Seules traces du passé

La France ne comprend pas pourquoi la classe politique s’attèle à se commenter les uns les autres. Ou plutôt si. Elle commente les faits et gestes des autres pour ne pas avoir à commenter le réel et à trouver des solutions. La classe politique est une classe qui n’est pas engagée. Peut-être ont-ils pour certains fait moins d’études que des gens issus du peuple, peut-être ont-ils lu moins de livres que des gens du peuple, peut-être s’intéressent-ils moins aux gens qu’à leur propre vie, peut-être qu’une fois la journée finie, ils plient leur dossier, rentrent chez eux, sans se soucier du lendemain, sans se soucier non que leur mission relèvent non pas d’un travail bureaucratique mais d’un engagement physique et spirituel total. C’est un enlacement, joie et prison, aux institutions, à l’Etat. Ils sont censés nous éclairer, éclairer le peuple. Non pas à la lueur de chiffres ou de sites internet mais à la lueur de mots, de mots qui ont un sens. Un espoir. Un souffle. La France, sa jeunesse se meurt du peu de mots et du peu de souffle qu’on lui donne. On lui cache la vérité, on l’enferme dans des mensonges, pour son bien. Voyons le résultat. Le peuple n’a le droit qu’à un twitt, aucune explication, aucune analyse, juste trois mots, trois phrases. C’est comme si la classe politique dormait et qu’elle commençait à peine à se réveiller. Qu’elle ouvrait les yeux : en face un véritable cauchemar. Se demandant : « Mais qu’est-ce que je fais là ? » Comme si tous les membres institutionnels n’étaient point éveillés, qu’ils vivaient dans un rêve sans se préoccuper des autres et que tout d’un coup la vérité leur sautait au visage. Un véritable coup d’éclat de lumière, un véritable tourment. 

La hauteur qu’exige la résolution des problèmes sociaux ne peut pas être réglée par des sites internet, transformer nos policiers en assistantes sociales.

Monsieur Blanquer a esquissé hier le début d’un partage de réflexion intellectuelle. C’est de cela que le peuple français a besoin.

Le peuple français n’a pas besoin de voir le Président parler de son programme, défendre son passé derrière un écran et vu derrière un autre écran. Une mise en abyme sidérante, inquiétante.

Tout comme la retranscription d’une émission pour les jeunes durant laquelle les téléspectateurs sont derrière les écrans, vus, affichés sur l’écran du plateau de télévision lui-même vu derrière un autre écran ! La configuration de cette émission a plongé le téléspectateur en Chine ! L’arène s’est transformée en poison narcissique.

Pour se souvenir du temps qui passe et à quel point notre démocratie et nos institutions sont précieuses comme l’a dit le Ministre de l’Education Nationale, il faut faire comme Victor Hugo, il faut observer, savourer, se délecter des architectures, de ces joyaux de pierres, de ces symboles, de ses secrets de fabrication mystique, puissantes, désemparant l’homme devant tant de puissance et de beauté. Désormais seules traces du passé tant aimé.

Auteur :
Marine Débot
Publié le 7 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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