Aveugles et sourds, mais pas muets

OPINION. Le moment est venu de se poser la question, pour beaucoup d’entre nous : comment continuer à vivre, alors que nombre d’entreprises sont contraintes de fermer, que nombre de personnes basculent dans la précarité, que la question du sens de la vie est, finalement, posée à tous et toutes.

Aveugles et sourds, mais pas muets

Le moment est venu de se poser la question, pour beaucoup d’entre nous : comment continuer à vivre, alors que nombre d’entreprises sont contraintes de fermer, que nombre de personnes basculent dans la précarité, que la question du sens de la vie est, finalement, posée à tous et toutes.

Pourquoi et comment en est-on arrivé à une telle faillite collective : impuissance des gouvernants, mesures politiques et administratives tardives ou prises dans la panique, discours incessants disant tout et son contraire de la part de certains médias ou « experts », défaitisme annoncé, culte de la dramaturgie, angoisse et anxiété diffusées depuis des mois sur tous les tons et à toutes les heures, absence de vision, perte du sens de l’Etat, et j’en passe, tant les facteurs sont nombreux. L’aveuglement nous entoure.

De quoi s’émerveiller d’être encore debout ! Bravo pour celles et ceux qui résistent au concert des lamentations, qui osent rester motivés, en dépit des discours démoralisants ! Un coup de chapeau pour celles et ceux qui font leur travail dans un tel climat de morosité entretenue.

Cette forme de désespérance que l’on nous vend, cette crise non maîtrisée, ces pantalonnades et palinodies infernales, ces gesticulations médiatiques, nous en avons marre !

Cette communication harcelante, anesthésiante, pervertit, vide les mots de leur sens en nous privant de nommer la réalité, gommant ainsi nos repères : ça suffit !!! La surdité nous guette… Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne peut plus entendre ???

Que voulons-nous ?

Nous voulons des êtres courageux, qui assument leurs décisions, qui cessent de nous prendre pour des imbéciles à convaincre au moment du vote… Les plateaux de télévision ou les antennes de radio regorgent d’« experts » et de moulins à vent, nous n’en voulons plus !

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », disait Rabelais. Où sont les grandes consciences ?

Nous voulons une politique claire, un Etat, une autorité reconnue, une direction, des compétences, et enfin, des responsables.

Une forme de décence devrait pouvoir guider les prises de paroles comme le bon sens, cette « common decency » selon George Orwell.

Nous en sommes loin.

La désespérance de beaucoup d’entre nous est, en partie, la conséquence de décisions prises par des imp(r)udents qui ne savent pas de quoi ils parlent : combien de ministres ont-ils créé ou dirigé leur entreprise ? Combien ont-ils connu le chômage ? Combien ne sortent-ils pas des grands corps de l’Etat ? Combien ont-ils du mal à finir leur mois ? AUCUN.

Combien, en revanche, savent pérorer ou plastronner en public, utiliser un langage abscons ? TOUS.

Voulons-nous une République de ventriloques ?

Que nous propose-t-on ?

C’est un champ de ruines que l’on nous vend et que l’on nous tend comme perspective, cette soi-disant réalité anxiogène, que l’on dissimule derrière une pommade, pour nous assujettir encore davantage, ces fameuses « aides » de l’Etat, qui nous enferment dans une dépendance mortifère à moyen terme, qui nous fait perdre une partie de notre fierté, et, qui sait, bientôt, de notre liberté.

Avant cette pandémie, réduire le montant des APL de 5 euros était glorifiant, le moindre million de déficit traqué. Depuis, les milliards de dépenses s’accumulent, certes pour panser des plaies douloureusement urgentes à traiter, mais dans un désordre sans précédent, conséquences de choix antérieurs ou actuels. Nouvelle Berezina ?

Ce champ de ruines, c’est : faillites, précarité, chômage, pauvreté financière morale et culturelle, perte de l’émotionnel, dessèchement des rapports sociaux, état dépressif, libre échange comme nouvelle religion… Eh bien NON !

Nous ne voulons pas, nous chefs d’entreprise ou salariés, notamment, devenir les affidés de l’Etat et réclamer notre pitance mensuelle, car certains auront choisi, sans nous consulter ou consulter notre représentation nationale, de nous priver de nos métiers, de nos clientèles, de nos moyens de vivre, en se trompant de politique, depuis des lustres.

Nous voulons vivre dans la dignité, la reconnaissance de nos compétences, par notre engagement dans notre travail. Ce virus a démontré, jusqu’à l’absurde, illustré par les confinements, que nous sommes des êtres humains sociables, et non pas des ectoplasmes réduits à produire, consommer et dormir.

Nous voulons des relations sociales, des gestes amicaux, des sourires ; nous ne voulons pas de cette société de méfiance dégénérée due à l’aseptisation organisée des relations humaines.

Alors, que pouvons-nous faire, nous les Français ?

Chacune et chacun dans sa vie. Il s’agit de notre pays. Prenons les leviers de décision. Soit nous les confions à d’autres, et nous voyons ce que cela donne, d’autant que ces gens-là sont dans leurs automatismes de pensée et qu’aucune solution nouvelle ne peut sortir de ces cerveaux-là. Soit nous décidons de mettre un coup de balai.

La France a toujours su exister par elle-même, se battre quand il le fallait, se galvaniser pour un but ou derrière un conquérant, se réformer ou créer des avancées sociales quand les temps étaient houleux. La couleur politique importe moins que le bon sens et le respect de chacun d’entre nous.

Résister, nous savons faire, conquérir, construire aussi. Respirer évidemment : grâce à nos penseurs et artistes de toute nature, nous avons montré nos savoir-faire.

Où sont les Montaigne, Montesquieu, Rousseau, Voltaire, …Lully, Rameau, Offenbach, Berlioz, Ravel …?

Où sont les Clovis, Louvois, Vauban, Richelieu, Napoléon, Jaurès, Clemenceau, de Gaulle … ?

Où sont Tocqueville, Malraux, Camus … ?

Que sont devenus les fleurons de nos entreprises ?

Où sont les services publics ?

Que sont devenues nos valeurs ?

C’est pourquoi le temps de la reconstruction est venu :

– redonner de la force à notre République

– redonner à la France un projet et des serviteurs à son image

– reconstruire une politique d’entreprise

– redonner de l’humain dans nos vies professionnelles

– redonner un sens à nos vies.

Auteur :
Hervé MUZET
Conseiller d’entreprises
Publié le 12 décembre 2020

Publié par magrenobloise

Webmagazine

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