L’histoire de la Russie, partie I

Gabrielle Rooth, historienne, revient dans un premier épisode sur l’histoire de la Russie.

Eau-forte : Saint-Pétersbourg en 1753.


Introduction

La Russie est le plus vaste Etat de la planète. Elle est l’héritière de l’Empire russe et l’État continuateur de l’Union des républiques socialistes soviétiques.

Bien qu’entourée de nombreuses mers et de deux océans, la Russie est caractérisée par un climat continental avec des milieux particulièrement froids et hostiles sur la majeure partie du territoire.

La population russe est estimée à près de 147 millions d’habitants en 2019, ce qui en fait le neuvième pays le plus peuplé de la planète.

En 2019, la Russie est la onzième puissance économique mondiale en matière de PIB à valeur nominale et sixième en parité de pouvoir d’achat.

Organisation générale

La Russie possède l’Oural, un massif montagneux érodé riche en ressources minières.
Ceinture forestière d’une largeur de 1200 km en « Russie européenne » dont l’Oural est la barrière naturelle, et de 2000 km en Sibérie constitue la plus grande réserve forestière de la planète. Les surfaces cultivées présentent 8.9% de la surface cultivable de la planète.

Lac Baïkal, l’Île d’Olkhon.

La durée de l’hiver, le froid intense et les variations brutales de température ont un énorme impact sur le mode de vie de la population et le fonctionnement de l’économie. Dans la partie la plus froide du pays, le sous-sol ne dégèle jamais : on parle de pergélisol.

Le changement de végétation suit celui du climat.

Organisation

Les sujets de la fédération de Russie ont un pouvoir exécutif (un chef, un gouverneur, un maire), un pouvoir législatif (parlements régionaux) et un pouvoir judiciaire. Les républiques ont une Constitution tandis qu’on parle de statut pour les autres sujets de la fédération. Chaque sujet de la fédération de Russie envoie deux représentants au Conseil de la Fédération (le sénat de la fédération de Russie).

La Russie possède des frontières terrestres avec 14 pays.

Histoire

Sous le règne de Vladmir (environ 800), le christianisme orthodoxe va sceller les peuples.

Pierre Ier le Grand (1682-1725) au prix d’une longue guerre avec la Suède, obtient un accès à la Suède, obtient un accès à la mer Baltique ; il fait consitruire Saint-Pétersbourg qui devient à compter de 1712 la nouvelle capitale, symbolisant ainsi l’ouverture du pays vers l’Europe. Une puissante industrie métallurgique, la première d’Occident à l’époque, est édifiée dans l’Oural et permet de soutenir l’effet de guerre.

Blason de la Russie au XVIIème siècle.

L’Eglise au 18ème siècle joue un rôle essentiel dans la société russe et possède plus des deux tiers des terres.

Pierre le grand puis Catherine II font venir un grand nombre de colons allemends (par exemple les Allemands de la Volga), d’artisans et de savants occidentaux souvent allemands, pour moderniser le pays, édifier les industries et jeter les fondements des établissements d’enseignement et de diffusion du savoir. Les bases de la langue littéraire russe sont définies par Mikhaïl Lomonossov (chimiste, physicien, astronome, historien, philosophe, poète, dramaturge, linguiste). Les premiers journaux sont publiés à cette époque. La noblesse russe s’occidentalise, surtout sous l’influence de la philosophie allemande et de a langue française, et certains de ses membres s’enthousiasmeront pour les idées des Lumières, et parfois même de la Révolution française.

Mû comme tous les souverains européens, par une idéologie conservatrice et hostile aux idées de la Révolution française, Alexandre 1er participe à deux coalitions contre Napoléon 1er et essuie des défaites coûteuses. Alexandre 1er choisit alors, par renversement d’alliance, le camp de la France, mais la paix ne durera que cinq ans. Il profite de cette pause pour attaquer la Suède et annexer la Finlande.

En 1812, les hostilités reprennent. La Grande Armée de Napoléon parvient à s’emparer de Moscou mais doit en repartir, chassée par l’incendie de la lville. Les armées russes harcèlent alors un ennemi décimé par la faim et le froid et en 1814, elles occupent Paris.

Au décès d’Alexandre (1825), des officiers réformistes, les décembristes, se soulèvent en vain pour demander une réforme de la monarchie. Cette tentative de soulèvement d’officiers issus de l’aristocratie va servir aussi de modèle à de nombreux intellectuels russes au cours du siècle suivant, inspirés par la philosophie de Hegel ou de Kropotkine.

Le déclin de l’empire ottoman, qui attise les convoitises des puissances européennes, est à l’origine d’un conflit entre la Russie et les autres puissances européennes, Grande-Bretagne en tête: la guerre de Crimée. Défait à Sébastopol (1856), Alexandre II, le successeur de Nicolas, doit céder le sud de la Bessarabie avec les Bouches du Danube, et perd les droits de passage entre la mer Noire et la Méditerranée. Un dernier conflit victorieux avec l’Empire ottoman (1878), déclenché par l’insurrection bosniaque de 1876, lui permet de retrouver un accès au Danube et parachève la conquête du Caucase. Ce conflit inquiète cependant les investisseurs car la Turquie refuse de signer le protocole élaboré à Londres par les grandes puissances.

Défense de Sébastopol, guerre de Crimée

L’enseignement se répand dans les classes les plus aisées et de nombreuses écoles supérieures sont fondées. La littérature russe connaît un premier épanouissement avec des écrivains majeurs comme Tourgueniev, Pouchkine ou Gogol qui témoignent des tourments de la société russe. Cet essor culturel s’étend également à l’architecture et à la musique (Glinka, compositeur russe).

Le tsar Alexandre II, abolit le servage en 1861 qui inclut l’attribution à l’ancien serf d’une terre, souvent trop petite pour le nourrir, au prix d’un endettement à long terme vis-à-vis de l’Etat.

Alexandre finira par tombe sous le coup d’intellectuels nihilistes en 1881.

La tension entre l’empire britannique et la Russie (Grand Jeu) va rester vive jusqu’à ce qu’un accord soit trouvée en 1907 (convention anglo-russe).

Il fut assassiné en 1881, par un groupe anti-tsariste.

Alexandre III

L’empereur Alexandre III par Ivan Kramskoï (1886).

Fils d’Alexandre II, il mène en réaction à l’assassinat de son père, une politique de contre-réforme.
 Les dispositions autoritaires sont maintenues ou renforcées : les partis politiques et les syndicats sont interdits, le droit de circulation est limité, la presse est censurée. Sur le plan économique l’industrie se développe rapidement grâce, entre autres, aux investissements étrangers et à la construction d’un réseau ferroviaire qui atteint 30 000 km en 1890. De nouvelles régions s’industrialisent (Ukraine) tandis que certaines renforcent leur caractère industriel comme la région de Saint-Pétersbourg et surtout celle de Moscou. Mais la main-d’œuvre abondante dégagée par l’abolition du servage et la croissance démographique ne trouve pas entièrement à s’employer dans l’industrie (trois millions d’ouvriers en 1913). De nombreux paysans viennent coloniser les terres vierges de l’empire situées dans le Sud et l’Est (vallée inférieure de la Volga, Oural, Sibérie) de l’empire. Le Transsibérien permet de désenclaver les immenses territoires de la Sibérie et facilite cette migration, tandis que le financement de l’industrialisation se fait principalement par les emprunts russes venus surtout de France.

Le premier tronçon du Transsibérien ouvre dès 1888 et Moscou émet quatre emprunts de 500 millions de francs-or. En 1904, la France compte 1,6 million de créanciers du réseau ferré, de l’État et des municipalités russes, tandis que l’alliance franco-russe mise en place en 1892 tente de faire pièce à la Triplice.

Au 20ème siècle des oppositions naissent : l’évolution économique et sociale du pays avait fait monter les oppositions libérales, démocrates, socialistes, et révolutionnaires au régime tsaristes. La fusillade meurtrière du Dimanche rouge à Saint-Pétersbourg mit le feu aux poudres mais le mécontentement grandit et l’opposition de radicalisa.

La mutinerie du cuirassé Potemkine, immortalisé en 1925 par Le Cuirassé Potemkine, en est restée un symbole.

Première Guerre mondiale et révolution russe

Nicolas II de Russie

La Russie entre en guerre contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie en 1914 pour venir en aide à la Serbie, son alliée. L’Empire russe déclenche une offensive en Pologne orientale mais est sévèrement battue. Les troupes russes doivent abandonner la Pologne. Début 1917 éclatent des mouvements sociaux, suscités par le poids de la guerre sur l’économie, les pertes sur un front réduit à une stratégie défensive, l’instabilité des dirigeants et la défiance vis-à-vis du tsar. Le refus des troupes de réprimer les manifestations et la lassitude des classes dirigeantes obligent le tsar Nicolas II à abdiquer ; ainsi éclate la Révolution de Février 1917 et la Russie devient une république.

En 1917, les bolcheviks renversent le gouvernement à Saint-Pétersbourg alors capitale de la Russie par les armes. La paix est signée avec les Allemands aux prix d’énormes concessions territoriales. Après leur victoire en 1922, les bolcheviks instaurent l’Union des républiques socialistes soviétiques ; la Russie devient une des républiques de l’Union.

Les bolcheviks sont les membres d’une des deux factions du parti ouvrier social-démocrate de Russie, celle créée en 1903 sous la direction de Lénine.

Lénine en 1920

Entre les deux guerres

Dès la prise du pouvoir, le nouveau régime tourne à la dictature réprimant toute opposition même au sein du parti bolchevik. L’ensemble des moyens de production industrielle est placé sous le contrôle de l’Etat. A la fin de la guerre civile en 1921, le pays est exsangue : la désorganisation des transports et les réquisitions agricoles déclenchent une famine qui fait un million de victimes autour de la Volga.

En quelques années, les productions agricole et industrielle se rétablissent. Lénine, mort en 1924, laisse sa « succession » ouverte. Staline va en quelques années se hisser au pouvoir en éliminant physiquement ses rivaux.

Une nouvelle famine éclate, cette fois-ci majoritairement en Ukraine (1932-1933) et dans le Kouban.

Le gouvernement incite les travailleurs au dépassement des normes de productivité (stakhanovisme : apologie d’un travailleur très productif et dévoué à son travail) au nom de l’avenir radieux. En même temps, Staline mène une politique répressive qui envoie au goulag ou à la mort plusieurs millions de personnes avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, ce qui ne l’empêche pas d’instaurer un véritable culture de personnalité. C’est la montée du stalinisme.

Auteur :
Gabrielle Rooth
Historienne
Publié le 4 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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