Hongkong : huit militants arrêtés en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin

Des arrestations ont eu lieu à Hongkong quelques heures après l’annonce par Washington de nouvelles sanctions contre 14 hauts responsables du Parlement chinois.

Huit militants pro-démocratie hongkongais, parmi lesquels trois anciens députés, ont été arrêtés mardi 8 décembre lors d’une nouvelle vague d’interpellations en vertu de la loi draconienne sur la sécurité nationale.

Parmi les dissidents arrêtés figurent Leung Kwok-hung, connu sous le nom de «Longhair» (cheveux longs), l’ancien chef du parti pro-démocratie Wu Chi-wai, l’ex-parlementaire Eddie Chu et Figo Chan qui organise chaque année un rassemblement à l’occasion de l’anniversaire de la rétrocession du territoire à la Chine en 1997. La police a indiqué qu’ils sont suspectés d’avoir incité, organisé et pris part à un «rassemblement non autorisé» le 1er juillet, des faits passibles d’un maximum de cinq ans de prison.

Ces interpellations interviennent quelques heures après l’annonce par Washington de nouvelles sanctions contre 14 hauts responsables du Parlement chinois pour leur rôle dans l’adoption de cette loi sur la sécurité nationale qui a «sapé l’autonomie de Hongkong».Ce texte avait été imposé par Pékin le 30 juin en réponse à plusieurs mois de mobilisation pro-démocratie en 2019. Il donne notamment aux autorités le pouvoir de réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures. Le lendemain de son entrée en vigueur, des milliers de personnes avaient manifesté dans les rues de la ville, ce qui avait conduit à l’arrestation de plus de 370 personnes, notamment pour avoir arboré des banderoles et des drapeaux sur lesquels figuraient des slogans pro-démocratie.

Le gouvernement hongkongais soutient que cette loi n’a pas porté atteinte aux droits à la liberté d’expression et de réunion garantis en vertu de la Loi fondamentale – la mini-Constitution hongkongaise en vigueur depuis la rétrocession en 1997.

Mais pour nombre d’opposants, elle a sonné le glas de ce droit, certaines opinions et activités étant devenues illégales du jour au lendemain. Lundi, la police a arrêté trois personnes pour avoir scandé, en novembre, des slogans interdits sur un campus universitaire, les accusant de rassemblement illégal et d’«incitation à la sécession». La semaine dernière, Joshua Wong, l’une des figures les plus connues de la contestation à Hongkong, et deux autres célèbres militants ont été condamnés à des peines d’emprisonnement pour avoir manifesté devant le quartier général de la police hongkongaise.

Auteur :
Figaro avec AFP
Publié le 8 décembre 2020

Recherche complémentaire :
Loi sur la sécurité nationale de Hong Kong : Des inquiétudes ont été exprimées quant au fait que l’article 38 de la loi exerce une juridiction extraterritoriale sur tous les citoyens non chinois, criminalisant efficacement toute critique du PCC ou du gouvernement chinois par quiconque sur la planète. Les médias taïwanais ont rapporté que les tribunaux chinois et hongkongais avaient sarcastiquement déclaré « qu’il y aurait 8 milliards de personnes qui devraient lire la loi sur la sécurité nationale » afin de ne pas la violer, et affirmé avoir le droit légal de l’appliquer à quiconque.

Auteur :
Judith Sattel
Publié le 8 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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