Guillaume Meurice : encore raté !

ANALYSE. Dans un petit billet d’humeur publié cette semaine dans Siné Mensuel, l’humoriste subventionné Guillaume Meurice a violemment attaqué les petits commerçants, les accusant d’avoir retourné leur veste durant la crise sanitaire. Un mauvais goût qui pourrait se défendre s’il n’était porté par un raisonnement boiteux.

Guillaume Meurice : encore raté !

Il arrive que le fiel donne du génie…mais pas à Guillaume Meurice ! Cette semaine dans Siné Mensuel, ce comique de cour (dûment payé par le service public audiovisuel pour répandre la bonne parole progressiste) a étalé, du haut de son coussin péteur, sa détestation sans nuance des entrepreneurs et des petits commerçants français, que-c’est-eux-qui-l’ont-bien-cherché-d’abord.

Que leur reproche-t-il ? D’avoir voté en 2017 pour Fillon ou Macron (ce qui reste largement à démontrer), avant de se renier trois ans plus tard en appelant les pouvoirs publics à la rescousse face à la crise sanitaire. Et notre homme de se moquer du « petit cerveau rempli de bouillie libérale » de ces commerçants qui seraient d’hypothétiques disciples de la start-up nation. La belle affaire, direz-vous. De nos jours, le spectacle d’un bobo surjouant la richophobie, et croyant « faire peuple », est somme toute assez classique.

Chez Front Populaire, nous ne reprocherons pas à l’ancien élève du cours Florent ce petit éjaculat vipérin qu’il qualifie lui-même de « grognon ». Siné Mensuel est un journal satirique dont la ligne et le style sont connus. On regrettera simplement qu’il ait manqué d’esprit, mais, soyons honnête, rien ne dit que le justicier du dimanche ait voulu nous faire rire. D’ailleurs a-t-il jamais voulu faire rire qui que ce soit ? Non, en vérité, le problème du petit Meurice n’est pas la qualité de son humour, dont chacun jugera, mais plutôt celle de son raisonnement.

Dans sa grotesque fiction, le commerçant français aurait voté Fillon ou Macron « contre l’Etat providence » qu’il « conchiait », puis, serait devenu, crise sanitaire aidant, « un affreux défenseur de la solidarité nationale ». Et Meurice d’ajouter : « C’est un symptôme du coronavirus ? Il y a des gènes de marxisme à l’intérieur ? » Sous-entendu : maintenant que ça craint, toi, le petit libéral, tu fais dans ta culotte et, devenu marxiste, tu en appelles à l’Etat-providence ! Car pour Guillaume Meurice, Etat providence = marxisme. Rappelons ici à M. Meurice que du point de vue marxiste, l’Etat est une mystification accusée de maquiller une domination de classe en nécessité universelle, et l’Etat-providence une béquille du capital visant à anesthésier le prolétariat. Raté. Aussi pointu en humour qu’en théorie politique le Meurice…

Mais il y a plus drôle (triste ?) encore. Pour Meurice, les petits commerçants seraient devenus de grands partisans de l’Etat, nouvellement conscients de ses largesses redistributives. Sauf que les petits commerçant sont précisément, et depuis des mois, les plus acharnés contempteurs d’un Etat qui les empêche absolument de travailler ! Il suffit d’allumer n’importe quel poste de télévision pour entendre les revendications des restaurateurs ou des libraires. Personne ne dit « donnez-nous de l’argent », mais chacun hurle : « laissez-nous travailler ! » Le diagnostic de M. Meurice est parfaitement à côté de la plaque, une constance que la postérité, dans sa tranquille impartialité, devrait accorder à son œuvre. Encore raté, donc ! Avec de telles œillères, impossible pour lui de comprendre que le coronavirus n’appelle pas nécessairement plus d’Etat, mais mieux d’Etat.

Quant au reste du laïus pseudo subversif se réjouissant de la mort économique de petits commerçants, dont l’auteur dépeint aussi bien le profil sociologique qu’il maîtrise le marxisme, un haussement d’épaules gêné suffira. L’objectif – retourner l’agressivité supposée des petits patrons contre eux – est de toute façon manqué, même si traiter le petit français de « parasite » et de « loser » est un plaisir qui, pour certains, n’a pas besoin de justification. Alors bande de cons, pourquoi avoir voté Macron au premier tour, hein ? Il fallait faire comme Guillaume Meurice : voter pour lui au deuxième.

Auteur :
La rédaction
Publié le 6 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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