Une Française invente une ceinture de distanciation sociale

ARTICLE. Le premier confinement a été l’occasion pour beaucoup de Français de prendre le temps de réfléchir à des idées pour l’avenir. Pas toujours pour le meilleur…

Une Française invente une ceinture de distanciation sociale

On n’arrête pas le progrès, c’est connu, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut le pousser dans le dos ! C’est en un sens la démarche d’Isabelle Knorst, comptable au chômage habitant à Merville (Haute-Garonne) qui a inventé une ceinture de distanciation sociale.

Le principe est simple : une ceinture couleur gris anthracite en mousse condensée à enfiler autour de la taille. De la ceinture partent six piques en mousse de 50 cm tenant à l’horizontal, parallèlement au sol. La ceinture ne passe pour le moins pas inaperçu. A vrai dire, à première vue, elle ressemble à un accessoire d’entraînement de natation synchronisée. La praticité est évidemment nulle, mais l’esthétique ne sauve rien.

Interrogée par Le Dépêche du midi, la Française se défend : « C’est vrai que ce n’est pas très élégant, mais qu’est-ce que qui compte le plus : soigner sa propre image ou être libre ? » Elle confie par ailleurs avoir souffert du premier confinement et avoir réfléchi à une solution pour éviter d’avoir à se confiner. Démarche louable, toutefois, une question se pose : serait-on réellement libre si chacun se déplaçait avec une ceinture à piques chargée d’empêcher toute interaction sociale proche ? Ce qui pourrait sembler anecdotique ne l’est pas et la liberté a parfois des atours de conditionnement malsain.

Dans les années 1960, l’anthropologue américain Edward Hall avait développé la notion de « proxémie », une discipline étudiant le rapport à l’espace social. Hall avait étudié la variation des distances de proximité corporelle en fonction des cultures. Si les contacts physiques sont par exemple plus fréquents dans les pays latins, ils sont plus éloignés dans les pays nordiques ou au Japon. Edward Hall a ainsi établi un diagramme des sphères proxémiques distinguant : la sphère intime (moins de 45 cm), la sphère personnelle (moins 1,2 mètres), la sphère sociale (3,6 mètres), la sphère publique (au-delà de 7,6 mètres). La distance sociale est un équilibre subtil qu’on ne bouleverse pas en vain.

La ceinture de distanciation sociale a donc tout de la fausse bonne idée. On pourrait la croire volontairement farfelue et volontiers humoristique, mais loin s’en faut. Sa créatrice est parfaitement sérieuse. « Je veux offrir ce choix aux Français », confie-t-elle au journal occitan. Elle ajoute même « Les gens ne se rendent pas toujours compte qu’ils sont à moins d’un mètre. Avec cette ceinture, tout le monde verrait la limite à ne pas dépasser ».

Confiante dans son projet, Isabelle Knorst a déposé un brevet, pris contact avec une entreprise de Haute-Garonne pour la production, inventé des croquis pour les enfants et pense déjà à des versions fluorescentes pour les salles de concert…Après une lettre au président Macron, elle a contacté des personnalités susceptibles de vanter son projet : David Guetta, Maître Gims, Tony Parker, Bigflo et Oli ou encore James Debbouze. Fermez le ban. « Voir les gens porter cette ceinture dans la rue, ce serait une grande victoire », conclut-elle. Pour qui ?

Auteur :
La rédaction
Publié le 6 décembre 2020


Publié par magrenobloise

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