Proposer des menus sans porc à la cantine ne contrevient pas à la laïcité, selon le Conseil d’État

En 2015, la municipalité de Chalon-sur-Saône avait voté la suppression des menus de substitution au porc, décision que la Ligue de défense judiciaire des musulmans avait dénoncé.

Le Conseil d’État a jugé vendredi 11 décembre que proposer des menus de substitution au porc dans les cantines scolaires n’est pas obligatoire ni contraire au principe de laïcité, dans une décision concernant la commune de Chalon-sur-Saône.

C’est la troisième fois que la délibération adoptée en 2015 à l’initiative du maire de cette ville de Saône-et-Loire, Gilles Platret (LR), se fait retoquer par la justice administrative. Le conseil municipal avait alors voté la suppression des menus de substitution au porc, servis depuis 1984. Cette mesure visait à «rétablir un fonctionnement neutre et laïque» des cantines municipales. Elle avait déclenché une polémique et une bataille juridique, la Ligue de défense judiciaire des musulmans et des particuliers saisissant la justice.

Le tribunal administratif de Dijon en 2017, puis la cour administrative d’appel de Lyon en 2018, avaient invalidé la délibération, sans incidence sur le fonctionnement des cantines chalonnaises où ces menus n’ont pas été rétablis depuis 2015. La commune avait alors saisi le Conseil d’État. Dans un communiqué de presse accompagnant sa décision, ce dernier rappelle vendredi que les collectivités n’ont pas l’obligation de fournir des menus de substitution au porc, le principe de laïcité interdisant «à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes». Mais il ajoute que «ni les principes de laïcité et de neutralité du service public, ni le principe d’égalité des usagers devant le service public, ne font, par eux-mêmes, obstacle à ce que ces mêmes collectivités territoriales puissent proposer de tels repas». «Lorsqu’elles choisissent d’assurer le service public de la restauration scolaire», les collectivités «doivent prendre en compte l’intérêt général qui s’attache à ce que tous les enfants puissent accéder à ce service public», ajoute la juridiction.

La commune soutenait que proposer des repas de substitution au porc revenait, en pratique, à stigmatiser les enfants concernés – en les regroupant aux mêmes tables pour faciliter la distribution des repas – et à ficher les enfants inscrits à la cantine scolaire en fonction de leur appartenance religieuse. Mais la preuve de l’existence de telles pratiques dans le passé n’a pas été apportée, selon le Conseil d’État.

Auteur :
Le Figaro avec AFP
Publié le 11 décembre 2020

Observations :

Le séparatisme religieux commence ici. C’est-à-dire qu’il y a un ou deux élèves par établissement qui au nom de la religion ne mange pas de porc. L’Education Nationale va donc se plier à leur volonté en acceptant qu’ils ne mangent pas de porc et donc en façonnant des repas sur mesure pour ces deux seules personnes. Déjà, au sein de la collectivité elles sont séparées, puisqu’elles mangent autrement. Elles ne mangent pas autrement parce qu’elles sont allergiques, elles mangent autrement à cause de la religion. La religion s’immisce donc dans les repas, dans les écoles. Les parents doivent être prévenus que si ils mettent leurs enfants à l’école, ils mangeront comme tous le monde, il n’y aura pas d’exception. Et que si ils ne sont pas contents, ils devront faire manger leurs enfants chez eux. La question qui interroge est pourquoi la religion musulmane pose autant de problème en France ? Pourquoi c’est la seule religion qui doit se différencier de la société pour exister ? Pourquoi ne fait-elle pas corps avec la société ? Pourquoi ne veut-elle pas épouser les règles de la société ? Se fondre dans la masse ? C’est comme si on demandait quelque chose d’impossible. Que ce soit par les acceptations de la France sur ces plans ou par ses refus, la religion musulmane arrive à un point de non-retour. La France est dans une impasse. L’impasse religieuse. C’est véritablement le désaveu de la France, la réussite du religieux sur l’espace public. L’emprise du religieux sur l’espace public prêt à tout pour s’imposer, véritablement, quitte à écraser à tuer pour faire entendre sa voix, non pas intellectuelle, artistique, scientifique, mais religieuse.

Auteur :
Marianne Solat
Journaliste et historienne
Publié le 11 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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