Ils forçaient leurs enfants à voler à Paris : lourdes peines prononcées en Roumanie

Neuf membres d’un clan roumain ont été condamnés en Roumanie à des peines allant de quatre à neuf ans et demi de prison pour avoir exploité leurs enfants en les envoyant voler dans le métro parisien.

Au total, plus de 60 années de prison ont été prononcées à l’encontre des accusés pour association de malfaiteurs et trafic d’enfants, a indiqué jeudi 10 décembre un représentant du tribunal de la ville de Iasi (nord-est). Ce procès est l’aboutissement d’une coopération judiciaire franco-roumaine mise en place en janvier 2017. Six mois plus tard, les enquêteurs interpellaient simultanément en France, en Roumanie, en Espagne et en Italie la majorité des suspects, parents des mineurs exploités.

Les investigations avaient été lancées face à la recrudescence de vols à la tire dans le métro parisien par des groupes d’adolescents bien rodés: les mineurs, de 11 à 18 ans, dérobaient téléphones et portefeuilles des voyageurs, le plus souvent dans les escaliers. Ces bandes, qui privilégiaient les stations touristiques, avaient particulièrement sévi lors de la grande conférence sur le climat (COP-21) fin 2015 et de l’Euro-2016 de football. Vingt autres membres du même clan ont déjà été condamnés en France l’an dernier à des peines de 4 à 8 ans de prison ferme, pour un total de 113 années, ainsi qu’à une interdiction du territoire français à leur remise en liberté.

L’acte d’accusation fait état de plus de 100 dossiers de larcins et de conversations téléphoniques accablantes. Dans l’une d’entre elles, on entend une maman dire à son interlocutrice, qui la prévient de l’interpellation de ses deux filles de 12 et 14 ans, qu’elle «les laissera là où elles sont», pour leur «apprendre à se faire choper». Vingt mineurs ont été interrogés au cours de la procédure mais aucun n’a accepté de témoigner contre les siens. L’avocat d’un accusé, Ciprian Mitoseriu, a annoncé son intention de faire appel, jugeant les sentences «bien trop sévères».

Manque de moyens, absence de formation, rétractation des témoins : la Roumanie est souvent montrée du doigt pour son incapacité à protéger les mineurs face aux clans familiaux abusifs. Dans son dernier rapport sur la traite, le Département d’État américain s’est ainsi alarmé d’une «vaste complicité», alors que le nombre d’inculpations se trouve en baisse.

Auteur :
Le Figaro avec AFP
Publié le 10 décembre 2020

Publié par magrenobloise

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