La face cachée des Ouïghours : affiliés à une organisation terroriste.

Hier, jeudi 10 novembre 2020, Antoine Griezmann se positionna en faveur des Ouïghour et renonça à son contrat de sponsoring pour faire valoir la cause. Mais qui est ce peuple ? Antoine Griezmann a-t-il consciemment choisi sa cause ou s’est-il bien fait berner ? Ce sont les questions auxquelles cet article va tâcher de répondre.


Histoire

Originellement, les ouighours sont un peuple emprunt de la religion nommée « manichéisme » (1er millénaire). Le christianisme nestorien fut longtemps présent chez les ouighours. La caverne de jade en est la trace historique. Le moine chrétien Rabban Bar Sauma rencontre Philippe VI le Bel et du roi d’Angleterre Edouard 1er car le khan mongol Arghoun (descendant de Gengis Kahn) envisageait une attaque conjointe contre les Mamelouks (souverains musulmans).

Avant de se sédentariser dans la région qui constitue l’actuel Xinjiang, les Ouïghours ont été des nomades, comme de nombreux peuples turcs.

Les Ouïghours actuels ne descendent pas seulement des anciens Ouïghours, mais ont connu des apports ouzbeks, iraniens orientaux, et tokhariens (peuple indo-européen d’Asie centrale).

Au xviiie siècle, les Ouïghours, alors vassaux des Dzoungars, entrent en révolte contre leurs maîtres, participent avec l’armée Qing au génocide des dzoungars (extermination de masse des peuples mongols et bouddhistes).

De nombreux soulèvements on lieu dans la province de Xinjiang.

La première république du Turkestan oriental, ou République islamique du Turkestan oriental (RITO), est fondée en novembre 1933.

La première république du Turkestan oriental, ou République islamique du Turkestan oriental (RITO), est fondée en novembre 1933. Parallèlement, Sabit Damollah, proche du courant jadid, qui a activement milité pour rallier les différents foyers insurrectionnels à la RITO, tente de rallier l’est du Xinjiang en propulsant président Khodja Niaz. L’émir de Khotan, Mehmet Emin Bughra (en), est Premier ministre. Une alliance entre le courant islamique conservateur et les réformistes jadid s’opère. Comme le souligne sa constitution, la RITO est un État islamique fondé sur l’application de la sharia. Cependant, beaucoup des ministres de la RITO sont des personnalités proches du mouvement jadid. Outre assurer sa propre survie, la RITO tente de soustraire le Turkestan oriental à l’occupation chinoise et à l’influence soviétique. Mais le régime, fragile, est mis à bas le 6 février 1934 par la bête noire des autorités provinciales, Ma Zhongying, retourné par les Soviétiques contre la RITO.

Le Parti islamique du Turkestan est un mouvement au profil plutôt flou et obscur. Il est placé sur la liste des « organisations terroristes » par les États-Unis et l’ONU en septembre 2002 pour ses liens avec Al-Qaïda. Il acquiert une dimension internationale lors des attentats qu’il commandite avant les Jeux olympiques de 2008.

La résistance populaire ouïghoure d’aujourd’hui remonte à la fin des années 1980. En avril 1990, un soulèvement a lieu dans la ville d’Akto. Plus de 1 000 habitants descendent dans la rue pour protester contre le refus des autorités chinoises d’autoriser la construction d’une mosquée. Les troupes chinoises tirent sur la foule faisant plus de 60 morts. En juillet 1990, les autorités du Xinjiang annoncent l’arrestation de 7 900 personnes au cours d’une opération « visant à arrêter les activités criminelles de séparatistes ethniques et autres délinquants criminels. »

La campagne contre le crime lancée sous le nom de « Frapper fort » par le gouvernement chinois en 1996, si elle entendait répondre aux inquiétudes de la population devant l’expansion de la criminalité et de la délinquance, a été l’occasion pour la police chinoise de s’en prendre aux militants politiques et religieux du Xinjiang, dont un certain nombre, accusés d’être favorables à l’indépendance, ont été exécutés publiquement à grands renforts de publicité. Plus de 10 000 personnes accusées de « séparatisme » ont été arrêtées au cours de cette campagne.

Le gouvernement chinois a profité du 11 septembre 2001 pour vendre son programme anti-terroriste à l’étranger. Il a obtenu l’extradition de militants ouïghours de plusieurs pays, dont le Pakistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan. Vingt-six Ouïghours (au moins) ont été capturés en Afghanistan et au Pakistan et détenus à Guantanamo. À leur libération, cinq ont été expulsés vers l’Albanie (en 2007) et dix-sept devaient être accueillis par Palaos, en juin 2009, suscitant les protestations de Pékin. Quatre autres ont reçu des permis de séjour dans les Bermudes. En février 2010 la Suisse décide également d’accueillir deux Ouïghours à titre humanitaire; ils séjourneront dans le Canton du Jura.

Des organisations clandestines ouïghoures sont actives à l’intérieur du pays. On en sait très peu sur ces organisations. On connaît néanmoins le nom de deux d’entre elles : le Parti islamique du Turkestan (accusé d’une série d’attentats au Xinjiang) et la Jeunesse du foyer du Turkestan oriental (qualifiée de « Hamas du Xinjiang »). Ce groupe radical qui lutte pour l’indépendance du Turkestan oriental, compterait environ 2 000 militants, dont certains auraient été entraînés à la guérilla en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans. Mais il existe une multitude d’autres groupes et mouvements, seulement connus par ce que veut bien en dire le gouvernement chinois.

À l’étranger, les Ouïghours sont présents au Kazakhstan, en Turquie, en Allemagne, en Suède, en Suisse et aux États-Unis. Au Kazakhstan se trouve une des plus anciennes organisations ouïghoures, le Comité pour le Turkestan oriental, basé à Almaty. Il aurait intensifié ses activités ces derniers temps. Il a été formé à l’origine par d’anciens insurgés qui avaient combattu l’occupation chinoise entre 1944 et 1949. Le chef des indépendantistes ouïghours, Aysa Beg, s’est réfugié en Turquie après la fondation de la République populaire de Chine en 1949.

Le 28 octobre 2013, des terroristes ouïgours commettent un attentat sur la place Tian’anmen à Pékin qui fait cinq morts et quarante blessés.

Le 1er mars 2014, un attentat terroriste attribué par les autorités chinoises au courant séparatiste des Ouïghours est commis dans la gare de Kunming, capitale du Yunnan. Plus de vingt-neuf Chinois furent tués au couteau par ces Ouïghours, en plus de 130 blessés.

En 2018, le magazine Foreign Policy révèle que la police chinoise a exigé des Ouïghours vivant en France qu’ils livrent toutes leurs informations personnelles, y compris celles de leurs conjoints français le cas échéant, en menaçant ceux qui refusent de représailles contre leurs proches restés en Chine.

En février 2010 la Suisse décide également d’accueillir deux Ouïghours à titre humanitaire ; ils séjourneront dans le Canton du Jura. Par ailleurs, la Suisse et notamment via la presse, fait des vidéos pour appeler à la protection des Ouighours via Facebook notamment.

Enfin, des Ouïgours ont aussi émigré en Allemagne, en France, au Pakistan, en Indonésie, en Australie, à Taïwan et en Arabie saoudite.

Pour en savoir plus sur les ouighours, cliquez-ici.

Qu’est-ce que le Parti Islamique du Turkestan ?

Le Parti islamique du Turkestan (PIT), aussi appelé le Mouvement islamique du Turkestan oriental (Doğu Türkistan İslâm HareketiMITO, anglais : East Turkestan Islamic MovementETIM) est une organisation militaire et terroriste, d’idéologie salafiste djihadiste, active en Chine, au Pakistan et en Syrie lors de la guerre civile syrienne.

Histoire

Le Mouvement islamique du Turkestan oriental est fondé en 1997 par Hasan Mahsum (en) et Abudukadir Yapuquan. Dès 1998, le groupe se réfugie en Afghanistan, alors dominé par les talibans, et noue des liens avec al-Qaïda et le Mouvement islamique d’Ouzbékistan. Les combattants du MITO bénéficient alors d’une instruction militaire dans les camps d’entraînement afghans.

En 2002, le gouvernement chinois affirme qu’Hasan Mahsum a obtenu un financement d’Al-Qaïda pour ses activités terroristes après une rencontre avec Oussama ben Laden en 1999. Le rapport dit également que le MITO commandait une formation connue sous le nom d’« armée du Turkestan » qui incorporait notamment « un bataillon chinois de 320 terroristes du Xinjiang ». Selon l’Institut Asie centrale-Caucase, cette dernière affirmation est certainement exagérée étant donné la taille relativement réduite de l’organisation. La plupart des experts s’accordent à dire que des centaines d’Ouïghours ont quitté la Chine pour rejoindre les rangs d’Al-Qaïda et les Talibans en Afghanistan, mais certains spécialistes de la Chine doutent que le MITO entretienne aujourd’hui des liens significatifs avec le réseau de Ben Laden. Selon eux, le gouvernement chinois a une longue histoire de falsification des données derrière lui, et depuis le 11 septembre, a essayé à maintes reprises d’inscrire sa campagne contre les séparatistes ouïghours dans la guerre contre le terrorisme menée par les États-Unis.

En 2001, lors de l’Operation Enduring Freedom, des combattants du MITO combattent aux côtés d’al-Qaïda. Lors du conflit afghan, 22 combattants ouïghours sont capturés par l’armée américaine et transférés à Guantanamo Bay. Ces 22 Ouïghours ont tous été libérés par les États-Unis car aucune charge n’avait été retenue contre eux. Les derniers libérés, deux frères ouïghours, ont été accueillis dans le Jura en Suisse au printemps 2010.

Selon un rapport chinois publié en 2002, 200 attaques ont été menées dans le Xinjiang par le Mouvement islamique du Turkestan oriental entre 1997 et 2001, causant la mort de 162 personnes et ayant fait 440 blessés.

Le 9 mars 2008, le no 1 du parti communiste de la province de Xinjiang, voisine de l’Afghanistan et du Pakistan, révèle que la police a tué et arrêté à Urumqi, la capitale de la province, plusieurs militants islamistes qui s’apprêtaient à organiser un attentat contre les Jeux olympiques de Pékin. L’opération s’est soldée par la mort de deux militants islamistes et l’arrestation de quinze autres. Cinq policiers ont été blessés lors de l’opération. Selon les premières informations, le groupe agissait sous les ordres du MITO. Pour les organisations humanitaires, le gouvernement chinois exagère délibérément la menace afin d’écraser toute forme de dissidence. Cependant pour la plupart des experts, le MITO pose une réelle menace terroriste bien que les avis divergent à cause du peu d’informations disponibles. Les divergences portent sur l’ampleur des activités du groupe et ses liens avec le terrorisme international.

Le 9 avril 2008, une vidéo mise sur un site islamiste par le Parti islamique du Turkestan montre l’assassinat de trois otages chinois. Selon l’agence américaine de renseignement Stratfor, le PIT est une autre dénomination du MITO. Stratfor confirme que l’organisation a renforcé sa présence sur internet en mettant en ligne des vidéos appelant au jihad des Ouïghours au Xinjiang. Pour Ben N. Venzke, directeur de l’agence américaine IntelCenter, spécialisée dans la surveillance du terrorisme, il n’est pas établi si le TIP et le MITO sont deux organisations distinctes ou un même groupe. Cependant leurs objectifs sont les mêmes.

Dans le Xinjiang, le Parti islamique du Turkestan revendique l’Attentat d’Ürümqi en 2014. Il a également revendiqué la responsabilité de l’Attentat de la place Tian’anmen de 2013 et mis en garde contre de futures attaques.

Syrie

Dès 2012, des djihadistes ouïgours commencent à prendre part à la guerre civile syrienne en transitant par la Turquie qui facilite leur arrivée sur le sol syrien.

En février 2013, le Parti islamique du Turkestan lance un appel au djihad en Syrie.

Début 2017, le mouvement compte environ 1 000 combattants dans ce pays. Fin 2018, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) estime que le groupe compte 7 000 hommes. En plus des Ouïgours, le PIT compte également dans ses rangs des Syriens ainsi que des djihadistes étrangers, dont quelques Français.

Il est essentiellement présent dans le gouvernorat d’Idleb, et en particulier près de Jisr al-Choghour, dans le village de Zanbaq où de nombreuses familles ouïgoures s’établissent. D’autres s’installent à Ariha, et dans le Jebel al-Zawiya. En plus de la région d’Idleb, les forces du Parti islamique du Turkestan sont présentes dans le gouvernorat d’Alep, le gouvernorat de Lattaquié et le gouvernorat de Hama. En 2013, elles combattent aux côtés du Front al-Nosra dans les gouvernorats de Raqqa, Hassaké et Alep. En 2015, le PIT est engagé dans la bataille de Jisr al-Choghour — où il perd au moins 20 combattants dont son chef, Abou Ridha al-Turkestani — à la bataille de Sahl al-Ghab et à la bataille d’Abou Douhour. En mai 2016, le PIT intègre l’Armée de la conquête, puis il prend part à la bataille de Khan Touman. Les forces du Parti islamique du Turkestan participent aussi à la bataille d’Alep, présentes à l’extérieur de la ville elles prennent part aux offensives menées par les rebelles pour tenter de briser le siège imposé par les loyalistes entre l’été et l’hiver 2016. Lors de ces combats, le groupe fait usage de kamikazes et d’enfants soldats.

En 2020, les forces ouïghoures sont estimées à environ 3 000 combattants. Elles résistent à l’armée syrienne dans le Jabal Kabane.

Le Parti islamique du Turkestan est placé sur la liste officielle des groupes terroristes de la république populaire de Chine, des États-Unis, du Kazakhstan, du Kirghizistan, des Émirats arabes unis, de la Russie, du Royaume-Uni et de l’Union européenne. Le 11 septembre 2002, les Nations unies ont classé le mouvement comme étant proche d’Al-Qaida.

L’administration Trump décide en novembre 2020 de le retirer de sa liste d’organisations terroristes.
Ceci sur fond de guerre commerciale.

Pour en savoir plus sur ce parti, cliquez-ici.

Merci les footballeurs.

Auteur :
Marianne Solat
Journaliste spécialiste en histoire
Publié le 11 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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