300 saisonniers marocains en renfort dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse

Attendus en France d’ici quelques jours, ces travailleurs ont été recrutés à la demande d’exploitants agricoles qui assurent manquer de main-d’œuvre.

300 saisonniers marocains en renfort dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse

Ils vont arriver dans les jours qui viennent. Environ 300 travailleurs saisonniers venus du Maroc vont débarquer dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, à la demande d’exploitants agricoles qui les attendent de pied ferme. « Il s’agit de saisonniers pour du maraîchage et de l’horticulture : salades, fruits et légumes verts notamment. Il ne s’agit pas que de ramassage, mais également de taille, de préparation des champs pour la culture », a détaillé Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), précisant que le coût du transport serait pris en charge par les employeurs. Les travailleurs marocains passeront tous le test du Covid-19 au départ et à l’arrivée, puis sept jours après leur arrivée.

Déjà, en octobre, l’OFII avait organisé un pont aérien pour acheminer 900 travailleurs saisonniers marocains pour les récoltes de clémentines en Corse. Chaque année, ce sont plus de 1200 ouvriers étrangers qui rejoignent pour deux mois l’Ile afin de récolter 25 à 30 000 tonnes de clémentines. Environ les 2/3 sont même de tels habitués qu’ils ont obtenu des titres de séjour saisonniers.

Cet accord spécial entre les autorités françaises et marocaines est habituel. Avant de faire appel à cette main-d’œuvre étrangère pour les clémentines, des annonces ont été déposées à Pôle Emploi, mais n’ont pas été pas pourvues. Payés au Smic (1219 euros net par mois), avec des heures supplémentaires quelquefois majorées, pour des semaines de récolte dépassant régulièrement les 35 heures, les travailleurs étrangers sont logés et leur voyage aller-retour est pris en charge. Un rêve, quand on sait qu’au Maroc, le salaire minimum agricole garanti est de moins de 200 euros par mois.

Ce manque de main d’oeuvre chronique touche toute la France. 97 % des demandes de saisonniers étrangers émanent d’exploitants agricoles, le reste provenant d’entrepreneurs de l’hôtellerie et de la restauration. La France accueille chaque année environ 16 000 travailleurs saisonniers étrangers, qui proviennent en quasi-totalité de trois pays : la Pologne, le Maroc et la Tunisie. Elle a conclu avec ces trois Etats des accords de main-d’oeuvre permettant de faire venir les travailleurs saisonniers selon une procédure simplifiée.

Depuis la pandémie de Covid-19, des restrictions concernant les travailleurs saisonniers avaient été prises en raison de la fermeture des frontières. Une décision qui avait révolté les exploitants agricoles. Des manifestations coordonnées s’étaient déroulées devant les préfectures de la région Paca pour demander la réouverture des frontières aux saisonniers. Sous pression, le ministre de l’Agriculture avait alors annoncé un guide des bonnes pratiques d’hygiène pour les employeurs agricoles, autorisant à nouveau la venue des saisonniers étrangers.

Actuellement, et jusqu’au terme de l’état d’urgence sanitaire, soit jusqu’en février 2021, le travailleur saisonnier peut séjourner et travailler en France pendant la ou les périodes fixées par la carte de séjour. Ces périodes ne peuvent dépasser une durée cumulée de 9 mois par an. Pour être admis à entrer en France, les travailleurs saisonniers agricoles doivent être munis en entrant sur le territoire d’une attestation de déplacement international dérogatoire, de la déclaration préalable à l’embauche, du Tesa (titre emploi simplifié agricole) ou d’un contrat de travail conclu avec une entreprise ou une exploitation établie en France.

Mais ce recrutement de saisonniers étrangers pose plusieurs problèmes, parmi lesquels celui du retour des travailleurs. S’ils doivent, en principe, regagner leur pays d’origine à la fin de leur contrat, il arrive quelquefois qu’ils tentent de rester sur le territoire illégalement. Surtout que certains, comme les ressortissants polonais, bénéficient de la liberté de circulation, vrai casse-tête pour les autorités rendues impuissantes par les traités européens. Le travail saisonnier par des étrangers est surtout un parfait exemple de « dumping » social. Ce recours représente une aubaine économique pour les entreprises et les boîtes d’intérim étrangères qui paient des cotisations sociales qui sont jusqu’à deux fois moins élevées qu’en France.

Avec près de 3 millions de chômeurs actuellement en France, il est difficile de justifier la venue de cette main-d’oeuvre étrangère. Depuis les annonces gouvernementales concernant la fermeture des stations de ski, des milliers de saisonniers – qui vont bénéficier d’un dispositif de chômage partiel payé par l’Etat – sont actuellement disponibles : rien que dans les massifs alpins, d’après les chiffres de l’Insee, l’emploi saisonnier représente plus de 100 000 personnes. Un immense gâchis.

Auteur :
La rédaction
Publié le 6 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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