Violences à Paris : des centaines de «casseurs» et 95 arrestations

EN IMAGES – Le ministre de l’Intérieur a dénoncé ceux «qui cassent la République». 48 policiers et gendarmes ont été blessés samedi dans la capitale lors d’une manifestation contre la précarité et la loi «Sécurité globale».

Voitures incendiées, mobilier urbain saccagé et vitrines endommagées : la manifestation contre la précarité et la loi «Sécurité globale» a été émaillée de scènes de vandalisme samedi 5 décembre à Paris, où la mobilisation a été en baisse. Et de fait, son message, couplé à des revendications sociales, a été inaudible.

Selon la place Beauvau, il y a eu 95 personnes arrêtées en France. 42 d’entre elles l’ont été à Paris. Le parquet de Paris a de son côté fait état de 25 personnes placées en garde à vue, dont deux mineurs. La majorité des gardés à vue le sont pour «participation à un groupement formé en vue de la commission de violences», selon la même source. Une personne est entendue pour «violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique», a ajouté le parquet.

Dimanche matin, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a indiqué que 67 policiers et gendarmes – dont 48 à Paris – ont été blessés au cours des manifestations qui ont réuni environ 52.000 personnes à travers le pays.


Dans la capitale, la série d’incidents, les actes de vandalisme et autres feux sporadiques avaient débuté très tôt après le départ de la manifestation au niveau de la porte des Lilas dans le 20e arrondissement. Sur le chemin qui mène à République, point d’arrivée de ce défilé irrégulier, au moins six voitures et un camion stationnés le long de l’avenue Gambetta, ont été incendiés et plusieurs vitrines de banques et agences immobilières ont été endommagées. Des chantiers ont servi de base d’approvisionnement en projectiles divers et des incendies sporadiques ont été allumés ça et là, par des groupes vêtus de noir et très mobiles.

Selon une source policière, ces individus «casseurs» étaient au nombre de 4 à 500, au pic de la manifestation parisienne, dont ils ont occupé la tête du cortège. Ce qui a empêché la bonne marche du défilé. De nombreux manifestants ont dénoncé cette présence, qui a brouillé les revendications. D’autres ont toutefois pointé des provocations émanant des forces de l’ordre.


Un pompier a également été blessé par un jet de projectile à Paris, a indiqué une source policière.

Près de 90 rassemblements ont eu lieu en France et des incidents ont également été signalés à Lyon, Dijon ou encore à Nantes, où cinq membres des forces de l’ordre ont été blessés dont l’un par un cocktail Molotov selon la préfecture de Loire-Atlantique.

La classe politique dans son ensemble a condamné ces violences. Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, s’est insurgé : «Pendant combien de semaines encore Emmanuel Macron et son ministre de l’Intérieur vont-ils regarder impuissants 400 casseurs mettre le feu dans les rues de Paris ?» Même tonalité pour Rémi Féraud, sénateur PS : «Solidarité avec les victimes de ces exactions et avec les forces de l’ordre à nouveau confrontées à une violence injustifiable. Mais à qui et à quoi ces idiots sont-ils utiles ? Et comment se fait-il qu’ils n’aient toujours pas été mis hors d’état de nuire ? La question se pose.»


Cette photo prise par une photographe de l’AFP, Anne-Christine Poujoulat, a fait le tour des réseaux sociaux samedi soir. On y voit des membres de la Brigade française de répression des actions violentes de la police( BRAV) regroupés et une boule de flamme semble piéger l’un des policiers. Sur Twitter, de nombreux internautes se sont insurgés, choqués de voir ce policier «en feu».

En réalité, l’angle de prise de vue rend ce cliché trompeur. La scène se déroule avenue Gambetta. Les membres de la Brav-M sont en position de protection d’un côté de l’avenue et essuient des tirs de projectiles. Les flammes seraient alors dues à l’explosion de l’un de ces projectiles et se seraient éteintes en moins d’une seconde, comme l’explique la photographe à l’origine du cliché au Parisien : «Ça a été extrêmement furtif. J’ai vu quelque chose qui m’a attiré mais je ne me rappelle plus précisément quoi, j’ai appuyé sur le bouton et là j’ai vu les flammes sur l’image sur mon boîtier (…) Le policier n’était pas en feu mais j’ai l’impression qu’on lui a lancé quelque chose dont il s’est protégé avec son bouclier.»

Plusieurs vidéos corroborent cette description des faits :

Twitter Clément Lanot.

Twitter Grégoire Mandy.

Auteur :
Le Figaro avec AFP
Publié le 6 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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