaire apportée par les États-Unis à la république du Viêt Nam (dite Viêt Nam du Sud) contre la rébellion communiste menée par le Viêt Cong (guérilla soutenue par le Nord-Viêt Nam), ainsi que la riposte israélienne au blocus du détroit de Tiran par l’Égypte, lors de la guerre des Six Jours en 1967. Il prit l’une de ses décisions les plus spectaculaires en 1966, lorsque la France se retira du commandement militaire intégré de l’OTAN, expulsant les bases américaines de son territoire.

En ce qui concerne l’Europe, de Gaulle était partisan d’une « Europe des nations » et des États, qui peuvent seuls répondre des nations, celles-ci devant conserver leur pleine souveraineté et leur personnalité historique et culturelle : « Si vous voulez que des nations s’unissent, ne cherchez pas à les intégrer comme on intègre des marrons dans une purée de marrons. Il faut amener leurs gouvernants légitimes à se concerter, et un jour, à se confédérer, c’est-à-dire à mettre en commun certaines compétences, tout en restant indépendants pour tout le reste » ; de Gaulle était franchement hostile à l’idée d’une Europe supranationale, c’est-à-dire celle prônée par Jean Monnet, une Europe avec un gouvernement fédéral composé des actuelles commissions, qui surplomberait des gouvernements provinciaux, lesquels ne s’occuperaient plus que des questions secondaires ; en 1962, le terme volapük qu’il employa pour parler de la coopération européenne entraîna le départ du gouvernement des cinq ministres MRP.

C’est l’Europe qui fixe le cadre de son ambition, une Europe qui va même « de l’Atlantique à l’Oural », gommant d’un trait le provisoire rideau de fer. En effet, le pivot de la politique étrangère française est le rapprochement avec l’autre poids lourd du continent, l’Allemagne. Ainsi, de Gaulle tourne le dos aux « Anglo-Saxons ».Charles de Gaulle et David Ben Gourion en 1960.

On pourrait en effet s’étonner de l’intransigeance gaullienne vis-à-vis du Royaume-Uni, tout particulièrement. Pour de Gaulle, comme pour Churchill d’ailleurs, le Royaume-Uni n’avait fait que son devoir en 1940, et il n’existait pas de « dette » française envers Londres liée à la Seconde Guerre mondiale. De Gaulle désapprouvait les relations privilégiées rapprochant le Royaume-Uni des États-Unis depuis la guerre, ainsi que la préférence économique impériale qui jouait entre celle-ci et les États du Commonwealth, rendant ainsi difficile son admission au sein de l’Europe. Aussi l’entrée d’un tel « cheval de Troie américain » au sein de l’Europe lui paraissait-elle non souhaitable. Les Britanniques attendront donc 1973 avant de rejoindre la communauté économique européenne (CEE).

Les relations entre de Gaulle et les États-Unis sont assurément les plus épicées. Malgré quelques tensions vives, de Gaulle sera toujours au rendez-vous en cas de vrai coup dur : Berlin ou Cuba, notamment. En revanche, dès que les Américains entament le processus d’escalade, de Gaulle prend publiquement ses distances, notamment par son discours du 1er septembre 1966 à Phnom Penh vilipendant l’attitude américaine au Viêt Nam, théâtre d’opération que la France connaissait fort bien. Ses communications privées sont espionnées par les États-Unis, mais aussi par le Royaume-Uni, qui le surveille à son domicile.

Idée de la France
La notion gaullienne d’« une certaine idée de la France » se manifeste surtout en politique étrangère. De Gaulle puise une force dans sa connaissance de l’Histoire de France, qu’il a d’ailleurs enseignée à Saint-Cyr. Selon lui, le poids de cette Histoire donne à la France une position particulière dans le concert des nations. Convaincu que les relations internationales reposent avant tout sur les réalités nationales et les rapports entre États, il surnomme l’ONU « le machin » et refuse que la France participe au financement des opérations menées par les « casques bleus » contre la sécession katangaise au Congo ex-belge.

Pour Mai 68, De Gaulle envoie au pilori le groupe PCF en lui prêtant une attitude subversive délibérée. Il dit « l’ambition et la haine de politiciens au rancart » et affirme qu’après avoir été utilisés « ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids, qui ne serait pas lourd ».

La trahison politique
Dans un référendum portant sur le transfert de certains pouvoirs aux régions et la fusion du Sénat avec le Conseil économique et social de Gaulle proposait d’introduire des représentants des organisations professionnelles et syndicales au sein des conseils régionaux. Mettant tout son poids dans le référendum, il annonça à l’avance son intention de démissionner en cas de victoire du « non ». Celui-ci, auquel s’était rallié Valéry Giscard d’Estaing, l’emporta par 52,41 % le 27 avril 1969. Quelques minutes après minuit, le 28 avril, un communiqué laconique tombe de Colombey-les-Deux-Églises : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »

Legs historiques
Le général de Gaulle a planifié et modernisé la recherche et l’industrie par l’impulsion de l’État. C’est de son époque que datent le début des grands programmes qui ont fait la force de l’industrie française et qui trouvent leur aboutissement aujourd’hui dans de grands champions français ou européens : dans l’aéronautique, la Caravelle a donné naissance à Airbus Industrie ; dans l’industrie spatiale, la création du Centre national d’études spatiales (CNES) en 1961, le programme spatial français des « Pierres précieuses » et la fusée Diamant, premier lanceur construit en dehors des États-Unis et de l’URSS, ont abouti à la naissance d’Arianespace et de l’Agence spatiale européenne ; dans l’industrie nucléaire, la création du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) en 1945 a permis à la France de contrôler l’ensemble de la filière nucléaire avec la société Areva ; dans l’industrie informatique, les objectifs du plan Calcul (1966) ne furent pas atteints, mais, notamment grâce à la création de l’IRIA (devenu INRIA) en 1967, la France est le seul pays européen qui ait réussi à conserver un constructeur informatique purement européen, Bull, qui fabrique aujourd’hui des superordinateurs et, rapproché avec Atos, forme un champion européen de l’informatique.

Bien des traits de sa personnalité avaient entraîné une sympathie des Français envers sa personne : d’abord son vocabulaire non conventionnel pour un homme politique de l’époque et de cet âge (« culbute », « chienlit »), ses boutades (« Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur? »), son sens de la repartie (au cours d’une conférence de presse, il répondit à un journaliste dont la question était simplement « Comment allez-vous ? » : « Je ne vais pas mal. Mais rassurez-vous : un jour je ne manquerai pas de mourir ») ; à Louis Vallon, qui s’était écrié « Mort aux cons ! » au cours d’une réunion, au temps du RPF, de Gaulle répondit : « Vaste programme ! », son mépris affiché des partis politiques, enfin, sa défiance envers une droite qui ne l’aimait pas et le lui fit voir en 1969, comme envers une gauche qui n’avait jamais vraiment soutenu le projet de participation des salariés aux bénéfices de leur entreprise qui lui était cher (conformément à sa politique directement inspirée du catholicisme social). De Gaulle, c’était, dans un esprit très « Astérix », un de ces « petits qui ne se laissent pas avoir par les grands ». On ne s’étonnera pas de sa déclaration selon laquelle son livre préféré était Cyrano de Bergerac. Et il fit un jour cette remarque ironique : « Au fond, vous savez, mon seul rival international, c’est Tintin ! »

Et il faut noter que plus que tout, ou disons avec autant de force et la même énergie, le Général De Gaulle souhaita l’indépendance et l’autonomie de l’Algérie, il regretta d’ailleurs que l’accord d’Evian ne soit pas ratifié par cette dernière partie. Cet homme était un grand homme avant d’être un homme politique et c’est parce qu’il était un grand homme qu’il est devenu un homme politique, peut-être malgré lui.

Auteur :
Charles Telmar
Publié le 4 décembre 2020


Publié par magrenobloise

Webmagazine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :