Consommation : le Made in France dopé par la crise sanitaire

ARTICLE. Selon un sondage Opinion Way, 64 % des Français ont augmenté leur consommation de produits français depuis le début de la crise sanitaire, même si le flou autour de certains labels engendre une hausse de la méfiance.

Consommation : le Made in France dopé par la crise sanitaire

La crise de la Covid-19 aura eu au moins cela de positif sur l’économie française : selon une étude publiée le 3 décembre par Opinion Way pour l’agence Insign, 64% des Français ont augmenté leur consommation de produits tricolores. Réalisée du 5 au 12 octobre auprès de 1 019 Français, elle démontre que 61 % des sondés achètent « le plus souvent possible » des produits fabriqués en France depuis le début de la pandémie Covid-19 et 64 % estiment avoir augmenté leur consommation. Dans le détail, 70 % des cadres et professions intellectuelles déclarent s’intéresser au « Fabriqué en France » contre 50 % des personnes ayant des revenus faibles.

Concernant les lieux d’achat, 65 % des Français accordent de l’importance au fait de se rendre sur des sites e-commerce français. 28 % d’entre eux trouvent important de pouvoir communiquer avec un service après-vente situé en France et 25 % de soutenir les marques hexagonales. 11 % sont préoccupés par le fait que leurs données informatiques soient uniquement hébergées en France.

Une tendance à la hausse qui devrait continuer car 96 % d’entre eux, convaincus par l’importance de consommer français, ont déclaré envisager de consommer autant, voire plus qu’avant ce type de produits. Parmi les secteurs les plus prisés des Français pour le « made in France », on retrouve l’alimentaire et les boissons (94 %), les produits d’hygiène/cosmétiques (89 %) et l’habillement (86 %), qui a lui augmenté de façon significative (+11 points) depuis juin dernier.

Ainsi, 67% des Français sont prêts à payer plus cher un burger où les ingrédients sont intégralement d’origine française, en moyenne 8,10 euros, soit 3,10 euros de plus que pour un burger aux ingrédients dont l’origine serait inconnue (5 euros). Dans le secteur du prêt-à-porter, une majorité de Français se disent prêts à ajouter jusqu’à 7 euros supplémentaires pour l’achat d’un t-shirt « Made in France » dont la traçabilité serait connue. 15% du panel interrogé serait même prêt à consacrer 10 euros de plus pour un t-shirt fabriqué dans l’hexagone. Publiée mi-septembre, une étude de la chaire IFM-Première Vision rapportait déjà que 63 % des Français se disaient attentifs au lieu de confection de leurs habits à l’issue du confinement et, chez les 18-34 ans, que 33 % se déclaraient même prêts à boycotter ceux façonnés à l’étranger.

Interrogés, les Français justifient cette appétence pour le « Made in France » par des raisons économiques, la volonté de soutenir les producteurs locaux et les entreprises hexagonales. L’importance accordée à la qualité et la fraîcheur des produits ne vient qu’étonnamment en seconde position. « Nous constatons un changement marquant. Il y a 5 ans, la qualité et la fraîcheur des produits français étaient la raison première du consommer Français », analyse Eric Bonnet, directeur associé au sein de l’agence Insign.

En revanche, le flou persiste sur la compréhension des labels, ce qui dessert notablement le « Made in France ». Les Français sont moins nombreux à faire confiance aux mentions « fabriqué en France », « origine France », « made in France » (73 % contre 81 % lors de la précédente étude). L’appellation « Origine France Garantie », pourtant fiable et qui garantie une origine française, signifie « fabriqué en France » pour 52% des Français, « conçu à partir de matières premières d’origine française » pour 47% et « imaginé en France » pour à peine 19% des sondés. Seul le label « produit 100% français » rassure une très large partie des Français : pour 70% des sondés, il rassemble les étapes clés de la fabrication d’un produit, c’est-à-dire : la conception, la production et l’assemblage avec des produits d’origine française.

Une méfiance qui refroidit un peu les consommateurs, et sur laquelle les labels et les marques vont devoir travailler activement : « Il faut poursuivre le travail d’action pour définir les règles et contours du made in France. Le flou entretenu sur la définition des différents labels n’a fait que s’exacerber rendant complexe la compréhension du sujet, voire est contre-productive», conclut Eric Bonnet, directeur associé au sein de l’agence Insign.

Auteur :
La rédaction
Publié le 9 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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